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Les Patriotes de 1837\@1838
 EVENEMENT 
14 décembre 1837 - La Bataille de Saint-Eustache
Publié le 10 mars 2000

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Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.  

 

Au matin du 13 décembre, les troupes anglaises avaient quitté Montréal pour le comté de Deux-Montagnes sous le commandement du général Colborne en personne. Le 14 elles traversèrent la rivières des Mille-Isles à environ 5 kilomètres en aval de Saint-Eustache. Après avoir essuyé quelques coups de feu durant leur approche, les troupes encerclent le village à partir de midi.

Les volontaires de Maximilien Globensky furent les premiers à entrer en contact avec les Patriotes. Un grand nombre de Patriotes se dispersèrent face au quelque 1600 soldats anglais. Les autres, environ 400, se réfugièrent dans l'église sous le commandement du docteur Chénier. Ils se défendirent avec acharnement jusqu'à ce que l'artillerie les déloge de leur forteresse. L'église, ainsi que plusieurs maisons furent incendiés. Environ 70 Patriotes perdirent la vie et 18 furent faits prisonniers.

Le lendemain matin, vendredi 15 décembre, les troupes quittèrent Saint-Eustache pour Saint-Benoît où on s'attendait aussi à rencontrer de la résistance.

Situé à l'embouchure de la petite Rivière-du-Chêne et aux abords de l'actuelle Rivière-des-Mille-Îles, le village de Saint-Eustache est véritablement le centre d'activités socio-économiques de la Seigneurie des Mille-Îles, à l'aube des événements de 1837. Dès la fin du XVIIIe siècle on observe l'établissement d'un noyau de commerces, d'artisans et de professionnels qui se forme autour de la place publique constituée du manoir seigneurial de la famille Dumont, du couvent, de l'église, du presbytère et, plus au nord, par le petit moulin (Grignon et Giroux, 1987: 33).

Troisième région en importance au Bas-Canada pour sa population, la région du nord-ouest de Montréal n'a pas connu de problèmes économiques graves comme dans la vallée du Richelieu dans les années 1830 (Senior, 1997: 165). Selon John Colborne, commandant en chef des forces armées dans les deux Canadas, les chefs rebelles du comté des Deux-Montagnes (Girouard, Scott, Girod, Chénier, Dumouchel, Masson et Chartier) sont les plus actifs de la révolte et mieux préparés à une résistance armée que leurs compatriotes du Richelieu. Ainsi, le 14 décembre 1837, les troupes du général Colborne, qui ont quitté Montréal la journée précédente, traversent la Rivière-des-Mille-Îles à la hauteur de Sainte-Rose, à environ dix kilomètres à l'est de Saint-Eustache. On retrouve donc sous les ordres du général John Colborne deux brigades: la première, dirigée par le colonel John Maitland, est formée du 32e Régiment (600 soldats) du colonel Reid, du 83e Régiment (600 soldats) du capitaine Joseph Swinburne et du Royal Montreal Cavalry (52 volontaires) dirigé par le major Eleazar David. Cette dernière constitue l'escorte officielle de John Colborne. La deuxième brigade, sous le commandement du colonel George Augustus Wetherall (vainqueur à la bataille de Saint-Charles le 25 novembre précédent) est formée de la Royal Artillery (78 soldats) dirigée par le major Jackson, du Montreal Rifles Corps (53 volontaires) dirigé par le capitaine Pierre-Édouard Leclère, et par un détachement de 83 volontaires loyalistes de Saint-Eustache, le St.Eustache Loyal Volunteers (Grignon, 1995: 83) commandé par le capitaine Maximilien Globensky, qui a pour mission de couper la retraite des Patriotes sur la rivière des Mille-Îles, à l'arrière du village. La deuxième brigade est aussi appuyée par 45 volontaires du Queen's Light Dragoons commandée par le capitaine Thomas Walter Jones. À la suite de l'armée viennent des voitures chargées de munitions, de bagages, de provisions, de bois, d'outils et d'ouvriers de toutes sortes, pour construire des ponts au besoin, couper ou abattre des obstacles, etc (Boileau, 1994: 4). Au total, 1280 soldats réguliers et 220 volontaires arrivaient à Saint-Eustache en cette avant-midi du 14 décembre 1837.

À 11h15, on sonne le tocsin qui annonce au village l'arrivée de l'ennemi. En fait, on a aperçu les volontaires de Globensky et de Leclère de l'autre côté de la rivière, croyant que c'était l'armée de Colborne. Chénier, à la tête de 150 hommes selon les uns (Boileau: 1994, 5) et de 300 selon les autres (Senior: 1997, 183), va à la rencontre des volontaires sur la glace. À ce moment, ces derniers reçoivent la mitraille des troupes de Colborne alors situées à moins d'un kilomètre du village sur la rive nord. La retraite se fait aussitôt vers le village où il ne reste qu'environ 250 personnes; la moitié des Patriotes avaient déjà fui les lieux de l'affrontement. Girod et Chénier placent donc leurs hommes dans le couvent, le presbytère, l'église et le manoir seigneurial qui forment ensembles la meilleure (et la seule) infrastructure de défense tandis que d'autres se postent dans la maison de W.-H. Scott et dans d'autres demeures avoisinantes. Disant qu'il allait tenter de retenir les fuyards, Girod parti à cheval en direction de Saint-Benoît où il fut reçu en déserteur par Girouard et les frères Masson. Quoi qu'il en soit, il se suicida d'une balle dans la tête trois jours plus tard. À Saint-Eustache, Chénier, qui a pris les commandes des insurgés, s'est retranché dans l'église avec une soixantaine d'hommes. Conscient que ses compatriotes enfermés dans l'église n'avaient pas d'armes, il leur répondit: " Soyez tranquille, il y en aura de tués et vous prendrez leurs fusils " (Boileau, 1994: 6). Vers midi, le village entier est encerclé sur cinq kilomètres par l'armée britannique. Pendant une heure, on poursuit le bombardement sur les principaux édifices où sont retranchés les insurgés, mais sans résultat significatif. À une heure, Colborne fait placer un de ses obusiers dans la grand rue pour enfoncer les portes de l'église, mais le feu nourri des Patriotes l'oblige à...


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