Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Alain Messier, Dictionnaire encyclopédique et historique des Patriotes 1837-1838 : Une recension
Depuis le 13-mar-2003

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Alain Messier, Dictionnaire encyclopédique et historique des Patriotes, 1837-1838, Montréal, Guérin, 2002. 597p.

Il s’agit d’abord d’un gros livre de 500 pages, de facture irréprochable et déclinant sur un mode alphabétique l’identité d’environ 5000 individus engagés aux côtés des rebelles durant les rébellions de 1837-1838 au Bas-Canada. L’auteur a surtout travaillé à partir des dépositions judiciaires et avec des listes d’individus présents à des assemblées où ayant déposé une demande d’indemnisation. Guichet ouvert, presque tous les patronymes canadien-français y sont représentés, de Bouchard à Tremblay en passant par Fournier. Les biographies sont en général extraordinairement courtes et tiennent parfois en deux ou trois mots. Manifestement, l’auteur a privilégié le grand nombre aux dépends de la densité et parfois de la rigueur de l’information. En revanche, le choix opéré parmi les individus est déroutant. Si on retient le moindre Andrew Horf attifé d’un lapidaire «Barnston», on ne trouve rien sur des pionniers des luttes parlementaires comme Bédard ou Bourdages, ni sur ceux dont le «patriotisme» ne fut pas à toute épreuve : Debatzch, Brien ou même LaFontaine. Le fait d’avoir eu des problèmes avec la justice semble le critère absolu pour mériter le titre de Patriote. L’ouvrage compte aussi un nombre considérable de coquilles et d’informations erronées. Les chercheurs et les étudiants auront donc tout intérêt à l’utiliser avec prudence. Le principal problème de l’ouvrage demeure cependant son inutilité patente; son intérêt se résumant selon nous à retrouver le nom d’un ancêtre ou d’un patronyme. Saluons néanmoins le travail énorme accompli parM. Messier, pour l’avoir si souvent aperçu aux Archives nationales, plancher sur ses chers Patriotes.


Coquilles et erreurs historiques les plus remarquables de l'ouvrage

Ces remarques ont été recensées avec l’aide de notre excellent collaborateur, M. Jonathan Lemire, historien deSaint-Eustache.

1. Dans les cent premières pages (en chiffres romains), on déplore le choix aléatoire des sujets abordés. Essentiellement une suite de remarques et d'anecdotes. En revanche, rien sur les sources, aucune critique interne ou externe. Rien surtout sur «les critères d’admissibilité» au cénacle des Patriotes.

2. En p. X, on dit que le « Parti canadien » a fait place au « Parti patriote » dans les années 1825-1828. On mentionne : « d'adoption du nom de Parti patriote... ». Jamais une telle décision n’a été prise. Enfin, les mentions de «parti patriote» sont presque inexistantes avant 1834. 

3. En p. XXVIII, on dit : le comté de « L'Acadie sous la menée d'Amury Girod... ». Faux. C'est plutôt Cyrille-Hector-Octave Côté qui fait «adhérer » l'Acadie à la confédération des Six-Comtés le 23 octobre 1837, et non Girod, qui est essentiellement actif dans Verchères. (voir La Minerve du 30 octobre 1837) 

4. En p. LII, l'auteur propose : « Amury Girod, que Louis-Joseph Papineau a désigné lors de la rencontre de Varennes pour être chef de l'armée du Nord... ». A-t-il été implicitement désigné par Papineau?  Aucune preuve n’existe. Girod propose plutôt dans son Journal qu'il s'est rendu dans 2M de son propre chef. 

5. En p. LXXXII à LXXXVI : l'auteur parle de trois « faux patriotes ». Ça confirme que les critères pour être patriote sont très serrés. On peut même ici parler de choix «idéologique». 

6. Siméon Marchesseault p. 320 : son nom est pourtant bien écrit à sa biographie, mais tel n'est pas le cas sur la page couverture du livre (et à l'endos) où on lit « Siméon Marchessault ». 

7. Jean-Baptiste Courchène p. 121. Confusion. Un Jean-Baptiste Courchène est bien arrêté en 1837, mais c'est plutôt Joseph Courchène qui est nommé «représentant d'Yamaska sur le Comité permanent patriote [sic].» 

8. Il écrit « Globenski », mais ce nom devrait s'écrire avec un « y » : Globensky; et ce à plusieurs endroits aux pages LIV, 14, etc. 

