Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
Louis-Michel Viger (1785–1855)
Depuis le 26 décembre 2025

page 1 / 6
Tiré de Louis-Michel Viger, Correspondance, 1809 - 1849. Sous la direction de Georges Aubin

Automne 1785. Une maison de la rue Bonsecours, à Montréal, où habitent Louis Viger et son épouse Agnès Papineau, devient le lieu de naissance de Louis-Michel Viger (1785-1855), septième enfant d'une famille qui en comptera neuf.

  Agnès, sa mère, est sœur du notaire Joseph Papineau, qui demeure dans les parages. Aussi, on verra les deux cousins, Louis-Joseph Papineau et Louis-Michel Viger, entrer au collège Saint-Raphaël, dirigé par les Sulpiciens. Ce collège était situé au sud de la Place Jacques-Cartier actuelle. Jacques Viger, un autre cousin, fera partie du même groupe de joyeux carabins aux études.

  Reçu avocat en 1807, après des études de droit chez Denis-Benjamin Viger, un autre cousin, Louis-Michel se lance avec ardeur au travail à la cour supérieure de Montréal. Mais un gros nuage apparaît à l'horizon du pays : en 1812, nos voisins américains déclarent la guerre au Bas-Canada. Un grand nombre de membres des familles bourgeoises ont déjà joint l'armée. Viger est enseigne dans la 2e division de la Ville de Montréal. Il joindra en septembre 1812 la 5e division de la milice d'élite et incorporée qui sera commandée par Louis-Joseph Papineau à Coteau-du-Lac. Le cousin Jacques Viger, à son tour, devient membre du corps des Voltigeurs.

  Dans toute la correspondance de Viger, on n'a trouvé aucune lettre écrite de Coteau-du-Lac. Viger militaire semble occupé davantage à plaider comme avocat à Montréal, où ses causes, en grand nombre, s'accumulent. Il tient cependant de loin en loin une correspondance avec le commandant Papineau, dont le bataillon n'a pas non plus affronté l'ennemi.

  Aussi Viger est bien occupé à autre chose. Son père, avant de mourir lui a donné la maison familiale, rue Bonsecours : une maison en pierre à deux étages, avec hangar, écurie et d'autres bâtiments (autrement dit la maison où habitent les père et mère de Louis-Michel Viger). La mère de Viger lui cède aussi un terrain clôturé contenant des arbres fruitiers, situé au « faubourg Québec ou Sainte-Marie », ce terrain acquis de la succession de Joseph Papineau, tonnelier, père d'Agnès Papineau et grand-père de Louis-Michel Viger. Le donataire doit prendre soin de ses parents jusqu'à leur décès. Mince tâche, car la mort de son père coïncide avec le commencement de la guerre, au cours de l'été de 1812.

  Pendant l'été suivant, Viger se déplace de Montréal à Chambly, à Saint-Jean et l'Isle-aux-Noix, à Châteauguay, revient à Montréal pour repartir en août vers le Lac des Deux-Montagnes. Cette course témoigne d'un militaire occupé à manier davantage l'aviron que le fusil et la corne à poudre, autrement dit il passe plus de temps à préparer des plaidoyers pour la cour qu'à affronter un ennemi invisible. Il participe à quelques rassemblements militaires de 1813 à Montréal, puis il démissionne du 5e bataillon, tout en gardant un pied dans l'armée. En 1814, il est promu capitaine du 2e bataillon de Montréal qui en contient 9, dont Louis-Joseph Papineau, son cousin, et Jean-Roch Rolland, futur juge, son ami. La même année, les causes judiciaires, conservées dans les Archives, font voir un Viger très actif. Il se multiplie partout, ramasse les procès que les autres avocats dédaignent, et il les gagne presque toujours. Le notaire Joseph Papineau écrit à son fils Louis-Joseph : « Louis[-Michel] Viger est parti samedi pour Berthier, Saint-Denis, Maska, il avait besoin de prendre l'air. Il a eu jugement dans toutes tes causes. »

Ses goussets se remplissent et lui permettent d'acheter une maison en pierre à deux étages, avec une allonge en brique, située rue Saint-Vincent, près de l'audience. On peut penser qu'il travaille tellement en cour qu'il n'a plus le temps de voyager de sa résidence, rue Bonsecours, au palais de justice : cette maison de la rue Saint-Vincent lui permettra de travailler avec plus d'efficacité puisqu'il y préparera ses plaidoyers en toute tranquillité.

  Il ne néglige pas cependant sa vieille mère, veuve, qui vivote, souvent seule, rue Bonsecours. Elle meurt à 68 ans, en décembre 1817. Charles Prévost, notaire de la famille, entreprend en janvier suivant l'inventaire des biens des défunts Louis Viger et Agnès Papineau.

  Ce document atteste la présence de Louis-Michel sur les lieux, puisqu'il vit maintenant dans la maison paternelle ; aussi sont mentionnées la présence de Benjamin, son frère, maître charpentier, venu de Québec ; celle de Marie-Josephte, sa sœur, épouse de Jean Boudreau le navigateur, venue de Berthierville avec son mari. On apprend aussi que depuis 1805, le père Viger était tuteur de Léon Gosselin, qui venait de perdre ses deux parents la même année, dont la mère, Thérèse Viger, était fille de Louis. Et Louis-Michel poursuivra ce tutorat de Léon Gosselin, âgé de 16 ans en 1818, à partir du jour même de l'inventaire. Ce jeune Gosselin fera plus tard carrière dans le journalisme à La Minerve.

  Au décès de son père (1812) et de sa mère (1817), Louis-Michel avait dépensé plus de 2 000 £, ancien cours, pour l'organisation des funérailles et le paiement des frais médicaux. Le compte détaillé montre que le Dr Louis-Albert Bender a soigné le forgeron pendant un certain temps ; qu'Antoine Dubord a fait les cercueils ; qu'il a fallu payer le bedeau St-Martin, le Séminaire et la Fabrique ; acheter un crêpe, des gants, des cierges ; payer pour le chariot funéraire. Les derniers moments d'Agnès Papineau avaient été mis sous les soins du Dr David Thomas Kennelly (250 £) et elle avait une vieille dette envers le Dr Timothée Kimber (60 £). Les biens de la famille, évalués par Toussaint Truteau et Ignace Bertrand, montent à 1 142 £ ; il faut compter aussi la somme de 5 300 £, en argent monnayé, amassée par la veuve, somme amplement suffisante pour payer le dû de Louis-Michel. Le reste sera partagé entre les autres héritiers[1].

  La décennie... 

page 1 / 6

Consulté 936 fois depuis le    MOD  

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

Nos partenaires

  

  

Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes invités à l'utiliser 
à condition d'en déclarer la provenance. © 1996-2026 Les Patriotes de 1837@1838 glaporte@1837.qc.ca