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Les Patriotes de 1837@1838 - Chester New, "The Rebellion of 1837 in its Large Setting", <i>Soci閠 historique du Canada. Rapport de l'assembl閑 annuelle</i>, no. 18 (1937): 5-17.
 HISTORIOGRAPHIE 
MOD
Chester New, "The Rebellion of 1837 in its Large Setting", Soci閠 historique du Canada. Rapport de l'assembl閑 annuelle, no. 18 (1937): 5-17.
Article diffus depuis le 29 d閏embre 2000
 




Ce classique de la litt閞ature historique demeure fort 閏lairant bien que publi depuis des d閏ennies. Le professeur New, de l'Universit de Toronto est un sp閏ialiste des relations avec l'Empire et en particulier l'auteur de nombreuses 閠udes sur Durham et le Rapport Durham (voir bibliographie). Dans cette conf閞ence il se pr阾e une mise en contexte des R閎ellions vues sous l'angle des relations avec la m閠ropole britannique. Il y pr閟ente bri鑦ement le fonctionnement de l'administration coloniale et montre l'int閞阾 qu'avaient les rebelles eux-m阭es pour tout ce qui regardait le contexte m閠ropolitain.


Chester New, "The Rebellion of 1837 in its Large Setting", Soci閠 historique du Canada. Rapport de l'assembl閑 annuelle, no. 18 (1937): 5-17. tir du site de l'Universit de York (Toronto)

http://www.yorku.ca/research/cha/html/bilingue/addresses/1937.htm

LA R葿ELLION DE 1837 DANS UN PLUS VASTE CONTEXTE
Traduit avec www.DeepL.com/Translator  (version gratuite)

Discours pr閟identiel prononc par CHESTER W. NEW

En r閒l閏hissant un sujet pour cette occasion, je me suis trouv confront d鑣 le d閜art cette question : Dans quelle mesure est-il justifi, dans un discours pr閟identiel, d'閚oncer des convictions purement individuelles qui peuvent susciter la controverse et sugg閞er une rupture avec la tradition ? Ma conviction la plus forte en ce qui concerne l'閠ude et l'enseignement de l'histoire au Canada l'heure actuelle est que l'on accorde trop d'importance l'histoire du Canada. Du c魌 de la recherche, les raisons de cet exc鑣 d'importance peuvent 阾re facilement discern閑s. L'histoire du Canada n'a pas encore 閠 閘abor閑 de fa鏾n aussi satisfaisante que celle d'autres nations et le mat閞iel n閏essaire est port閑 de main ; ces faits constituent un d閒i au travail productif. Ces faits constituent un d閒i pour le travail productif, mais il ne faut pas leur permettre de contrecarrer et de paralyser l'int閞阾 du peuple canadien pour ce monde plus vaste dont nous sommes issus. Une meilleure compr閔ension par les Canadiens de l'histoire de ce grand monde est trop essentielle au d関eloppement d'une vie nationale aux vues larges et de toute culture digne de ce nom pour 阾re n間lig閑, soit cause des exigences de la recherche d'une part, soit cause de l'appel d'un patriotisme courte vue d'autre part. ce stade de formation de notre culture nationale, il y a s鹯ement plus de patriotisme servir en essayant de sauver la pens閑 de notre peuple de son provincialisme, de son isolationnisme et des aspects les plus grossiers de son mat閞ialisme, qu'en concentrant son attention sur l'histoire purement canadienne. J'esp鑢e au moins ne pas commettre de trahison en exprimant l'espoir qu'un jour, soit dans cette association, soit dans une autre, nous pourrons fournir la fois un centre de documentation et une source d'inspiration tous les Canadiens qui s'int閞essent l'histoire ancienne, m閐i関ale ou moderne, europ閑nne, britannique ou am閞icaine, politique, sociale ou intellectuelle.

