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Les Patriotes de 1837@1838 - Wetherall, George A.
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Wetherall, George A.
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




George Augustus Wetherall est le fils unique d'Elizabeth Mytton et de Frederick Augustus Wetherall, un officier de l'armée britannique. Il grandit dans un cadre de vie militaire et devient officier tout comme son père. Il est marié à Frances Diana Denton.

" Après avoir fréquenté la Hyde Abbey School à Winchester et le collège militaire de Farnham, George A. Wetherall se voit confier le poste de lieutenant du 7ème régiment des fusiliers le 29 juillet 1795 " ( LES PATRIOTES, 2000). En 1803, il intègre le régiment d'infanterie de milice levé par son père à Halifax en Nouvelle-Écosse. Par la suite, il occupe les postes de capitaine aux Antilles, de Major à Java, de secrétaire militaire du gouverneur à Madras et d'adjoint au juge-avocat général en Inde. Il est ensuite promu au grade de lieutenant-colonel des Royals le 7 août 1828. Puis, Wetherall est cantonné au Canada de 1836 à 1843. Ainsi, à l'époque des troubles de 1837-1838, il occupe le poste de lieutenant-colonel du 2e bataillon des Royals. À ce sujet, Kyte Senior indique qu'il est commandant du 1st Royal Scots (Senior, 1997 :47).

Au moment où les tensions se sont accrues entre les Patriotes et les Loyaux, à la fin de l'été de 1837, Wetherall est commandant de la garnison du Royal Regiment de Montréal. Durant la nuit du 17 novembre, Longueuil est le théâtre d'une embuscade d'un groupe de rebelles armés qui tentent de libérer quelques-uns de leurs confrères faits prisonniers par une troupe de la Royal Montreal Cavalry. Cet incident marque le début des troubles armés.

Wetherall est l'un des premiers officiers supérieurs appelés à agir (LES PATRIOTES, 2000). Le 18 novembre, il quitte Montréal avec ses troupes en direction du fort Chambly où il a reçu l'ordre de marcher. Ses troupes sont formées de : " quatre compagnies de son propre bataillon, un détachement d'artillerie doté de deux canons, quelques cavaliers de la Royal Montreal Cavalry, en plus des représentants des magistrats, et un volontaire, le major [...] Gugy, quartier-maître général adjoint de la province [...] " (Spurr, 1991 : 911).

Après avoir atteint le fort Chambly dans la soirée du 18 novembre, Wetherall ajoute à ses troupes une compagnie du 66e régiment cantonnée à cet endroit. Par la suite, il reçoit l'ordre de se mettre en marche vers Saint-Charles qui est considéré comme le château-fort des rebelles du Richelieu (Filteau, 1975 : 336). Il doit attaquer Saint-Charles par le sud, pendant que le colonel Charles Stephen Gore sème la charge par le nord, en provenance de Sorel. Il part de Chambly dans la soirée du 22 novembre. Après avoir traversé le Richelieu en bac, à la hauteur du bassin de Chambly, il fait bivouaquer ses troupes à Saint-Mathias. Le lendemain, dès la levée du jour, Wetherall et ses hommes reprennent leur route en direction de Saint-Charles. En raison des pluies diluviennes, du fort vent et de la destruction de plusieurs ponts, Wetherall n'atteint Saint-Hilaire que vers midi. Il se trouve alors à environ sept milles de Saint-Charles. Il fait ensuite cantonner ses troupes au manoir de Rouville situé dans cette localité. Vers minuit, il reçoit la nouvelle de la défaite de Gore à Saint-Denis. Par conséquent, Wetherall demande au magistrat Sydney Bellingham de partir sur-le-champ à Chambly, afin d'aller chercher des renforts. Vers 9 heures, le matin du 25 novembre, Wetherall reprend sa route vers Saint-Charles avec sous ses ordres environ : " 350 hommes avec une compagnie de réserve additionnelle des Royals " (Spurr, 1991 : 912). Selon Amédée Papineau, " Wetherall avait 500 hommes sous ses ordres " (Papineau, 1972 :91). Quant à Greer, il indique que les troupes du lieutenant-colonel sont : " composées de 406 soldats de carrière, de 20 soldats de la cavalerie coloniale [...]" (Greer, 1997 : 277).

