Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
de Lorimier, Chevalier François-Marie-Thomas (1803-1839)
Depuis le 31 décembre 1969

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menacés par l'approche d'un régiment d'infanterie (De Lorimier, 1988: 556). Suite à la défaite de Robert Nelson à Odelltown, il part se réfugier vers les États-Unis, mais est arrêté avant d'atteindre la frontière, le matin du 12 novembre 1838. Amené à pied à la prison de Napierville, il est transféré le 23 novembre à la nouvelle prison de Montréal au Pied-du-Courant. Son procès pour haute trahison avec 11 autres condamnés a lieu le 11 janvier 1839 devant le conseil de guerre présidé par le major John Clitherow. Leurs avocats, Lewis Thomas Drummond et Aaron Philip Hart, ne pouvant plaider à la Cour, " De Lorimier se défend avec acharnement, dans une salle remplie de bureaucrates assoiffés de sang. Il procède aux contre-interrogatoire des témoins, les amène à se contredire et conteste toutes les preuves réunies contre lui " (De Lorimier, 1988: 556). Mais grâce à la déposition du Dr Brien, les autorités le trouvent coupable à l'issue du procès, le 21 janvier 1839. Malgré une lettre envoyée à la femme de Colborne par Henriette, la femme de De Lorimier, qui implore sa clémence, on le condamne à être pendu par le cou jusqu'à ce que mort s'en suive. On fixe le jour de son exécution le 15 février 1839. La veille, il assiste au repas donné en l'honneur des condamnés. À la fin de celui-ci, il porte un toast: " À mon pays! Puisse-t-il ne jamais oublier que des braves ont sacrifié pour lui leur vie sur l'échafaud. J'ai vécu patriote. Je meurs patriote " (Fabre, 1996: 99). Dans la nuit du 14 au 15 février 1839, il rédige plusieurs lettres à des amis et à sa femme. À 11h00 du soir, il écrit son testament politique qui se termine comme suit: " Quant à vous mes compatriotes! Puisse mon exécution et celle de mes compagnons d'échafaud vous être utiles [...] Pour eux, je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants, de mon épouse, sans autre appui que mon industrie et pour eux je meurs en m'écriant: Vive la liberté, Vive l'indépendance " (De Lorimier, 1996: 57). Le matin du jour fatidique, c'est F.-X. Prieur qui aide De Lorimier à faire sa toilette de condamné. Vers 9h00, il monte sur l'échafaud avec Charles Hindenlang, Amable Daunais, François Nicolas et Pierre-Rémi Narbonne. Puis, vient la mort. " De Chevalier De Lorimier il ne reste plus sur la terre qu'un corps inerte et une mémoire impérissable. L'un peut tomber en poussière, l'autre sous la garde de l'histoire immortelle " (Fabre, 1996: 104). On inhume le corps de De Lorimier dans une fosse de l'ancien cimetière catholique de Montréal. En 1858, ses cendres sont transférées au monument dédié aux victimes de 1837-1838, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Selon le North American, De Lorimier est de taille moyenne, le teint brun, les cheveux et les yeux noirs. D'après L.-O. David, un visage ovale aux traits réguliers caractérise cet homme de coeur et d'imagination. Comme les Chénier, Perrault, Duquette, Cardinal, Hindenlang et plusieurs autres, De Lorimier est un martyr dont le nom doit être conservé dans la mémoire collective. Il est " l'un des Patriotes les plus convaincus du succès du mouvement insurrectionnel " (De Lorimier, 1988: 557). Amoureux de la liberté et de la justice, il y a une sincérité dans ses convictions que l'on ne retrouve que chez très peu de gens. " Ses lettres prouvent que jamais coeur plus tendre, plus dévoué, plus admirable ne battit dans une poitrine de Patriotes, que jamais victime ne fut plus pûre, plus digne de la reconnaissance d'un peuple " (David, 2000: 299). " Son plus grand mérite est d'être allé au bout de son idéal politique et de son engagement révolutionnaire, au prix de sa propre vie " (De Lorimier, 1988: 557).

Jonathan Lemire

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DAVID, Laurent-Olivier. Les Patriotes de 1837-1838. Montréal, Comeau & Nadeau, 2000, Édition originale parue en 1884. 360 pages.; DE LORIMIER, Chevalier. Lettres d`un condamné à mort. Texte établi, présenté et annoté par Jean-François Nadeau, Montréal, Comeau & Nadeau, 1996. 115 pages.; DE LORIMIER, Michel. " Lorimier, Chevalier De ", DBC. Volume VII de 1836 à 1850: U.L. et U.T.P., 1988 :553-557.; FABRE, Hector. Esquisse biographique sur Chevalier De Lorimier. 1856. 33 pages.; FAUTEUX, Aegidius. Les patriotes de 1837-38. Montréal, Éditions des Dix, 1950.; SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les Patriotes. Montréal, vlb Éditeur, 1997, Édition originale parue en 1985 sous le titre Redcoats and Patriots. 313 pages.

Saint-Cuthbert (Berthier) 1803

Montréal, 1839

(34 ans en 1837)

Le plus illustre des douze pendus laisse un testament politique au ton prophétique

notaire

Après avoir fait un cours d'études classiques, de Lorimier commence sa cléricature en 1824 sous Pierre Ritchot. En août 1829 il est admis notaire. En 1832 il épouse la fille de J.M. Cadieux. De Lorimier s'implique d'abord dans la turbulante élection dans le Quartier Ouest de Montréal en 1832. Il fut secrétaire de la grande assemblée de Saint-Laurent, le 15 mai 1837, puis de celle du 29 juin. Le 15 novembre, traqué par la police, de Lorimier se rend dans le comté de Deux-Montagnes pour y participer à la résistance autour de Chénier et Scott. Il est à Saint-Eustache le 14 décembre, mais réussit à se réfugier à Saint-Benoît. De là, il gagne Trois-Rivières, puis la frontière américaine en passant par les Cantons-de-l'Est.Il est de retour au Canada dès février 1838, accompagnant Robert Nelson lors de sa Déclaration d'indépendance. Lors de la prise d'armes du 3 novembre 1838, il commandait à Beauharnois comme brigadier-général. Ayant recu l'ordre de venir joindre, à Napierville, le corps principal de l'armée patriote, de Lorimier s'y dirigea avec ses troupes et ses prisonniers. Dans la nuit du 12 novembre il est fait prisonnier à proximité de la frontière américaine. Incarcéré à la prison de Montréal, il est condamné à mort le 11 janvier 1839 et pendu le 15 février suivant avec quatre autres suppliciers. Avant de mourir, il écrit une série de lettres à ses amis et à sa famille empreintes d'un haut sens moral.

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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

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DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

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GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
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