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Les Patriotes de 1837@1838 - COURS 06 – Du politique au militaire (1832-1837)
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COURS 06 – Du politique au militaire (1832-1837)
Article diffusé depuis le 14 février 2001
 




1.L'accalmie sous Kempt

2.Une conjoncture de crises

3.Les 92 Résolutions

4.Les 4 G.

5.Du politique au juridique au militaire

6.L'historiographie sur les causes




1.L'accalmie sous Kempt

Suite à la pétition de 1827 et de la mise en accusation de Dalhousie, un premier grand rapport sur la réforme des institutions coloniales. Le Rapport du Comité de 1828 donne largement raison aux Réformistes mais n'offre aucun engagement concret.

Dans les instructions aux trois gouverneurs qui suivent Dalhousie, Sir James Kempt (1828-1830), Lord Aylmer (1830-1834) et Lord Gosford (1834-1837) on retrouve l'expression "tenter d'amadouer (to persuade) le parti français". Efficacité décroissante...

Sans conviction Kempt propose à l'Assemblée le contrôle de 80% de la liste civile et, à Papineau et Neilson, le Conseil exécutif (de nouveau en 1832).

Néanmoins réel détente au tournant des années 1830. Prise du pouvoir des Whigs à compter de 1830. Quelques législations importantes

-La loi des "écoles de syndics" qui vise à mettre sur pied un système scolaire basé sur des commissaires élus et associés à l'Assemblée. Provoque la colère du clergé.

-Loi des tenures. Perçue comme une concession des députés réformistes. Permet à certains seigneurs de commuer une partie de leur terres en franc et commun soccage (Beauharnois, Assomption)

-Réforme électorale. Porte de 25 à 44 le nombre de comtés. 84 députés, dont 8 des townships... Le terreau de la 3ème génération.

Ce climat de collaboration mine l'autorité de Papineau. Première lézarde dans l'unité des députés réformistes. John Neilson, Duval, Dominique Mondelet, Philippe Panet et F.A. Quesnel - tous de Québec - votent pour la première fois contre Papineau en 1831 sur une mise en accusation de Alymer. Tendances des divisions.

Laïcs versus religieux

Montréal versus Québec

Professionnels versus seigneurs et marchands


2.Une conjoncture de crises

1831, 1832, 1834 épidémie de la mouche à blé (mouche de Herse) décime les récoltes, surtout sur la rive sud. Kamouraska et une partie de Bellechasse dans la famine.

Jusqu'en 1825, pas plus de 70 000 immigrants au total.

1828 - 12 000

1829 - 26 000

1830 - 30 000

1831 - 50 000

1832 - 66 000

1831 - 511 000 francophones; 148 000 anglophones au Bas-Canada

6000 morts en 1832; 4000 en 1834 à cause du choléra

Ce n'était pas assez de nous envoyer des égoïstes avides, sans autre esprit de liberté que celle que peut donner une simple éducation de comptoir, s'enrichir aux dépens des Canadiens et chercher ensuite à les asservir. Il fallait encore se débarrasser de mendiants et les jeter par milliers sur nos rivages; il fallait nous envoyer des pauvres misérables qui, après avoir partagé le pain de nos enfants, se porteront aux horreurs où peuvent entraîner la faim et la misère; il fallait plus : il fallait nous envoyer à leur suite, la peste et la mort !

La Minerve, 20 août 1832

À cause de leurs attaques contre Aylmer, Ludger Duvernay (La Minerve) et Daniel Tracey (The Canadian Vindicator) sont incarcérés pour diffamation (janvier 1831). Vaste mouvement de sympathie en leur faveur. Élection partielle dans le quartier-ouest de Montréal où s'opposent Tracey (réformiste) et Stanley Bagg (tory). L'élection dure depuis 40 jours quand l'armée intervient et tue trois partisans de Tracey, (21 mai 1832).