Lors de son arrivée à Saint-Charles, Wetherall surprend Thomas Storrow Brown. Ce dernier a sérieusement négligé la défense de sa place forte dans le village (Spurr, 1991 : 912). Au début de l'affrontement, Wetherall met le feu aux maisons et aux granges où se cachent les rebelles (Filteau, 1975 : 340); puis il leur envoie une sommation par l'entremise d'un insurgé qu'il a capturé. Wetherall est prêt à laisser les rebelles se disperser sans représailles. Cependant, les insurgés ne jettent pas les armes. Durant la bataille, Brown abandonne son commandement, s'enfuit vers Saint-Denis et ses troupes se dispersent. Ainsi, les troupes de Wetherall ne prennent qu'une heure pour vaincre la résistance et prendre le contrôle du manoir Debartzch. Après les hostilités, Wetherall ne s'acharne pas sur le sort de ses opposants. On le reconnaît comme étant un homme fort discipliné et ayant une grande modération dans la victoire. " De tous les officiers supérieurs mêlés aux opérations de cette campagne, il fut le plus humain. [...] La victoire remportée, il ne chercha pas à accabler les vaincus par des cruautés et la destruction inutile de leurs propriétés " (Filteau, 1975 :342).

Selon Wetherall, 56 rebelles ont trouvé la mort lors de cette affrontement : " I have counted 56 bodies " (BMSH, 1988 : 38) et " leurs blessés se montent au-delà de trois cents... " (Fauteux, 1950 :43). À cet égard, certains historiens présentent des chiffres beaucoup moins importants. Pierre Lambert rapporte que : " Les différents assauts des troupes de Wetherall avaient entraîné la mort de près de 35 patriotes " (Lambert, 1994 : 45). John Hare affirme qu'on dénombre, parmi les rebelles, " 28 tués et une trentaine de blessés " (Hare, 1971 : 17). Filteau quant à lui prétend que le clan des insurgés compte : "au moins une trentaine de morts, 30 blessés et autant de prisonniers " (Filteau, 1975 : 342). Parmi les soldats britanniques, selon le rapport authentique de Wetherall, trois d'entre eux tombent au combat et 18 autres sont blessés ; cependant, Bellingham, un juge de paix britannique qui accompagne le lieutenant-colonel, compte " sept tués et vingt-trois blessés " (Bernard, 1983 : 111).

Sur le chemin du retour vers Chambly, en provenance de Saint-Charles, Wetherall et ses troupes sont arrêtés un instant à Saint-Mathias, le 28 novembre, où plus d'une centaine de rebelles tentent vainement de leur bloquer le passage. Le 30 novembre, Wetherall est accueilli en héros à Montréal : il ramène avec lui deux petites pièces d'artillerie prises aux mains des insurgés, une trentaine de prisonniers et la Colonne de la Liberté consacrée lors de l'Assemblée des Six-Comtés de Saint-Charles, du 23 octobre précédent.

Après avoir pris le contrôle du district de Richelieu, le général John Colborne décide de concentrer ses efforts du côté de Saint-Eustache où se trouve un foyer insurrectionnel. Le 14 décembre, Colborne et ses troupes atteignent Saint-Eustache. Le régiment Royal, dirigé par le lieutenant-colonel Wetherall, reçoit l'ordre d'attaquer l'église où les insurgés sont rassemblés. Lors de cette bataille, le lieutenant Edward Robert Wetherall des Royals, le fils du lieutenant-colonel, prend d'assaut le presbytère et l'incendie ainsi que l'église (Spurr, 1991 : 912). Vers cinq heures de l'après-midi, le carnage était terminé ; " [...] le docteur Chénier et 70 de ses hommes avaient été tués, et 118 faits prisonniers " (Spurr, 1991 : 912).

Suite à cette victoire à Saint-Eustache, on assiste à la mise à feu et à sac des villages de Saint-Denis et de Saint-Charles. Mais, " il n'existe pas de témoignage indiquant que Wetherall ait participé d'aucune façon à ces représailles " (Spurr, 1991 : 912).

Wetherall revient à Montréal le 17 décembre. Quelques mois plus tard, le 13 juin 1838, il est nommé compagnon de l'ordre du Bain; il accède ensuite au grade de colonel le 28 du même mois. Puis il commande une garnison à London (Haut-Canada) de 1840 à 1843. En 1842, il est nommé aide de camp de la reine. Il devient ensuite adjudant général adjoint à Montréal. Par la suite, il occupe différentes fonctions militaires importantes en Angleterre. En 1850, il devient quartier-maître général adjoint au ministre de la Guerre. L'année suivante, il est promu au poste de major général. Puis, en 1854, il devient adjudant général. En 1856, il est créé chevalier commandeur de l'ordre du bain. En octobre 1863, il est promu au grade de général. Par la suite, en 1865, il reçoit le titre de grand-choix de l'ordre du bain. De 1860 à 1865, il occupe le poste d'officier général commandant du district nord de la Grande-Bretagne. Sa dernière promotion est celle de gouverneur du Royal Military College, à Sandhurst, en 1866 (Spurr, 1991 : 913). Deux ans plus tard, il rendit l'âme dans cette même localité.

