En
septembre dernier, la vente du Canadien
aux frères Molson était accueillie par
un concert d’éloges. Pourtant, ces mêmes
Molson avaient vendu l’équipe à rabais
quelques années plus tôt. Pourquoi
décider ainsi de la racheter huit ans
plus tard presque trois fois plus cher ?
On saluait alors le
profond attachement de cette famille à
Montréal et au Québec. Pourtant, la
vénérable brasserie Molson est passée
depuis 2005 aux mains d’un consortium
dominé par Coors, puis par SAB Miller.
Peut-on encore seulement parler d’une
entreprise québécoise ?
De nombreux observateurs ont aussi rappelé la
participation de la famille aux grands moments de l’histoire du Québec.
Pourtant des Molson prennent les armes pour combattre les Patriotes en
1837 ; pourtant le « chien à Molson » figure sur la liste noire
du FLQ en 1970.
On évoque enfin souvent la réputation de discrétion
des Molson. C’est là oublier que la famille a aussi produit depuis 225
ans des personnalités publiques hautes en couleurs : John junior le
militant annexionniste, Thomas le génie excentrique, Anne la féministe
ou Hartland le héros de guerre et
kid kodak. Comment encore parler de discrétion quand un Harry
Molson fait tout en 1912 pour être du voyage inaugural du
Titanic ?
Chacun connait des histoires à propos des Molson, de
leur bière et leur association avec le club de hockey Canadien.
Découvrez maintenant toute l’histoire sur la fascinante relation entre
une famille d’entrepreneurs anglais et le peuple du Québec. Par la
bière, la navigation fluviale, le chemin de fer, le théâtre, la banque
ou par le biais du Canadien, le nom de Molson est intimement lié à
l’histoire du Québec. Reste à juger si ce fut toujours pour le bien
commun, par delà le discours corporatif et sans omettre aucun fait.