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Les Patriotes de 1837@1838 - Michel Bibaud (1782-1856)
 BIOGRAPHIE 
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Michel Bibaud (1782-1856)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Michel Bibaud est né le 19 janvier 1782 à Côte-des-Neiges (Montréal). Fils du cultivateur Michel-Ange Bibaud et de Cécile-Clémence Fresne (DBC, Vol. VIII : 1988 : 97), il entreprend ses études collégiales au collège de Saint-Raphaël de Montréal à l'âge de 18 ans, alors que normalement on les finit (SICOTTE, 1908 : 1). En 1806, il quitte le collège et se consacre entièrement à l'enseignement en donnant des leçons particulières. Le 11 mai 1812 à Montréal, il se marie à Élisabeth Delisle, qui lui donna neuf enfants (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 97).

Dès 1813, il entreprend à Montréal une carrière de journaliste au Spectateur canadien dirigé par Charles-Bernard Pasteur. Après la publication en 1816 de l'Arithmétique en quatre parties, il s'associe avec Joseph-Victor Delorme pour fonder l'Aurore (1817) : un hebdomadaire axé sur la politique, la science et la littérature. Cet hebdomadaire fusionnera avec le Spectateur canadien et c'est à ce titre que Bibaud en devient le rédacteur au cours du mois de juillet 1819. Parallèlement, il rédige des textes pour le journal hebdomadaire réformiste Le Courrier du Bas-Canada fondé par Delorme dont la parution arrête en décembre 1819. Dès lors, Bibaud publie Le Voyage de Gabriel Franchère en 1820 (SICOTTE, 1908 : 5). Il continua de rédiger des textes pour le Spectateur canadien jusqu'à sa disparition en 1822 (DBC, Vol. VIII : 1988 : 98). Pendant l'année 1822, Bibaud s'oppose radicalement au projet d'Union qui ne verra pas le jour, ceci lui vaut un banquet de remerciements à Montréal (BERNARD, 1983 : 66).

Durant les trois années suivante, Bibaud enseigne de nouveau puis, relance sa carrière journalistique dès 1825 en fondant la Bibliothèque canadienne dont il assume la direction. Plusieurs de ses contemporains y collaborent tels que : Jacques Viger, Jacques Labrie et Jean-Baptiste Meilleur (DBC, Vol. VIII : 1988 : 98). Selon Sicotte, Bibaud possède un savoir extraordinaire : " Il est tour à tour botaniste, géologue, zoologiste, agronome, physicien, mathématicien [...] " (SICOTTE, 1908 : 8). Quoique cette revue mensuelle réserve un espace considérable à des articles concernant l'histoire du Canada, elle ne réussit pas à s'imposer et sera remplacée le 10 juillet 1830 par l'Observateur (SICOTTE, 1908 : 12) : un hebdomadaire réformiste davantage politisé (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 98). Durant la même année, on édite pour la première fois au Canada un recueil de poésie d'un Canadien français dont Bibaud est l'auteur. Dans son œuvre intitulée Épîtres, satires, chansons et autres pièces de vers, Bibaud se complait à éclairer le peuple sur ses misères, de l'ironiser et d'en expliciter les tares et les méfaits et de sublimer en présentant des héros nationaux et étrangers (DBC, Vol. VIII : 1988 : 98). Néanmoins, son recueil fera l'objet de plusieurs réserves : on reproche à sa poésie d'être moralisatrice, sévère, aigre et pessimiste tout en manquant d'originalité, de spontanéité et de chaleur (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 98).

