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Les Patriotes de 1837@1838 - Le comt de Missisquoi vers 1837
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Le comt de Missisquoi vers 1837
Article diffus depuis le 19-mai-01
 




Situ au sud-est du district de Montr閍l, le comt de Missisquoi est bord au sud par la fronti鑢e am閞icaine; l'est, par le comt de Stanstead; au nord, par celui de Shefford; l'ouest, par le comt de Rouville; enfin, dans le coin sud-ouest, par la baie Missisquoi (Beaugrand-Champagne, 1990 : XI, 19). Le nom du comt s'閏rivait autrefois Missiskoui, mot d'origine am閞indienne signifiant " l o il y a des oiseaux aquatiques " (Drouin, 1972 : 174). Le comt est compos de la seigneurie de Saint-Armand et des cantons de Stanbridge, de Dunham et de Sutton (Beaugrand-Champagne, 1990 : 27). En 1831, la population de Missisquoi s'閘鑦e 10 736 habitants, en presque totalit d'origine anglo-saxonne (Belden, 1972 : 6). Les Canadiens-fran鏰is comptent peine pour 10 % de la population des Cantons de l'Est en 1840 (Kesteman, 1998 : 108). La r間ion est propice l'agriculture - on y cultive notamment du bl, de l'avoine, du seigle et du sarrasin - mais l'閘evage y est aussi tr鑣 r閜andu et constitue une caract閞istique r間ionale propre (Kesteman, 1998 : 137, 140-142). Les moulins de toutes sortes ( farine, carder, scie, foulon) y sont nombreux (83 sont recens閟 en 1844), et la r間ion accueille 間alement diverses industries (fabriques de potasse et perlasse, distilleries, scieries) (Kesteman, 1998 : 148-151 et Beaugrand-Champagne, 1990 : 166-167). Dans les Cantons de l'Est en g閚閞al, le r閟eau routier est r閐uit sa plus simple expression, comme en t閙oignent les nombreuses p閠itions des habitants (Caron, 1927 : 185, 224), mais le comt de Missisquoi s'en tire plut魌 bien ce chapitre puisqu'il a acc鑣 aux routes des 蓆ats avoisinants ainsi qu'au Haut-Richelieu, la baie Missisquoi et au lac Champlain; l'axe des 閏hanges 閏onomiques du comt est donc davantage orient en ce sens (Kesteman, 1998 : 104, 161-162).

Le peuplement du comt est relativement r閏ent. Bien que la seigneurie de Saint-Armand ait 閠 conc閐閑 en 1748 Nicolas Levasseur, elle n'est pas ouverte au peuplement avant 1787 lorsque Thomas Dunn en fait l'acquisition (Belden, 1972 : 11). Quant Dunham, il a 閠 le premier canton 阾re conc閐 au Bas-Canada (1796); Stanbridge et Sutton ont suivi plus tard, soit respectivement en 1801 et en 1802 (Kesteman, 1998 : 89, 94). Certains sites sont occup閟 et mis en valeur avant l'octroi officiel des terres, mais ce peuplement demeure parcellaire et certains pionniers sont 関inc閟 de leurs lopins par les nouveaux propri閠aires (Kesteman, 1998 : 98-99). La colonisation est d'abord loyaliste et am閞icaine (1775-1840), puis britannique (1815-1840) (Fournier, 1978 : 8-9).

Le comt de Missisquoi 閘it ses premiers d閜ut閟 (2) aux 閘ections partielles de 1829, lorsque la r閒orme 閘ectorale lui donne corps; la r間ion faisait auparavant partie du comt de Bedford, qui n'avait alors droit qu' un d閜ut. En 1829, donc, Richard V.-V. Freligh et Ralph Taylor, tous deux loyaux, sont 閘us. Le premier est remplac par Stevens Baker aux 閘ections g閚閞ales de 1830, alors que le second est r殚lu. De 1834 1838, Missisquoi envoie la Chambre d'assembl閑 un d閜ut r閒ormiste, Ephra飉 Knight, et un loyal, William Baker (Desjardins, 1902 : 124, 149 et Beaugrand-Champagne, 1990 : 52-53, 58). Le comt conna顃 une importante mobilisation, tant du c魌 loyal que patriote pendant la p閞iode des troubles, plus particuli鑢ement entre 1834 et 1837, alors que les activit閟 de chaque camp comptent respectivement pour 18 % et 7 % de celles qui se d閞oulent dans le district de Montr閍l, l'exception du comt m阭e de Montr閍l. C'est le comt le plus actif du c魌 loyal et un comt aussi mobilis que Deux-Montagnes chez les Patriotes (Beaugrand-Champagne, 1990 : 2). Pendant cette p閞iode, on recense, chez les patriotes 83 militants actifs et de 26 35 関閚ements; chez les loyaux, le nombre de militants est de 192 associ閟 36 関閚ements (Patriotes, 2001). On remarque toutefois un certain effritement du mouvement r閒ormiste la fin de 1836 et au d閎ut de 1837 (Beaugrand-Champagne, 1990 : 107, 176 et Kesteman, 1998 : 213). L'examen des activit閟 de chaque mouvement dans le comt, de l'origine des habitants des diff閞entes r間ions et de l'all間eance des journaux qui y sont publi閟 nous permet de d間ager une tendance, savoir que les cantons de Dunham et de Stanbridge sympathisent plut魌 avec les r閒ormistes, tandis que Sutton et Saint-Armand, plus particuli鑢ement les villages de Philipsburgh et de Frelighsburgh, sont des bastions loyaux (BEAUGRAND-CHAMPAGNE, 1990 : 21, 24, 41, 58, 81, 166, 190-191).

