• Plan du site
  • Nouveautés
  • Plus populaires
  • FAQ

Rubriques

Liens directs


 

 


Recevez chez vous toutes les nouveautés à propos de la Journée nationale des patriotes


 

 

Les Patriotes de 1837@1838 - L'arm閑 britannique
 ANALYSE 
     
L'arm閑 britannique
Article diffus depuis le 19-mai-01
 




Lors de la Conqu阾e, l'arm閑 britannique fut d閜loy閑 dans la nouvelle colonie qu'elle ne quitta d閒initivement qu'en 1871. Initialement, l'arm閑 britannique devait occuper et pacifier la Province of Quebec, mais suite la guerre d'Ind閜endance am閞icaine, son r鬺e se r閟uma essentiellement prot間er cette colonie peu d関elopp閑 en cas de conflit avec les 蓆ats-Unis. Les tensions entre les Am閞icains et les Britanniques subsist鑢ent tr鑣 longuement et oblig鑢ent les autorit閟 britanniques maintenir dans la colonie une force arm閑 r間uli鑢e suffisamment puissante pour r閟ister au choc initial d'une 関entuelle invasion am閞icaine (MORTON, 1992 :174). Les co鹴s tr鑣 閘ev閟 li閟 au maintien de l'arm閑 britannique dans les colonies 閠aient enti鑢ement d閒ray閟 par les contribuables britanniques. Par ailleurs, au Canada, des sommes colossales furent investies dans la construction d'ouvrages militaires tels les casernes, les canaux ou les forteresses (CHARTRAND, 1995 :121-122). Institution extr阭ement puissante, l'arm閑 britannique constitue la pierre d'assise du gouvernement colonial, d'ailleurs tr鑣 influenc par le puissant establishment militaire (OUELLET, 1980 : 389). Par sa seule pr閟ence, l'arm閑 britannique joue un r鬺e pacificateur dissuadant efficacement toute vell閕t de r閎ellion. L'arm閑 peut 関idemment 阾re appel閑 intervenir en cas de troubles, bien qu'elle n'eut pas le faire syst閙atiquement avant les r閎ellions de 1837-1838 puisque la colonie bas-canadienne 閠ait ordinairement paisible. Mentionnons n閍nmoins que l'intervention violente de l'arm閑 lors de l'閙eute 閘ectorale de Montr閍l en 1832 suscita un toll et fut abondamment d閚onc閑 par les tribunes patriotes. Bref, seule l'arm閑 est garante de l'ordre dans la colonie bas-canadienne (CHARTRAND, 1995 : 146). En cas de conflit, elle peut 阾re appuy閑 par les milices canadiennes, potentiellement tr鑣 nombreuses mais aussi peu fiables que professionnelles. Par ailleurs, la lev閑 de r間iments coloniaux est tr鑣 rare en dehors des p閞iodes de guerres ou de troubles.

Avant le milieu du XIXe si鑓le, la structure de commandement et d'organisation de l'arm閑 britannique est peu centralis閑 et archa飍ue. Son efficacit est min閑 par une administration politique et militaire constitu閑 d'une kyrielle d'organismes bureaucratiques et dont les juridictions s'entrecoupent (WHITFIELD, 1981 : 6). C'est au quartier g閚閞al de l'arm閑 Londres que le secr閠aire de la Guerre, le commandant en chef, l'adjudant g閚閞al et les autres officiers de l'閠at-major prennent l'ensemble des d閏isions globales et importantes concernant tous les r間iments d'infanterie et de cavalerie. Leurs ordres sont transmis aux g閚閞aux en chefs des arm閑s coloniales qui, jouissant de la confiance des autorit閟 britanniques, disposent d'une marge de man渦vre presque illimit閑 l'閏helle de leur colonie. Tel fut le cas du commandant militaire du Bas-Canada, Sir John Colborne, qui joua un r鬺e de tout premier plan lors des r閎ellions de 1837-1838. N閍nmoins, la collaboration avec Londres demeure assez 閠roite, bien qu'elle est entrav閑 par la lenteur des communications. Cela oblige souvent les commandants militaires des colonies agir de leur propre chef, surtout en cas d'関閚ements impr関us et inusit閟 tels le d閎ut des r閎ellions en novembre 1837. Plusieurs fonctions administratives importantes 閏happent l'autorit du quartier g閚閞al m閠ropolitain et du g閚閞al en chef des colonies (CHARTRAND, 1995 :121-122). L'approvisionnement en vivres de l'arm閑, la logistique et le casernement sont g閚閞alement assur閑s par les officiers du corps du Commissariat d閘間u閟 par le conseil du Tr閟or (Treasury). R閜arti travers l'ensemble de l'empire britannique, le personnel du puissant Board of Ordinance assure plusieurs t鈉hes : l'approvisionnement de l'arm閑 en armes, canons, munitions et poudre, l'閐ification et l'entretien de toutes les constructions militaires, la gestion des magasins et des casernes. Le Board of Ordinance poss鑔e sa propre arm閑 regroupant toutes les unit閟 sp閏ialis閑s du service : artilleurs, ing閚ieurs, sapeurs, artificiers, etc. Le quartier g閚閞al canadien du Board of Ordinance et de l'arm閑 se trouve Qu閎ec, au parc de l'Artillerie (CHARTRAND, 1995 :121-122).

