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Les Patriotes de 1837@1838 - Le comté de Richelieu vers 1837
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Le comté de Richelieu vers 1837
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Situé dans le bas Richelieu, le comté de Richelieu est entouré de cours d'eau. Bordé à l'Ouest par la rivière Richelieu, la principale voie de communication été comme hiver, au Nord par le fleuve Saint-Laurent et à l'Est par la rivière Yamaska et le comté de Saint-Hyacinthe. On y trouve six paroisses en 1837 : Sorel, Saint-Ours, Saint-Denis, Saint-Charles, Saint-Jude et Saint-Barnabé. Les paroisses qui longent le Saint-Laurent et le Richelieu sont les plus développées : Sorel, Saint-Ours, Saint-Denis et Saint-Charles. Saint-Jude et Saint-Barnabé sont considérées alors comme des missions. La population du comté est massivement canadienne-française et s'élève à 16 149 personnes (GIROD, 1835 : 94). Une exception cependant, 40 % des 1 063 habitants du village de William Henry (Sorel) sont anglophones (COURVILLE, 1990 : 284).

Comme partout ailleurs au Bas-Canada, l'économie est surtout tournée vers l'agriculture. Richelieu se distingue comme l'un des centres agricoles des plus importants du Canada. Situé dans une vallée façonnée par la mer de Champlain, la région regroupe des terres de différentes qualités mais grandement avantagées par une situation climatique unique. La région possède en effet la plus forte moyenne de jour sans gel au Québec. Au niveau du relief, la présence d'un cours d'eau navigable et d'un réseau routier permettent l'accès aisée aux marchés de Montréal mais surtout de Québec. Le comté possède donc des conditions exceptionnelles qui l'avantagent par rapport aux autres régions (COURVILLE, 1986 : 410). C'est pour cette raison qu'on y pratique une spécialisation autour de la culture du blé à des fins commerciales jusqu'aux années 1830, alors que la crise agricole commence à s'y faire sentir. La culture de la pomme de terre remplace le blé comme principale culture. Le paysan cultive aussi les pois et les haricots, l'avoine et le maïs pour les besoins domestiques.

Plusieurs industries de petite taille y sont bien implantées dans Richelieu, la plupart du temps, en tant qu'auxiliaires à l'économie agricole. L'apparition de bateaux à vapeur sur le Richelieu accélère le commerce et favorise l'instauration sinon le développement de petites industries locales. L'industrie de la poterie à Saint-Denis emploie plus de 31 potiers en 1831 (GREER, 2000 : 259). Sans oublier la présence d'une fabrique de voiture dans la même paroisse (COURVILLE, 1990 : 154). Quelques centres de distribution de produits manufacturés se trouvent principalement à Saint-Ours mais aussi à Saint-Denis et Saint-Charles. La région dispose de moulins à cadrer et à fouler, des moulins à l'huile de lin, une brasserie, une briqueterie et une distillerie (GREER, 2000 : 259). À Saint-Charles qui connaît une activité débordante durant les années 1830, on trouve des entreprises plus rares : une fonderie, une tannerie mais aussi un journal, L'Écho du pays (de 1833 à 1836)

Pauvre sur le plan agricole, Sorel est, en revanche, avantagée par sa position stratégique à l'embouchure du Richelieu qui s'y jète dans le fleuve Saint-Laurent. La naissance d'un trafic maritime commerciale plus efficace à partir de 1809 voit installer à Sorel un lieu de transit idéal pour l'entretien des navires. En 1837, on y retrouve encore une présence militaire ainsi que jusqu'en 1866.

Les élections de 1834 marquent le début d'événements politiques majeurs dans le comté de Richelieu alors que le 8 novembre, Louis Marcoux un partisan Patriotes, est tué lors d'une bagarre entre des partisans des deux partis. Le 7 mars 1837, l'assemblée populaire à Saint-Ours réunit 1200 personnes (LACOUISIÈRE, 1996 : 314). Présidée par Côme-Séraphin Cherrier, elle dénonce les 10 résolutions Russell. Le 23 et le 24 octobre se tient l'assemblée des Six-Comtés à Saint-Charles. De 1000 à 4000 personnes y assistent qui proviennent des comtés de Saint-Hyacinthe, de Rouville, de Chambly, de Verchères et de Richelieu. D'abord pour protester contre les injustices politiques, mais surtout pour organiser une fédération régionale et "célébrer l'unité et la détermination du peuple" (GREER, 1997 : 205). Pour le docteur Côté : " Le temps des discours est passé, c'est du plomb qu'il faut envoyer maintenant à nos ennemis" (FILTEAU, 1980: 277).

Le 18 novembre, Thomas Storrow Brown, général des fils de la liberté, s'empare du manoir du seigneur Debartzch à Saint-Charles et en fait un camp patriote. Wolfred Nelson organise simultanément une armée à Saint-Denis. Le 22 novembre, le lieutenant-colonel Gore arrive à Sorel avec 500 soldats, marche sur Saint-Denis. Le 23 novembre, il attaque à la tête de six compagnies d'infanteries et d'un détachement d'infanterie les Patriotes retranchés à Saint-Denis. Gore battu doit retraiter vers Saint-Ours ; le bilan est de 12 hommes tués de chaque côté (SENIOR, 1997 : 126). Le 25 novembre, les troupes de Wetherall attaquent les Patriotes à Saint-Charles qui sont retranchés autour du manoir Debartchz. Wetherall est victorieux, ses pertes sont minimes, 3 des ses soldats sont morts alors que chez les Patriotes, les pertes s'élèvent entre 32 à 152 morts (SENIOR, 1997 : 141). Les soldats mettent alors feu aux maisons formant le camp patriote, ils épargnent pourtant la maison Debartzch. Le 2 décembre, Gore retourne à Saint-Denis et incendie plusieurs maisons. Le 3 décembre, les soldats détruisent la propriété de Wolfred Nelson et découvrent le corps du lieutenant George Weir (SENIOR, 1997 : 153).

Vers la fin de 1838, Malhiot prend le commandement des Frères chasseurs de Saint-Charles, Saint-Denis et Saint-Ours où se trouvent une importante concentration d'insurgés. Ses effectifs atteignent jusqu'à près de 2000 hommes (SENIOR, 1997 : 266). Malhiot, dans le cadre d'un vaste plan préparé par Robert Nelson, convient d'attaquer le fort de Sorel pour les armes et de munitions qui s'y trouvent. Durant la nuit du 3 au 4 novembre 1838, Malhiot et 300 hommes quittent Saint-Ours en direction de Sorel. Ils rebroussent chemin lorsqu'ils apprennent des nouvelles annonçant le peu de succès des troupes de Nelson. Les choses se calment dans la région lorsqu'on les soldats réguliers prennent pied au Sud du Saint-Laurent (SENIOR, 1997 : 266). Enfin, la région sort meurtrie par les rébellions, particulièrement dans le cas de Saint-Charles et de Saint-Denis dont l'économie ne se remettra pas.

Jean- Mathieu Nichols

 


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