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Les Patriotes de 1837@1838 - WHITWIRTH-AYLMER, MATTHEW, 5e BARON AYLMER (1775-1850)
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WHITWIRTH-AYLMER, MATTHEW, 5e BARON AYLMER (1775-1850)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Matthew Aylmer naît le 24 mai 1775 de Henry Aylmer et de Carherine Whitworth. Il épouse Louise Anne Call le 28 juillet ou le 4 août 1801 (Buckner, 1988, 980). À la mort de son père, il reçoit la baronnie, alors qu'il n'a que dix ans et entre deux ans plus tard au 49th Foot à titre d'enseigne (Buckner, 1988 : 980). Il entame alors une carrière militaire durant laquelle il monte tranquillement, mais régulièrement les échelons de la hiérarchie militaire, passant du titre d'enseigne en 1787 à celui du lieutenant général en 1825 et enfin à celui de colonel en 1827. Il prend part à des combats en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne et reçoit maintes distinctions, dont la chevalerie commandeur de l'ordre du Bain (1815) (Buckner, 1988 : 981)

Au départ de sir James Kempt du Bas-Canada, les réformistes bas-canadiens sont encore échaudés par l'attitude de confrontation de son prédécesseur, George Ramsay, comte de Dalhousie. Celui-ci, devant le refus de l'Assemblée de choisir un autre président d'assemblée que Louis-Joseph Papineau, a prorogé la Chambre en 1827 (Lamarche, 1999 : 32). Kempt ayant réussi à diminuer les tensions en répondant favorablement à certaines demandes de l'Assemblée, il faut trouver un candidat qui ne les ranimerait pas. D'autant plus que peu avait encore été fait par Londres pour répondre aux griefs émis en 1828 (Chapais, 1972 : 232). Le Bureau des colonies songe à Lord Whitworth-Aylmer pour remplacer le gouverneur par intérim. On nomme donc d'abord ce dernier administrateur du Bas-Canada le 20 octobre 1820, avant de lui remettre, le 3 février 1831, la charge de Gouverneur en chef des colonies de l'Amérique du nord britannique (Chapais, 1972 : 232). Même si Aylmer n'a aucune expérience ni politique ni administrative et qu'il n'est jamais venu au Bas-Canada, les réformistes voient d'abord en lui un francophile, conciliant de surcroît, libéral et de bonne volonté (Buckner, 1988: 980). Dès son arrivée, Lord Aylmer tente de s'intégrer à la communauté en finançant plusieurs activités et institutions culturelles et sociales. Les politiques de Aylmer, si elles ont l'heur de plaire au réformistes, déplaisent aux partisans de l'assimilation qui, pour le gouverneur, condamnerait le Bas-Canada à se joindre aux États-Unis (Buckner, 1988 : 981). Cette vision colore ses décisions politiques : défendre le régime seigneurial, meilleure répartition des postes administratifs, augmentation du nombre de juges francophones, distribution plus équitable des postes de juge de paix, etc. En février 1831, comme l'avait souhaité avant lui James Kempt, il nomme Louis-Joseph Papineau et John Neilson au Conseil exécutif afin de montrer qu'il sait se montrer libre de toute attache partisane (Chapais, 1972 : 234). Lors de la première session de l'Assemblée législative, en 1831, Aylmer tente de répondre du mieux qu'il le peut aux griefs des députés. Il présente la plupart des documents demandés par ces derniers, ouvre une enquête sur le mode de répartition des terres de la couronne. Le 9 septembre 1831, il va jusqu'à suspendre le procureur général James Stuart, ardent adversaire du Parti patriote, ce qui lui vaut une réprimande de la part du Bureau coloniales (Buckner, 1988 : 982). En somme, sous sa coupe, si les Conseils législatif et exécutif demeurent dominés par les anglophones, Aylmer va aussi loin qu'il peut afin de répondre aux aspirations des réformistes canadiens sans se heurter aux contraintes du Bureau des colonies

La lune de miel entre les réformistes et Aylmer prend fin lorsque ce dernier exige, en échange du transfert du contrôle des deniers publics par l'Assemblée, une liste civile permanente. L'Assemblée refuse, mais accepte tout de même de voter les crédits pour un an. Le gouverneur réplique en menaçant la chambre de refuser de sanctionner tout projet de loi. En guise de représailles, l'Assemblée refuse de voter le salaire permanent des fonctionnaires (Buckner, 1988 : 982). Un deuxième incident éclate lors des élections partielles de Montréal en 1832 pour la division ouest lorsque, le 21 mai 1832, des soldats britanniques tuent des francophones lors d'un esclandre. Aylmer refuse alors de blâmer le comportement des soldats et même d'ouvrir une enquête militaire sur les événements (Lahaise, Vallerand, 1971 : 156). L'épidémie de choléra de l'été de 1832 augmente ensuite les frictions alors que l'Assemblée souhaite des règles plus sévères en matière d'immigration. (Lahaise, Vallerand, 1971 : 154). La crise politique atteint son paroxysme en février 1834 lorsque, devant le refus du gouverneur de sanctionner des projets de lois et d'accorder à l'Assemblée des fonds de réserve, cette dernière refuse de voter les subsides et présente une liste de 92 résolutions qui demande entre autres le rappel du Gouverneur. La même année, Aylmer recommande la nomination de Samuel Gale, un fonctionnaire très impopulaire chez les réformistes, à un poste vacant de juge et refuse de verser des sommes importantes pour enrayer une deuxième épidémie de choléra (Buckner, 1988 : 984). Aux élections de 1834, les réformistes remportent 78 des 84 sièges (Chapais, 1978 : 39). En février 1835, quant la nouvelle Assemblée est convoquée, le gouverneur refuse à nouveau d'allouer à la chambre nouvellement formée des fonds de réserve et, l'Assemblée, de voter les subsides. Aylmer dissout alors le Parlement et demande à Londres de trouver une solution à l'impasse. En avril 1835, Londres met sur pied la Commission Grey-Gibbs, qui recommande le remplacement du Gouverneur (Buckner, 1988 : 984). Le 1ejuillet 1835 lord Archibald Acheson, comte de Gosford succède à Lord Matthew Whitworth, baron Aylmer (Lamarche, 1999 : 34).

À son retour en Angleterre, on offre à Lord Aylmer le commandement des troupes en Irlande. Il le refuse, ne pouvant obtenir de la couronne une approbation de sa conduite en tant que Gouverneur en chef des colonies d'Amérique du Nord britannique. Il obtient tout de même la grand-croix de l'ordre du Bain en 1836, puis le grade de général en 1841. Il meurt d'un anévrisme cardiaque le 23 février 1850 (Bukner, 1988 : 984).

Patrick Bouvier

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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