Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
La fonction de gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique
Depuis le 31 décembre 1969

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À partir du 17esiècle, la France, puis l'Angleterre, mandatent un représentant chargé de faire respecter l'ordre et le bon gouvernement dans leurs colonies d'Amérique. La Proclamation royale (1763) confirme ce statut de représentant nommé et envoyé par le Bureau des colonies de Londres pour représenter la Couronne britannique dans la nouvelle colonie (art. 4). La Proclamation prévoit aussi la mise en place par le Gouverneur d'institutions favorisant le développement économique, social et politique de la colonie, ainsi que le développement harmonieux des différentes communautés (art.4). Afin d'atteindre ces objectifs, le Gouverneur général des colonies de l'Amérique du Nord britannique se voit adjoindre des lieutenants-gouverneurs qui verront à l'administration des différentes colonies, à l'exception de la colonie du Bas-Canada, sous l'administration directe du Gouverneur général (Vaugeois, 1972: 16-17).

Avec l'Acte constitutionnel de 1791, le Gouverneur détient notamment les pouvoirs de nommer les Présidents du Conseil législatif (art. 12), d'accepter ou de refuser tous projets de loi émanant du Conseil ou de l'Assemblée législative, de réserver durant deux ans après leur adoption tout projet de lois à la sanction royale et de désavouer des projets de lois (art. 30-33). C'est également lui qui voit à l'organisation des élections, à l'émission des bans, à la convocation de l'Assemblée, qu'il doit aussi dissoudre et qu'il peut même proroger (art. 13-16, 18, 25-26). L'Acte constitutionnel charge également le Gouverneur de veiller à l'organisation d'une Église anglicane ainsi qu'à la supervision de l'Église catholique (art. 35-39). Dans le cadre des diverses constitutions, le Gouverneur doit travailler de concert avec les institutions prévues, telles que le Conseil législatif, le Conseil exécutif ou l'Assemblée législative.

À partir de 1791, les douze gouverneurs administrant le Bas-Canada adoptent tour à tour des attitudes d'affrontement ou de conciliation envers la majorité de l'Assemblée législative. Selon les époques, les débats et les enjeux, l'attitude conciliante de certains gouverneurs glissent parfois vers l'affrontement. Il en sera ainsi sur la question de subsides, de l'électivité du Conseil législatif ou à propos de certaines questions touchant l'administration des terres et la religion.

Gouverneur sous la Proclamation Royale et l'Acte de Québec, Guy Carleton, baron de Dorchester, sera un des instigateurs coloniaux de l'Acte constitutionnel, qui permettra à l'élite canadienne française de jouer un rôle plus actif dans la vie politique des colonies canadiennes (Lamarche, 1999 : 26). Son successeur, Robert Prescott, le remplacera en 1796 et sera entre autres chargé de régler le départage des terres entre colons et spéculateurs dans les cantons ainsi que les différends entre haut-clergé catholique et protestant (Lamarche, 1999 : 27). Le gouverneur James Henry Craig,tranche par rapport à ses prédécesseurs. Craig adopte très rapidement une attitude de confrontation avec la Chambre d'assemblée à propos, entre autres, de l'inéligibilité des juges au Parlement, et " déclenche une offensive en règle pour en arriver à l'assimilation totale des Canadiens grâce à l'immigration britannique et américaine " (Lamarche, 1999 : 29). À la suite de la victoire des réformistes en 1809, Craig dissout l'Assemblée à trois reprises entre 1810 et 1811, fait saisir les presses du journal LeCanadien et jeter ses dirigeants en prison à la suite de publication d'articles qu'il juge diffamatoires (Lahaise, vallerand, 1971 : 99). L'administrateur qui lui succède, Sir George Prévost, contrairement à son prédécesseur, se rallie la majorité parlementaire ainsi que l'élite catholique. Il fraternise avec Louis-Joseph Papineau, nomme cinq Canadiens au Conseil législatif et soutient les dirigeants de l'Église catholique, dont Mgr Plessis (Lahaise, Vallerand, 1971 : 102). Lorsqu'il quitte, en 1815, il est " injurié par les Britanniques et applaudi par les Canadiens " (Lamarche, 1999 : 29). Sir John Coape Sherbrooke tente de poursuivre la politique de conciliation de Prévost. Il nomme Mgr Plessis au Conseil exécutif et réussit à obtenir le premier vote de subsides pour sa liste civile, sans toutefois droit de regard sur les revenus (Lahaise, Vallerand, 1971 : 130). Les deux Gouverneurs généraux suivants ne tarderont pas à ébranler l'édifice de conciliation construit par leurs prédécesseurs. En effet, Charles Lennox, duc de Richmond refroidit rapidement les relations entre l'exécutif et le haut-clergé catholique, lui préférant ouvertement les dirigeants de l'Église protestante. Il se querelle avec l'Assemblée qui lui demande des concessions pour voter la liste civile (Lamarche, 1999 : 31). Les tensions entre réformistes et l'Exécutif atteindront toutefois un sommet inégalé depuis le départ de Craig sous le régime de George Ramsay. Très tôt, il accuse Mgr Plessis, évêque de Montréal, d'entretenir la méfiance des Canadiens francophones envers les anglophones. Les hostilités atteignent leur sommet lorsqu'il exige en 1823 et 1825 que l'Assemblée législative vote une liste civile permanente. Devant le refus des députés de choisir un autre Président d'Assemblée que Louis-Joseph Papineau, il proroge l'Assemblée (Lamarche, 1999 : 32). Dans l'espoir de faire cesser les hostilités, le Bureau des colonies rappelle Dalhousie, et envoie, en 1830, Matthew Whitworth, Baron Aylmer, dont les efforts d'intégration à la communauté et le ton conciliant lui valent à son arrivée le respect des Canadiens (Buckner, 1988 : 981). Dès 1831 toutefois, les premières divergences apparaissent à propos de l'éternelle question des subsides. Sa réaction face à l'émeute de 1832 ainsi que les solutions adoptées lors des épidémies de choléra de 1832 et 1834 accélèrent ensuite le déclin des rapports entre le Gouverneur et Canadiens français (Buckner, 1988 : 982). La publication des 92 Résolutions, demandant le rappel d'Aylmer, et le refus par l'Assemblée législative de voter les subsides sonnent le glas pour le Gouverneur qui est bientôt démis de ces fonctions (Buckner, 1988 : 984). En 1835, Archiblad Acheson, comte de Gosford, mandaté comme commissaire enquêteur pour trouver des voies afin de débloquer l'impasse entre l'exécutif et l'Assemblée législative, est appelé à le remplacer. Le nouveau Gouverneur tente de faire une alliance entre les modérés des deux partis, ce qu'il réussit jusqu'à ce que ses instructions secrètes, impossibilité de rendre électif le Conseil législatif et d'abandonner les revenus de la Couronne à l'Assemblée, soient connues (Buckner, 1988 : 6-7).... 
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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

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DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

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ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
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