L'arm閑 britannique est compos閑 exclusivement de soldats britanniques professionnels, regroup閟 en r間iments de taille variable. C'est une institution tr鑣 hi閞archis閑, o les diff閞ences entre officiers et soldats sont tr鑣 nettes tant au niveau du rang social que des conditions de vie. Les soldats sont recrut閟 parmi les classes les plus pauvres de la soci閠 britannique. Peu r閙un閞, le m閠ier de soldat britannique est extr阭ement difficile, ce qui explique pourquoi les soldats boivent 閚orm閙ent et d閟ertent en grand nombre, souvent pour trouver refuge aux 蓆ats-Unis (CHARTRAND, 1995 :123-132). Quant aux officiers, leur sort est beaucoup plus enviable que celui de leurs soldats. Ils ont plus de temps libre, s'adonnent des sports et des loisirs raffin閟 en plus de participer quelque peu la vie sociale mondaine de leur ville de casernement. L'閘ite des officiers est issue de la noblesse, mais dans l'ensemble les officiers sont issus de la petite noblesse et de la bourgeoisie. Les soldats ayant gradu en raison de leurs aptitudes exceptionnelles sont tr鑣 rares. Les officiers peuvent acc閐er un rang sup閞ieur en achetant un grade ou en accumulant prouesses et anciennet. Ainsi, la mobilit sociale reste tr鑣 faible en temps de paix et les postes sup閞ieurs demeurent r閟erv閟 aux nobles tr鑣 riches (CHARTRAND, 1995 :133-136).

Les soldats britanniques logent g閚閞alement dans des casernes, tout comme leurs officiers. Les casernes plus importantes sont, Qu閎ec, la citadelle et le Parc de l'Artillerie et, Montr閍l, la caserne de la porte de Qu閎ec et la caserne du fort de l'頻e Sainte-H閘鑞e. De petites garnisons logent 間alement dans d'autres casernes dont la plupart se situent strat間iquement au sud et l'est de Montr閍l : Laprairie, Saint-Jean, Sorel, Chambly, 蝜e-aux-Noix. Les soldats et leurs officiers y vivent pratiquement en vase clos (CHARTRAND, 1995 :123-136). G閚閞alement, les r間iments britanniques sont soumis un syst鑝e de rotation et leur s閖our dans la colonie ne durait que quelques ann閑s. Ces facteurs font en sorte que les militaires britanniques nouent peu de liens avec la population bas-canadienne, essentiellement francophone et un peu anglophobe. L'impact de la pr閟ence de l'arm閑 britannique est donc beaucoup moins fort au plan social qu'au plan 閏onomique. La formation intensive dispens閑 aux soldats, la discipline extr阭ement s関鑢e laquelle ils sont soumis ainsi que la d閠ermination d'officiers exp閞iment閟, ambitieux et fiers de leurs soldats font en sorte que l'arm閑 britannique jouit d'une tr鑣 bonne r閜utation (CHARTRAND, 1995 :123-136). Bien 閝uip閑s, ces troupes sont g閚閞alement disciplin閑s, braves et redoutables au combat. Ainsi, les autorit閟 militaires et politiques des colonies pouvaient th閛riquement compter sur la fid閘it et sur l'efficacit des militaires en cas de conflit. Toutefois, les longues ann閑s de paix routini鑢es ont entra頽 un certain laxisme au niveau de l'administration militaire.

