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Les Patriotes de 1837@1838 - L'<i>Association constitutionnelle de Montréal </i>
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L'Association constitutionnelle de Montréal
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




L'Association constitutionnelle de Montréal (MCA) est fondée le 23 janvier 1835 lors d'une assemblée populaire tenue au Jones Long Room(MUZZO, 1990: p.79). L'idée de fonder une association centrale regroupant les forces loyales de Montréal avait pour sa part été évoquée lors d'une assemblée précédente tenue le 20 novembre 1834 au Tattersall rue Saint-Jacques (MUZZO, 1990 : p.69). Le MCA regroupera, entre autres organisations, la Saint Patrick's Society, la Saint George's Society, la Saint Andrew's Society et la German Society.

Se sentant directement attaqués par les agissements des membres de la majorité à l'assemblée législative, fortement dominée par le parti réformiste depuis les élections de 1834, la population d'origine britannique resent le besoin de se regrouper en associations pour contrebalancer les forces réformistes, mieux organisées. Par ce moyen, on cherche également à clamer son désaccord envers les 92 Résolutions soumises au Parlement britannique à l'hiver 1834 et à décrier les irrégularités des dernières élections.

Suite à une invitation lancée par 254 personnes donc, une assemblée est tenue le 23 janvier 1835. L'assemblée reprend essentiellement la même déclaration que l'Association constitutionnelle de Québec (QCA), fondée le 22 novembre 1834, et énonce les causes qui à son avis sont à l'origine du retard de la colonie du Bas-Canada (CHRISTIE, 1848-1855: vol.2, p. 32). Plus précisément, l'assemblée dénonce la façon dont est gérée la politique coloniale en Grande-Bretagne. Dépendante du ministère des colonies, elle manque, selon la MCA, de cohérence puisque les ministres se succèdentrapidement durant la période. Vient ensuite la dénonciation de la tenure seigneuriale et de la persistance des lois françaises, qui selon la MCA nuisent aux investissements. L'assemblée loyale critique également l'absence de Bureaux d'enregistrement, qui favorise la fraude et encore une fois décourage les investissements étrangers. L'Assemblée législative est vertement critiquée elle-aussi : sa façon de voter la liste civile et son opposition à l'immigration, source de développement selon les Britanniques, sont au centre du débat. Les loyaux remettent également en question la façon dont sont accordées les postes d'officiers de milice, de jurés et de magistrats, c'est à dire par la propriété, qui selon eux favorise les francophones. Finalement, on exprime une farouche opposition à l'électivité du Conseil législatif proposée par les 92 résolutions (CHRISTIE, 1848-1855: vol. 2, p.32-36).

On élit également un comité central de 147 membres chargé d'établir les statuts et les règlements de la nouvelle association et de désigner un comité exécutif, ce qui sera fait le 28 janvier 1835 (MUZZO, 1990 : p. 82). Les membres les plus illustres de ce comité exécutif son John Molson Jr. (Vice-président de la Saint-George's Society), Peter McGill (Président de la Saint Andrew's Society), William Walker et George Moffat (Président de la Saint George's Society), ce dernier élu président (MUZZO, 1990 : p. 82). La plupart des membres du Comité central sont de grands marchands et sont liés à la Banque de Montréal. Nombre d'entre eux font aussi partie du Conseil législatif ou sont des candidats défaits aux élections de l'automne 1834. Le 28 janvier marque également l'adhésion des associations constitutionnelles de la ville à la MCA (MUZZO, 1990 : p. 82).

Le 26 mars 1835, une seconde assemblée générale est tenue au théâtre royal (PATRIOTE, 2001). Pour contrebalancer l'influence des réformistes à Londres, on décide qu'un agent du MCA y sera envoyé pour y promouvoir et défendre les intérêts des constitutionnels. Ce constat mène à la nomination de William Walker, candidat député défait aux élections, comme agent à Londres (CHRISTIE, 1848-1855 : vol.2, p.77). Il accompagnera Alexandre Gillespie de la North American Colonial Association ainsi que John Neilson de la QCA. Ils quittent tous trois en avril et auront quelques rencontres avec Lord Glenelg, secrétaire d'État aux colonies, et Lord Melbourne, Premier ministre(MUZZO, 1990 : p.84). Apprenant le 11 août la tenue d'une commission royale d'enquête sur les événements au Bas-Canada et ayant été assuré d'être consulté lors de cette enquête, le comité exécutif demande le retour de Walker à Montréal (MUZZO, 1990 : p. 92).

