 | Tiré de Jean-Philippe Boucher-belleville, Journal d'un patriote, 1837 et 1838 introduction et notes par Georges Aubin. Montréal, Guérin, 1992. |
style="background-color: #FFFF66">Belleville, craignant d'être arrêté, quitte Montréal pour la rive sud. Il passe par Pointe-aux-Trembles, pour traverser à Varennes, en compagnie de Papineau et O'Callaghan.
15 novembre: petit conseil de guerre tenu à Varennes, dans la maison du Dr Duchesnois, entre Boucher-Belleville, Papineau, O'Callaghan et Amury Girod. Boucher-Belleville aurait proposé de convoquer une Convention et d'établir un gouvernement provisoire. «Je ne me rappelle pas quel est celui d'entre nous, mais il me semble que ce fut Boucher [-Belleville] qui proposa qu'on convoquât une convention et qu'on établit un gouvernement provisoire. Nous acquiesçâmes à sa proposition, mais nous ajoutâmes que cette première mesure équivalait à un acte de rébellion ouverte et qu'il serait bon de chercher les moyens d'organiser le peuple et de se procurer des armes et des munitions. Nous fûmes tous d'accord sur cette proposition et commençames à parler de notre départ»,
(Journal tenu par feu Amury Girod et traduit de l'allemand et de l'italien).
16 novembre: Boucher-Belleville fait le trajet Varennes-Saint-Marc avec O'Callaghan, en suivant la voiture de Papineau et Duchesnois, qui s'arrêtent à Saint-Marc.
18 novembre: à Saint-Charles, Boucher-Belleville participe à la transformation du manoir Debartzch en camp retranché.
23 novembre: victoire des patriotes à Saint-Denis.
25 novembre: défaite des patriotes à Saint-Charles.
Le même jour, une réquisition signée J. Ph. Boucher-Belleville, adressée au marchand Durocher, se lit ainsi: «Mr Durocher, livrez au porteur vingt-cinq gallons de whiskey, pour T.S. Brown, G.C.»
Boucher-Belleville, éditeur du Glaneur à ce qu'il paraît remplissait les fonctions de commissaire ordonnateur des vivres. Le Canadien du 6 décembre, en faisant paraître le texte de la réquisition trouvée après le combat, ironise sur le rôle de Boucher-Belleville à Saint-Charles.
1er décembre: réfugié à Saint-Denis, Boucher-Belleville quitte le Richelieu avec un groupe de patriotes pour se rendre aux États-Unis. Ce groupe est composé, au départ, des Dr Wolfred Nelson et E.N. Duchesnois; de R. Des Rivières, T. S. Brown, François Jalbert, Siméon Marchesseault et Boucher-Belleville.
Seuls Brown et Duchesnois parviendront à traverser la frontière.
Trois jours difficiles à travers les forêts, guidés par Laurent Trudeau, Jean-Baptiste Bousquet, de Saint-Césaire, où ils prennent un repas.
4 décembre: ils décident de se séparer. Nelson prend une direction différente, seul; il sera arrêté le 11.
6 décembre: mandat d'arrestation émis contre Boucher-Belleville, signé P.É. Leclère. Accusation de haute trahison.
7 décembre: Boucher-Belleville est arrêté à Bedford, juste avant d'atteindre les États-Unis, à quelques kilomètres de la frontière, en même temps que Siméon Marchesseault et Rodolphe Des Rivières. Emmené aux cachots (black holes) de l'Île-aux-Noix, où il passe quatre jours dans des conditions inhumaines. Après l'engagement de Moore's Corner, les cachots de l'Île-aux-Noix regorgent de patriotes, sous la garde du geôlier Knight.
8 décembre: déposition de Michel-Jacques Vilbon, juge de paix, huissier de Montréal, espion à la solde de l'avocat Gugy, déclarant devant P.É. Leclère qu'il a vu Boucher-Belleville au quartier général de Saint-Charles, la veille du combat, en compagnie des deux frères Des Rivières.
«Les personnes que j'ai vu le plus figurer et paraître jouir d'autorité et y porter le plus grand intérêt, (au quartier Saint-Charles et sous les ordres du général Brown) sont Rodolphe Des Rivières, avec le titre de colonel, Labyssonnière Des Rivières, son frère, Alphonse Gauvin, tous deux aussi avec le titre de colonel, Siméon Marchesseault avec le titre de capitaine du quartier général, Boucher de Belleville, quartier-maître, Bonaventure Viger avec le titre de Capitaine des piquets, Eusèbe Durocher qui m'a paru aussi agir comme capitaine. 11 décembre: les 22 prisonniers de l'Île-aux-Noix, dont fait partie Boucher-Belleville, sont ligotés solidement et entassés dans un traîneau; sous le commandement de Marsh, réputé pour sa cruauté, un corps de volontaires les escorte jusqu'au lieutenant Johnson, qui commande un détachement du 66e; celui-ci les accompagne jusqu'à Saint-Jean où les prisonniers seront logés au corps de garde.
12 décembre: les 22 prisonniers font le trajet en train de Saint-Jean à Laprairie. Traversée à Montréal.
Emprisonnement de Jean-Philippe Boucher-Belleville à la prison neuve du Pied-du-Courant.
1838 21 février:
Examen volontaire de Boucher-Belleville
District de Montréal
«L'examen volontaire de Boucher-Belleville, cultivateur de la Paroisse de Saint-Charles dit et déclare ce qui suit. Je suis âgé de 37 ans. Je suis marié mais n'ai point d'enfants.
«Étant question si, avant l'assemblée tenue à Saint-Charles, le 23 octobre der nier, j'aurais écrit au Dr Wolfred Nelson au sujet des Résolutions qui devaient être soumises à cette assemblée. Je réponds que je ne me rappelle pas de lui avoir écrit.
Je ne veux répondre à aucunes questions.
J. Ph Boucher-Belleville»
«Reconnu devant moi à Montréal ce 21m jour de Février 1838
C.S. Rodier J.P.»
Une fois emprisonné, le journaliste Boucher- page 5 / 7 Consulté 1 655 fois depuis le MOD
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