fais rien depuis plusieurs jours. Mon profil, que je fais faire par M. Edger, est pour mon cher fils Alfred, et l'autre va être pour ma chère Domitilde et elle le donnera à Jean-Baptiste quand il lui plaira.
7 juin. Je fais tirer mon profil d'une autre position, avec une lettre de ma chère Domitilde à la main, pour lui faire mémoirer [rappeler] qu'il n'y a rien qui me fait autant de plaisir, ici, que lire de ses lettres. Le premier portrait me coûte 10/., à part de mon temps perdu et des dépenses, cela vaut bien 25/.; et l'autre, 35/.
8 juin. Touchette et J.-M. Thibert sont partis ce matin pour bâtir une boutique de forge sur le chemin de Liverpool.
10 juin. Je suis après l'enseigne de John Francis.
12 juin. J'écris une lettre à messire Morin et j'ai inclus mon portrait dedans pour mon cher fils Alfred. Daté d'aujourd'hui, chez Guertin.
13 juin. C'est aujourd'hui que les élections des conseillers commencent à Sydney et dans tous les autres comtés de la Nouvelle-Galles.
14 juin. Touchette, J.-M. Thibert et Prieur sont allés bâtir leur maison de société. Guertin est allé leur donner un coup de main. Le vaisseau Troubadour, parti de Liverpool le 13 février, nous apporte la nouvelle du nouveau gouverneur général du Canada, ci-devant gouverneur des îles Agra[167] et Jamaïque. Son nom est sir C. Metcalfe. Nous voyons aussi le discours d'ouverture de la Chambre d'Angleterre du 2 février.
15 juin. Fête-Dieu. Les élections font beaucoup de train dans Sydney. Une femme a été tuée par les chevaux de la police, et plusieurs hommes ont été tués par la populace.
16 juin. La maison de M. Guertin s'est vidée un peu ce matin. Prieur, Touchette et J.-M. Thibert sont partis pour leur bâtisse de Liverpool, et moi je m'amuse à écrire une lettre à ma chère Domitilde, et je vais lui envoyer mon portrait dedans pour lui faire plaisir.
17 juin. Trois personnes de tuées aux élections de Sydney, par les Irlandais enragés. J'écris une lettre pour Louis Turcot à sa femme, datée du 19 juin 1843.
18 juin. Messire Bourgeois est venu nous dire la messe chez M. Guertin, et j'ai eu le bonheur de communier en l'honneur de Notre-Dame A. Nous étions 31 Canadiens à la messe. Messire Bourgeois nous a fait un joli sermon en français.
19 juin. J'ai daté la lettre que j'envoie à ma chère Domitilde avec mon 2e portrait, aujourd'hui, et adressée à mon frère Louis Malo, qui fait la 34e lettre.
20 juin. Je passe mon temps à lire l'histoire de Napoléon Bonaparte, empereur des Français, écrite par L.-A.-J. Mordacque.
23 juin. Je vais à la ville aujourd'hui pour entreprendre tout le peinturage de la maison de M. John Purkis ainsi que le vitrage. J'ai retiré deux lettres: une pour Léandre Ducharme et l'autre pour F.-X. Guertin, datées du 3 juin 1842 et du 10 septembre. Ducharme, datée du 7 octobre 1842, lettre bien satisfaisante.
24 juin. Je suis après faire l'enseigne d'André Papineau.
25 juin. J'ai été chez Vaillant, le Français, voir J.-Louis Thibert et Alarie. Nous avons trouvé des petits chiens natifs dans son bois.
26 juin. Je vais ce matin peinturer les deux charrettes de M. Macdonald et je dois 30 jours de pension à M. Guertin et Louis Turcot. Je suis retourné chez M. Macdonald pour peinturer ses voitures par plaisir.
29 juin. Un bruit circule que lord Stanley a fait la demande de notre rappel à la Chambre des Lords.
30 juin. Joson a fait tirer son profil par Edger, le même qui a tiré le mien, pour 15/.
1er juillet. J'ai vu dans le Herald d'hier une motion faite par M. Roebuck, à la Chambre des Communes, le 7 février 1843, priant la Chambre de voter une adresse à la reine, la priant de nous accorder notre pardon, à tous les Canadiens exilés à leur colonie pénale. Le fameux lord Stanley s'y est opposé et la motion de M. Roebuck, secondée par M. Ewart, et appuyée de plus par M. Hume, a été retirée comme n'étant pas de la compétence de la Chambre des Communes. Cela appartient à la reine seule à en décider, sur notre sort. Grand risque_! Lord Stanley n'est pas aussi en notre faveur que nous l'a dit Mgr Polding. Je crois, sans me tromper, que Mgr Polding a fait un rôle d'hypocrite.
3 juillet. élection de M. Nichols à Parramatta.
4 juillet. J'ai envoyé ma 35e lettre à ma chère Domitilde, par Turcot, jusqu'à Sydney. Cette lettre est envoyée dans une lettre écrite à J.-Louis Thibert par moi, pour sa femme, à Châteauguay.
5 juillet. Lareine et Jérémie Rochon sont en société pour un cheval: grand trouble dans la société de Rochon et Lareine. Argent prêté: 19 £ à Rochon.
6 juillet. Je travaille chez John Francis, aubergiste.
8 juillet. J'ai trois jours de faits chez M. John Francis, à peinturer ses chambres à l'eau.
9 juillet. Le connétable a été sommer Lareine de remettre le cheval à Jérémie et Lareine a prêté 19 £ à J. Rochon.
12 juillet. Les gazettes ont parlé plusieurs fois, rapport à la motion de M. Roebuck faite pour nous à la Chambre des Communes. Plusieurs se flattent que cela nous sera favorable. Jérémie Rochon et Lareine ont été faire rire d'eux à Parramatta, lundi dernier, à la Cour, pour leur société de chevaux.
13 juillet. Je suis après peinturer les barils de John Francis en vermillon et les cercles jaune chrome; et lettrer en jaune et ombrer en bleu.
14 juillet. Jour de courses à Parramatta. Francis a été aux courses et son cheval a été reconnu comme ayant été volé.
15 juillet. Turcot a eu un bon gros cheval, mercredi dernier, à l'encan, pour 11,10_£. Achille Morin a un joli associé, pour travailler la vigne: un voleur de Français qui a volé un fusil et une boîte de bijouterie, avec trois ou quatre louis. Il est repassé hier au soir, de Windsor pour Sydney, avec une jument, à ce que nous croyons, volée.
16 juillet. La messe a été dite aujourd'hui, chez M. Guertin, par un prêtre de la Belgique. Il est vieux, âgé de 63 ans, et parle bien le français. Il a été le second aumônier de l'empereur Napoléon Bonaparte en 1813. é.-P. Rochon est venu me payer aujourd'hui l'argent que je lui avais prêté, 6,10 £, sans vouloir me donner l'intérêt qu'il m'a lui-même offert, et ce que tout le monde d'ici retire. Rochon avait le billet que je lui avais passé pour la réparation...