Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
Girod, Amury (1800-1837)
Depuis le 31 décembre 1969

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Amury Girod (1)

Né en Suisse autour de 1800, Girod quitte l'Europe après avoir reçu son éducation dans son pays natal. Il aurait servi dans l'armée de libération de Simon Bolivar et participé, au Mexique, au conflit contre les Espagnols à titre de lieutenant-colonel de cavalerie. Après un bref séjour aux États-Unis, Girod arrive au Canada (Selon les sources, la date de son arrivée varie entre 1828 et 1831. HUGUET-LATOUR 1902 : 139; BERNARD 1987 : 373).

Il y rencontre Jean-François Perrault avec lequel il participe à la fondation d'une école d'agriculture à Québec qui est vite en faillite. Cela vaudra à Girod une réputation de débiteur insolvable qui le poursuivra longtemps (GIROD, 1940 : 274-275 et HUGUET-LATOUR 1902 : 140). En 1833, on le retrouve à Varennes où il épouse Zoé Ainsse, fille du Seigneur de l'île Ste-Thérèse. Il s'y établit et pratique l'agriculture en même temps qu'il rédige, sous différents pseudonymes dont celui de Jean-Paul, des traités d'agriculture dans La Minerve, Le Canadien, l'Écho du pays et le Glaneur. Dans ses articles, Girod prône une réforme modérée du régime seigneurial. Homme de lettres, il publie aussi un recueil de Notes diverses sur le Bas-Canada ainsi qu'une traduction du Traité théorique et pratique de l'agriculture de W. Evans.

Lié au Parti patriote depuis son arrivée au Canada, Girod se fait voir dans les assemblées populaires des rébellions de l'été 1837. Le 23 octobre, à l'Assemblée des Six Comtés de St-Charles, il assume la fonction de secrétaire. Il fait partie des membres fondateurs des Fils de la Liberté et, le 6 novembre, il est présent lors de l'affrontement contre le Doric Club. Son implication dans les assemblées populaires, devenues illégales le 15 juin, lui vaut d'apparaître sur la liste des 26 mandats d'arrestation émis par Lord Gosford le 16 novembre.

Girod prend alors de l'importance au sein de l'insurrection. Le soir du 15 novembre, à Varennes, il rencontre L.-J. Papineau, E. B. O'Callaghan et J.-P. Boucher-Belleville qui cherchent à fuir Montréal avant l'émission des mandats d'arrestation. À l'issue de la réunion, il part vers Deux-Montagnes pour organiser le peuple, trouver des munitions, et " voir ce qu'on peut y faire " (GIROD 1924 : 409). Dès son arrivée à St-Eustache, les autorités en place l'acceptent. Ses actions en Amérique du Sud lui confèrent une certaine notoriété militaire et il se réclame de l'autorité de Papineau. Il se met rapidement en rapport avec J.-O. Chénier et W. H. Scott. Il dira de Chénier que c'est un homme bien mais trop bavard et il soupçonnera Scott, qu'il avoue ne pas aimer, de dissimuler ses véritables intentions (GIROD 1924 : 410). On pourrait croire que c'est en raison de la très grande organisation du comté au plan révolutionnaire que Girod s'intègre aussi facilement au sein des rebelles de Deux-Montagnes (HUGUET-LATOUR 1902 : 141). Il est intéressant de remarquer que, comme Girod, la plupart des dirigeants militaires de Deux-Montagnes sont des " étrangers ", qu'on pense aux de Lorimier, au dr Brien, à A. B. Papineau, R. Hubert et F. Peltier. Le soulèvement des habitants de Deux-Montagnes serait le fruit de ces " étrangers " voulant faire réussir l'insurrection du sud (St-Denis et St-Charles; KITE SENIOR 1997 : 165).

Sur le terrain, Girod est actif et ambitieux. Il entreprend dès le 17 novembre d'exercer ses officiers au maniement des armes. Il se dit surpris que les Canadiens assimilent ces techniques aussi rapidement et attribue ce phénomène au sang français qui coule dans leurs veines (GIROD 1924 : 410). Pour empêcher que des soldats ne viennent à St-Eustache arrêter quelques chefs rebelles, il entend faire détruire le pont Porteous sur la rivière des Miles-Îles à la hauteur de Ste-Rose et rapporter sur la rive nord toutes les embarcations se trouvant sur la rivière. Ce pont ne sera finalement pas détruit suite à l'opposition de plusieurs chefs et sera emprunté par l'armée de Colborne le 14 décembre.

Girod est reçu comme " général des armées du nord " le 23 novembre, sur la proposition de Chevalier DeLorimier. Avec ce titre et dans la vue de faire réussir le soulèvement des troupes du sud, Girod décide le 24 novembre de profiter de l'absence de troupes à Montréal pour marcher sur la ville. Il rencontre à ce propos l'opposition du conseil des chefs qui, préférant régler les conflits locaux qui divisent rebelles et loyaux, désire rester sur la défensive (GIROD 1924 : 412).

Le 30 novembre Girod fait une expédition à Oka avec le Dr Chénier pour y prendre des armes à la Compagnie de la Baie d'Hudson et chez les Mohawks de la Mission de Kanesatake. Girod y a un long entretien avec un chef de la mission qui refuse de lui céder ses armes. Il ne rapporte finalement qu'un petit canon ainsi que huit mousquets, un peu de poudre et de plomb et un baril de porc.

On remarque par son journal que Girod est un homme empreint d'idées libérales et semble très soucieux du respect de la propriété privée, cela le pousse à agir sévèrement contre ses hommes qui s'adonnent au pillage des demeures des Loyaux. Il fait même remettre des reçus de perquisitions aux victimes. Il s'occupe aussi de signer des passeports à ceux qui veulent quitter le comté pour ne pas s'impliquer dans le soulèvement armé (GIROD 1924 : 410-411).

Lorsque les troupes de Colborne et des Loyaux arrivent à St-Eustache, Girod part chercher des renforts à St-Benoît. À ce moment, certains croient qu'il fuit et tentent de faire feu sur lui. À son arrivée chez Girouard et Masson, il est fortement harangué par ceux-ci qui lui reprochent sa lâcheté, et le ramènent à St-Eustache en compagnie de quelques hommes (KYTE SENIOR 1997 : 186-187). Sur le chemin du retour, Girod profite d'une pose à l'auberge d'Inglis pour se sauver vers Rivières-des-Prairies. Il est rejoint le 18 décembre à Pointe-aux-Trembles par des volontaires de Long Point. Il se suicide alors d'une balle dans le front prétextant qu'il ne voulait pas finir ses jours comme son père en prison. Son corps fut enterré sur la rue Sherbrooke à Montréal.

Les deux sources principales que nous détenons sur Girod le montrent sous un jour très différent. Son journal laisse transparaître un homme qui, rempli de volonté et d'espoir, ne réussit pas à imposer ses idées et se méfie des gens qui l'entourent. On peut, dans cette optique, penser qu'il a fuit le 14 décembre après une perte totale de confiance dans les insurgés. Le Journal historique d'un témoin oculaire du curé Jacques Paquin est pratiquement à l'opposé. Girod y est décrit comme imbu de son titre de général, haïs des autres chefs patriotes, détestés de ses hommes, menteur, brutal,... 

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 harris lefebvre  (27 novembre 2011)
Sa m‘interesse beaucoup la rebellion de 1837 car je suis un nationaliste.
 harris lefebvre  (27 novembre 2011)
Sa m‘interesse beaucoup la rebellion de 1837 car je suis un nationaliste.

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

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DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
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L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
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