En attendant, le sujet abord dans le discours pr閟identiel de la Soci閠 historique du Canada devrait 阾re un sujet canadien. Cette ann閑, nous avons centr notre programme sur la R閎ellion de 1837, dont c'est le centenaire. J'ai choisi mon sujet par rapport cette r閎ellion, sous l'influence d'une consid閞ation qui a quelque rapport avec la conviction que je viens d'exprimer. Il est 間alement souhaitable que l'histoire de notre propre pays soit d関elopp閑 la lumi鑢e de ce monde plus vaste. Dans l'ensemble, l'histoire du Canada a 閠 trop souvent 閏rite comme s'il s'agissait d'une affaire tr鑣 priv閑, comme si, l'instar de Topsy, nous venions de "grandir", et comme si ce processus 閘閙entaire mais inexplicable s'閠ait d閞oul dans un vide canadien autonome et herm閠ique. Je ne veux pas dire que d'autres n'ont pas saisi ce point de vue et n'ont pas fait quelque chose dans ce sens, mais j'insiste sur le fait qu'aucun d'entre nous n'en a encore fait assez, et que chaque pouce de notre histoire nationale doit 阾re r殚crit la lumi鑢e d'une connaissance plus compl鑤e de ce monde plus vaste sur les avant-postes occidentaux duquel nous sommes devenus ce que nous sommes. J'ai donc choisi comme sujet "La r閎ellion de 1837 dans son contexte plus large".

Je ne consid閞erai rien de plus lointain que les r関olutions am閞icaine et fran鏰ise. Je me contenterai de mentionner l'effet indirect de la R関olution am閞icaine sur la situation canadienne dans les ann閑s trente, par son influence sur l'Acte de Qu閎ec et la colonisation loyaliste du Haut-Canada. Il est certain que la R関olution am閞icaine a fait beaucoup pour cr閑r cet alignement des forces constitutionnelles, politiques et sociales dans le Haut et le Bas-Canada qui a donn lieu la r閎ellion de 1837. On ne peut comprendre les d閎uts de l'histoire d'aucune des deux provinces sans une compr閔ension claire et m阭e d閠aill閑 de la vie et des institutions des colons am閞icains, des enjeux entre les gouvernements britannique et colonial, et du d関eloppement du loyalisme dans les colonies avant qu'il n'閙igre au Haut-Canada. La d閙ocratie n'閠ait pas un mot populaire dans le territoire britannique au cours de la p閞iode pr閏閐ant la r閎ellion et d'autres termes 閠aient employ閟, mais cela ne change rien la force des institutions, des traditions et des sentiments d閙ocratiques que les loyalistes ont apport閟 avec eux, les loyalistes du Haut-Canada appartenant particuli鑢ement ce qu'on peut appeler la d閙ocratie du loyalisme. Et, malgr tout leur sentiment d'appartenance la Grande-Bretagne, leur insistance sur une bonne dose d'autonomie gouvernementale et leur soif d'en avoir plus 閠aient parfois tout aussi fortes. Ils ont 閠 les premiers apporter dans cette province les forces qui allaient favoriser la r閎ellion ainsi que celles qui allaient la d閏ourager, tout comme leurs descendants se trouvaient dans les rangs des chefs radicaux et des chefs conservateurs. Quant l'influence de la R関olution sur la politique coloniale britannique, il peut suffire de noter que c'est de la r閎ellion canadienne de 1837 et non de la R関olution am閞icaine que la Grande-Bretagne a tir ses grandes le鏾ns en mati鑢e de politique coloniale ; et que le r閟ultat de la R関olution a 閠 un resserrement de son traitement des colonie.
On est parfois tent de penser que la R閎ellion de 1837 est la R関olution am閞icaine dans les colonies canadiennes. Il est certain qu'une grande partie de l'histoire pr-r関olutionnaire des colonies am閞icaines s'est r閜閠閑 dans les Canadas des ann閑s 20 et 30 du si鑓le suivant. Comme je l'ai r閟um ailleurs, ces facteurs sont les suivants:

Un ex閏utif anglais en conflit avec les assembl閑s coloniales, des gouverneurs bien intentionn閟 bloqu閟 par des instructions de Londres qui 閠aient le r閟ultat de l'ignorance plut魌 que de la tyrannie, des l間islateurs coloniaux de plus en plus irrit閟 par les restrictions impos閑s par l'閠ranger leur l間islation, l'Assembl閑 cherchant obtenir ce qu'elle veut en contr鬺ant les cr閐its, les conflits au sujet d'une liste civile propos閑, le refus de voter des fournitures, l'importance exag閞閑 et les ambitions indisciplin閑s de d閙agogues qui s'閞igeaient en tribuns du peuple - voil les 閘閙ents essentiels de la guerre politique l'閜oque coloniale sur le littoral de l'Atlantique, et on les retrouve dans l'histoire des Canadas.

