Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Discours d’acceptation du titre de patriote de l’année 2010-2011, par Gilles Laporte
Depuis le 22 novembre 2010

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Gilles Laporte (à droite) recevant le prix de patriote de l'année remis par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en compagnie de précédents récipiendaires : MM. Robert Laplante, Bernard Landry et Georges Aubin.

la même histoire, mais cette fois de manière thématique, par sujet. C’est n’importe quoi. C’est redondant, fastidieux et démoralisant.

En plus l’histoire nationale est fondue avec formation à la citoyenneté, sorte d’initiation à la diversité culturelle.

Le patriote de l’année propose donc que l’histoire nationale soit vue sur deux ans de manière chronologique : des origines à la Confédération en secondaire trois, et de la Confédération à nos jours en secondaire quatre.

[adoptée à l’unanimité]

Le patriote de l’année propose par ailleurs que le cours bizarrement appelé Histoire et éducation à la citoyenneté s’appelle tout simplement Histoire de l’histoire du Québec et du Canada, un point c’est tout.

[adoptée à l’unanimité]

Mais le pire c’est au cégep…

L’histoire est totalement exclue de la formation générale au niveau collégial. Sur les douze grandes compétences supposées être acquises par les étudiantes et les étudiants à la fin de leur parcours collégial, pas une seule ne fait allusion ni à la culture historique des jeunes Québécois, ni à leur appartenance à une nation de langue française et de culture distinctes en Amérique du Nord.

Sur les 111 pages du descriptif du programme de sciences humaines, le mot «histoire» n’apparaît littéralement qu’à un seul endroit; en rapport avec le cours sur la civilisation occidentale et, dans les 182 pages du descriptif de la formation générale commune, le mot «Québec» n’apparaît qu’une seule fois, en rapport avec le cours «littérature québécoise».

Au cégep, Histoire du Québec, ne représente que 10 % des cours d’histoire offerts et n’est plus offert que dans douze cégeps sur 48. Conséquemment, en 2009, seuls 2424 cégépiens avaient suivi un cours d’histoire du Québec. C’est là moins de 5 % des élèves.

Plus préoccupant encore que le sort réservé à l’histoire, c’est l’objet Québec lui-même qu’on est en train de sortir des écoles. Là on parle carrément d’espèces en voie de disparition : Fondements historiques du Québec, Sociologie du Québec, Politique Québec-Canada, Économie du Québec et ses régions, Histoire de l’art au Québec, autrefois des cours florissants dans les programmes préuniversitaires, sont soit disparus des banques de cours, soit relégués au choix en toute fin de parcours.

Le patriote de l’année propose donc l’introduction d’un cours à la formation générale portant sur l’histoire, l’économie la géographie, la politique, et la culture du Québec à un moment charnière, où un jeune de 17 à 20 ans fait l’apprentissage du travail rémunéré, du syndicalisme, du bureau de scrutin.

[adoptée à l’unanimité]

L’université québécoise ne va pas bien…

Dans son édition d’hier, le fabuleux McClean publiait son palmarès des universités canadiennes. Sans surprise, les universités francophones sont toutes parmi les dernières et l’UQAM remporte le titre de la pire université au Canada. Après la corruption, voilà que le Canada anglais célèbre notre médiocrité!

Malgré cela, l’UQAM est toujours pleine de chaires de recherche quémandant des subventions aux organismes fédéraux, toutes émoustillées d’être invitées aux congrès des Canadian Studies à Régina ou de la fondation Historica à Kanloops. Méprisés et ridiculisés les chercheurs universitaires québécois des sciences humaines, puérils quand ils baragouinent leurs communications en anglais devant les sociétés savantes, avec leurs universités sous-financées, dédaignées par les fondations privées.

Malgré cela, trop d’universitaires québécois s’évertuent à préserver leur tour d’ivoire et à jouer le jeu des institutions canadiennes, publiant leurs articles savants dans des revues que personne ne lit, se pliant à tous les caprices du CRSH ou du Conseil des arts du Canada afin obtenir leurs précieuses subventions fédérales.

Ils croient ainsi pouvoir faire de la vraie recherche, ils ne perpétuent en général que leur dépendance intellectuelle envers les mots d’ordre du multiculturalisme canadien.

Quel gaspillage d’intelligence. Or on a besoin des universitaires comme jamais au Québec. Notre société est trop petite, trop pauvre pour entretenir un milieu universitaire fermé et narcissique. Où sont nos universitaires à l’heure de la crise identitaire, du naufrage dans l’éducation et du déficit démocratique de nos institutions? Où sont ces admirables intellectuels des années 1950 et 1960 qui n’hésitaient pas à occuper l’espace média : Lionel Groulx, Maurice Séguin, Richard Arès, Fernand Dumont, Marcel Rioux? Lâchez un instant vos demandes de subventions et descendez dans la Cité!

L’autre problème de l’université concerne la formation des maîtres. L’apprentissage de l’histoire par les futurs enseignants y occupe une place marginale par rapport au salmigondis de cours de didactique et de pédagogie. Un bon prof est d’abord celui ou celle qui maîtrise bien sa matière, mais à l'heure actuelle les étudiants au bacen enseignement de l'histoire ne suivent que deux misérables cours d'histoire du Canada au niveau universitaire en guise de préparation en vue de l'enseigner eux-mêmes pour les 35 prochaines années!

Le Patriote de l’année propose donc que le nombre de cours de didactiques et de pédagogie soit réduit au baccalauréat en enseignement de l’histoire et qu’ils soient remplacés par des cours disciplinaires en histoire.

[adoptée à l’unanimité]

Autres chantiers : appellation Pays patriote

Heureusement il se fait de la bonne histoire ailleurs, notamment dans les sociétés d’histoire et de généalogie, par le tourisme historique, ainsi que dans les musées. Au fil des années j’ai aussi rencontré d’autres chercheurs, fervents d’histoire et de généalogie : à la Fédération des sociétés d’histoire, à la Société... 

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 Micheline Larche  (18 juin 2012)
Excusez le message précédent . J‘ai trouvé de nombreux articles intéressants sur les patriotes et même datant de 2012...Merci

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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