Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Les canons de bois des Patriotes
Depuis le
Un des canons de bois faits par les Patriotes durant les Rébellions. Après sa prise a été ajouté l’inscription : Canon de bois utilisé par les rebelles canadiens chargé avec de la chevrotine et de petits morceaux de plomb et d’acier en 1837 et 1838.

Tiré de l'Info Suroit du 9 mars 2022 https://www.infosuroit.com/quebec-insolite-les-canons-de-bois-des-patriotes/

Au cours du premier tiers du 19e siècle, un vent de libération souffle partout dans le monde. Après les États-Unis et la France, les mêmes espoirs de liberté nourrissent des soulèvements en Irlande, en Afrique du Sud, au Mexique, en Amérique du Sud. Tant dans le Haut-Canada que dans le Bas-Canada, des gens s’organisent pour se libérer de l’emprise de la métropole afin d’établir un gouvernement responsable. On les appelle les Patriotes. Mais la Grande-Bretagne tient à ses colonies et n’entend pas les affranchir de sitôt. Les armes vont parler! Et comme les Patriotes n’ont que des canons de bois…

En 1837 et 1838, une partie de l’élite canadienne (médecins, avocats, notaires, marchands) appuyés par une partie de la population revendique le droit à l’autodétermination tant dans le Haut que dans le Bas-Canada.

Faut-il voir dans ce mouvement l’influence de la Révolution française et de l’indépendance des États-Unis? C’est certain.

Mais la Grande-Bretagne, qui vient de perdre les États-Unis quelques décennies plus tôt, est, disons, peu réceptive à l’idée de perdre ce qui lui reste en Amérique du Nord.

Bas-Canada

La rébellion de 1837-1838 est beaucoup plus violente au Bas-Canada qu’au Haut-Canada.

Au cours du printemps et de l’été 1837, les chefs réformistes, dont le principal est Louis-Joseph Papineau, chef du Parti patriote, tirent parti des tensions politiques de longue date pour mettre sur pied une large force rebelle.

La situation est tellement tendue qu’en octobre 1837 toutes les troupes britanniques régulières sont retirées du Haut-Canada et transférées dans le Bas-Canada.

Infériorité

Les troupes rebelles ne font pas le poids devant l’importante force militaire coloniale, sous la direction du général John Colborne, complétée par un grand nombre de miliciens orangistes loyaux venant du Haut-Canada.

Les Patriotes rebelles peu entraînés affrontent des troupes et des milices bien entraînées à trois occasions : à Saint-Denis, à Saint-Charles et à Saint-Eustache.

La loi martiale est déclarée et de nombreux rebelles, dont Louis-Joseph Papineau, s’enfuient aux États-Unis. Des centaines sont arrêtés, plusieurs sont déportés en Australie, d’autres sont pendus à la prison du Pied-du-Courant à Montréal.

Vue de la façade de l’église de Saint-Eustache occupée par les Patriotes. (BAnQ – Lithographie de Nathaniel Hartnell d’après un dessin de Lord Charles Beauclerk.)

Beauharnois

Le bras armé des Patriotes, les Frères Chasseurs, viennent pour la plupart des campagnes environnantes. Ils sont équipés d’armes de fortune qui sont en fait des outils de travail « adaptés ».

Document exceptionnel, Jane Ellice, qui a été retenue prisonnière par les Patriotes, représente grossièrement dans une aquarelle un attroupement de Chasseurs. On les voit tenir épées, faux de toutes dimensions, faucilles, pics, gaffes et fusils. D’autres témoignages révèlent que certains n’avaient que des fourches ou de simples bâtons de marche.

Pas de quoi effrayer l’armée la plus puissante du monde !

Patriotes à Beauharnois en novembre 1838 par Katherine Jane Ellice (aquarelle) (Archives nationales du Canada. Bibliothèque et Archives Canada. C-013392.)

À peine le tiers des combattants patriotes ont en leur possession des fusils en bon état. Ces armes à feu sont pour la plupart de vieux fusils à silex dont on a changé le mécanisme de percussion pour les rendre plus efficaces. Ils deviennent alors des « fusils à cap ».

Le simple fait de porter un fusil est considéré comme une offense majeure dans les mises en accusation des Patriotes.

Deux forgerons de Sainte-Martine, Constant Buisson et Gabriel Couroux, sont mis en accusation pour avoir cerclé des canons de bois. Un troisième, François-Xavier Touchette, est accusé d’avoir forgé des « pics ».

Canons de bois

Les Frères Chasseurs possèdent six canons de bois. C’est peu contre l’armée britannique.

Ce genre d’artillerie rudimentaire est fabriqué par les groupes de Saint-Timothée et de Sainte-Martine. Ces canons faits de grosses billes de bois cerclées de fer évidées en leur centre ou faits de douves épaisses (comme pour les tonneaux) ont une puissance de feu plutôt faible et peu constante.

On les charge de petits morceaux de plomb et de ferrure.

L’une de ces curieuses pièces capturées à Saint-Timothée est offerte par l’armée anglaise à leur jeune Reine Victoria comme symbole de leur victoire au Bas-Canada. On le retrouvait au Musée militaire d’Ipswich, en Angleterre. Elle fait partie maintenant de la collection du Musée canadien d’histoire de Gatineau.

Reconstitution

La Société du patrimoine de Sainte-Martine possède une réplique d’un de ces canons de bois. En 2008, un artificier a procédé à son utilisation avec une charge explosive.

Amateurs d’histoire et de patrimoine, découvrez en plus sur ce billet et sur plusieurs autres en consultant le site Web quebecinsolite.wordpress.com

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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

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L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
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