Les principaux faits marquants qui suscite la tenue de tels 関閚ements sont le d閜魌 des 92 R閟olutions au printemps 1834, les 閘ections g閚閞ales l'automne de la m阭e ann閑, la cr閍tion de comit閟 de correspondance et d'associations constitutionnelles l'automne 1834 et au printemps 1835, la Commission royale d'enqu阾e de Lord Gosford l'閠 1835 et les r閜onses de Londres (R閟olutions Russell) aux 92 R閟olutions, au printemps 1837 (Beaugrand-Champagne, 1990 : 190-191). Ce dernier 関閚ement donne justement lieu l'un des plus gros rassemblements du comt. Organis le 4 juillet, jour de la f阾e de l'Ind閜endance des 蓆ats-Unis, il regroupe d'ailleurs de nombreux am閞icains. Pr鑣 de 1000 sympathisants r閒ormistes y participent et votent des r閟olutions dans le sens d'un rapprochement avec les 蓆ats-Unis et du boycottage des produits anglais (BEAUGRAND-CHAMPAGNE, 1990 : 100-102 et LACOURSI萊E, 1996 : 327). La d閚onciation des agissements de Londres et des r閟olutions Russel y est telle que l'on br鹟e m阭e un drapeau britannique (CHARTIER, 1999 : 2).

Parmi les sujets de pr閛ccupation qui font le plus souvent l'objet de d閎ats entre les deux groupes du comt, on note la question des terres de la Couronne, de la tenure seigneuriale et de l'immigration; les 92 R閟olutions; l'閘ectivit du Conseil l間islatif; le patronage et les sin閏ures et le salaire des agents de la province Londres, ainsi que le vote des subsides (Beaugrand-Champagne, 1990 : 114). Mais au-del de ces th鑝es de pr閐ilection, l'omnipr閟ence de la question ethnolinguistique est particuli鑢ement marquante et ne manque pas d'enflammer les esprits, surtout par l'entremise de James Moir Ferres, 閐iteur du journal conservateur radical Missiskoui Standard, et de ses pamphlets incendiaires (Beaugrand-Champagne, 1990 : 157-163). part le Missiskoui Standard, Missisquoi compte deux autres journaux entre 1834 et 1837, le Missiskoui Post and Canada Record et le Township Reformer, tous deux r閒ormistes (Kesteman, 1998 : 210-211).

L'関閚ement le plus connu du comt de Missisquoi pendant les r閎ellions est sans doute la bataille de Moore's Corner, le 6 d閏embre 1837. Le soir du 6 d閏embre, un groupe d'environ 80 rebelles r閒ugi閟 aux 蓆ats-Unis traverse la fronti鑢e et p閚鑤re en territoire loyal Moore's Corner (Saint-Armand), o il est attendu et repouss par 300 volontaires arm閟 et bien post閟. L'escarmouche prend fin apr鑣 15 minutes avec la retraite de certains patriotes, alors que d'autres, bless閟, sont faits prisonniers; un patriote y laisse aussi la vie. Cet 関閚ement r関鑜e l'efficacit des contingents de volontaires de Missisquoi et leur contribution majeure mettre en 閏hec les r閎ellions dans la r間ion, sans m阭e que l'arm閑 britannique n'ait intervenir. Le calme est r閠abli dans le comt jusqu' la fin de 1837. Une certaine activit reprend en 1838 avec la radicalisation du mouvement et la nouvelle strat間ie de combat qui provoquera la mobilisation des volontaires du comt plusieurs reprises. C'est le cas notamment en f関rier, lors de la d閏laration d'ind閜endance de Nelson, ainsi qu' l'occasion de la tentative d'insurrection des Fr鑢es chasseurs en novembre. Sutton sera m阭e le site d'une nouvelle escarmouche en 1839 (Kesteman, 1998 : 216; Patriotes, 2001 et Senior, 1997 : 218).

Les 関閚ements de 1837-1838 dans le comt de Missisquoi ont men la d閟organisation du camp r閒ormiste. La vie politique du comt est d閟ormais entre les mains de d閜ut閟 conservateurs favorables l'Union (Kesteman, 1998 : 422). En m阭e temps, l comme ailleurs dans les Cantons de l'Est, une nouvelle p閞iode de colonisation s'ouvre, celle des Canadiens-fran鏰is, compter de 1840. Enfin, la d閏ennie qui suit voit l'arriv閑 du chemin de fer dans la r間ion (Fournier, 1978 : 10).

Nathalie Mailhot

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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