NOUVELLE DONNE POLITIQUE À LA FIN DE 1832

-L'ouverture apparente des Britanniques mine le leadership de Papineau et lézarde l'alliance réformiste, surtout du côté de Québec et des classes aisées.

-Déjà mobilisé lors de la crise de 1827, le peuple est fortement sollicité par les crises de 1832.

-Besoin du parti réformiste de raffermir sa cohésion autour d'un programme clair et propre à canaliser la colère populaire.



3.Les 92 Résolutions

1833 - Crise ministérielle en Angleterre alors que quatre secrétaires aux colonies se succèdent en 11 mois. Les radicaux font pression pour que soient concrétisées les promesses du rapport de 1828.

Rédigées rapidement en décembre 1833 par Antoîne-Nobert Morin, Elzéard Bédard et surtout Louis-Joseph Papineau.

Déposées le 7 janvier et adoptées en troisième lecture le 17 février 1834

1-Électivité du Conseil législatif

2- Dénoncer la corruption de l'administration locale

3-Accroissement des pouvoirs de l'Assemblée

4-Dénoncer la gestion des ressources, en particulier la BALC

5-Dénoncer abus passés (Craig, Dalhousie)

6-Respecter l'expression du peuple dans les désignations à l'exécutif

-Bloc enchevêtré; grosso modo du modéré vers le radical

-Plutôt dénonciateur que revendicateur

-Reçu comme une véritable déclaration d'indépendance.

CONSÉQUENCES IMMÉDIATES

-Le parti reprend l'initiative face au gouvernement colonial avec de nouvelles revendications qui rendent caduque le compromis de 1828.

-Rupture définitive avec de grands leaders de la seconde génération: Neilson, Andrew Stuart, Debatzch, Sabrevois de Bleury.

-Momentum populaire. Les assemblées commencent dès le vote par l'Assemblée.

-Les 92 Résolutions lancent aussi un agenda politique qui se termine avec le recours aux armes.

Février 1834 - Morin fait signer une pétition de 78 000 noms acheminée à Denis-Benjamin Viger à Londres.

Prorogation de la chambre en mars et annonce d'élections générales à l'automne sur la base des 92 Résolutions.

Tout le long de l'été, importante assemblée "résolutionnistes" de caractère organisationnel. Comité de correspondance et Union patriotique. L'action partisane se font dans l'organisation d'institution locales représentatives.

Novembre 1834 - Triomphe électorale absolu des "Patriotes" qui font élire 78 candidats sur 84.

Décembre 1835 - Nouvelle mission Wolfred Nelson - Henry Chapman en Angleterre

Janvier 1835 - Débat à Londres sur les résolutions bas-canadienne. Création d'une commission d'enquête royale présidée par Archibald comte de Gosford.

Mars 1835 - Arrivée à Québec du nouveau gouverneur.

4.Les 4 G

Consolidation des Whigs à Westminster depuis la réforme électorale et l'élection de 1832. Lord Glenelg dirige pour plusieurs années le bureau colonial. Gosford est gouverneur et préside la commission dont les secrétaires sont Charles Grey (Tory) et George Gibbs. Leurs instructions, secrètes jusqu'au début de 1836 se résument à:

-Faire en sorte que le mouvement de réforme ne débouche pas sur une alliance inter-coloniale.

-Tenter de subtiliser les modérés à l'influence de Papineau

-Donner l'impression que le gouvernement entend autant contraindre les anglophones ultra-conservateurs que les radicaux francophones. (interdiction des British Riffle Corps)

Gosford semble triompher et l'influence de Papineau est en chute libre jusqu'au coup de théâtre de février 1836 alors que les instructions secrètes de Gosford sont rendues publiques. Radicalisation rapide des deux mouvements (Doric Club, Associations constitutionnelles, CCP) et remise en marche des comités locaux sur le modèle des comités électoraux de 1834. Comité de vigilance, comités de sauvegarde, comité central et permanent de comté. Se distinguent alors les comtés de Richelieu et de Deux-Montagnes.

