Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
NELSON, Robert (1794-1873)
Depuis le 31 décembre 1969

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Né à Montréal en août 1793, fils de William Nelson et de Jane Dies, Robert Nelson pratique la médecine à partir de 1814. Il s‘engage dans l‘armée britannique où il y reçoit le titre de chirurgien attitré du 7e bataillon du corps de Deschambault. Il est muté quelques mois plus tard, le 26 juillet 1814, au corps des guerriers indiens. Victime d‘une épidémie de lithiasie, ces derniers reçoivent l‘aide médicale du Dr. Nelson; il conservera un attachement particulier pour les Amérindiens (DBC, 1972 : 597). À la fin des hostilités entre le Canada et les États-Unis, il pratique la médecine bénévolement auprès de plusieurs réserves autochtones telles Oka et Caughnawaga. Il installe son cabinet à Montréal et enseigne à plusieurs étudiants. Il obtient une réputation remarquable grâce à l‘exécution de glorieuses opérations. Il est le premier à faire l‘opération de la pierre (lithotriti; DBC, 1972 : 597). Suite aux troubles de 1838, Nelson poursuit son métier aux États-Unis. Il ouvre un cabinet à New-York et exerce sa profession en société avec son fils Eugène jusqu‘à sa mort, le 1er mars 1873.

En 1827, son frère Wolfed l‘invite à se joindre à la politique bas-canadienne. Il est élu député de Montréal-Ouest le 25 août de la même année. Il quitte son poste en 1830 en prétextant que ses devoirs politiques ne concordent pas avec sa profession. Avant de retourner à la politique en 1834, il canalise son dévouement professionnel vers les immigrants de Pointe-St-Charles (DBC, 1972: 597).

De retour comme député en 1834, Nelson assume son mandat dans le Parti patriote jusqu‘en 1838. Il ne prit pas part aux troubles politiques de 1837; il est toutefois arrêté comme suspect le 24 novembre 1837. Les liens que tissent Wolfed et Robert sont probablement la source de son arrestation. Robert est relâché par manque de preuve. Il décide de quitter pour les État-Unis en conservant l‘amertume de son incarcération.

Suite à sa remise en liberté, Robert Nelson tente de développer une stratégie afin de reprendre le Bas-Canada de la main des colonisateurs britanniques. Nelson et O‘Callaghan se mettent à organiser une série de conférences servant à recueillir l‘appui de la population. Le premier janvier 1838, les chefs patriotes se rencontrent à Middleburg lors d‘une assemblée consultative. Les radicaux (Nelson, Côté et Rodier) font face aux modérés (Papineau et O‘Callaghan). Les deux camps ne s‘entendent guère sur les moyens d‘actions et les revendications à privilégier (Rochon, 1988: 25). Les moyens d‘actions préconisés par les radicaux prennent toutefois le dessus. À ce moment précis, Nelson commence à prendre une importance particulière au sein du mouvement patriote.

Une première invasion du Bas-Canada est tentée le 28 février 1838. Les six ou sept cents rebelles, commandés par les Dr. Côté et Nelson, quittent le Vermont dans le but de traverser la frontière. Ils s‘engagent sur le lac Champlain avec 250 fusils volés à l‘arsenal d‘Élizabethtown. Arrivés au lieu de campement, situé à un mille de la frontière, les rebelles proclament Robert Nelson président de la République bas-canadienne. Les journaux rapportent que Nelson lit sa Déclaration d‘indépendance de la république du Bas-Canada (Rochon, 1988: 38) qui pose des revendications très progressistes pour l‘époque de sa rédaction. Nelson explique qu‘un gouvernement républicain doit être mis en place au Bas-Canada. Ce gouvernement doit entre autres: instaurer des droits légaux pour tous (y compris les Amérindiens), se détâcher des liens les unissant à l‘Église, abolir la tenure seigneuriale, instaurer l‘éducation publique et générale et élargir le droit de vote à tous les hommes âgés de 21 ans et plus (Nelson, 1999: 27-30). Leurs aspirations restent néanmoins éphémères. Nelson et Côté sont reflués à la frontière et arrêtés pour violation de la neutralité (Rochon, 1988: 38) Ils sont amenés en cour puis relâchés.

