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Les Patriotes de 1837@1838 - Le comté de Verchères vers 1837
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Le comté de Verchères vers 1837
Article diffusé depuis le 3-mai-02
 




Situé en aval de Montréal sur la rive sud du St-Laurent, le comté de Verchères s’étend en gros de Varennes à Contrecoeur, enserré entre le fleuve et le Richelieu. En 1837, plus de 13000 personnes y vivent, la quasi-totalité étant nés au Canada et de confession catholique. La population est très jeune, la moitié étant formée d’enfants (Recensements, 1831-1844). La vingtaine d’immigrants qui y habitent proviennent de Grande-Bretagne, surtout d’Irlande. À cette époque, seul Verchères peut être considéré comme un village, mais il y a des agglomérations à Varennes, Contrecoeur, Beloeil et St-Marc. L’ensemble du territoire du comté fait partie des plaines de la vallée du St-Laurent. Il s’agit donc d’une vaste terre cultivable, particulièrement sablonneuse et où coulent plusieurs ruisseaux sur un relief plutôt plat. Les deux-tiers des terres sont consacrées à culture, principalement de l’avoine et de la pomme de terre, ne laissant en gros qu’un quart des terres en friche. L’élevage est aussi répandu, les moutons et les bêtes à cornes arrivant en tête. Les zones inoccupées servent à produire du bois de qualité moyenne, sauf à Beloeil où il y a de l’hêtre, de l’érable et du bouleau. Deux chemins principaux traversent le comté; l’un longeant le fleuve et l’autre le Richelieu. Quelques montées permettent de passer de l’un à l’autre en traversant les nombreuses petites seigneuries échelonnées le long du fleuve. La pratique religieuse y est particulièrement vigoureuse et toutes les paroisses comptent au moins une église en pierres en 1837. Bouchette a d’ailleurs été surpris de la dévotion des habitants de Varennes et, de leur église, qui surpasse en beauté celles des seigneuries d’alentour (Bouchette, 1815 :203). Un calvaire y est aussi aménagé depuis 1828. Le comté compte cependant peu d’autres édifices publics.

On remarque dans Verchères la présence d’une petite élite prospère et engagée politiquement, parfois du côté loyal, mais surtout du côté patriote. Les appuis à la Couronne se trouvent surtout chez l’élite religieuse et seigneuriale du comté. Les curés de Verchères et de Varennes, René-Olivier Bruneau et Charles-Joseph Primeau, font tout en leur pouvoir pour voir cesser l’agitation à l’automne 1837. Primeau verra même peser sur lui des soupçons d’être en fait un «ennemi des paroissiens», voire même un délateur (Filion, 1991 :35). Curés, seigneurs, ainsi que quelques professionnels, dont le marchand de Varennes, Aignan-Aimé Massue, formeront ainsi l’essentiel de la coalition loyale du comté (Audet, 1943 :25). Le courant réformiste y compte nettement plus de partisans. À Contrecoeur, on se regroupe autour du docteur A. C. Lenoblet Duplessis - chez qui Papineau et ses pairs auraient rédigés les 92 résolutions -  du capitaine de milice Cormier et même avec le curé, qui y a préféré ne pas prélever de dîme durant l’année 1838, pour permettre à ses paroissiens de se remettre du marasme économique (Contrecoeur, 1993 :63). À Beloeil, les Patriotes comptent dans leurs rangs le forgeron Jean-baptiste Dufresne, qui aurait rassemblé et réparé des armes, et le marchand Prudent Malot qui y fait figure de rassembleur (Lambert, 1994 :18-25). De Varennes proviennent des acteurs importants de troubles de 1837-1838, comme le docteur Eugène-Napoléon Duchesnois et son hôte, le suisse Amury Girod, et Ludger Duvernay, né à Verchères. Finalement, on peut associer au clan réformiste les deux représentants du comté à la Chambre d’assemblée, soit Pierre Amiot, agriculteur prospère de Varennes et Joseph-Toussaint Drolet, marchand de Saint-marc.

