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Les Patriotes de 1837@1838 - La bataille de Windsor, 2 décembre 1838
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La bataille de Windsor, 2 décembre 1838
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Les attaques avortées sur la rivière Niagara durant 1838 vont causer beaucoup d'émoi dans le Haut-Canada. Le gouvernement tente de faire face à ces menaces. On émet plusieurs lois restrictives : interdiction de s'entraîner au maniement des armes, on traduit les patriotes en cour martiale, on saisit des armes. On accorde généralement le pardon aux condamnés qui le demandent. Toutefois, on assiste à quelques pendaisons au printemps et à plusieurs déportations de patriotes reconnus coupables de sédition. Ces jugements deviennent des sujet de grief pour les réformistes et les poussent à continuer la lutte.

Le 2 décembre 1838, le Haut-Canada vit la dernière action patriote. Environ 150 hommes vont traverser la rivière Détroit et atteindre la rive de la colonie au nord de Windsor. C'est le général L.V. Bierce qui réussit à réunir sous son commandement des volontaires de l'Ohio, de Pennsylvanie, du Michigan, de Buffalo et de Rochester. Dès le début de l'expédition, des problèmes surgissent. Le bateau devant leur faire traverser la rivière ne se présente pas au rendez-vous, ce qui force les rebelles à se rendre à Détroit pour en louer un. D'autres délais font en sorte que des volontaires quittent le groupe. De plus, l'opération s'ébruite et vient aux oreille du gouvernement du Haut-Canada.

Bierce et ses hommes prennent possession du bateau à vapeur, le Champlain. À deux heures au matin du 2 décembre ils traversent la rivière Détroit. Les hommes touchent terre environ 3 milles au nord de Windsor. Bierce renvoie le bateau et commence sa marche sur Windsor qui compte alors quelques centaines d'habitants. Sur la route, les rebelles attaquent une caserne militaire où se trouve une vingtaine de miliciens. On brûle les baraquements et les soldats à l'intérieur ripostent par des coups de feu. Plusieurs meurent dans l'incendie ou sont abattus en tentant de fuir. L'armée de rebelles continue sa route et pénètre jusqu'au centre du village où Bierce fait une déclaration visant à soulever la population et à les enjoindre de venger les martyrs de la cause rebelle. Emportés dans leur élan, les insurgés s'attaquent au bateau à vapeur, le Thames qui mouillait dans le port, et l'incendient. Deux maisons voisines sont également incendiées. On s'attaque aussi à ceux qui refusent de suivre les rebelles. Un homme de race noire qui refuse de se joindre aux insurgés est abattu sur place.

Une troupe de miliciens, au nombre de 300 hommes menée par le colonel Prince va stopper les Patriotes. Un échange de coups de feu survient. Le tir imprécis des patriotes fait peu de dégâts dans les rangs des loyaux. Une seule salve de la milice suffit à disperser les troupes de Bierce. Vingt-cinq rebelles meurent dans l'escarmouche. De plus, le colonel John Prince, chef du détachement de miliciens, fait exécuter sommairement 4 personnes. Du côté loyal, on dénombre 4 soldats tués et autant de blessés.

La bataille de Windsor donnera lieu à des spectacles de cruauté comme on en a rarement vus lors de raids rebelles. Le Dr John Hume, entre autres, sera tué pour avoir refusé de se rendre au colonel Bierce. Il sera abattu d'un coup de fusil et achevé à coup de hache. Ces actions serviront d'excuses au colonel Prince pour les exécutions sommaires qu'il ordonne. Il subira d'ailleurs une enquête en cour martiale qui se soldera par un acquittement. Certains, Le Toronto Patriot , ou Le Québec Mercury , le considèrent Prince comme un héros. Les journaux à tendance républicaine le critiquent au contraire très sévèrement. Même le lieutenant-gouverneur Sir George Arthur sera fortement offensé de la conduite du colonel Prince à la bataille de Windsor. La population de Détroit réagit vivement aux exécutions commandées par Prince. Des affiches promettent la somme de 800$ pour son cadavre. Un homme sera d'ailleurs arrêté un peu plus tard à Sandwich et soupçonné de vouloir l'assassiner.

Quarante-quatre prisonniers de la bataille de Windsor sont jugés en décembre 1838 dans la ville de London. Un seul est acquitté, Abraham Tiffany d'Albany. Les 43 autres sont condamnés à la pendaison. Toutefois, on en pend que 6, et 16 sont déportés vers Lewinston en avril 1839. Ces exécutions auront pour effet de convaincre les Patriotes à mettre un terme à leurs incursions. Bien qu'on dénote encore quelques incidents le long de la frontière pour encore toute l'année 1839, leur importance est si minime qu'on peut voir, avec l'affrontement de Windsor, la fin du soulèvement au Haut-Canada.

Jean Cerretti

 


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