David Tessier

BERNARD, Jean-Paul, Les Rébellions de 1837-1838 : Les patriotes du Bas-Canada dans la mémoire collective et chez les historiens, Montréal, Éditions Boréal Express, 1983, 349 pages.; FAUTEUX, Aegidius, Patriotes de 1837-1838, Montréal, Éditions des dix, 1950, 433 pages.; FILTEAU, Gérard, Histoire des Patriotes, Montréal, Éditions de l'Aurore, 1975: 493 pages.; GREER, Allan, Habitants et Patriotes : La Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada, Montréal, Éditions Boréal Express, 1997, 370 pages.; HARE, John, Les patriotes de 1830-1839, Ottawa, Éditions Libération, 1971: 17.; LAMBERT, Pierre, Les patriotes de Beloeil : Le mouvement patriote, les insurrections de 1837-1838 et les paroissiens de Beloeil, Sillery, Septentrion, 1994, coll. " Les cahiers du Septentrion ": 45.; PAPINEAU, Amédée, Journal d'un Fils de la Liberté : réfugié aux États-Unis, par suite de l'Insurrection Canadienne, en 1837, Montréal, Réédition-Québec, 1972, 111 pages.; SENIOR, Elinor Kyte, Les habits rouges et les Patriotes, Montréal, VLB éditeur, coll. " Études québécoises " 1997, 310 pages.; SPURR, John, " Wetherall, sir George Augustus ", DBC, Sainte-Foy, PUL et Toronto, UTP, 1991, vol. 9: 911-913.; Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire, " Les rapports du colonel Charles Gore et du lieutenant-colonel G.A. Wetherall ", Les cahiers d'histoire de la Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire, no 25, fév.1988: 33-39.; LES PATRIOTES,; BIOGRAPHIE83> ; LÉGARÉ, Mario, " George A. Wetherall "

Nom du père: Frederick Augustus Wetherall

Nom de la mère: Elizabeth Mytton

Nom de l'épouse: Frances Diana Denton

Profession: Officier

Lieu et date de naissance: Penton, Hampshire, Angleterre 1788

Lieu et date de décès: Sandhurst, Angleterre le 8 avril 1868

Fonction au moment des troubles: lieutenant-colonel du 2 ième bataillon des Royals

Après avoir fréquenté la Hyde Abbey School à Winchester et le collège militaire de Farnham, George A. Wetherall se voit confié le poste de lieutenant du 7ème régiment des fusiliers le 29 juillet 1795, puis de lieutenant-colonel des Royals le 7 août 1828. C'est finalement au Canada que Wetherall est cantonné de 1836 à 1843.

Lorsque la tension s'accroît entre les Patriotes et les Loyaux à la fin de l'été de 1837, Wetherall est commandant de garnison. Quand des mandats d'arrestations sont émis contre Papineau et d'autres Patriotes, l'armée peut dorénavant intervenir en toute légalité. Wetherall est l'un des premiers officiers supérieurs appelés à agir. Le 18 novembre il quitte Montréal avec ses troupes et marche sur le fort Chambly. Par la suite, il doit avancer vers Saint-Charles, par le sud, pendant que le colonel Charles Stephen Gore attaque par le nord. Le 23 novembre, Wetherall n'est qu'à mi-chemin de Saint-Hilaire, en raison des pluies abondantes et où il reçoit la nouvelle de l'échec de Gore vers minuit. Arrivé à Saint-Charles le 25 novembre, Wetherall surprend Thomas Storrow Brown, qui abandonne promptement son commandement. Malgré le courage exemplaire des patriotes, le combat ne dure pas plus d'une heure et le village est mis à feu et à sang. On compte 56 morts chez les patriotes. Wetherall revient en héros à Montréal, avec 30 prisonniers et la colonne de la liberté de Saint-Charles.

Étant donné le succès du plan de John Colborne de contrôler le district de Richelieu, on décide de neutraliser Saint-Eustache. C'est le 14 décembre avant midi que Colborne et ses troupes atteignent Saint-Eustache. Wetherall a ordre d'attaquer la citadelle des patriotes mais ses canons sont sans effet sur l'église. Comme les troupes britanniques ne peuvent s'approcher en raison du tir des patriotes, c'est le fils de Wetherall qui incendie le presbytère et l'église. À cinq heures de l'après-midi le massacre est terminé.

Après avoir regagné Montréal, Wetherall est promu colonel le 28 juin. Sa dernière promotion est celle de gouverneur du Royal Military College, à Sandhurst, en 1866.

Mario Légaré

 

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