Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Trois petits cours d‘histoire et puis s‘en vont... le fiasco de la formation en l‘enseignement de l‘histoire
Depuis le 9 mars 2013

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Pour défendre un programme d‘histoire bancal et discrédité, ses défenseurs ne brandissent, pour toute réponse, que le péril de « l‘endoctrinement par le nationalisme ». Ont-ils seulement pris acte de l‘échec pédagogique que constitue le programme de 2006, lui-même une version édulcorée et « bricolée » d‘une première mouture universellement dénoncée en 2005 ?

À titre de président du MNQ, promoteur de l‘identité québécoise depuis 1947, il va de soi que je souhaite que tous les Québécois se sentent unis par un sentiment d‘appartenance et fiers d‘appartenir à une communauté ouverte et solidaire, enracinée en Amérique depuis quatre siècles.   Ceux qui ne peuvent comprendre cela ne considèrent « légitime » que l‘adhésion libre à un État de droit, où des « citoyens » post-modernes s‘abritent derrière la défense de leurs droits individuels, sans racines historiques.

Malgré tout cela, on peut aisément démontrer que le programme d‘histoire actuel présente des lacunes affligeantes qui n‘ont strictement rien à voir avec la conception qu‘on se fait de la nation québécoise et qui méritent en soi qu‘on s‘y penche de toute urgence.  Dans mes prochains billets j‘aborderai certaines calamités du programme d‘histoire, dont les plus fameuses sont assurément 1) le découpage chronologique-thématique de la matière, 2) le mélange d‘histoire et d‘éducation à la citoyenneté et 3) la formation des maîtres.  Aucune de ces aberrations ne met à quelque égard en jeu la fameuse « question nationale ». Les sophistes qui contrôlent présentement la direction des programmes devront donc trouver d‘autres échappatoires que leur peur du nationalisme pour justifier la situation actuelle.  En attendant, ce sont les professeurs du Québec et leurs élèves qui font les frais de cette entreprise de désinformation.

Une des plus belles inepties du programme d‘histoire a trait à la formation des futurs enseignants.  Le programme universitaire actuel consiste en un baccalauréat de quatre années où pas moins de la moitié de la formation consiste en un salmigondis de stages et de cours de didactique ou de pédagogie, où le futur prof apprend « comment enseigner ».  Des cours entiers sont donc consacrés à savoir rédiger un examen à choix multiples, concevoir une «Situation d‘apprentissage et d‘évaluation (SAÉ) » ou à « gérer » des troubles du comportement.  De telles compétences sont utiles, mais ce qu‘on apprend dans ces cours n‘est nullement de niveau universitaire.  Surtout, qu‘on y pense, deux années entières y passent, au prix d‘effrayantes redondances, tout ça pour préparer un prof à faire face à 30 redoutables ados !  Les titres de cours sont éloquents : Conduite pédagogique et organisation de la classe, Relations du groupe-classe et citoyenneté scolaire ou Éducation, épistémologie et métacognition.  Qu‘on ne se méprenne pas, ces drôles d‘oiseaux ne sont nullement optionnels, il s‘agit bien tous de cours obligatoires pour tous ceux qui comptent devenir enseignants au pays de Maria Chapdeleine.

À l‘inverse, ces futurs profs n‘auront que dix cours pour faire l‘apprentissage de deux disciplines.  En ce qui a trait à l‘histoire, c‘est seulement trois ou quatre cours qui portent sur l‘histoire nationale, dont un seul sur le Canada depuis la Confédération de 1867.  J‘ai moi-même, pendant dix ans, enseigné ce cours pour des candidats au bacc en enseignement au secondaire.  En 45 heures seulement, j‘ai fait ce que j‘ai pu pour parcourir un siècle et demi d‘histoire canadienne et québécoise devant des  auditoriums peuplés de 90, 100, parfois 120 futurs enseignants.   Ce cours d‘histoire générale est le seul qu‘ils recevront de toute leur formation avant d‘aller d‘eux-mêmes l‘enseigner durant toute leur carrière à des générations entières.  Il s‘agit du seul cours obligatoire en lien avec la matière qu‘ils auront à enseigner.  Un court plutôt « allégé » d‘ailleurs, assorti de deux examens, d‘un travail de session et d‘une poignée d‘ateliers.  Devant parcourir 150 ans d‘histoire, j‘y passais généralement une heure sur la Confédération, 20 minutes sur la Seconde Guerre mondiale et à peine dix sur chacun des référendums.  Si un futur enseignant ne poursuit pas son perfectionnement au travers de ses multiples autres tâches, c‘est avec ce seul bagage de connaissances qu‘il est ensuite réputé pouvoir enseigner cette matière.  Or, certains de mes étudiants, perdus dans les gradins de l‘auditorium, n‘étaient pas tous des génies, ni particulièrement doués ou motivés. Certains d‘entre eux n‘ont obtenu qu‘un « C » ou un « D », sans trop avoir à déployer d‘efforts.  Ils ont quand même été jugés aptes à enseigner cette matière et se sont tous retrouvés, un an ou deux plus tard, devant une classe d‘histoire.  Aussi mal préparés et aussi peu outillés en connaissances sur l‘histoire du Canada, ces jeunes professeurs sont dès lors particulièrement inquiets, incapables d‘aller plus loin face à des élèves curieux que ce que propose leur manuel de classe. Selon Éric Bédard, « Le maître qui se retrouve en classe devant ses élèves avec pour seul bagage ses quelques cours universitaires sur le passé québécois est donc condamné à suivre l‘un des manuels approuvés par le ministère, rédigés le plus souvent par l‘un des didacticiens spécialistes en pédagogie qui lui aura enseigné à l‘université. »

Comment une telle situation a-t-elle pu s‘instaurer ?  Jusqu‘en 1994,  nous bénéficiions pourtant de la formule idéale : un baccalauréat de trois ans dans une discipline, soit littérature, géographie ou histoire, où le jeune s‘initiait à fond aux connaissances et aux méthodes d‘un champ disciplinaire, suivi, s‘il choisit de devenir enseignant, d‘une année de pédagogie, assortie de deux stages, menant seuls à l‘agrégation pour pouvoir enseigner.  Ce système avait en outre l‘avantage de susciter de véritables vocations pour la carrière d‘enseignant.  À l‘heure actuelle, nul salut hors du fameux programme de quatre ans.  Si bien que l‘étudiant doit choisir dès l‘âge de 18 ans, avant même d‘avoir obtenu son diplôme d‘études collégiales, s‘il s‘engage résolument dans la filière menant à l‘enseignement au secondaire.  

La situation aberrante où nous nous trouvons découle d‘une guerre de pouvoirs bureaucratiques remportée... 

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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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