| | | BIOGRAPHIE NELSON, Wolfred (1791-1863) Depuis le 31 décembre 1969 |  page 1 / 3 |
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Né d'une grande famille bourgeoise anglaise apparentée au légendaire amiral Horatio Nelson, vainqueur d'Aboukir et de Trafalgar, Wolfred Nelson naît à Montréal le 10 juillet 1791. Il est le quatrième enfant de William Nelson, un ancien officier de la marine anglaise, et de Jane Dies, une américaine de l'État de New York. Le nouveau-né est baptisé dans la religion anglicane le 30 juillet suivant. Sa famille déménage à William-Henry (Sorel) alors que le jeune Wolfred a trois ans. En 1805, à l'âge de 14 ans, il commence l'apprentissage de la médecine et de la chirurgie auprès du Dr Christopher Carter à Sorel. Il reçoit son permis de pratiquer la médecine du gouverneur James Craig le 13 février 1811, mais déjà le jeune Nelson a la direction de la pharmacie d'un petit hôpital militaire. Lors de la guerre contre les États-Unis en 1812, il est nommé médecin du 5e Bataillon de la Milice incorporée. Jusqu'à cet événement, il " est un ardent tory et est porté à détester tout ce qui est catholique et canadien-français, mais une connaissance plus intime de ces gens change son point de vue " (Thompson, 1988: 655). En effet, avec son affectation à la milice dont le quartier général de son bataillon est à Saint-Denis, il s'est beaucoup rapproché des Canadiens français si bien qu'après le conflit il s'établit dans ce village de la vallée du Richelieu où il commence véritablement sa carrière de médecin. Le jeune docteur de 29 ans se marie à Charlotte-Josèphe Noyelle de Fleurimont (alors âgée de 21 ans), descendante d'une illustre famille canadienne-française, avec laquelle il a sept enfants (Horace, Alfred, Charles-Arthur, Sophie, Julia, Walter et Charles, tous élevés dans la religion catholique). La cérémonie se déroule à Verchères le 30 juin 1819. En 1830, il ouvre une importante distillerie à Saint-Denis avec le Dr Kimber et son beau-frère, Louis Deschambault, seigneur de l'endroit. Le nom de la société est Wolfred Nelson & Cie. Il fait aussi un voyage en Europe où il étudie les institutions médicales. Par la suite et parallèlement à sa fonction de médecin, il commence une carrière politique en 1827. Avec ses idées radicales, il dénonce les politiques de la bureaucratie et joue un rôle central lors des rébellions de 1837, notamment en tant que chef des rebelles de Saint-Denis, lors de la bataille du 23 novembre 1837. Suite à son arrestation, à sa condamnation pour haute trahison et à son retour d'exil des Bermudes au début de 1839, il s'installe à Plattsburgh, New York, non loin de la frontière bas-canadienne où il est rejoint par sa famille. Avec l'amnistie exceptionnelle votée par le nouveau procureur général du Bas-Canada L.-H. LaFontaine, Nelson peut désormais revenir au pays. Ce qu'il fait au mois d'août 1842 en louant une maison à Montréal à l'angle des rues Saint-Jacques et de l'actuelle rue Saint-Laurent. À cette endroit, il ouvre un nouveau bureau de médecin. Avec l'insistance de LaFontaine, il se présente comme candidat aux élections de 1844. Il est élu député de Richelieu le 24 octobre 1844, défaisant par le fait même Denis-Benjamin Viger avec 1053 voix contre 685. Il conserve son mandat jusqu'en 1851. Durant ces sept années, et au grand scandale des tories, il se fait à nouveau l'interprète anglophone des droits des Canadiens français et est un avocat déterminé du gouvernement responsable (Thompson, 1988: 657). À 60 ans, il annonce son retrait de la vie politique et on lui offre, pour ses services rendus au ministère Baldwin-LaFontaine, un poste d'inspecteur des prisons et des asiles de la province. Il fait plusieurs rapports sur les abus commis et les souffrances injustifiées infligées aux prisonniers. Malgré ses allégations passées, Wolfred Nelson est élu maire