Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Pour les 60 ans du drapeau québécois (1948-2008). Essai-graphique sur le drapeau québécois
Depuis le 20 janvier 2008

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« Même si intrinsèquement, un drapeau n’est qu’un simple bout de tissu aux couleurs diverses, sans grande valeur, il incarne dans les faits, l’identité même du peuple qui l’arbore.» - Luc Bouvier, professeur au Collège de l’Outaouais

« Le [créateur] québécois actuel a deux choix : ou il tourne carrément le dos au passé et s’invente totalement un présent, donc un futur, ou il croit suffisamment aux choses qu’il y a dernière lui, s’y plonge, les assimile, leur donne un sens nouveau, celui d’une œuvre qu’il bâtit en fonction du nouvel univers qu’il voudrait voir s’établir ici. » -Victor-Lévy Beaulieu, écrivain québécois (Le Devoir 13 janvier 1973)

Fondé il y a un an en janvier 2007, le collectif Identité québécoise réunit aujourd’hui une dizaine de jeunes adultes (des créateurs surtout; romancier, poète, concepteur visuel, etc.) autour d‘un objectif large, mais tout de même commun : celui « d’explorer, de réfléchir et de participer à la création de l‘identité québécoise. »

Le collectif ouvrait au moment même de sa fondation un chantier de réflexion sur le drapeau québécois, avec quelque suite dans les idées… Le fleurdelisé fête cette semaine ses 60 ans et l’occasion nous paraît tout indiquée pour dévoiler le fruit d’une démarche, qui de fait a débouché sur la proposition d’un nouveau drapeau québécois.

Évidemment, nous ne sommes pas sans savoir que le drapeau d’un pays ou d’une nation est un sujet délicat. C’est pourquoi l’exercice doit être remis dans son contexte : chez IQ, il nous intéressait d’abord et avant tout « d’explorer » l’histoire de ce symbole identitaire, de « réfléchir » à son évolution; puis de l’investir de notre créativité afin de « participer à la création de l’identité québécoise » par nos modestes moyens.

Cet essai-graphique propose de réunir visuellement les quatre carrés bleus dotés du lys en un seul rectangle bleu avec un seul lys blanc au centre (voir figure).

Notre argumentaire se déploie en trois temps. Il s’appuie d’abord sur un principe de la communication moderne qui veut que la simplification des symboles optimise l’échange d’information. Cela mis en évidence, il faut encore s’assurer que le symbole retenu, en occurrence le lys, constitue un emblème légitime et souhaitable pour les Québécois; un survol historique nous en convaincra. Enfin, nous nous pencherons sur quelques éléments symboliques nouveaux issus du drapeau modifié; dont celui d’un Québec uni plutôt que divisé; celui d’un Québec laïque (mais non moins catholique, nous le verrons) et français.

Éléments de communication

« Less is More » - Mies van der Rohe, architecte allemand

L’histoire des logos des grandes entreprises depuis plus de 100 ans tend à montrer que leurs logos ou les symboles qui les représentent se simplifient avec leur déploiement dans le temps, éliminant graduellement les mots, les ornements, les fioritures, parfois même les mots au profit d’un symbole graphiquement simple et reconnaissable pour tous, peu importe l’auditoire. Cette efficacité graphique est aisément repérable chez les grandes marques telles que que Nike, Shell, Apple ou la Croix-Rouge.

On observe ce même phénomène pour le nom des artistes qui survivent à l’épreuve du temps. Paul-Émile Borduas est devenu « Borduas ». Céline Dion a vu sa signature « Céline » s’imposer comme un élément évocateur. La communication est ainsi efficace et rapide.
La simplification des corps identitaires graphiques de toutes natures (drapeaux, logos, sigles, acronymes, etc.) est motivée par la même volonté de communiquer efficacement, le plus rapidement possible, un message à un auditoire donné. Dans le cas qui nous occupe, un drapeau aura pour but de communiquer un ensemble de valeurs et de caractéristiques communes, le sens d’une histoire partagée, ainsi qu’une volonté de se projeter dans un idéal qui inspire la fierté.