Le vote du 2 mars 1837 des Dix résolutions Russell qui autorisent le gouvernement anglais d'amender l'Acte constitutionnel de 1791. Réfutent les 92 Résolutions et autorisent l'exécutif à piger dans les revenus de l'Assemblée sans son autorisation. Les députés patriotes perdent leur seul pouvoir politique réel.


Du politique au judiciaire au militaire

Les étapes de l'escalade


PÉTITIONS

1827 - 87 000 noms

1834 - 80 000 noms

ASSEMBLÉES

Entre 1834 et 1837; plus de 300 assemblées d'organisation et de contestation

GRÈVE DES DÉPUTÉS

1835 - 32 jours de session

1836 - 23 jours de session

1837 - 6 jours de session

BOYCOTTAGE ET CONTREBANDE (mai 37)

Bloquer l'entrée de taxes et commerce avec les États-Unis

CHARIVARI (juin 37)

Forcer démission des juges de paix

NOMINATION DE NOUVEAUX OFFICIERS (oct 37)

Création de gouvernements parallèles dans les campagnes

RÉSISTANCES AUX ARRESTATIONS (nov. 37)

Libération de prisonniers à Longueuil

Du côté gouvernemental.

À cause du couronnement de Victoria 1ère, les dispositions des Résolutions Russell sont remises d'un an.

15 juin - interdiction de tenir des assemblées publiques

5 NOVEMBRE 1837 - Les magistrats interdisent les parades à Montréal. (Acte d'émeute)

16 nov. - Émission de 26 mandats d'arrêt contre les chefs Patriotes

5 DÉCEMBRE 1837 - La loi martiale est proclamée dans tout le district de Montréal et suspension des libertés individuelles et de la Constitution du Bas-Canada. Ces droits ne seront pleinement rétablis qu'en avril 1841.

6. L'historiographie sur les causes

Garneau en 1845

Car, quant à la justice de leur cause, ils avaient infiniment plus de droit de renverser leur gouvernement que n'en avaient l'Angleterre elle-même en 1688, et les États-Unis en 1775, parce que c'est contre leur nationalité, cette propriété la plus sacrée d'un peuple, que le bureau colonial dirigeait ses coups

GARNEAU, François-Xavier. Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours. 5e édition. Paris, Alcan, 1913-1920. t. 2: 652.

Fraser en 1890

The time will come when the memories of Canada's rebel dead of 1837 and 1838 will be revered and held sacred in every British Colony, distant or near, as the fathers of colonial responsible government

FRASER, John. Canadian Pen and Ink Sketches, Montréal, 1890: 82-83.

Lionel Groulx en 1960

Rien, surtout la première année, rien d'une guerre civile longuement fomentée et organisée; rien de la rébellion au sens juridique du mot. Mouvement improvisé et presque spontané en ses sursauts violents; pour le reste, mouvement populaire, phénomène rural plutôt large et profond; mouvement qu'on ne saurait réduire à une lutte de races, ni même à une lutte de classes sans le rapetisser et sans fausser l'histoire; en son caractère dominant, épisode d'une lutte politique pour un achèvement politique.

GROULX, Lionel, Histoire du Canada français, Montréal, Fides, 1960. Tome 2, p. 169.

Séguin en 1968

La révolte de 1837 est, en réalité, un double soulèvement: soulèvement des Britanniques du Bas-Canada contre la menace d'une république canadienne-française, soulèvement de la section la plus avancée des nationalistes canadiens-français contre la domination anglaise.

Séguin, Maurice. L'idée d'indépendance au Québec. Genèse et historique. Trois-Rivières, Boréal Express, 1968: 33.

Ouellet en 1976

Les insurrections de 1837-38 peuvent être définies d'abord comme un mouvement d'indépendance nationale dirigé par les classes moyennes canadiennes-françaises et à leur profit... Cette élite révolutionnaire voit l'avenir en fonction d'une économie agricole et de la survivance de l'ancien régime social. L'indépendance, en brisant les deux secteurs les plus dynamiques de l'économie: le commerce du bois et le trafic des céréales avec l'ouest, aurait enraciné le sous-développement pendant plusieurs décennies et renforcé les seigneurs et le clergé. C'est en fonction de ces vues et de ces objectifs que les nationalistes font appel à la masse et la mobilisent en 1837-38.