de Montréal le 7 mars 1854 devant Édouard-Raymond Fabre, un papineauiste, devenant par la même occasion le premier maire de Montréal à être élu au suffrage populaire. Dans l'administration municipale, il est un grand partisan du progrès socio-économique; il favorise notamment des mesures de bien-être en faveur des pauvres. Il se retire néanmoins de la politique municipale deux ans plus tard. Tout au long de sa vie il pratique sa profession de médecin; il est d'ailleurs reconnu pour avoir fait, avec son fils Horace, la première opération au Canada au cours de laquelle on usa d'anesthésiants (Thompson, 1988: 658). Voulant réglementer la profession médicale et son enseignement au pays, il élabore une législation à l'Assemblée à cet effet (Thompson, 1988, 658). Toutefois, c'est par son rôle politique durant les rébellions de 1837-1838 que nous connaissons davantage le docteur Wolfred Nelson. C'est à la suite de la guerre de 1812-1815 que l'on observe chez Nelson le développement d'idées réformistes radicales. Il commence sa carière politique en 1827 lorsqu'il se porte candidat aux élections dans la circonscription de William-Henry (Sorel), réputée pour être le fief du gouverneur. Dénonçant l'appui public du gouverneur Dalhousie envers son adversaire James Stuart, procureur général du Bas-Canada, il remporte néanmoins l'élection le 31 juillet 1827 par quatre voix de majorité (Aubin, 1998: 155). À la suite de son voyage en Europe, il est nommé juge de paix à Saint-Denis, mais l'assassinat à Sorel de son allié politique Louis Marcoux durant les élections de 1834 le marque profondément. Il devient donc de plus en plus radical à mesure que les abus de l'oligarchie au pouvoir sont plus apparents (Thompson, 1988: 656). Par la suite, W. Nelson fait plusieurs discours à saveur libérale et préside de nombreuses assemblées et réunions patriotes à Montréal, Saint-Denis et Saint-Charles notamment. Aussi, en 1834, il dénonce avec véhémence les politiques coercitives du gouvernement et organise plusieurs assemblées pour discuter des Quatre-vingt-douze Résolutions votées par la Chambre. Vite remarqué par son radicalisme, il est relevé de ses fonctions de juge de paix par l'administration gouvernementale. Le lundi 23 octobre 1837, il est président de l'assemblée des Six-Comtés; le plus important rassemblement patriote de l'année. Il ouvre l'assemblée et y fait un discours d'une extrême violence (Filteau, 1975: 276). Durant l'assemblée, Louis-Joseph Papineau fait preuve d'une modération surprenante. Selon lui: " Le meilleur moyen de combattre l'Angleterre, c'est de ne rien acheter d'elle [...] Le recours aux armes, non! pas ça! " Nelson reprend aussitôt la parole et dit: " Eh bien! moi, je diffère d'opinion avec monsieur Papineau. Je prétends que le temps est arrivé de fondre nos plats et nos cuillères d'étain pour en faire des balles " (Filteau, 1975: 277). Le 16 novembre suivant, le gouvernement émet des mandats d'arrestations contre plusieurs chefs patriotes, y inclus Nelson dont la tête est mise à prix... | page 1 / 3 Consulté 14 351 fois depuis le MOD
| J. D. (2 février 2012) Dans la biographie de Nelson, il est mentionné : « Avec l‘amnistie exceptionnelle votée par le nouveau procureur général du Bas-Canada L.-H. LaFontaine, Nelson peut désormais revenir au pays. Ce qu‘il fait au mois d‘août 1842 en louant une maison à Montréal à l‘angle des rues Saint-Jacques et de l‘actuelle rue Saint-Laurent. ». À quel moment l‘amnistie de LaFontaine a été votée ? Connaissez-vous le jour et le mois ? Merci !
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
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La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
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Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
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