Suivant le raisonnement, ne serait-il pas opportun d’engager le drapeau québécois actuel dans un processus de simplification similaire? Nous croyons que oui, et c’est ce qui motive notre choix de réunir les quatre lys en un seul symbole, plus simple donc plus fort. Une question se pose alors : le lys, maintenant seul au centre du drapeau, constitue-t-il un emblème national qui sied à la nation québécoise? Pour répondre à cette question, il faut regarder en arrière et voir ce que le lys a voulu dire dans l’histoire.

Le lys d’hier à aujourd’hui

Il est important de savoir que la fleur de lys est un des plus vieux symboles au monde. On le retrouve en effet depuis plus de 5000 ans chez différents peuples selon un usage, tantôt emblématique, tantôt décoratif. On le retrace chez les Assyriens, puis en Inde, Égypte, Grèce, Rome, en Gaule, chez les Perses, les Arabes et en Espagne. Les Anglais et les Écossais l’ont utilisé, de même que les peuples amérindiens.

Pour certaines civilisations, il a incarné par ses caractéristiques la force, le désir, la sexualité et la fécondité. Certains y ont vu la représentation des organes génitaux, l’extrémité d’un trident ou d’une pointe d’arme. D’autres l’ont fait dériver de l’iris, fleur jaune qui poussait sur les rives de la Lys en Belgique.

Le lys devient un symbole de la France lorsque, dit-on, un ange aurait apporté un bouclier serti de 3 lys à Clovis, chef des Francs et conquérant de la Gaule; ce miracle donne la victoire à Clovis et marque le début de l’unification de la France actuelle. Il se répand alors comme symbole français, royal surtout, mais aussi comme le symbole catholique par excellence.
En Nouvelle-France, le lys apparaît sur divers objets, pièces de vêtement ou d’orfèvrerie. Bien que brutalement abandonné en France au moment de la Révolution, il continue d’être utilisé en terre d’Amérique comme un symbole faisant référence à la culture et aux origines françaises des «Canadiens » (québécois).

Le lys seul marque aussi notre histoire récente. L’appareil gouvernemental québécois a fait un usage fréquent du lys blanc sur fond bleu, et ce, depuis les années ’70. Alors que jadis ce « logo » authentifiait les ministères, il sert aujourd’hui à identifier les routes du Québec et à ornementer les immatriculations.

D’autre part, la population québécoise s’est elle-même... 

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Commentaire
 Ganelon  (6 novembre 2009)
À mon avis Durandal à raison...
 Louise Turcotte  (6 juin 2009)
je me cherche des drapeaux des patriotes restopubscenedespatriotes@cablevision.qc.ca
 Louise Turcotte  (24 mai 2009)
bonjour je suis incapable de demander qu‘on m‘envoie des renseignements...je ne suis pas sur mon ordi. mon adresse est restopubscenedespatriotes@cablevision.qc.ca
 Matricarus  (22 mai 2009)
Je préfère m‘éloigner du drapeau unifolié. Nonobstant les antécédents historiques, les quatre éléments me font personnellement penser aux quatre saisons bien présentes et tranchées au Québec : une richesse distinctive plutôt rare sur cette planète. La croix me rappelle surtout la croix plantée par Jacques Cartier sur le territoire de ma patrie. Ceci dit, félicitations pour l‘effort de réflexion.
 Durandal  (6 juillet 2008)
Il y a 4 fleurs de lys pour une raison fort simple : le Carillon rectangulaire avait 4 coins où a mis 4 lys. D‘autre part, cet article a faux au sujet des connotations religieuses du lys. Le lys a toujours représenté la race française tout cour, ce n‘est pas un « symbole catholique ». Il y a une raison pourquoi l‘ancien drapeau français avait trois lys : les lys représentaient la race française et le nombre de lys représentait la trinité, soit la foi chrétienne.
 Michel Langlois  (14 juin 2008)
Excellente idée que de simplifier le drapeau québécois. Je mets quiconque au défit d‘expliquer pourquoi on y retrouve 4 fleurs de lys et leur signification. Pourquoi 4 ? Il est vrai que la croix du présent drapeau signifie beaucoup plus la division que l‘union.

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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