Dans les r閎ellions canadiennes comme dans la R関olution am閞icaine, il y avait un nationalisme naissant qui brisait les cha頽es qui allaient le lier, le d閟ir qu'un peuple d閠ermine sa propre destin閑. Personne ne peut lire les journaux radicaux des deux Canadas dans les ann閑s trente sans ressentir cette force. Et quand la r閎ellion est arriv閑, les slogans de la R関olution am閞icaine tels que "pas d'utilisation de l'argent du peuple sans son consentement" ont 閠 mis au premier plan, un boycott des produits britanniques (dans les deux provinces) a pr閏閐 le recours aux armes, et le vocabulaire de la R関olution am閞icaine a 閠 repris dans la terminologie des "comit閟 de vigilance", des "comit閟 de s閏urit publique", des "comit閟 de correspondance" et des "Sons of Liberty". Il s'agissait sans doute en grande partie d'une imitation d閘ib閞閑, adopt閑 sous l'impulsion du moment, mais les ann閑s pr閏閐entes ont montr l'envi que, chaque fois que le m閏ontentement atteignait son point culminant, le souvenir de la lutte pour la libert men閑 par les hommes 閜ris de libert du continent am閞icain revenait en t阾e des hommes au Canada. Dans toutes les protestations marquantes de l'閜oque dans les deux provinces, les allusions la R関olution am閞icaine 閠aient fr閝uentes, et elles revenaient encore l'ann閑 pr閏閐ant la r閎ellion dans une lettre de Papineau Bidwell, que ce dernier d閜osa devant l'assembl閑 du Haut-Canada.

Pour ce qui est de la R関olution fran鏰ise, j'omettrai l'effet indirect sur le Canada de la lib閞ation en Europe des forces du nationalisme et de la d閙ocratie, les deux grandes forces de la r閎ellion canadienne, et je me limiterai aux influences directes. Il est, bien s鹯, facile de discerner le r閟ultat n間atif de la R関olution fran鏰ise dans l'antagonisme tout ce qu'elle repr閟entait, d'un clerg ultramontain extr阭ement influent au Canada fran鏰is. Mais il y avait des politiciens canadiens-fran鏰is qui avaient assez peu de sympathie r閑lle avec le clerg, et qui 閠aient profond閙ent impr間n閟 des doctrines de la R関olution fran鏰ise. Ce sont ces hommes qui ont cr殚 la r閎ellion de 1837. L'influence exerc閑 sur l'esprit de Louis Joseph Papineau par la R関olution fran鏰ise et par les 閏rivains qui l'ont pr閏閐閑 et, dans une large mesure, cr殚e, est un sujet que les biographes de Papineau ont r閡ssi 関iter presque enti鑢ement. Mais l'un d'entre eux a d閏lar qu'il avait 閠 nourri des enseignements de Rousseau. Sir Thomas Chapais, en parlant des lieutenants politiques de Papineau, les accuse "d'avoir trop souvent charm leurs loisirs avec les pires ouvrages des 閏rivains impies du XVIIIe si鑓le". Les opinions religieuses et politiques de Papineau semblent avoir 閠 form閑s sous l'influence de la R関olution fran鏰ise. Apparemment, il 閠ait plus d閕ste que catholique. L'蒰lise du Bas-Canada n'a jamais pu se sentir tout fait l'aise l'間ard de Papineau et de certains de ses coll鑗ues, mais d'un autre c魌, elle 閠ait extr阭ement favorable, en fait d関ou閑, la d閒ense par Papineau des institutions canadiennes-fran鏰ises et de l'int間rit raciale, et sa d閒ense du bon vieux r間ime social et 閏onomique contre les incursions du mercantilisme et des id閑s de progr鑣 anglo-saxonnes. M阭e la d閙ocratie, que l'蒰lise aurait autrement consid閞閑 comme un anath鑝e, s'est r関閘閑 un instrument puissant pour la r閍lisation de ces objectifs religieux, sociaux et 閏onomiques fondamentaux. Ces objectifs semblaient trop importants, et l'蒰lise et Papineau 閠aient tous deux trop puissants pour se permettre de s'opposer l'un l'autre au d閎ut. Mais le clivage cr殚 par la R関olution fran鏰ise 閠ait l et lorsque, au d閎ut des ann閑s trente, les troubles et les tensions dans le Bas-Canada se sont aggrav閟, et que Papineau et ses lieutenants sont devenus plus d閙ocratiques et plus anticl閞icaux, ce clivage est devenu plus apparent. En 1831, lors de la controverse sur les fabriques, ces hommes ont tent de porter leur d閙ocratie dans le gouvernement de l'蒰lise elle-m阭e, et pour le moment, le clerg catholique a form une 閠range alliance avec les presbyt閞iens de la Clique du Ch鈚eau pour combattre les chefs d閙ocratiques de l'assembl閑.