Apr鑣 la guerre de 1812, le nombre de soldats britanniques dans les deux Canadas fut consid閞ablement diminu, variant entre 3000 et 3500 de 1820 1837 (CHARTRAND, 1995 : 141). Au printemps 1837, les garnisons des deux Canadas comptent environ 2500 hommes (WHITFIELD, 1981 : 142). Au d閎ut de l'閠 1837, il y a un peu moins de 600 soldats britanniques cantonn閟 dans l'immense district de Montr閍l (SENIOR, 1997 : 11). Les patriotes et les autorit閟 politiques savent fort bien que cette force militaire n'閠ait pas suffisante pour assurer la paix de cette immense colonie bas-canadienne dont les 650 000 habitants sont agit閟 (SENIOR, 1997 : 11). C'est pourquoi Colborne, militaire illustre, pragmatique et aust鑢e, entreprend de faire venir des renforts au Bas-Canada d鑣 le d閎ut de l'閠 1837, et ce, probablement moins pour mater une r閎ellion encore tr鑣 hypoth閠ique que pour dissuader les extr閙istes des factions loyales et patriotes d'en venir aux coups. Des r間iments arrivent de Halifax et de Toronto et le 1erao鹴, la garnison de Montr閍l compte plus de 1000 hommes et celle de Qu閎ec, environ 1700 (SENIOR, 1997 : 49).

Ce n'est qu'en septembre que Colborne pressent pleinement l'ampleur de l'agitation naissante au Bas-Canada et entreprend de renforcer sa garnison montr閍laise. En octobre, suite la demande de Colborne, l'audacieux lieutenant-gouverneur du HAUT-CANADA, Sir Francis Bond Head, ordonne son dernier r間iment britannique de se rendre au Bas-Canada. Suite aux assembl閑s du 23 octobre, les autorit閟 civiles r閍lisent que le pouvoir doit dor閚avant 阾re assur par les militaires. Au d閎ut novembre 1837, Colborne perd tout espoir de conciliation et demande des renforts au gouvernement m閠ropolitain. Il fait r閍m閚ager plusieurs casernes du district de Montr閍l pour accueillir les renforts qui arrivaient du HAUT-CANADA, de Qu閎ec et des Maritimes (CHARTRAND, 1995 : 145-147). Il fait transf閞er son quartier g閚閞al de Qu閎ec Montr閍l. Les autorit閟 politiques entreprennent alors d'arr阾er par la force les dirigeants patriotes. C'est le seul moyen d'apaiser les tensions rapidement, avant que les rebelles n'aient le temps de s'organiser et avant que les glaces flottantes sur le fleuve n'isolent Montr閍l. La d閒aite de Saint-Denis cause un certain traumatisme au sein des administrateurs militaires, ceux-ci n'ayant pas cr possible que des habitants mal arm閟 puissent vaincre des soldats r間uliers britanniques ; traumatisme rapidement oubli suite aux 閏rasantes victoires de Saint-Charles et de Saint-Eustache (CHARTRAND, 1995 : 145-150).

Le fleuve 閠ant gel durant l'hiver et emp阠hant toute possibilit de renforts militaires par voie maritime, les autorit閟 britanniques ordonnent trois r間iments cantonn閟 au Nouveau-Brunswick de gagner Qu閎ec en traversant les for阾s. D鑣 le moment o la navigation 閠ait accessible, des milliers de soldats britanniques d閎arqu鑢ent Qu閎ec (CHARTRAND, 1995 : 146). Ainsi, l'閠 1838, "l'arm閑 britannique constitue une force de 5000 hommes dans le Bas-Canada et de 3000 dans le HAUT-CANADA. En novembre 1838, quand 閏late la deuxi鑝e tentative de soul鑦ement, le quartier g閚閞al de Montr閍l commande environ 3200 r間uliers" (SENIOR, 1997 : 11). Avec une telle puissance militaire (sans compter les centaines de volontaires loyaux), les chances de r閡ssite pour les rebelles de 1838 閠aient pratiquement nulles. Le long de la fronti鑢e am閞icaine, les op閞ations militaires sont men閑s avec grand succ鑣 par les volontaires o l'arm閑 arrive g閚閞alement beaucoup trop tard. Bref, les r閎ellions furent ais閙ent 閏ras閑s, si bien que certains historiens n'h閟itent pas comparer l'intervention militaire une vaste op閞ation polici鑢e, n'ayant fait qu'une trentaine de morts du c魌 des forces de la couronne (SENIOR, 1997 : 297).

Vincent Fontaine

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



Consult 4489 fois depuis le 19-mai-01

   Réagir ou compléter l'information

   

Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes invités à l'utiliser 
à condition d'en déclarer la provenance. © glaporte@cvm.qc.ca