de mon gig, le 29 septembre 1837. Rochon me l'a remis. Rochon est toujours crasse comme de coutume.
17 juillet. J'écris à Toussaint Rochon, rapport à son frère, pour l'intérêt. Toussaint s'était rendu caution pour éd.-P.
21 juillet. Gagnon a commencé à me faire un coffre de cèdre de trois pieds de longueur. Guérin est sans place depuis 15 jours ou trois semaines. Il a passé trois jours avec nous chez Guertin. Le vieux Charles Roy a eu une attaque de peine, hier. J'ai été chez M. Robert, hier au soir, le rassurer de sa peur, ou peine.
22 juillet. Hubert Leblanc a fait une promenade de chez son maître à Sydney, avec la femme du Sourd. Turcot et Jean Laberge l'ont rencontré en chemin et le Sourd ensuite qui courait après eux, et il les a rattrapés à la barrière et a frappé Leblanc. Mais qu'importe, Leblanc n'a pas abandonné la femme.
23 juillet. Dimanche. Grand parlement aujourd'hui contre Hubert Leblanc, rapport à sa prise de femme hier au soir. Quelle crasserie pour un Canadien d'enlever la !!!! d'un autre!
24 juillet. J'ai été voir Prieur et Touchette qui restent avec J.-M. Thibert, à sept milles, dans le chemin de Liverpool. J'ai lu le procès de madame veuve Lafarge. Procès d'empoisonnement de son mari en France, en 1839 et 1840.
25 juillet. Mon coffre me coûte 27/.6 pour le tout.
26 juillet. L'on voit dans le Herald de Sydney le dîner qui a été donné à sir C. Metcalfe, le 1er mars dernier, avant son départ pour le Canada, qui devait être le 2 mars.
1er août. L'on voit sur le Herald de Sydney, du 29 dernier, que le gouvernement du Canada a offert à M. L.-J. Papineau de rentrer en Canada et qu'on lui paierait ses arrérages passés comme orateur de la Chambre d'assemblée 4000 £.
2 août. Temps superbe mais les nuits toujours bien fraîches. Je reste chez Guertin depuis le 27 mai et nous sommes dans un logement pour nous faire tous crever par le froid qu'il y vient la nuit. C'est une maison de bois rond et point de joints de tirés et pour châssis, ce sont des râteliers. C'est un lieu pour faire périr les hommes de la meilleure santé. J'ai sept enseignes à faire, mais toutes à grand marché.
3 août. Grosse gelée blanche, le matin. Monseigneur Polding s'est décidé sur le tard à nous dire ce qu'il savait, regardant à notre sort. Il a dit à Alarie, hier, que nous étions pour la vie ici, et qu'il n'avait pas voulu nous le dire en arrivant, crainte de nous peiner trop. Il voudrait que nous fassions venir nos femmes ici.
4 août. Le conseil s'est assemblé pour la première fois en cette colonie, mardi, 1er août 1843. 24 conseillers ont été nommés par le peuple et 12 par la Couronne. L'orateur a été nommé mercredi. Le gouverneur n'a aucune affaire à siéger dans ce conseil-ci.
5 août. Je suis après faire trois grandes enseignes pour la manufacture de moutons. C'est là où est la mort aux moutons. Il en périt douze cents à la fois, et les 1200 bouillent tous ensemble dans trois grandes chaudières, et elles ne sont pas à moitié pleines avec 1200. Cette manufacture est pour envoyer du suif en Angleterre. Il y a six ou sept manufactures pareilles, ici, qui font bouillir les moutons pour en avoir la graisse seulement.
6 août. M. Plunkett, l'avocat du roi, est arrivé d'Angleterre, hier au matin. Rien de nouveau pour nous.
7 août. J'ai été aujourd'hui à Sydney pour servir d'interprète à la Cour, dans une cause entre Trudel, demandeur, et le fameux noir éd.-P. Rochon, qui a le cœur aussi noir que la face. J'ai été à une assemblée en même temps qui se faisait pour demander à Son Excellence d'éloigner tous les prisonniers du district de Sydney. Cette demande est faite par les immigrés qui en partie crèvent de faim. Il paraît qu'ils voudraient aussi éloigner tous ceux qui sont sous ticket.
8 août. Le conseil est après siéger et a fait la demande du nombre de prisonniers de cette colonie encore au gouvernement. Il paraît que le conseil voudrait émanciper tous les prisonniers sous ticket qui se sont bien comportés depuis qu'ils ont eu leur ticket.
11 août. Le Herald de Sydney donne un long écrit sur le Canada en disant que les Canadiens sont encore bien mécontents et les Anglais aussi, et que sir Charles Bagot était encore près de mourir et qu'une révolte irlandaise avait eu lieu à Lachine et que le Parlement ne devait s'assembler que le 18 mars 1843.
12 août. Hippolyte Lanctôt vient de recevoir une lettre de sa femme, datée du 18 février 1843. M. Miller, capitaine, son beau-père, lui annonce que nous devons obtenir notre pardon dans le cours de cet été. Que Dieu le veuille!
13 août. Messire Justice est venu nous dire la messe aujourd'hui chez Guertin.
14 août. Achille Morin est ici et a été à Sydney voir Pilon, celui qui a été volé par l'associé d'Achille, ce gros Français. Bon à rien, Achille a toujours de bons associés.
15 août. Une lettre arrivée du Canada, adressée à Basile Roy, nous apprend la mort de la femme de Joseph Roy[168]. Ce pauvre garçon est fou de la perte de sa pauvre femme. Il n'avait été marié qu'un an. Cette lettre nous apprend plusieurs autres morts de Beauharnois, ainsi qu'un canal de Beauharnois au lac Saint-François. Voilà aujourd'hui un an que la dernière lettre de ma chère Domitilde a été datée, 16 août 1842, et reçue ici le 23 janvier dernier, dans laquelle M. D.-B. Viger me faisait dire que, dans un an de cette date, nous serions tous de retour en Canada.
16 août. Beaucoup de train dans les gazettes d'ici, rapport aux îles Tahiti ou îles Marquises, rapport à la prise de l'amiral Dupetit-Thouars des îles Marquises[169]. Les gazettes disent que les Anglais ne laisseront pas cela de même. La détresse d'Angleterre s'annonce dans tous les papiers depuis trois mois.
19 août. Un nouveau bruit circule que notre pardon est accordé, à nous et aux Américains.
20 août. Joson a fait joliment le polisson aujourd'hui: il s'est saoulé, il a couru après la putain de Charles Nichols, battu Lareine innocemment; il ne parle plus d'autre langage que celui d'un bandit. Je vais faire avec lui ce que j'ai fait de la boisson: le laisser.
21 août. Je vais aujourd'hui à Sydney pour m'arranger avec Pascal Pinsonnault pour le peinturage...