L'échec des insurrections peut sans doute s'expliquer par l'attachement excessif des classes moyennes canadiennes-françaises à leurs intérêts à court terme. Il peut aussi provenir du fait qu'elles n'étaient pas vraiment révolutionnaires, qu'au fond elles traversaient une crise de croissance et qu'elles étaient à la recherche d'une place et d'un statut dans la société. Ainsi s'expliquerait l'extraordinaire pauvreté du leadership fourni par les révolutionnaires des classes moyennes.

OUELLET, Fernand. Le Bas-Canada 1791-1840. Changements structuraux et crise. Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1976: 484, 485, 487.

Bernier en 1981

Un élément qui illustre bien qu'il serait abusif de réduire les événements des années 1830 à la confrontation de deux ethnies est la présence d'anglophones dans le Parti patriote. On les retrouve dans des rôles les plus divers: députés, candidats, tribuns, membres des appareils de soutien. Des noms tels ceux de John Neilson, des deux frères Nelson, de O'Callaghan, de T.S. Brown, de Daniel Tracey, W.H. Scott viennent immédiatement à l'esprit. L'adhésion de ces individus au parti semble se faire sur une base idéologique et sur la convergence d'intérêts de classe. Le clivage ethnique n'est pas assez puissant pour masquer la communauté de ces intérêts. Les représentants anglophones au sein de la direction du parti sont en effet issus des mêmes couches sociales que les patriotes francophones, soit les divers éléments constitutifs de la petite bourgeoisie.

BERNIER, Gérald. Le parti patriote (1827-1838) in Vincent Lemieux, éd., Personnel et partis politiques au Québec. Trois-Rivières, Boréal, 1981: 214-15

Senior en 1985

What [many] failed to ask was whether responsible government might have come about anyway and perharps even sooner than 1849, had it not been for the fratricidal strife of 1837-38.

SENIOR, Elinor Kyte. Redcoats and Patriotes. The Rebellions in Lower Canada,1837-38. Ottawa, National Museum of Canada, 1985: 204.

Jean-Paul Bernard, 1996

Les Rébellions dans la colonie du Bas-Canada appaissent ainsi comme une crise sociale généralisée, qui concerne à la fois le développement des institutions politiques, les orientations et les profits à tirer du développement économique et le développement de l'identité coloniale. Aucune de ces trois dimensions fondamentales ne peut être écartée légèrement, ni même réduite au statut d'aspect second d'une autre dimension.

Aussi, une insistance sur une ne devrait pas empêcher une insistance sur une autre, les facteurs n'étant pas totalement indépendants, et les interactions et effets de synergie dans la situation concrète étant manifestes."

Jean-Paul Bernard, Les rébellions de 1837 et de 1838 dans le Bas-Canada. Ottawa, Société historique du Canada, brochure historique no. 55. 1996: 26.

Allan Greer, 1998

"La Rébellion ne fut pas exclusivement ou même premièrement une affaire militaire, pas plus qu'elle ne fut seulement le fait de "rebelles". L'importance de la crise peut être appréciée non seulement par la porté considérable des défis contre l'ordre existant, mais aussi par les mesures extraordinaires prises pour préserver l'autorité britannique. En plus des assauts militaires contre ses ennemis bas-canadiens, le gouvernement opéra une révolution juridique sans précédent pour s'assurer la victoire. On imposa la loi martiale, l'habeas corpus fut suspendu, et des arrestations eurent lieu massivement et sur une grande échelle, très souvent sans qu'aucune accusation ne fut portée."

Allan Greer, "Reconsidérer la Rébellion de 1837-1838", Bulletin d'histoirepolitique, vol. 7, no. 1 (automne 1998): 37.

 


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