9. l'auteur dit en p. LII : « Le manoir du seigneur Maximilien Globenski servira de quartier général. » C'est faux. Au moment des troubles en 1837, Maximilien n'est pas seigneur et ne l'a jamais été. C'est son fils Charles-Auguste-Maximilien qui sera seigneur, seulement en 1854, de juillet à décembre plus précisément.  De plus,  la maison de Maximilien servit pas de quartier général à Colborne... On suppose plutôt que ce fut la maison d'Hubert Globensky... 

10. Joseph-Amable Berthelot (père) p. 50 : à sa sortie de prison, il n'a pas une caution de 1 000 livres à payer, mais plutôt 100 livres. 

11. Séraphin Bouc p. 66 : Cette biographie a beaucoup de problèmes. L'auteur ne mentionne même pas qu'il fut député du comté de Terrebonne en 1834. Ses dates vitales sont 1788-1837. Il est de plus le frère de Charles-Guillaume Bouc, exilé en Australie. Séraphin Bouc meurt à Sainte-Anne-des-Plaines le 29 juillet 1837, et n'a donc pas participé à la bataille de St-Eustache, et encore moins en 1838... Puisque déjà mort...

12. ABSENCE d'un incontournable patriote ... le Dr Jean-Baptiste-Henri Brien, anciennement de Saint-Martin; ne figure pas du tout dans l'ouvrage. Un «traître» vraisemblablement. 

13. On mentionne la destruction du pont « Portous » (p. 90) le 6 décembre 1837.  Il s'agit en fait du pont « Porteous ». 

14. Hyacinthe-Fabien Charlebois p.103 : patriote du comté de Vaudreuil, sa véritable date de naissance est le 4 août 1806 et non 1808 tel que mentionné.

15. Jean-Olivier Chénier p. 109 : l'auteur dit qu'il est né le 10 décembre 1806. C'est faux, puisque selon l'acte de baptême (voir registre des b., m. et s., paroisse Notre-Dame de Montréal), il est né le 9 décembre 1806, et baptisé le lendemain le 10. 

16. Même biographie de Chénier p. 109 : l'auteur dit que le gouvernement offrait 2 000 livres de récompenses pour la tête de Chénier; c'est faux. C'est en fait 500 livres. Seul Papineau avait sa tête mise à pris pour 1 000 livres. 

17. Doherty p. 152 : On parle ici de : Charles O'Dogherty. Ce n'est pas du tout un patriote, c'est même un farouche loyaliste de St-Eustache qui participa à quelques rassemblements... 

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 Jean-Louis Legault  (23 janvier 2010)
Il ne parle pas de Pascal Persillier Lachapelle correctement. Il y a eu le père ainsi que son fils qui ont porté les même nom et prénom. Les deux étaient patriotes et présents aux réunions de St-Laurent. Le père qui était opérateur des moulins à Lachine avait fini par obtenir l‘ancien moulin Barbeau en location des Sulpiciens . Quand ceux-ci virent que les Lachapelle étaient avec les patriotes, ils enlevèrent le moulin du Gros Sault à Lachapelle père pour le confier à Charles Perry. de là l‘île Perry. Mais plus intéressant, le pont Lachapelle, initiative du père qui, parrait-il, avait voulu le faire sauter quand Colborne s‘amenait à Montréal par ce pont à l‘époque des Rébellelions. Il y a aussi un lien avec Louis Riel et les Lachapelle.
 Gilbert Duquette  (2 janvier 2007)
J`habite sur la rue des Patriotes, à Laval, à quelques mètres de la célèbre auberge d`Augustin Tassé et ma fille va à l`école sur le boulevard Je-Me-Souviens, toujours dans le quartier Ste-Rose. Elle élabore un projet sur le rôle important de notre rue lors des événements de décembre 1837 et nous avons de la difficulté à trouver de l`information sur le Net. Pourriez-vous nous guider vers un site où trouver une information pertinente et véridique, SVP ? Par exemple, nous avons trouvé un site dans lequel il est mentionné que le pont Porteous devait être détruit à l`instigation d`Amury Girod, mais qu`on l`en avait dissuadé et que les troupes de Colborne l`avait emprunté ce fameux 14 décembre. Or, dans vos commentaires sur l`ouvrage d`Alain Messier, vous faites référence au pont en laissant croire que sa destruction par les Patriotes ne fait aucun doute. Nous sommes donc confus. Où pouvons-nous trouver de l`information sur ce qui s`est réellement passé à Ste-Rose-de-Lima lors de la rébellion, en tenant compte du fait que ma fille a huit ans et qu`elle ne peut consulter des ouvrages de référence volumineux. Merci beaucoup de votre attention. Gilbert Duquette

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
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