La tendance générale du comté à dénoncer le fonctionnement du gouvernement en place a mené très tôt à le tenue d’assemblées publiques. Il faut remonter à 1827 pour voir les premières forme de mobilisation. Le 7 mai et le 27 décembre de cette année, les habitants du comté sont réunis afin de donner leur appui à la majorité en Chambre et dénoncer les agissements du gouverneur Dalhousie et du Conseil législatif (Lambert, 1994 :14). L’élite patriote du comté participe aussi aux assemblées de Saint-Charles, du 7 octobre 1830 et du 30 juillet 1832, où étaient représentés les cinq comtés de la Vallée du Richelieu. Il faut par contre attendre à l’hiver 1833-34 pour que les Patriotes de Verchères se dotent d’une organisation. Amury Girod, installé à Varennes, prononce de nombreux discours dont l’un, fort éloquent, sur le perron de l’église (Le Canadien, 25 avril 1834).  Girod est aussi présent à l’assemblée des bureaux de paroisse du comté de Verchères du 6 janvier 1834, alors qu’est formé un comité central en communication avec celui de Montréal (Le Canadien, 13 javier 1834). Trois mois plus tard, le 3 avril, les habitants du comté se réunissent à nouveau pour entériner les 92 résolutions qui venaient d’être écrites à Contrecoeur (Le Canadien, 25 avril 1834). En 1837, la situation s’envenime et, le 15 mai, se tient une grande assemblée dans Verchères pour faire écho au dépôt des Résolutions Russel. Le propositions adoptées s’avèrent particulièrement audacieuses, allant du boycott des produits anglais à la mise en place d’un réseau de contrebande en passant par l’opposition à toute loi inspirée du rapport de Russel. Le comté de Verchères fût le seul comté à préciser quelles seraient les principes politiques d’un gouvernement contrôlé par le Parti patriote et, en ce sens, l’assemblée de St-marc joue un rôle majeur dans l’escalade politique au printemps de 1837 (Lambert, 1994, 29). Malgré l’agitation des années 1830, il n’y a eu aucune altercation entre les habitants et l’armée britannique, principalement à cause de la proximité des villages de St-Denis et de St-Charles où les plus radicaux du comté ont pu se rendre facilement. Parmi eux, on retrouvera les députés Amiot et Drolet, son fils, Alexandre, Lenoblet Duplessis, Duchesnois, joseph Dansereau, Étienne Gauvreau, Paul Lussier et Pierre Ménard.

Jonathan Charbonneau 871 mots

COMITE DE L’ALBUM SOUVENIR DU 325e ANNIVERSAIRE DE CONTRECOEUR, Album souvenir du 325e anniversaire de Contrecoeur, Contrecoeur, édit. par le Comité organisateur des fêtes du 325e anniversaire de Contrecoeur, 1993, 606p.; BOUCHETTE, Joseph, Carte topographique de la province du Bas-Canada, Montréal, Éditions Élysée, 1980 (1831); La Minerve, diverses éditions entre 1834 et 1837.; Le Populaire, diverses éditions entre 1834 et 1837; HORMAN, Doris, Varennes, 1672-1972, Varennes, Comité du tricentenaire de Varennes, 1972, 379p.; BOUCHETTE, Joseph, Description topographique de la Province du Bas-Canada, Montréal, Éd. Élysée, 1978 (1815), 664p.; FILION, Mario, Album souvenir du tricentenaire de la paroisse Ste-Anne de Varennes, 1692-1992, Shawinigan, Publicité Pâquet inc., 1991; COMISSION DES BIENS CULTURELS DU QUÉBEC, Les chemins de la mémoire, Québec, Publications du Québec, 1999.; LAMBERT, Pierre, Les patriotes de Beloeil, Sillery, Septentrion, 1994, 189p.; AUDET, Françis-Joseph, Varennes : notes pour servir à l’histoire de la seigneurie, Montréal, Éditions des dix, 1943, 38p.

 


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