| | | BIOGRAPHIE Louis-Michel Viger (1785–1855) Depuis le 26 décembre 2025 |   page 2 / 6 |
 | Tiré de Louis-Michel Viger, Correspondance, 1809 - 1849. Sous la direction de Georges Aubin |
de 1820 est marquée par plusieurs événements importants dans la vie de Viger. Quelques membres de la famille Viger se font remarquer depuis longtemps. Il y a Denis-Benjamin, avocat, député, qui trône au-dessus de tous ; Jacques Viger, inspecteur des chemins et des ponts, à Montréal, collectionneur de documents historiques et de correspondances anciennes : il note toutes ses découvertes dans sa Saberdache, recueil d'éphémérides qui vont de la Nouvelle-France au temps présent. Grâce à cette Saberdache, Jacques Viger a conservé plus de 20 lettres complètes ou résumées de son cousin Louis-Michel.
Pour le distinguer des autres Viger, on parle maintenant de Louis-Michel comme étant « le beau Viger ». C'est son cousin Jacques, le collectionneur, peu gracié par la nature, qui, le premier, mentionne ce fait.
Le beau Viger va-t-il se marier un jour ? Il atteindra bientôt la quarantaine et Julie Papineau, avec sa plume acérée, écrira de lui plus tard qu' « il n'était pas pressé de se marier jeune. » Viger lui-même, quand il est à Québec, écrit à son cousin Jacques : « Le 30 [décembre 1823] au matin, je partirai pour Montréal. Et, quoique j'aie vu et que j'aie occasion de voir de charmantes demoiselles, je crains de m'en retourner sans avoir fait de conquêtes : cela n'est pas nouveau pour moi, ainsi je dois me consoler. Ma santé est meilleure, j'éprouve moins de douleurs ; j'attribue ce soulagement à avoir voyagé avec une jeune demoiselle. Pour opérer la guérison parfaite, je propose à plusieurs de remonter avec moi et aucune ne paraît disposée à me suivre ; ainsi, tu sais que je suis condamné à languir et à souffrir encore. »
Et pourtant, conquête il y eut, car le mariage suivra au cours de l'été de 1824. La dulcinée se nomme Marie-Hermine Turgeon (1801-1839) ; elle est fille de Louis Turgeon, notaire, conseiller législatif et seigneur de Beaumont. Elle vit dans la maison du seigneur, à Saint-Charles de Bellechasse ; baptisée en 1801, elle avait eu pour parrain Charles Couillard de Beaumont (1733-1819), un autre seigneur, et, pour marraine, Élisabeth Dumond, veuve Turgeon, une soeur du futur évêque de Québec. Marie-Hermine a 22 ans et l'avenir lui appartient.
Le nouveau couple ira vivre à Montréal dans la maison Viger de la rue Bonsecours. Ils auront quatre enfants, deux fils et deux filles. Profonds malheurs à répétition : les quatre enfants mourront tous dans leur jeune âge, le plus vieux atteignant 10 ans. Le tutorat de Viger envers Léon Gosselin s'est terminé à la majorité de ce dernier. Mais un autre tutorat, celui de Louis-Pierre-Hubert Turgeon, un neveu de la femme de Viger, tombe sous la responsabilité de Louis-Michel à partir de 1828.
En plus de ses responsabilités familiales, Viger, omniprésent en cour, se multiplie partout en politique : il prend la parole pour appuyer ouvertement la candidature de Hugues Heney, qui sera élu une première fois en 1820. En 1822, Viger s'associe, comme avocat, à Côme-Séraphin Cherrier, qui entre au barreau, un terrible plaideur et un fin connaisseur des lois. Tout un chacun, même le grand Papineau, sollicite les avis juridiques de Cherrier.
Viger héberge son oncle François Papineau, arpenteur, célibataire, qui mourra dans la maison Viger, rue Bonsecours.
Que dire de la décennie de 1830 ? Viger est élu député de la nouvelle conscription de Chambly, avec Frédéric-Auguste Quesnel. Il appuie le parti Patriote, parti dirigé par Papineau, orateur en Chambre. Viger sera député de cette circonscription jusqu'en 1838, année de la suspension de la constitution de 1791. Le choléra fait son apparition au Bas-Canada, emportant un frère Viger (Pierre-Benjamin, charpentier, constructeur de vaisseaux) et une soeur (Marie-Angélique, devenue Soeur St-Martin, de l'Hôtel-Dieu à Québec).
Habile en droit et en affaires, Viger fonde en 1835 la Banque du peuple, avec Jacob De Witt. Un capital initial de 75 000 £.
Entre-temps, Viger assiste à la montée des tensions entre le parti Patriote et celui des Bureaucrates. À Montréal, l'effervescence augmente de jour en jour. L'affaire des 92
Résolutions et le refus de Londres de répondre aux demandes des Canadiens provoquent partout des assemblées de protestations. Ces assemblées patriotes, appelées anticoercitives, se multiplient dans le Bas et le Haut-Canada. Viger y participe à peine, mais soutient le mouvement. Il apparaît une fois à l'assemblée tenue à Longueuil, en juin 1837, dans son comté de Chambly. Il sera ensuite présent aux côtés de Papineau qui prend la parole à l'assemblée des six comtés, en octobre, à Saint-Charles-sur-Richelieu. Viger vient tout de suite après lui, il monte sur la tribune et dénonce vigoureusement l'oligarchie gouvernementale, le refus des gouverneurs et de Londres d'accorder la responsabilité ministérielle pour la Chambre à Québec et l'élection par le peuple des conseillers. Viger fait partie des treize députés présents à cette assemblée de Saint-Charles.
En opposition, les antipatriotes ou bureaucrates se déchaînent à Montréal, et, pour faire barrage à ces constitutionnels, les Patriotes s'organisent en Fils de la Liberté. Le gouverneur Gosford tente en vain d'empêcher les réunions politiques. Ce qui devait arriver arriva. La prison neuve du Pied-du-Courant commence à s'emplir de Patriotes.
Louis-Michel Viger est arrêté le 18 novembre 1837 et logé à la prison neuve avec un grand nombre de ses compatriotes. Il n'en sortira qu'à la fin d'août 1838. Un vice de forme dans l'énoncé de l'accusation est évident. On avait accusé Viger de pratiques séditieuses (warrant daté du 16 novembre). Or le papier prouvant cette accusation a été « détruit » ; on l'a remplacé tout bonnement par un autre, montrant une accusation de « haute trahison » (warrant daté du 18 novembre), punissable de mort. Le shérif St-Ours semble être responsable de la « perte » du premier papier.
Plusieurs journaux raconteront, un an plus tard les péripéties de l'arrestation de Viger. Vers 2 h du matin, un magistrat de Montréal, accompagné de quelques personnes, entre dans la maison de M. L.M. Viger, rue Bonsecours, « pour y faire une visite domiciliaire à la recherche de M. Papineau, puis pour prendre M. Viger qu'ils conduisirent... | page 2 / 6 Consulté 937 fois depuis le MOD
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
|
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
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Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
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