Selon les termes de l'un des champions de cette alliance lors du d閎at houleux qui s'ensuivit, "les m阭es individus qui ont cherch pendant longtemps saper la constitution et introduire des principes d閙ocratiques et r閜ublicains ont maintenant lev la main contre l'autel".

L'蒰lise craint aussi bien un nationalisme extr阭e qu'une d閙ocratie extr阭e. Le traitement g閚閞eux que lui accorde le gouvernement britannique et la crainte de l'am閞icanisme lui font appr閔ender toute suggestion d'un Canada fran鏰is ind閜endant. Le clerg 閠ait assez perspicace pour se rendre compte que si le lien britannique 閠ait coup, aucune nation canadienne ne pourrait rester longtemps r閑llement ind閜endante des 蓆ats-Unis, m阭e si elle pouvait rester nominalement ind閜endante. L'am閞icanisme des quatre-vingt-douze r閟olutions de 1834 creuse la br鑓he entre Papineau et l'蒰lise. Lorsque l'agitation violente a commenc au printemps de l'ann閑 de la r閎ellion, l'蒰lise a pris carr閙ent position contre les chefs d'assembl閑. Lors de l'assembl閑 tenue l'閠 1837, dans un contexte de forage et d'infractions mineures la loi, certaines des d閏larations de Papineau, de Wolfred Nelson et d'autres orateurs enflamm閟 閠aient violemment anticl閞icales et plusieurs d'entre elles trahissaient une connaissance directe de la philosophie politique de Rousseau et de la R関olution fran鏰ise. En revanche, il n'y a pas une trace de la th閛rie d閙ocratique britannique de Bentham. Lorsque la r閎ellion 閏late, l'蒰lise catholique est de loin le facteur r閜ressif le plus puissant. Elle a sauv la situation pour la domination britannique et les formes de gouvernement britanniques. Tout comme dans le Haut-Canada la plus forte force loyaliste qui a contrecarr la r閎ellion, le loyalisme des U.E.L., provenait de la R関olution am閞icaine, dans le Bas-Canada elle 閙anait de la R関olution fran鏰ise. Pour bien comprendre pourquoi les forces n間atives de 1837 閠aient tellement plus fortes que les forces positives, il faut remonter aux grands courants de l'histoire mondiale et au XVIIIe si鑓le.

Mais je m'int閞esse davantage aux influences provenant du monde ext閞ieur dans les ann閑s qui ont pr閏閐 imm閐iatement les r閎ellions canadiennes. Les ann閑s 1830 s'ouvrent en Europe par une s閞ie de r関olutions, plusieurs en 1830, et d'autres en 1832 et 1833. L'influence directe de ces r関olutions continentales sur le Canada a 閠 assez faible, mais pour l'ensemble du monde occidental, la d閏ennie des ann閑s trente a 閠 une p閞iode d'agitation. Ces r関olutions europ閑nnes ont influenc le Canada principalement par l'interm閐iaire de la Grande-Bretagne. En effet, la Grande-Bretagne a elle aussi connu sa r関olution au d閎ut des ann閑s trente, une r関olution de type typiquement britannique, r閍lis閑 non pas par les barricades et les ba飋nnettes, mais par le processus normal de la loi. Le Reform Bill de 1832 a finalement d閘og l'oligarchie et plac le peuple britannique sur la voie royale de la d閙ocratie. L'influence sur la situation britannique de la r関olution de juillet en France peut 阾re facilement exag閞閑, car il y avait des 閘閙ents autochtones de r関olte qui prenaient de l'ampleur en Grande-Bretagne dans les premiers mois de 1830, mais la r関olution outre-Manche a sans aucun doute 閠 l'occasion de la crise en Grande-Bretagne qui a abouti au Reform Bill.

