de nous livrer tout entier à la considération de la politique, des besoins et des ressources de notre pays; d'augmenter sa richesse en encourageant ses manufactures et ses produits; de lui conserver toute sa vigueur en discontinuant de consommer tous les articles importés de par-delà la mer; mais pardessus tout de nous accoutumer à faire continuellement des sacrifices, et à tellement retrancher nos dépenses personnelles, en évitant l'excès et le superflu, qu'il nous soit donné d'amasser des moyens de nous supporter les uns les autres dans la lutte pour la vie et la liberté dans laquelle nous devons tôt ou tard nous trouver engagés, lorsque sera arrivé ce jour glorieux qui nous verra sortir d'un long et obscur esclavage pour jouir de l'éclat de la lumière et de la liberté.
En conséquence, nous, les officiers et membres du comité de l'association des Fils de la liberté dans Montréal, en notre propre nom, ainsi qu'au nom de ceux que nous représentons, nous nous engageons solennellement envers notre patrie maltraitée, et envers chacun de nous, à dévouer toute notre énergie, et à nous tenir prêts à agir, suivant que les circonstances le requerront, afin de procurer à cette province :
un système de gouvernement réformé, basé sur le principe d'élection;
un gouvernement exécutif responsable;
le contrôle par la branche représentative de la législature sur tous les revenus publics et de quelque source qu'ils proviennent;
le rappel de toutes les lois et chartes passées par une autorité étrangère, et qui pourrait empiéter sur les droits du peuple et de ses représentants et spécialement celles qui ont rapport à la propriété et à la tenure des terres appartenant soit au public soit aux individus;
un système amélioré pour la vente des terres publiques, aux fins que ceux qui désireraient s'y établir puissent le faire avec le moins de frais possible;
l'abolition du cumul des places et de l'irresponsabilité des officiers publics,
et une stricte égalité devant la loi pour toutes les classes sans distinction d'origine, de langage ou de religion.
Confiants dans la providence et forts de nos droits nous invitons par les présentes tous les jeunes gens de ces provinces à se former en associations dans leurs localités respectives, afin d'obtenir un gouvernement juste, peu dispendieux et responsable, et assurer la sécurité, la défense et l'extension de nos libertés communes.
André Ouimet, président
J.L. Baudry, Joseph Martel, vice-présidents
J.G. Beaudriau, trésorier
J.H.E Therrien, secrétaire des minutes
G. Boucherville, secrétaire correspondant
Frs. Tulloch, assistant secrétaire correspondant
J.S. Neysmith, Toussaint Demers, N. Lafrenière, Pierre Grenier, Louis Dumais, Joseph Letorre, L.P. Boisvin, R. Courselle, Casimir Arcourt, Amable Simard, J.B. Label, Jos. Gaudry, James Finey, Louis Lebeau, Thomas Barre, F. Tavernier, Joseph Dufaut, Joseph Leduc, Paul Martin, A.B. Papineau, J.B. Brien, P.G. Damour, André Lacroix, Henry Lacaille, Pierre Larceneur, N. Berthiaume, Narcisse Valois, H. Carron, H.A. Gauvin, L. C. Perreault, C. de Lorimier, Norbert Larochelle, André Giguère, Louis Barre, Simon Crevier, André Lapierre, R. Desrivières.
Montréal,
4 octobre 1837
COMMENTAIRES :
Contrairement à Papineau les Fils de la Liberté remettent en question la monarchie et l'aristocratie de droit divin.
Allusion au fait que plusieurs descendants britanniques se sont joints aux patriotes.
En 1825, 23% des immigrants débarquant au port de Québec s'établissaient dans le Bas-Canada; cette proportion tomba à 14% en 1832 et à 3% en 1834.
Parmi les 27 membres du Conseil législatif, 18 sont aussi fonctionnaires ou pensionnés de l'état et 7 sont déjà membres du Conseil exécutif.
Les revenus tirés des biens des Jésuites et qui, en principe devaient servir au financement de l'éducation étaient utilisés depuis le gouverneur Kempt pour financer la liste civile. En 1800, le dernier des Jésuites de la colonie le Père Casot, était mort.
Deux comités parlementaires d'enquête, l'un en 1815, l'autre en 1824, avaient recommandé d'asseoir le système d'éducation sur de meilleures bases juridiques et financières. Mais dans le domaine de l'enseignement supérieur, le Bas-Canada est toujours privé d'université (McGill fut créée en 1821; Laval ne devait l'être qu'en 1852).
Ces difficultés à se procurer des terres n'empêchent pas la population rurale de s'accroître. Ainsi, le Québec était à 77% rural en 1765, à 80% en 1790 et à 88% en 1825. Ces chiffres sont tirés de Jean-Marc Léger, "Le Canada français à la recherche de son avenir", dans Esprit, 193-194, (1952), pp. 259-279. Cet article constitue sans aucun doute l'ancêtre des articles publiés à l'intention du public français.
Allusion à la décision de Londres.(en 1821) de réduire les droits sur le bois de la Baltique et d'en imposer un sur les bois du Canada.
D'après des statuts britanniques de 1820, les navires étrangers ne pouvaient venir charger dans les ports canadiens.
C'est la période de la paix du Congrès de Vienne.
Les années 1833-1838 sont celles d'une grave crise économique: mauvaise récolte, crise bancaire aux États-Unis difficultés du commerce international. Voir à cet effet Fernand Ouellet, Histoire économique et sociale du Québec..., pp. 235-440.
Depuis le début du siècle, les États-Unis ne sont plus la seule république indépendante de l'hémisphère occidental. Ils ont été rejoints par le Paraguay (1811), l'Argentine (1816), le Chili (1818), le Venezuela (1819), la Colombie (1819), le Pérou (1821), l'Équateur (1822), le Brésil (1822), la Bolivie (1825) et l'Uruguay (1828). En conséquence, nous, les officiers et membres du comité de l'association des Fils de la liberté dans Montréal, en notre propre nom, ainsi qu'au nom de ceux que nous représentons, nous nous engageons solennellement envers notre patrie maltraitée, et envers chacun de nous, à dévouer toute notre énergie, et à nous tenir prêts à agir, suivant que les circonstances le requerront, afin de...