Dans les mois qui suivent, le MCA tente d'organiser des comités de quartier et intervient dans les assemblées de loyaux de la ville, comme par exemple lors des réunions tenues dans le quartier Ouest le 15 septembre 1835 et dans les faubourgs Saint-Laurent et Saint-Louis le 12 octobre. Chaque fois, ses représentants moussent l'idée d'établissement de Bureaux d'enregistrements, d'éliminer le régime seigneurial, d'étendre le droit de vote aux co-propriétaires et l'améliorer de la navigation sur le Saint-Laurent.

Le 24 novembre 1835, suite au début des travaux de la commission royale d'enquête, la MCA soumet une copie des résolutions présentées par Walker au roi et au parlement plus tôt dans l'année ainsi qu'une imposante pétition.

Le 7 décembre, l'Assemblée générale élit un nouveau comité central exprime le besoin de regrouper toutes les forces constitutionnelles de la colonie, ce qui mènera directement au Select General Committee de mai et novembre 1836 (MUZZO, 1990 : p. 93-94). En janvier 1836, la MCA fait circuler une missive où elle attribue le sous développement du Bas-Canada à la présence française et propose comme solution l'union de toutes les provinces de l'Amérique du Nord britannique. Mais le 27 février, elle revient sur ses positions et propose plutôt l'annexion de l'île de Montréal et du comté de Vaudreuil au Haut-Canada.

Le 23 mars 1837 le MCA lance un nouveau manifeste. On y propose un changement dans les limites des circonscriptions de façon à augmenter la représentation des anglophones. Y est également proposé que le quorum à l'Assemblée législative soit abaissé de façon à rendre ineffectives les grèves des députés qui bloquent l'institution. On suggère aussi que les candidats députés aient à disposer d'une richesse personnelle plus considérable. Finalement, on fustige la population canadienne qui s'est laissée entraîner par son élite qui ne cherche qu'à promouvoir ses propres intérêts (CHRISTIE, 1848-1855 : vol. 2, p. 406 ).

Le 23 octobre 1837, en même temps qu'à Saint-Charles se tient l'Assemblée des Six-Comtés, se tient une assemblée constitutionnelle monstre. De 4000 à 7000 personnes, selon les sources (MUZZO, 1990 : p. 146 pour 4000 ou CHRISTIE, 1848-1855 : vol. 2, p. 402 et RUMILLY, 1970 : p.229 pour 7000), y assistent sous la présidence de Peter McGill, président du MCA depuis la démission de Moffat à la fin de 1836. À partir de ce moment, les communications se développent avec le Gouverneur Gosford et s'intensifient au cours du mois de novembre avec l'éclosion du conflit et des troubles. Gosford accorde même le droit à la MCA de former des groupes de volontaires armés à la demande de McGill (MUZZO, 1990 : p. 148).

Le 30 décembre 1837, la MCA présente son rapport annuel devant son assemblée générale suite à la première vague de soulèvements. Le rapport s'en prend à la commission d'enquête qui n'a pas tenu compte des griefs qui lui ont été soumis par les constitutionnels, principalement l'union des colonies. Il propose donc que les contacts avec les membres influents du parlement britannique soient intensifiés dans le but de promouvoir ce projet. Le rapport stipule également que puisque le conflit est racial, la seule façon d'y mettre fin est de mettre de côté l'attitude de conciliation jusqu'ici mise de l'avant par le ministère des colonies et révélée par la divulgation des instructions secrètes du gouverneur Gosford. En terminant, on remercie le général Colborne et les troupes de sa majesté.

Les membres influents de l'association seront présents aux côtés de Lord Durham lors de son enquête sur les troubles dans les colonies et mettront de l'avant le projet d'union du Haut et du Bas-Canada qui leur est cher (DENNISON, 1966 : vol I, p. 373). Par exemple, George Moffat a des contacts à Londres avec le nouveau gouverneur avant son départ pour la colonie (DBC : vol. IX, p. 612). Ils seront également nombreux à faire partie du Conseil spécial formé par John Colborne au lendemain des troubles du début 1838.

 


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