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Les Patriotes de 1837@1838 - Dumouchelle, Joseph alias <i>Joson</i> (1795-1864)
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Dumouchelle, Joseph alias Joson (1795-1864)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Cultivateur et chef de la milice de Sainte-Martine, Joseph Dumouchelle alias Joson, porte le titre d'Aigle dans l'organisation des frères chasseurs (SENIOR, 1997:221). Il est né à Châteauguay le 6 janvier 1795 de père du même nom et de Marguerite Brault-Pominville, il est cultivateur et illettré. Le 16 octobre 1817, il épouse Marguerite-Julie Cornelier et aura cinq enfants (LEPAILLEUR, 1995:380). La femme de Dumouchelle joue un rôle considérable pour les Frères Chasseurs de Sainte-Martine, car elle assermente quelques trois cent membres en raison de l'analphabétisme de son mari (BOISSERY, 1995:102).

Selon le témoignage de Charles Grece, Joseph Dumouchelle a toujours refusé de participer aux réunions politiques avant les rébellions. Boissery affirme qu'il serait devenu Chasseur par réaction à la destruction des propriétés de sa parenté de Saint-Benoit, particulièrement de sa mère. Cela expliquerait que Joson deviennent radical et capitaine de milice (BOISSERY, 1995:103). En compagnie de Célestin Beausoleil, Dumouchelle aurait comploté la mort de certains loyaux. Sur cette liste noire figurent entre autre Benjamin Hart, William Mc Ginnis, John Mac Donald et le Dr Roe (SENIOR, 1997:232). Cet acte n'aura pas de suite. Joseph Dumouchelle, en tant que commandant, organise un bataillon de 150 à 300 hommes de Sainte-Martine. Le chef élabore un plan : aller dévaliser la réserve de poudre des volontaires, 300 fusils et 3 trois canons au manoir des Ellice. Sur place, ils ne trouvent que 12 fusils, 11 tonneaux de cartouches, deux canardières et une dague (SENIOR, 1995:242). Le lendemain matin, les insurgés divisent leurs troupes ; le détachement de Dumouchelle, composé de 200 à 250 hommes, se dirige vers le camp Baker (SENIOR, 1997:242). Dans les dépositions, Joseph Dumouchelle est identifié comme le co-commandant avec le Dr Perrigo (BOISSERY, 1995:112-114 et ANQ, P224, no 2059). Les opérations du camp Baker consistent à barricader la banque de Châteaugay et le chemin qui la borne (BOISSERY, 1995:108). Le lieutenant colonel George Brown déclare que Dumouchelle est débauché et dangereux (BOISSERY, 1995:154). Ses camarades, eux, n'ont jamais douté de son zèle pour la cause (BOISSERY, 1995:103). L'examen volontaire de Joseph Dumouchelle n'est pas révélateur, il ne confie rien du tout (ANQ, P224, no 2040). Cependant, lors de son procès (5eprocès, du 11 au 21 janvier 1839), il avoue s'être impliqué dans les rébellions en tant que dirigeant (BOISSERY, 1995:145). Emprisonné à Montréal le 30 novembre 1838, il est condamné à mort le 21 janvier 1839. Mais finalement déporté en terres australes. Il laisse derrière lui une famille sans maison car ses propriétés ont été brûlées ou saccagées (Le Canadien, no 45, mercredi 21 août 1839).

Suite à la loi sur la confiscation des biens aux condamnés du 5 septembre 1839, Marguerite-Julie Dumouchelle tente de vendre ce qui reste de la ferme familiale. Grâce à la loi des indemnités, elle put se faire dédommager la moitié des biens immeubles (CHAMPAGNE, 1998:83). Cela correspond à la moitié de la centaine d'arpents de la famille Dumouchelle (BOISSERY, 1995:294). Sur le site de Longbottom, Joseph Dumouchelle devient un prisonnier d'État et occupe ses journées à transporter de la pierre. Lepailleur rapporte que Dumouchelle ne conserve pas de bonnes relations avec sa famille, car il se sent oublié (LEPAILLEUR, 1996:285). Le 11 décembre 1842, Lepailleur écrit : "Voilà un an que Joson Dumouchelle n'a pas écrit à sa femme et il n'a reçu que deux lettres de sa femme depuis que nous sommes partis du Canada" (LEPAILLEUR, 1996 : 285, 291). Au mois de novembre 1840, son frère Louis succombe d'une longue maladie. À partir de 1843, le journal de Lepailleur regorge de remarques à propos de la débauche de Joson :" il se croit à l'âge de 18 ans à 20 ans, croit que toutes les femmes lui courent après." (LEPAILLEUR, 1996 : 305, 291, 318). Une rumeur circule selon laquelle il aurait "marié" une certaine Mme Charles Nichols. Au mois de septembre 1843, il se fait arrêter et subit un procès en lien avec cette affaire. Il est condamné à 6 mois de détention à Hyde Park, un camp de prisonniers "félons" (LEPAILLEUR,1996:321-324). En 1844, Joseph Dumouchelle est accusé de fabrication de fausse monnaie, mais acquitté "grâce à Dieu" (LEPAILLEUR, 1996:334-335). Lepailleur ajoute que Joson a agit ainsi pour payer son retour au Canada (LEPAILLEUR, 1996:334). Malgré ses déboires, Joson embarque à bord du bateau Achille le 9 juillet 1844. Il met pied à terre le 18 janvier 1845. En 1846, il fait une une demande d'indemnité à la Commission des Pertes de 525 £. Joseph Dumouchelle décède le 21 juillet 1864 au manoir de Saint-Édouard et est inhumé à Sherrington (FAUTEUX, 1996:235).

Stéphanie Beaupied

 


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