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Les Patriotes de 1837@1838 - L'Église anglicane au Bas-Canada
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L'Église anglicane au Bas-Canada
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




L'Église anglicane naît de la rupture des liens entre Rome et l'Angleterre, sous Henri VIII, en 1552. Le roi devient le chef religieux suprême. Cette foi reprend essentiellement les grands points de la théologie chrétienne (DUPUY, 1984 : 148). Avant la Conquête, l'Église anglicane est quasi inexistante en Nouvelle-France. Les premiers représentants du clergé de cette confession arrivent au Canada en 1759 avec le général Amherst, à titre d'aumôniers des forces britanniques. Avec la Proclamation Royale, l'Angleterre a l'intention d'établir son Église officielle " en principe et en pratique " (RUDIN, 1986 : 103). Cet objectif se trouve lié à la volonté d'assimiler la population canadienne-française. L'Église anglicane reçoit alors, comme en Angleterre, un soutien financier du gouvernement britannique. Autrement, peu d'engagements concrets sont pris par la métropole pour convertir la population catholique. Les Canadiens-français peuvent pratiquer leur religion, dans la mesure où les lois britanniques le permettent. La politique de conversion par les conquis prend plus ou moins d'importance, selon les dirigeants coloniaux. James Murray vise à ce que la conversion au protestantisme se réalise en douceur. Tout comme les marchands anglophones, il appuie la décision du gouvernement britannique d'envoyer des pasteurs bilingues. L'Acte de Québec vient confirmer l'attitude des gouverneurs en rendant ses privilèges à l'Église romaine et en abolissant le serment du Test qui impliquait la conversion pour obtenir un poste dans la fonction publique. Cependant, la Révolution américaine apporte des éléments favorables aux efforts de diffusion de l'Église d'Angleterre (RUDIN, 1986 : 104). Les Américains se caractérisent par leur adhésion à plusieurs religions. Parmi celles-ci, la foi méthodiste s'accorde mal avec l'obligation de respect de l'autorité monarchique. On tient à éviter le développement d'une situation similaire au Canada-français, d'où le projet de rallier les nouveaux sujets sous le joug de l'Église nationale (RUDIN, 1986 : 104).

En 1791, l'Acte constitutionnel contient des dispositions relatives à l'aide promise par l'Église d'Angleterre. On lui accorde un septième des terres dans les nouveaux cantons. Dans les années qui suivent, le clergé anglican obtient 3 000 000 d'acres dans le Haut-Canada et 900 000 acres dans le Bas-Canada (GREGG, 1885 : 408). On prévoit aussi la construction de presbytères anglicans. Jacob Mountain devient l'évêque du diocèse de Québec, nouvellement créé, en 1793. Précédemment, l'évêque de la Nouvelle-Écosse s'était chargé de la juridiction de ce territoire. Jusqu'en 1839, on ne compte qu'un seul diocèse anglican pour le Haut et le Bas-Canada. Pour Jacob Mountain, il s'avère essentiel d'implanter les principes anglicans dans la colonie. Son clergé compte 15 prêtres pour le Haut et le Bas-Canada en 1812 (WALLOT, 1973 : 196). L'évêque joue un rôle politique notable. Il siège au Conseil législatif du Bas-Canada à partir de 1795 et se joint au Conseil exécutif en 1796. Pour imposer ses vues sur l'administration coloniale, il doit constamment rivaliser avec son homologue catholique, Mgr Denault, puis Mgr Plessis. Jacob Mountain est le premier principal de la Royal Institution for the Advancement of Learning, système d'enseignement public créé en 1801. L'Église catholique reste sceptique quant à la valeur de cette nouvelle institution et mise plutôt sur les écoles de fabrique (RUDIN, 1986 : 106). Du côté protestant, la Royal est le motif de plusieurs frictions entre les différentes confessions. L'administration essentiellement anglicane entre continuellement en conflit avec les Églises méthodistes et presbytériennes.

Dans le Haut-Canada, les terres accordées au clergé anglican deviennent un point important des irritants menant à la rébellion. John Strachan, prêtre anglican membre du conseil législatif du Haut-Canada à partir de 1820, défend les intérêts politiques et économiques de son Église. Il travaille à ce que les réserves du clergé servent exclusivement à l'épanouissement de l'Église d'Angleterre (CRAIG, 1977, 836). Les réserves du clergé anglican sont finalement sécularisées en 1854. Contrairement à la situation qui prévaut au Haut-Canada, au Bas-Canada, la question de l'Église anglicane ne suscite pas beaucoup d'intérêt lors des Rébellions. La place accordée à l'Église catholique empêche les anglicans de gagner en puissance et la concurrence de l'Église d'Écosse affaiblit leur emprise de pouvoir. Les biens fonciers détenus par l'Église ne s'avèrent pas assez considérables pour en faire un enjeu majeur (RUDIN, 1986 : 106-107).

Marie Beauchamp

 


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