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Les Patriotes de 1837\@1838
 ACTUALITE 
Discours d’acceptation du titre de patriote de l’année 2010-2011, par Gilles Laporte
Publié le 2010-11-22 00:00

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Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.  

 
Gilles Laporte (à droite) recevant le prix de patriote de l'année remis par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en compagnie de précédents récipiendaires : MM. Robert Laplante, Bernard Landry et Georges Aubin.

Soyez les bienvenus à la Maison Ludger-Duvernay. Sentez-vous comme moi à quel point l’histoire suinte de toute part autour de nous? Imaginez, la Société Saint-Jean-Baptiste, celle-là même fondée par les patriotes en 1834, instigatrice de tant d’institutions, de la Fête nationale au Prêt d’honneur, en passant par la croix sur le mont Royal! À commencer par le portrait du fondateur, Ludger Duvernay, juste derrière moi; et tous ces présidents successifs, illustrés dans les vitraux. Cette ambiance me pèse autant qu’elle m’enchante à chaque fois que j’y entre, comme le rappel d’une responsabilité nationale. C’est vous dire combien m’accable l’insigne honneur qui m’est accordé aujourd'hui.

J’aime terriblement mon pays, ses habitants et leur histoire, mais je n’ai guère d’autre mérite. Historien du Québec en plus, c’est dire combien je sais l’étendue de la carrière de chacun des lauréats qui m’ont précédé à titre de patriote de l’année. C’est donc dire à quel point leur compagnie me paraît disproportionnée, presque insoutenable.

Je dois confier que j’ai d’abord refusé ce titre, puisque je suis évidemment dépourvu de la visibilité médiatique qui, de nos jours, permet seule de porter un message jusqu’au cœur du grand public.

Puis je suis retourné voir la liste des récipiendaires, les précédents patriotes de l'année.

J’y ai vu de grands hommes d’État, des créateurs, des chefs syndicaux, des journalistes, mais, mais, pas d’enseignant, pas de prof…

• Marcel Chaput, père de l’indépendance moderne

• Jean Duceppe, patriote des artistes

• Camille Laurin, patriote de la langue française

• Georges Aubin, patriote de l’histoire

• Luck Mervil, patriote de la chanson

• Bernard Landry, patriote de l’économie d’un Québec souverain

• Loco Locass, patriotes de la poésie

• Pierre Falardeau, patriote tous azimuts

• Hélène Pedneault, patriote de la cause féminine

Or le métier le plus important, essentiel pour que naquit l’étincelle chez chacune de ces personnalités exceptionnelles, il ne figurait pas dans la liste.

Je serai donc le patriote de l’éducation !

Un honneur que je tiens à partager avec tous les enseignants d’histoire du Québec, en particulier avec ceux qui sont ici ce soir.

Les colonnes du temple : la langue et l'histoire

En marge du sempiternel débat sur la meilleure voie à suivre en vue de notre grand rendez-vous avec l'Histoire, je suis heureux que la Société Saint-Jean-Baptiste voie en attendant à préserver les ferments de notre identité nationale : la langue bien sûr, mais aussi l'histoire, ce corps de valeurs et de faits qui soudent le sentiment d'appartenance autour d'une mémoire commune.

Or comment mieux rappeler le rôle clé de la préservation de notre langue et la promotion de notre histoire que de faire un petit rappel sur 1839 et le rapport Durham. De Durham et son rapport on a dit beaucoup de choses, mais une essentielle semble parfois nous échapper :

« C'est pour les tirer de leur infériorité que je veux donner aux Canadiens notre caractère anglais. »

« Je le désire pour l'avantage des jeunes instruits que la différence du langage et des usages sépare du vaste Empire auquel elles appartiennent. »

« Je désire plus encore l'assimilation pour l'avantage des classes inférieures. S'ils essaient d'améliorer leur condition, en rayonnant aux alentours, ces gens se trouveront nécessairement de plus en plus mêlés à une population anglaise ; s'ils préfèrent demeurer sur place, la plupart devront servir d'hommes de peine aux industriels anglais. »

Cette condescendance colonialiste ne doit pas masquer le fait que Durham considérait vraiment faire une proposition généreuse au peuple québécois en lui offrant l'identité et la langue anglaise. C'est là essentiel pour rappeler à quel point depuis une partie de notre élite s'est laissée séduire par ce miroir aux alouettes consistant à joindre la civilisation anglo-saxonne, riche et apparemment promise à un jour dominer tout le monde développé.

Depuis, le destin de notre collectivité demeure et demeurera toujours un fil tendu au-dessus de l’abîme.

J’aime à comparer l'aire culturelle du Québec à une patinoire de hockey. Pendant que les collaborateurs du régime fédéral font des vrilles et des doubles saltos arrière à Ottawa et à Québec, prétendant que la glace est excellente et que ni notre langue ni notre identité ne sont menacées, les résistants, ceux-là conscients de la fragilité de notre position, s’échinent pendant ce temps à passer la gratte et à tasser la neige parce qu'ils savent, eux, que la patinoire rétrécit continuellement. Parmi eux, les artistes, les comédiens, ceux aux devants de la scène de la lutte contre l'assimilation et l'acculturation. Ces artistes d'ailleurs, si nombreux et de bon droit parmi les patriotes de l'année.

Parler français reste et demeurera toujours un geste militant,...


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Consulté 6 991 fois depuis le 2010-11-22 00:00
MOD
 Micheline Larche  (2012-06-18)
Excusez le message précédent . J‘ai trouvé de nombreux articles intéressants sur les patriotes et même datant de 2012...Merci

   

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