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Les Patriotes de 1837\@1838
 ATLAS 
Le SÉMINAIRE DE SAINT-HYACINTHE à l‘époque des rébellions
Publié le 01 juin 2000

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Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.  

 

Antoine Girouard devient en 1805 le troisième prêtre résident de la paroisse de Saint-Hyacinthe. À cette époque, cette paroisse est très étendue et les colons, pour la plupart pauvres et peu instruits, vivent éloignés du centre. En outre, les déplacements y sont très difficiles (Dion, 1984, 332). Face au manque de ressources, de temps, de personnes instruites, de maîtres d‘écoles, de prêtres, le " grand curé de Saint-Hyacinthe " démembre sa paroisse afin d‘alléger sa tâche. C‘est ainsi que sont créées La présentation en 1806, Saint-Damase en 1822, Saint-Césaire en 1823, Saint-Hughes en 1827, Saint-Pie en 1828 ainsi que Saint-Simon et Sainte-Rosalie en 1832 (Dion, 1984: 332). Dans le même ordre d‘idée, il crée entre 1810 et 1832 une organisation complète d‘enseignement comprenant plus de dix écoles de rang, un couvent et le Collège Saint-Antoine qui deviendra le Séminaire de Saint-Hyacinthe (Dion, 1984: 333).

Le chanoine C.P. Choquette reconnaît que l‘intention principale du curé Girouard derrière la fondation du Séminaire en 1811 est certes l‘établissement d‘une pépinière de prêtres. Cependant, il constate également l‘importance de la patrie canadienne dans l‘affection et le zèle de Messire Antoine Girouard. Opinion partagée par plus d‘un, si on en croit le discours de Mgr Raymond lors de la translation du corps du grand curé de Saint-Hyacinthe en 1861 :

Il voyait ses compatriotes au milieu d‘une population envahissante, d‘une autre origine, d‘une autre foi, se développant dans le pays même ou faisant irruption des frontières américaines. Il craignait qu‘il s ne fussent forcés bientôt d‘abdiquer et leur langue et leur foi et leur caractère distinctif comme peuple. (...) Il sentait que son propre pays avait besoin de défenseurs ; que l‘éducation seule pouvait relever sa race et la soustraire à une infériorité dans laquelle on chercherait longtemps encore peut-être à la maintenir (Choquette, 1911: 9).

De 1811 à 1816, le Collège fait ses premiers pas. La construction des bâtiments est laborieuse et le recrutement des professeurs est difficile (Choquette, 1911: 21-37). En attendant la fin des travaux, les cours se donnent au presbytère. En 1816, le Collège est enfin ouvert et l‘abbé Girouard en assume l‘administration et la direction jusqu‘en 1819. En 1826, pour la première fois un cours régulier y est complété. Jean-Charles Prince devient, cinq ans plus tard, le premier directeur formé par la maison à être nommé directeur. À la même époque, cinq faits, qui témoignent de l‘influence du patriotisme de Girouard sur le Collège, méritent d‘être soulignés.

Tout d‘abord, le Collège honore un de ses bienfaiteurs, M. de St-Ours, conseiller législatif, qui vient de lutter avec ses concitoyens français contre Dalhousie. Il s‘agit probablement d‘une simple coïncidence et non d‘un affront à l‘autorité. En deuxième lieu, Wolfred Nelson fait parvenir au professeur J.S. Raymond, une copie de son programme en prenant soin de l‘apostiller de cette phrase : " Au Collège le plus distingué du pays ". Vers 1833, les prêtres du Collège établissent des relations amicales avec Rambau, rédacteur de l‘Écho du Pays qui se veut un journal d‘opposition au régime gouvernemental (Choquette, 1911: 154). Quatrième faits, Louis-Joseph Papineau, celui-là même qui usa " de sa puissante voix devant le Parlement du Bas-Canada pour demander et obtenir une allocation pécuniaire en faveur du Collège de M. Girouard " (inconnu, 1899: 4), est en 1833 l‘invité d‘une réception au Séminaire et qui se termine par une acclamation subite et spontanée de la part de tout le peuple écolier et du personnel : Vive la Patrie ! " (Choquette, 1911: 126-127 et 155-156). En dernier lieu, les 13 et 14 août de cette même année, Lord Aylmer assiste aux examens du Collège et c‘est à lui que revient l‘honneur de distribuer les prix. À son grand dam, Lactance Papineau, fils de Louis-Joseph, est appelé et c‘est avec nervosité et froideur que Lord Aylmer lui remet sa récompense. Quant au jeune Papineau, il hésite à tendre la main et il manifeste sa répugnance (Choquette, 1991: 157-159).

En 1833, l‘affaire Odelin éclate au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Cette polémique démontre l‘influence qui y exerce le libéralisme catholique menaisien. L‘abbé Jacques Odelin, curé de la paroisse de Saint-Hyacinthe, est interrogateur lors des examens du Collège. Les élèves du Séminaire avaient eu à soutenir plusieurs thèses philosophiques dont l‘une sur le système de Félicité de Lamennais. Odelin, qui prend très au sérieux son rôle d‘interrogateur, " pousse les élèves à tel point que le professeur dut intervenir " (Choquette, 1911: 162). Sur le moment, la décision de clore la discussion est prise, mais elle se poursuit ultérieurement dans les journaux. Le cartésien Odelin écrit dans L‘ami du Peuple, tandis que ses opposants menaisiens du Séminaire de Saint-Hyacinthe écrivent dans l‘Écho du Pays (Choquette, 1911: 163).

Il faut souligner qu‘à cette époque, les professeurs de philosophie sont sensibles aux aspects démocratiques de la pensée de Lamennais (Bernard, 1980: 9). En effet, plusieurs jeunes professeurs sont imbus des idées de L‘Avenir ; progrès ainsi que " Dieu et liberté " (Bernard, 1971: 19). En 1834, le Collège se voit cependant interdit d‘enseigner les idées de Lamennais (Lamonde, 1994: 25) qui vient de sceller sa rupture avec le pape Grégoire XVI en publiant les Paroles d‘un croyant. De plus, Lamennais avance que Grégoire XVI prend partie pour les princes plutôt que pour les peuples (Encarta 1998, Lamennais).

De 1834 à 1836, un calme relatif règne au Collège qui devient,...


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Consulté 7 913 fois depuis le 01 juin 2000
MOD
 antoine  (2020-01-20)

 S. Marchand  (2013-06-13)
L‘ancien bâtiment désaffecté du Séminaire n‘est pas devenu la cathédrale de Saint-Hyacinthe en 1853 comme le laisse croire cet article. Il a été offert à l‘évêque sans jamais être utilisé comme église.

   

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