Suite à cette tentative d‘invasion manquée, Côté et Nelson forment une organisation militaire du nom des Frères chasseurs. Nelson met aussi sur pieds un plan d‘action qui doit aboutir à la grande insurrection prévue pour le 3 novembre 1838. Le plan d‘action s‘articule autour de différents camps qui doivent approvisionner les troupes en armes, rechercher un appui des États-Unis et développer des liens avec les rebelles du Haut-Canada. Le 3 novembre, les Chasseurs doivent emprunter le Richelieu, prendre possession de St-Jean et se diriger vers Montréal (DBC, 1972: 599).

Nelson se met donc en route le soir du 3 novembre afin de regagner le Bas-Canada, les 250 fusils qu‘il parvient à se procurer dans ses bagages. Il gagne Napierville le 4 novembre vers les neuf heures du matin. Il est l‘accueilli par le docteur Côté qui le présente aux troupes comme chef de la République. Nelson s‘adresse alors aux 800 ou 900 rebelles. Son discours se compose d‘une re-lecture de la Déclaration d‘indépendance ainsi que de quelques mots affirmant l‘espoir d‘un soulèvement réussi (Filteau, 1980: 411). Un second texte s‘adresse au peuple du Canada. La Proclamation promet la sécurité et la protection aux individus qui ne tenteront pas de nuire à l‘action des rebelles (Rochon, 1988: 39). Nelson nomme P. Touvrey et Charles Hindenlang chefs de l‘armée de rebelles.

Le 7 novembre, Côté envoie des hommes à Rouse‘s Point afin qu‘ils rencontrent des recrues américaines et, du même coup, récupèrent les armes cachées près du quai Vitman. Lorsque les Frères chasseurs arrivent à la frontière, toutes les munitions et armes ont disparu. De retour à Napierville, les mandatés font face à l‘armée du capitaine Marsh. Certains chasseurs parviennent à fuir vers Napierville tandis que d‘autres préfèrent quitter pour les États-Unis. Au même moment, Nelson apprend que Colborne prépare une armée de sept ou huit mille hommes dont la mission est d‘écraser les insurgés de Napierville. Suite à cette nouvelle, l‘armée de Nelson diminue de moitié.

Le 8 novembre, Nelson choisit de quitter pour Odelltown avec une armée composée de 1200 hommes. Les chasseurs décident de faire une halte à Lacolle afin de voler des armes aux volontaires loyaux de cette région. Une fois sur les lieux, un petit groupe de chasseurs décide de faire prisonnier Nelson, le soupçonnant de vouloir fuir les lieux de la bataille. Ils ligotent également Trépanier et Nicholas et les envoient tous trois au camp de Lacolle. Ils les libèrent cependant après que ces derniers les aient convaincus de leur fidélité envers le mouvement d‘insurrection... 

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 CedricLessard  (18 mars 2013)
Bonjour , j‘ai une question pour un projet en histoire de secondaire 4 . J‘aimerais savoir , car je ne me souvient plus et que je ne le trouve pas sur ce cite . Les frères Nelson ont cité une phrase pour dire a la population de fabriquer des munitions pour la rebellion , cependant je ne me souviens plus c‘est quoi .. alors , si quelqu‘un pourrait m‘aider ! Merci .
 alexandra  (23 novembre 2009)
Bonjour!!! Je suis une descendante de wolfred nelson en ligne directe, car mon arriere grand mer, Therese Rolland est la fille de Maud Nelson... J‘ai besoin de votre aide, car je fais un arbre genealogique avec tous mes descendants pour un projet d‘ecole et je suis bloquee avec ma mere sur la branche des nelson... Si vous pourriez me fournir des informations par courriel, ce serait tres apprecier!!!!! Merci de votre collaboration!!!! Alexandra 12 ans
 LouiseCharbonneau  (4 février 2008)
Je suis désolée de devoir vous contredire mais je crois que vous avez utilisé le dictionnaire biographique afin de rédiger cette biographie. Je vous ai fait parvenir par courriel l‘acte de naissance de Robert Nelson qui provient directement des archives nationales (paroisse Christ Anglican Church de Sorel) Ce dernier est né en 8 août 1793 et baptisé en octobre dans la paroisse Christ Anglican Church de William Henry (Sorel)
 LouiseCharbonneau  (4 février 2008)
Je suis désolée de devoir vous contredire mais je crois que vous avez utilisé le dictionnaire biographique afin de rédiger cette biographie. Je vous ai fait parvenir par courriel l‘acte de naissance de Robert Nelson qui provient directement des archives nationales (paroisse Christ Anglican Church de Sorel) Ce dernier est né en 8 août 1793 et baptisé en octobre dans la paroisse Christ Anglican Church de William Henry (Sorel)

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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