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Les Patriotes de 1837@1838 - La bataille pour Montréal est commencée
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La bataille pour Montréal est commencée
Article diffusé depuis le 9 mars 2013
 




Un jour les manuels d’histoire titreront sans doute cet épisode sous le nom de « la bataille pour Montréal » et, l’année 2013, comme une de ses dates charnières. Loin des casseroles et des grenades assourdissantes, cette bataille se déroule d’abord dans les services publics, les municipalités et les entreprises de moins de 50 employés.

Le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ), ainsi que son réseau de 18 sociétés nationales affiliées, a fait connaître en commission parlementaire sa position à propos du projet de loi 14. Il s’agit selon nous d’un pas dans la bonne direction, mais qui ne permettra pas à lui seul de s’assurer que le français soit la langue normale dans l’espace public au Québec.

L’enjeu est pourtant immense. Montréal est le seul grand centre culturel et économique francophone du continent.  Son cosmopolitisme est essentiel afin de nourrir la culture francophone. Malgré ses sept millions de locuteurs, sans Montréal, le Québec français est irrémédiablement voué à se replier sur lui-même, sans plus de pouvoir d’attraction pour les nouveaux arrivants.

Or, la bataille pour Montréal se joue en ce moment même. Le signal en a été donné au recensement de 2011 qui révélait que ceux dont le français est la langue maternelle sont désormais minoritaires sur l’Île de Montréal. Au même temps, les seuils d’immigration atteignaient le chiffre record de 55 000 immigrants par année, un nombre vertigineux en regard de la modeste capacité d’accueil de la communauté francophone.

Le MNQ considère d’abord qu’il est essentiel que le gouvernement du Québec décrète que le français est la langue normale dans l’espace public québécois ainsi que dans ses relations avec les citoyens. 

Le MNQ convient cependant que tous ne s’entendent pas sur le véritable portrait linguistique, si bien que tout un chacun commentateurs peuvent dénicher des chiffres rassurants invitant l’opinion publique à l’apathie. Le MNQ demande donc au gouvernement d’assurer le financement de la recherche scientifique sur l’état réel du français et de se doter d’indicateurs clairs et scientifiques permettant, notamment, d’adapter les interventions de l’Office québécois de la langue française pour les rendre plus judicieuses, mieux ciblées et véritablement efficaces.

Le MNQ croit aussi qu’il est important que Québec se dote d’un commissariat indépendant à la langue française, chargé d’assurer une vigilance publique sur la situation du français au Québec ; équivalent au Québec du rôle occupé à Ottawa par Graham Fraser aux langues officielles. Affranchis de toute partisannerie, les rapports de ce commissaire sur l’état du français pourraient faire autorité, à plus forte raison s’ils s’appuient sur des statistiques solides.

En matière d’immigration, la seule manière de concilier nos besoins en main-d’œuvre avec notre capacité d’accueil consiste à faire de la connaissance du français un critère de sélection obligatoire pour immigrer au Québec. Là encore, la seule maitrise de la langue n’est pas garante de l’intégration qui passe notamment par le marché du travail. On doit donc prévoir ressusciter les COFI, ces centres d'orientation et de formation des immigrants, qui accomplissaient un excellent travail jusqu’à leur abolition pour des raisons budgétaires au tournant du siècle.

Le MNQ est cependant conscient que l’intégration des nouveaux arrivants ne se fera que si demeure à Montréal une masse critique de locuteurs francophones de souche. Il est donc urgent que le gouvernement du Québec mette en place une politique de rétention des jeunes ménages sur l’île de Montréal, à travers un programme adapté d’accès à la propriété, d’aide à la rénovation et de conversion des logements en copropriétés, des formules très populaires auprès des jeunes familles francophones.

Le projet de loi 14 est tout compte fait bien modeste et ne peut certainement pas à lui seul permettre de remporter la bataille pour Montréal. Mais, même là, les partis de l’opposition lui mènent une opposition forcenée et irrationnelle. Dans les circonstances, le MNQ lance un appel à tous les députés de l’opposition qui ont tout de même à cœur la survie de la culture française au Québec de se rallier aux mesures minimales proposées par la ministre DeCourcy et faire en sorte que quatre siècles d’enracinement en Amérique ne soient pas balayés par pur opportunisme politique.

Le MNQ constate enfin que la bataille pour Montréal ne se mènera pas sans atermoiements ni grincements de dents. Il est donc essentiel que le gouvernement actuel comprenne sa responsabilité historique consistant à envoyer un message clair afin de s’assurer que le français soit la langue normale dans toutes les sphères de son administration publique. Les troupes ne manquent pas pour mener la lutte pour le français. Il appartient cependant à Mme Marois et à la ministre DeCourcy de mener la première charge avec habilité, rigueur, mais aussi avec une détermination sans faille.

 

Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



Consulté 2182 fois depuis le 9 mars 2013
 carole smith  (1 avril 2013)
Continuez votre beau travail M. Laporte.

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