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Les Patriotes de 1837\@1838
 CORRESPONDANCE 
Lettre de Papineau à sa femme ( A P Q P - B : 5 8 a ) (Copie dactylographiée.) Paris 15 Juillet 1839
Publié le 28-mars-04

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Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.  

 

Ma chère amie. La dernière lettre de mon ami O'Callaghan contient pour moi les consolations suivantes, Madame Papineau et la chère Azélie sont parties depuis deux jours pour Saratoga. Je vous assure que la santé de M(me) est très bien rétablie et qu'elle parait aussi bien que je l'aie jamais vue. La société de M(mme) Cowan et de sa famille soutiendra son courage, puis elle ira voir M(me) Dessaules et ses enfants à Plattsburg. Tes 437 lettres, ma toute bonne amie, sont de toutes, celles qui m'intéressent, m'encouragent, me consolent le plus. Quand tu peux m'en écrire, n'y manque donc pas: mais à leur défaut qu'Amédée te remplace. Il entre dans des détails sur ce qui vous touche, vous qui êtes réunis dans la terre d'exil, et sur les autres membres de la famille demeurés dans la patrie souffrante et tyrannisée, qui rendent ses lettres très intéressantes. Chaque paquet devrait m'en apporter soit de toi soit de lui. Les miennes et mon insistence pour que tu fasse vendre la bibliothèque et ménage et que tu viennes me rejoindre ont du te convaincre que je n'espérais rien obtenir ni d'Angleterre ni d'ici en faveur de mon pays. Je ne doute nullement que je pourrais bien obtenir d'y retourner, en le sollicitant. Mais il faudrait être témoins sans réclamations de la tyrannie exercée insolemment contre notre pays: ni toi, ni moi ne voudrions nous soumettre à cette indignité. D'ailleurs, deux fois lorsque le gouvernement avait intérêt à faire respecter par tous les lois, il a lâché la populace à forcer ma femme et mes enfans à la fuite, hors de leur maison, sans jamais rechercher, pour les punir, les coupables: ou plutôt leur a applaudi. Que serait-ce dans un temps où il s'est identifié avec la lie de la société; avec une troupe ignare de factieux avides de sang. Il n'y aurait pas de sureté. J'attends donc avec impatience ta réponse, ta détermination à venir ou à m'appeler en Amérique. Nulle apparence que rien ne puisse se faire en faveur du Canada aussi longtemps que l'Angleterre n'est pas plongée dans les embarras qui la menaçent, soit de guerre étrangère, soit de commotions intestines. Ces évènements peuvent être éloignés, et dans ce cas il nous faut vivre ou tu l'aimeras mieux, soit ici ou aux Etats Unis. Dans l'un ou l'autre cas ce ne pourra jamais être avec le degré soit d'aisance, soit de contentement que nous avons connu quand nous étions dans le cercle des amis et des parents que l'on n'a pas moins l'habitude que l'inclination de chérir, quand ce sont des affections qui sont nées, qui ont grandi & vieillies avec nous. Elles ne peuvent jamais se remplacer celle là. Je n'ai qu'à me louer d'un acceuil généralement très bienveillant; je rencontre des sociétés savantes, où mon gout pour les études m'intéresse; mais j'en jouis mal séparé de ma famille. Si l'asservissement du Canada et dès lors notre exil était prolongé, nos enfans n'auraient ils pas plus de chance de s'établir aux Etats Unis qu'ici. Telle serait la considération qui décidera nos résolutions ultérieures -- mais pour le moment j'incline à croire convenable le parti que je propose de venir passer une couple d'années M(r) Larocque, de Longueil -- M(r) Lamothe, meurent d'ennui et regrettent d'être venus à Paris --Je le regrette aussi, à raison de l'inutilité de la démarche, sous un point de vue d'utilité publique, et du sacrifice de ma séparation d'avec ma famille. Mais je m'occupe. Après la présente reçue, disons au quinze d'août, il n'y aura plus besoin de m'envoyer les journaux du Canada qui ne laissent pas de couter. Je serai à la veille de repartir. Si tu viens il nous suffira de la gazette de M(c)Kenzie et de celle de Duvernay si elle s'établit, ou à son défaut du Canadien pour se tenir au courant de ce qui se passera dans les deux provinces. La lecture des journaux anglais, français, et d'Amérique m'a dévoré un temps infini, au détriment de lectures plus solides. J'ai passé quelques jours à assister à la chambre des Pairs au procès qui vient de s'instruire contre les insurgés. Il y en a un homme de talent et d'éducation, qui est condamné à mort, les autres à des emprisonnements plus ou moins longs. La chambre a, je crois, hésité beaucoup à prononcer la peine de mort. Il est déplorable qu'elle l'ait fait dans le cas d'un crime bien moins atroce que l'était celui des ministres de Charles X. Pour les tentatives d'assassinât contre le Roi, il y a eu successivement plusieurs exécutions, et c'était juste. Faut que la peine de mort est reconnue par les lois d'un pays, elle peut surtout s'appliquer contre l'assassin. Mais dans le cas d'insurrection, où celui qui la tente prouve la sincérité de ses convictions, puisqu'il sait qu'il expose bien plus surement sa vie, qu'il n'attaque l'autorité avec chance de succès; puisqu'elle a été souvent tentée par les hommes reconnus par l'histoire pour des plus vertueux; il n'y avait pas eu condamnation capitale depuis 1830 Et si les hommes publics de ce pays se gouvernaient par des principes et se respectaient toujours nuls de ceux qui ont eu le courage de soustraire Polignac à la mort ne devaient avoir la lâcheté de livrer Barbès. On la fait sonder pendant le délibéré des chambres -- on lui a demandé si dans le cas de condamnation à mort, il se pourvoirait en sa grâce, c-a-d. demanderait pardon au Roi, avec la certitude de l'obtenir. Il a dit résolument que non. L'usage ici est que personne n'obtienne grâce ou commutation de peine, à moins de la demander. Si l'exécution a lieu, les haines déjà beaucoup trop générales et profondes contre le Roi, redoubleront d'intensité, je n'en doute pas. Il sera obligé, dit le bruit public, de prendre l'initiative et de le donner sans recevoir ni excuse, ni remerciement de l'accusé. L'instruction de tout ce procès est très mal conduite. Le président seul, avec les procureurs généraux interrogeaient les accusés...


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Consulté 2 638 fois depuis le 28-mars-04
MOD
 jydfmbngfmj  (2006-04-21)

 kjcxf;gosf  (2006-04-21)
salut mon pot!!!!!!!!!!!!!!

   

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