Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Les Rébellions de 1837-1838 : un traumatisme collectif
Depuis le 10 août 2008

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Le suicide du patriote Amury Girod tel que vu par Henri Julien.

appeler un «anguille sous-roche» de la représentation.

Le traumatisme est aussi une notion à deux faces, et il se situe entre deux extrêmes, selon que prédomine la violence de la stimulation (l’événement traumatique) ou l’importance des enjeux psychiques qui le sous-tendent. À un extrême, il y a le cas où une météorite, venue des confins de l’univers, s’écrase sur ma maison, provoquant un violent choc nerveux. Même si celui-ci pourrait avoir des effets durables sur ma vie psychique, il reste que les enjeux psychiques n’ont joué aucun rôle dans la genèse de ce traumatisme. La source est extérieure, et complètement neutre du point de vue de ces enjeux psychiques. Un traumatisme de ce type pourrait être comparé à un arbre qui a perdu ses branches. Si l’arbre est en santé, ses racines n’ayant pas été touchées, les branches peuvent repousser et l’arbre peut survivre. À l’autre extrême, il y a ces cas de traumatismes où prédominent les enjeux psychiques. L’événement traumatique peut être anodin, sa charge affective lui venant de l’enjeu symbolique dont il est le rappel et la manifestation. Un exemple bien connu est ce cas que Freud a présenté sous le pseudonyme de «l’homme aux rats». La longue et patiente investigation d’une névrose obsessionnelle aboutit à une scène enfantine plutôt amusante où le très jeune enfant injurie son père en le traitant de serviette et de lampe. Le père, qui s’apprêtait à battre l’enfant, est estomaqué par cette réponse et renonçant à le battre, il lui adresse plutôt un commentaire admiratif. Comment un tel souvenir peut-il être traumatique? Pas en lui-même, bien sûr, mais dans la mesure où, illustrant mieux que tout autre la victoire de l’enfant sur son père, il est devenu le représentant psychique du fantasme de la mort du père, que l’enfant est incapable d’affronter et qui suscite en lui une angoisse insurmontable.

Tout traumatisme se situe quelque part entre ces deux extrêmes et par conséquent, est en rapport à la fois avec une événement réel, dit traumatique, souvent violent ou extrême, et des enjeux psychiques ou symboliques. C’est pourquoi il faut toujours tenir compte des uns et des autres. Il y a toute la différence du monde entre les effets traumatiques produits par un «acte de dieu», un tremblement de terre ou un ouragan, et ceux produits par un acte humain et intentionnel, parce que l’existence d’une volonté derrière l’acte terrifiant vient moduler l’effet traumatique: l’acte de Dieu est absurde, tandis que l’intentionalité de l’acte humain dote l’événement traumatique d’une signification. Doter l’événement traumatique d’une signification fait partie du travail de représentation; le fait que l’événement soit déjà porteur de signification aura des effets aussi variés que les significations elles-mêmes. Dans certains cas, l’intentionalité derrière l’événement traumatique peut faciliter le travail de représentation en canalisant les affects dans une réaction (par exemple la vengeance). On se rapproche ici du versant psychotique du traumatisme, par lequel le sujet évacue la charge traumatique en la transmettant à un autre sujet. C’est ainsi que les effets du traumatisme deviennent épidémiques. (L’invasion de l’Irak par les États-Unis est directement liée à l’effet traumatique des attentats du 11 septembre 2001. Sur le plan stratégique, c’était une bêtise, mais sur le plan de la psychologie collective, l’invasion de l’Irak a très efficacement effacé l’état d’angoisse dans lequel le pays était plongé après les attentats.) Dans d’autres cas, l’intentionalité peut se présenter comme un facteur agravant, si l’on doit porter, en plus du malheur lui-même, le poids de la haine ou du mépris de l’autre. L’effet traumatique dépend, par conséquent, non seulement de la «matérialité» de l’événement, mais également de la manière dont le sujet le perçoit et l’intègre à sa mémoire, des capacités dont il dispose pour en surmonter les effets, ainsi que de la signification qu’il lui prête.

Le rapport de l’événement terrible à l’enjeu psychique (ou symbolique) peut être compris comme un rapport de représentation. L’événement qui nous fait passer à deux doigts de la mort offre l’occasion d’une figuration psychique de cet extrême pulsionnel dont Freud a énoncé la théorie avec la notion d’instinct de mort. Il est paradoxal que de telles expériences nous paraissent généralement terribles et exceptionnelles alors qu’en fait la mort est la réalité la plus banale et la plus répandue qui soit. L’inéluctabilité de notre mort est certainement l’élément de représentation qui correspond à l’affect le plus puissant et le plus refoulé. L’explosion des affects que l’on peut imaginer dans le psychisme d’une personne qui tombe d’un dixième étage, dans les dernières secondes avant sa mort, est une expérience que tous, nous devrons vivre tôt ou tard, que ce soit violemment ou calmement, car tout état de tension doit un jour se résoudre, et ce qui a monté doit redescendre. Par ailleurs, l’expérience nous montre que la proximité de la mort, aussi angoissante soit-elle, est source d’une jouissance qui est souvent recherchée dans ses formes plus ou moins diluées (risque, fantasme, spectacle). La proximité de la mort et la libération du potentiel pulsionnel qu’elle suscite est au coeur de nombreux rites initiatiques qui soulignent les vertus cathartiques de l’aventure. La proximité de la mort permet de redonner aux choses leur vraie valeur, elle est une purification qui rend les mensonges inutiles, elle assure un ressourcement dans les forces de l’inconscient. C’est là un thème fort prisé de la mythologie, et particulièrement du mythe du héros, qui se définit essentiellement comme un personnage qui a bravé la mort et qui en est ressorti investi d’une force nouvelle, divine, surhumaine.

L’expérience «extrême» n’est donc pas automatiquement traumatisante. Au contraire, si elle est surmontée, elle renforce le psychisme en l’enrichissant de nouvelles représentations qui constituent autant d’aménagements de ces zones obscures de danger. Cette richesse, nous l’appelons le courage, et elle se nourrit à la fois de l’expérience du danger et de la purification intérieure qu’elle assure, et elle se manifeste dans le sentiment de la fierté (je parle ici du courage en tant que fait psychique, et non en tant que concept de la philosophie morale). L’événement terrible apparaît ainsi comme la représentation d’une réalité symbolique, la condition... 

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 Louis  (21 août 2008)
Excellent texte M. Collin je tâcherai de lire votre livre. C‘est comme si vous aviez écris ce qu‘au fond de moi j‘avais toujours pensé du rapport des Québecois face à leur histoire patriote! Vous avez soulevez aussi un point intéressant : ‘‘Conformément à une curieuse tendance très répandue dans le «Québec moderne» chez les historiens et dans les programmes d’enseignement, on a aplati l’histoire en minimisant ses aspects les plus spectaculaires, les plus passionnants et romantiques, et en accentuant les plus édulcorés et les plus ternes‘‘ – C‘est tellement vrai qu‘à chaque fois qu‘un ami me dit que l‘histoire du Québec est ennuyante, je ne peux que lui donner raison car plus souvent qu‘autrement, j‘ai suivi les mêmes cours monotones au secondaire et au cégep... Étant moi-même étudiant au baccalauréat en histoire, je veux faire un meilleur enseignement de l’histoire du Québec dans les classes de nos futurs élèves. J’en fais mon cheval de bataille car je crois fermement que notre histoire, bien racontée, peut devenir une extraordinaire épopée. - Louis

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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