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Les Patriotes de 1837\@1838
 HISTORIOGRAPHIE 
Lionel Groulx et les événements de 1837-1838. Par Pierre Trépanier et Stéphane Pigeon
Publié le 01 ao?t 2000

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Tiré du numéro spécial "Lionel Groulx : actualité et relecture." dans Les Cahiers d'histoire du Québec au XXe siècle, no 8, automne 1997, p. 5-190. -- SDM 9867512.

"Une occasion favorable de prendre notre rang parmi les souverainetés indépendantes de l'Amérique" , voilà le rêve des Fils de la Liberté, dans leur manifeste du 4 octobre 1837. Soixante-quinze ans plus tard, Lionel Groulx, prêtre-éducateur dans la jeune trentaine, écrit: "L'aspiration à l'indépendance est un instinct de race [...] on ne l'anéantit qu'en se détruisant" . Malgré des divergences doctrinales pour tout dire irréconciliables, d'eux à lui une fraternité, née d'une commune "passion de la liberté" , jette un pont. Sur ce pont, il s'engage dès avant la Première Guerre mondiale, à une époque où les troubles de 1837-1838 sont encore quasi tabous dans bon nombre de collèges classiques . Le phénomène le fascine. Il n'appartient pas pour rien à "la génération de l'angoisse patriotique" . Face à 37-38, sa double qualité de clerc et de professeur d'histoire lui impose apparemment des devoirs contradictoires. Mais l'historien peut-il ne pas rouvrir un procès que le clerc jugerait prudent de laisser en l'état parce qu'il a été instruit par le tribunal de l'Église? D'autant que cet historien possède des convictions politiques bien arrêtées que le clerc harmonise sans trop de mal avec la doctrine officielle .

Catholicisme, traditionalisme et nationalisme décrivent fidèlement la pensée de Groulx. Au fond, il est convaincu qu'il n'y a de nationalisme authentique que le nationalisme traditionaliste. Dans la mesure où le nationalisme des Patriotes est libéral au sens doctrinal du terme, il ne peut que lui être suspect. Il ne réprouve ici ni la démocratie parlementaire comme mode de gouvernement, ni le suffrage universel comme moyen de choisir les gouvernants. L'Église admet l'une et l'autre. Mais, comme l'enseigne le catholicisme, il récuse la souveraineté populaire conçue

[début de la p. 37 du texte original]

comme un absolu qui soustrait l'ordre politique à l'ordre divin; qui légitime la révolte contre l'autorité établie; qui, enfin, épouse sans restriction le principe des nationalités. Car le nationaliste qu'est Groulx ne fonde pas son combat sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes: il ne croit pas que toute nation peut exiger son État comme de droit . L'État est à la nation un moyen, non une fin. Pour lui, la nation, c'est une "continuité historique" et des "valeurs spirituelles" . Par conséquent, le nationalisme appelle le traditionalisme. Ce dernier n'est pas l'un des stades dans l'évolution des sociétés. Il n'est pas non plus une crispation sur le passé, une nostalgie réactionnaire, mais bien une attitude critique qui pense le changement autrement que ne le font le libéralisme et la modernité . Cette dimension critique impose le recours à l'histoire . Ainsi, ni comme nationaliste, ni comme traditionaliste, Groulx ne peut passer à côté de 1837-1838.

Mais ce phénomène que, pendant sa longue carrière, il ne cessera de retourner en tous sens, il l'aborde en "historien spiritualiste" . Entendons par là le refus de toute conception mécanique ou matérialiste du monde, une méfiance constante à l'endroit des déterminismes, une valorisation des dimensions spirituelles, intellectuelles et psychologiques du passé, une attention particulière aux libres décisions des acteurs de l'histoire, une adhésion au volontarisme et, logiquement, la reconnaissance du rôle des individualités marquantes en histoire, enfin, mais sur le plan métahistorique, une disponibilité de l'esprit face au providentialisme.

La chronologie des travaux de Groulx sur les événements de 1837-1838 débute par son manuel manuscrit d'histoire du Canada, dont la version originale est de 1905-1906. En 1915, il quitte le collège de Valleyfield et devient professeur à l'Université de Montréal. Il y donnera bientôt deux séries de leçons: les cours publics qui visent un auditoire cultivé et empruntent la forme de la grande conférence; un peu plus tard et concurremment, les cours fermés à l'intention des étudiants. Comme les cours fermés sont répartis sur un cycle de deux ans, une année pour le régime français et une année pour le régime britannique, périodiquement, Groulx répète et approfondit son enseignement sur les événements de 1837-1838. En cours public, il traite de cette question à au moins deux reprises: en 1916-1917 et en 1925-1926. Le cours de 1925-1926 fait partie de la série Vers l'émancipation et complète le programme de l'année précédente qui étudiait la période 1815-1834. Il constitue en même temps la réponse de Groulx au tome IV, sur les années 1833-1841, publié en 1923, du Cours d'histoire du Canada de Thomas Chapais. Malheureusement, Groulx n'a jamais consacré une monographie entière à 1837-1838. Mais ses archives renferment les manuscrits de ses leçons; quelques-uns de ses élèves nous ont légué leurs notes de cours; lui-même a publié d'assez nombreux articles dérivés de ses cours sur le sujet; enfin, le tome III, paru en 1952, de sa grande synthèse, l'Histoire du Canada français depuis la découverte, y fait une large place et représente la somme des recherches et de la réflexion de toute une vie. Les temps forts de cette chronologie, du moins pour le public et du point de vue de l'histoire...


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