 | Tiré de Jean-Philippe Boucher-belleville, Journal d'un patriote, 1837 et 1838 introduction et notes par Georges Aubin. Montréal, Guérin, 1992. |
align="justify">23 septembre ‑ 9 octobre: vente des effets de succession du curé de Laprairie. De la bibliothèque de son oncle, Jean-Philippe achète, entre autres, les oeuvres des auteurs suivants:
Jean-Baptiste Rousseau, poète lyrique
Mme Deshoulières, poétesse française
Crébillon
La Bruyère, Les Caractères
Montesquieu, L'Esprit des lois
Ovide
Rollin
1840 6 octobre: «L'Aurore va s'agrandir, mais tant qu'il restera dans les mains présentes, ce sera toujours pitoyable. Boucher n'a pas assez de vigueur (ou rigueur?), tact, activité &c mais il faut donner le Journal à crédit et parfois Cinq-Mars est fort embarrassé dans ses finances.»
(Louis Perrault à Duvernay)
25 octobre: «0 tempora, O mores! Grands Dieux! Serait-il possible, citoyen, que Boucher serait l'Éditeur de l'Aurore. Je ne puis le concevoir. Belleville n'a jamais été l'ami aveugle des prêtres, et, comme vous me l'observez avec raison, l'Aurore n'est rempli que d'écrits qui tendent à représenter le clergé comme le corps composé d'hommes les plus honnêtes, les plus vertueux et les plus propres à éclairer le peuple. Quelle effronterie de la part de l'éditeur, quel affreux oubli de l'honneur et de la vérité! A-t-on oublié la conduite honteuse du clergé en 37 et 38? N'est-il pas la cause première des malheurs qui aujourd'hui pèsent si lourdement sur la patrie? N'a-t-il pas contribué à la pendaison de vertueux citoyens? N'a-t-il pas, sans cesse, prêché l'obéissance la plus passive et la soumission la plus aveugle? Allons, c'est trop d'impudeur. Le coeur seul d'un lâche est capable de si grossière effronterie. N'est-ce pas un fait avéré que si le clergé, en 37, se fut montré comme il le devait, le sol canadien se trouverait aujourd'hui entièrement purgé des scélérats qui l'infectent? Le beau drapeau de la liberté flotterait orgueilleux sur les monts du Canada, et nous serions aujourd'hui une nation!!!»
(Dr A.P.L. Consigny, de Swanton, à Duvernay, établi à Burlington)
L'Aurore des Canadas est un journal modéré qui vise le rétablissement de la paix sociale.
1841 Décès de M.-Marguerite Porlier, femme de Boucher-Belleville.
2 mai: «Boucher est très affecté de la perte de sa femme».
(Amiot à Duvernay)
1 août: Laprairie, décès de Marie-Égérie Boucher, âgée de quatre mois et demi, fille de Jean-Philippe Boucher-Belleville et de défunte Marguerite Porlier.
1844 8 juillet: Pierre Boucher, père de Jean-Philippe, achète une terre à Saint-Rémi (Napierville), devant servir éventuellement de «pension alimentaire. à son fils.
20 septembre: par son testament, Pierre Boucher lègue officiellement à son fils Jean-Philippe la terre achetée le 8 juillet.
1848 Boucher-Belleville a laissé L'Aurore des Canadas pour le département de l'Éducation à Montréal, sous la gouverne de Jean-Baptiste Meilleur, surintendant.
22 juillet: à Saint-Rémi, Jean-Philippe est parrain de sa nièce, Julie-Marguerite
Boucher.
22 novembre: Cession par Pierre Boucher à son fils Jean-Philippe, résidant à Laprairie, de la terre de Saint-Rémi.
Il s'agit d'une terre de 2 ½ arpents de front par 30 de profondeur, avec une maison, une grange et autres bâtiments, sise aujourd'hui sur le chemin Notre-Dame, entre Saint-Rémi et Saint-Constant. La terre de Boucher-Belleville commençait au chemin longeant la rivière Saint-Pierre et se prolongeait jusqu'aux limites de Saint-Michel.
1849 14 mars: à Laprairie, décès de Louise Belleau, âgée d'environ 83 ans, mère de
Jean-Philippe. Celui-ci est présent à l'inhumation.
1850 Boucher-Belleville demeure maintenant à Saint Rémi.
22 juillet: à Saint-Rémi, testament olographe de Jean-Philippe Boucher Belleville, «homme de lettres et cultivateur de Saint-Rémi».
Il donne à son neveu, le Dr Brossard, ses dictionnaires et manuscrits; il institue Angèle Boucher, sa soeur, légataire universelle, et lui demande de faire inhumer son corps dans le cimetière de Laprairie, près de l'enclos où l'on enterre les enfants sans baptême, et ajoute que s'il survient quelque obstacle à cela, il préfère être enterré «sous le gros noyer», dans son jardin.
1853 29 octobre: à Laprairie, décès de Pierre Boucher, 89 ans, père de Jean-Philippe.
1854 13 février: Jean-Philippe Boucher-Belleville engage Raphaël Gagnon, cultivateur, pour qu'il s'occupe de sa terre.
1855 [Boucher-Belleville, Jn-Ph.], Dictionnaire des barbarismes et des solécismes les plus ordinaires en ce pays, avec le mot propre ou leur signification.
«Aussi les anglicismes abondent-ils dans le français que nous parlons: tellement que, si nous n'y mettons ordre, bientôt, sans parler encore anglais et tout en croyant nous exprimer en français, nous parlerons un langage qui ne sera ni l'anglais ni le français.»
(Boucher-Belleville, Introduction)
1867 Dans la Bibliotheca canadensis de Henry J. Morgan, on lit que Boucher-Belleville est un auteur de Saint-Rémi (Napierville).
1874 Selon L.P. Audet, Jean-Philippe Boucher-Belleville est décédé à Saint-Michel-de-Napierville. Les registres de Laprairie (cf. testament de 1850) ne rapportent pas la sépulture de Boucher-Belleville en 1874, pas plus que ceux de Saint-Michel et Saint-Rémi.
Le patriote de Saint-Charles pourrait, selon ses voeux, avoir été inhumé dans son jardin de Saint-Rémi, sous le gros noyer Bibliographie
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