| | | ANALYSE La prison à l'époque des Patriotes, le rôle de Wolfred Nelson Depuis le 4 décembre 2006 |  page 1 / 4 |
 | La table reçue des prisonniers par Wolfred Nelson est conservée au domicile de
Mme Marie- France Nelson, à Underhill, Vermont, USA . |
Suite à la victoire des patriotes, le héros de Saint-Denis, Wolfred Nelson prend
la fuite pour atteindre la frontière américaine car une récompense de 500 livres
est promise pour son arrestation. Wolfred Nelson est arrêté par le
lieutenant-colonel Paul Holland Knowlton, près de Stukely, dans le canton de
Shefford le 11décembre 1837. (Aubin,1988 :161) Il est alors conduit et détenu à
la nouvelle prison de Montréal, Au Pied-Du-Courrant. Le 28 juin 1838, « Wolfred
Nelson signe un aveu de culpabilité qui le conduira en exil aux Bermudes avec
sept autres patriotes. » (Aubin,1998 :163)
W.Nelson quitte les Bermudes en octobre 1837. Il arrive avec les autres exilés à
Hampton, Virginie, États-Unis. Après un séjour à Plattsburgh, New York, Wolfred
Nelson s’installe, avec sa famille, à Montréal en 1842, où il ouvre un cabinet
de médecin. En 1844, il est élu député de Richelieu, et il quitte la politique
en 1851. (DBCL :2) Durant l’année 1851 le Dr Nelson est nommé inspecteur des
prisons et plus tard nommé président du bureau des Inspecteurs et du Collège des
Médecins et Chirurgiens du Bas-Canada. (L’Opinion Publique : 1er mai 1873) En
1854 et 1855 Wolfred Nelson est maire de Montréal. Pour faire suite à sa
nomination comme inspecteur des asiles et prisons, il se doit de visiter les
prisons afin de se rende compte de la condition des détenus et de l’entretien
des prisons. (Boyer,1966 :477)
Ce travail a pour but de démontrer la participation active de Wolfred Nelson
afin d’améliorer les conditions des prisonniers. Dans cette optique, mon travail
portera sur l’aspect carcéral au Bas-Canada, soit les lois, les règlements et la
prison de Montréal. Par la suite viendra la réforme, et finalement la
contribution de Wolfred Nelson par les rapports produits.
L’aspect carcéral, les lois et règlements
Pendant les dernières années du régime français et les premières du régime
anglais, la prison sert sous deux angles différents. « Jusqu’en 1815 l’immense
majorité des détenus sont, soit en attente de procès, soit sous sentence de mort
ou de déportation. » (Fecteau,1989 :115) En plus la prison sert aussi d’hospice
et de refuge; la prison accueille aussi des vagabonds, des femmes débauchées,
des fous et des enfants. « La plupart des enfants qui se trouvaient en prison
n’y étaient que parce que leurs parents étaient incarcérés. » (Boyer,1966 :480)
Les prisonniers sont enfermés ensemble peu importe la raison pour laquelle ils
sont gardés; ils sont entassés sans distinction et ils ne travaillent pas.
Londres déverse beaucoup de ses pauvres dans les colonies à partir de 1815. «
L’arrivée des immigrants pauvres vient rapidement disloquer le faible
échafaudage des appareils de prise en charge de la pauvreté et de la
délinquance. » (Fecteau,1989 :210)
Les châtiments corporels comme le fouet, les chaînes, le carcan et la douche
sont en vigueur. « C’est que la vision traditionnelle de la faute et de sa
répression est encore dominante à l’époque. » (Fecteau,1983 :203) Les maisons de
correction sont
peu nombreuses et souvent rattachées aux prisons. À Montréal, c’est le palais de
justice qui fait partie de la même bâtisse et à l’arrière se dresse la potence.
(Boyer,1966 :442) L’utilisation de la peine de mort est courante dans le code
criminel anglais. « Le remplacement systématique de la peine de mort par
l’incarcération, pour la majeure partie des crimes graves, ne sera accompli au
Canada qu’avec les lois Black en 1841. » (Fecteau,2004 :136)
Par l’acte constitutionnel de 1791, la structure des cours est votée et on en
adopte
trois paliers : le Banc du Roi, les sessions de quartier et les juridictions
sommaires. « On crée deux cours du Banc du Roi, indépendants l’un de l’autre, à
Québec et à Montréal. » (Fecteau,1983 :183) Ainsi, par cette structure, on nomme
9 juges : 4 à Québec, 4 à Montréal et 1 à Trois-Rivières. (Fecteau,1983 :184)
Les sessions de quartier sont liées avec la question du pouvoir municipal. Pour
les juridictions sommaires, les juges de paix sont des notables occupant leurs
fonctions de façon sporadique. De plus, trois juges de paix peuvent condamner
des inculpés à une peine corporelle. (Fecteau,1983 :191)
Le shérif a pour fonction l’organisation des sessions des cours et la
supervision du personnel judiciaire subalterne, il est aussi responsable des
saisies et enchères. « Les poursuites criminelles au Bas-Canada sont
généralement entreprises et menées par la Couronne, représentée par le procureur
général. » (Fecteau,1983 :197) Les hommes de guet et les constables forment dans
les villes le seul personnel de police; à la campagne, les capitaines de milice
et inspecteurs de villages jouent le même rôle. (Fecteau,1989,230-231)
La langue anglaise est essentielle dans la procédure criminelle et elle est
respectée dans tous les documents officiels. Cependant on peut utiliser la
langue française pour certains documents, comme des assignations à comparaître (subpoena)
et lors de procès. (Fecteau,1983 :195) Mis à part quelques lois de 1824
abolissant la peine de mort, pour des infractions de vols, le droit criminel
reste inchangé. « En matière de procédure cependant, on note une extension
importante de la juridiction sommaire des juges de paix. » (Fecteau,2004 :130)
La prison
En 1808 la prison de Montréal est bâtie en face du Champ de Mars; la bâtisse est
construite en pierre et elle a deux étages. « La partie centrale était surmontée
d’un fronton et d’un petit dôme, et flanquée d’une aile de chaque côté. »
(Boyer,1966 :442)
Étant devenue trop petite, c’est la prison du Pied du Courant qui la remplace
dans les années 1830.
La nouvelle prison commune de Montréal est terminée à temps, pour recevoir les
patriotes arrêtés en 1837, malgré quelques lacunes; « Les barreaux n’étaient pas
encore posés aux fenêtres. » (Boyer,1966 :448) La prison de Montréal est copiée
sur le modèle de la prison de Philadelphie. Le chauffage est mal pensé pour le
climat de la ville; « L’air chaud circulant et tournant dans les diverses
galeries par des tuyaux ne parvient pas à réchauffer l’édifice et aucun
arrangement n’est fait pour permettre la pose de poêles. » (Aubin,2000 :127 cité
par Sauvé,2005)
Le manque d’air et de lumière est incommodant car « chaque cabanon n’est éclairé
que par un trou d’un... | page 1 / 4 Consulté 9 846 fois depuis le MOD
| | |
Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
|
CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
|
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
|
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
|
Nos partenaires

|
|
|
Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes
invités à l'utiliser
à condition d'en déclarer la
provenance. © 1996-2026 Les Patriotes de 1837@1838
glaporte@1837.qc.ca
|
|
|
| |