Après l'échec percutant de l'Observateur en juillet 1831, Bibaud décide dès janvier 1832, de produire un nouveau mensuel réformiste, le Magasin du Bas-Canada, qui comporte un contenu similaire à celui de la Bibliothèque canadienne. Hormis ses activités au sein du Magasin du Bas-Canada, il collabore la même année, au journal conservateur l'Ami du peuple de l'ordre et des lois (BERNARD, 1983 : 66). Principal rédacteur du journal, son passage y est éphémère : il sera remplacé par Alfred-Xavier Rambau dès 1833. C'est durant la même année qu'il appose sa signature à la brochure Quelques réflexions sur la dernière élection du quartier-ouest de la cité de Montréal où il se montre favorable à de l'attitude des autorités (BERNARD, 1983 : 66). Selon Malchelosse : " Cet opuscule lui vaut une espèce de sinécure " (MALCHELOSSE, 1945 : 363) puisqu'il obtient un poste de clerc des marchés à foin le 25 février 1833, qu'il quitte rapidement quand celui-ci cessa d'être sous le contrôle de la couronne (SICOTTE, 1908 : 13). Pendant les rébellions de 1837, Bibaud se tient à l'écart : il ne participe pas à la démission de son corps de métier ni à l'appel aux armes lancé le 22 octobre 1837, car il est loyal envers le gouvernement colonial et soutient la monarchie constitutionnelle. Au début de l'année suivante, Michel Bibaud accepte la nomination de juge de paix et le poste de surintendant du marché et inspecteur des poids et mesures le 20 décembre 1838 (BERNARD, 1983 : 66). Par contre, Bibaud ne délaisse pas pour autant le journalisme ; il réunit tout ce qu'il avait écrit sur l'histoire du Canada parmi les divers périodiques auxquels il avait collaboré (l'Observateur, la Bibliothèque canadienne, le Magasin du Bas-Canada), puis constitue son premier volume intitulé l'Histoire du Canada sous la domination française (SICOTTE, 1908 : 13).

C'est en 1844 qu'il publie son deuxième tome intitulé Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise et obtient un poste de traducteur à la commission géologique du Canada. De peur d'éventuelles représailles d'ex-patriotes, Bibaud s'abstient de publier son troisième volume d'histoire du Canada, qui traite de la période 1830 à 1837 (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 98). Il faut dire qu'à cause de sa partisanerie marquée envers la couronne britannique, son profond conservatisme et de ses prises de position, Bibaud est impopulaire auprès de ses contemporains. Enfin, Bibaud est atteint de paralysie en 1856, il se réfugie chez son fils Jean-Gaspard où il meurt le 3 août 1857 à l'age de 75 ans (BERNARD, 1983 : 66). Son fils fit paraître le troisième volume en 1878 qui sombra dans l'oubli (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 99).

Dans son troisième ouvrage, Bibaud se limite strictement à l'aspect politique de la question des rébellions. Pour l'historien Bibaud, il ne s'agit pas d'une lutte nationale, mais plutôt d'une lutte politique entre les extrémistes révolutionnaires (patriotes) et les amis de l'ordre et de la constitution (loyaux) qui ne serait pas fondée selon un critère ethnique (BERNARD, 1983 : 73). Selon Bibaud la question nationale est : " [...] une invention de Papineau et de ses partisans " (BIBAUD, 1878 : 216 ; 254). Bibaud s'attaque entre autres aux leaders du parti canadien qu'il accuse d'entraîner et d'exalter les jeunes députés de même que de manipuler et de fanatiser la population en leur faisant faire ou dire n'importe quoi (BIBAUD, 1878 : 359-360 ; 416). En ce qui a trait au dépôt des 92 résolutions, Bibaud commente cette initiative comme étant une : " [...] œuvre incongrue du délire politique " (BIBAUD, 1878 : 199). De plus, Bibaud croit que le parti patriote s'obstine fatalement dans ses demandes (BERNARD, 1983 : 75). Bibaud s'en prend aussi au : Herald, le Settler, le Vindicator, LaMinerve et L'Écho du pays qui poursuivent selon lui, ce qu'il appelle : " [...] la " démoralisation du peuple " ainsi qu'un illustre " fanatisme politique " qui dégénère parfois en démence. " (BIBAUD, 1878 : 19 ; 182). Bref, Michel Bibaud désigne les Patriotes et surtout leurs leaders, comme étant les grands responsables des troubles de 1837 (BERNARD, 1983 : 84) ; le parti est jugé quant à lui : " [...] incapable, imbu de doctrines échevelées et engagé dans une lutte chimérique. " (DBC, Vol. VIII : 1850-1860, 1988 : 98).

Guy Frégault décrit Bibaud comme étant un homme sérieux, sévère, moralisateur et bourru d'autant plus que la description physique qu'il en donne n'est guère flatteuse : " une perruque Chenue - et symbolique - posée de guingois sur un crâne aplati, des yeux petits mais brillants, un nez monumental, des joues épaisses, une bouche taillée à coups de serpe, un menton proéminent. " (FRÉGAULT,1944-45 : 1-7).

Stéphane Hayes

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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