Je voudrais revenir un instant en arri鑢e et souligner l'influence sur la politique coloniale d'une situation politique changeante en Grande-Bretagne avant le Reform Bill. Depuis la mort de Castlereagh en 1822, le vieux toryisme 閠ait une force en d閏lin au sein du parti tory et le lib閞alisme des Canningites faisait des progr鑣 significatifs ; mais avec le minist鑢e des Colonies entre les mains de Bathurst, il y eut peu de changement dans l'attitude envers le Canada jusqu'en 1827 quand, apr鑣 la retraite de Lord Liverpool, les vieux tories refus鑢ent de suivre Canning et les plus lib閞aux des Whigs se ralli鑢ent son soutien. Le remaniement minist閞iel amena Huskisson, un lib閞al prononc, au minist鑢e des Colonies, et comme il 閠ait un tory lib閞al, il y resta apr鑣 la dissolution de la coalition et la formation d'un gouvernement tory. Ainsi, en 1828, nous avons un comit pr閟id par Huskisson qui 閠udie les probl鑝es politiques du Canada pour la premi鑢e fois dans un esprit lib閞al et dans une perspective hautement politique. Si l'on tient compte du fait qu' cette 閜oque, personne n'avait encore pens ce que nous appelons le gouvernement responsable, on est port croire que les recommandations de ce comit de 1828 閠aient presque les meilleures qui pouvaient 阾re faites. Apr鑣 la chute des conservateurs, elles sont devenues un guide g閚閞al de la politique britannique l'間ard du Canada et le fait que plusieurs d'entre elles aient 閠 mises en application avant la r閎ellion de 1837 a beaucoup contribu am閘iorer la situation. Mais elles ne sont pas adopt閑s imm閐iatement. Huskisson ne travaille pas facilement avec d'autres hommes, et le duc de Wellington ne veut pas avoir deux commandants en chef dans son cabinet. Ainsi, la premi鑢e bonne occasion, Huskisson est mis l'閏art. Pour l'instant, la recommandation sur le Canada le suivit et la politique coloniale revint l'ancien toryisme.

Lorsque les Whigs sont arriv閟 en 1830, c'閠ait dans des circonstances qui les ont forc閟 adopter une politique lib閞ale en Grande-Bretagne qui, pendant un certain temps, a 閠 abandonn閑 au Canada. Le sous-secr閠aire de Goderich l'Office des colonies 閠ait Lord Howick, qui, en tant que troisi鑝e comte Grey, devait seize ans plus tard 閠ablir au Canada le nouveau syst鑝e de gouvernement responsable issu de la r閎ellion et du rapport de Lord Durham. En 1830, il dirigeait d閖 depuis peu le minist鑢e des Colonies et il a imm閐iatement instaur une politique lib閞ale et g閚閞euse l'間ard du Canada qui, pour les esprits les plus sombres d'ici, n'閠ait rien de moins qu'une r関閘ation. Papineau est nomm au conseil ex閏utif, bien qu'il refuse d'agir. On offrit aux assembl閑s canadiennes le contr鬺e de tous les revenus provinciaux, l'exception des revenus occasionnels et territoriaux, en 閏hange d'une liste civile tr鑣 limit閑 et raisonnable, et lorsque l'assembl閑 du Bas-Canada refusa l'offre cette condition, l'Acte Howick de 1831 leur donna ces revenus sans condition. Mais juste ce moment-l, un changement dans le cabinet britannique a fait de Stanley le secr閠aire colonial, et Stanley 閠ait le membre le plus conservateur de l'administration Grey. Il avait caus des probl鑝es en Irlande, en tant que secr閠aire irlandais, et maintenant il 閠ait d閜lac vers les colonies o, du point de vue britannique de l'閜oque, les probl鑝es ne seraient pas si importants. O'Connell a d閏lar que Stanley avait accompli quelque chose en Irlande qu'aucun autre homme n'avait 閠 capable d'accomplir. Il avait enfin uni tous les Irlandais dans un sentiment commun. Ce sentiment 閠ait un sentiment d'antipathie envers lui-m阭e. Stanley 閠ait maintenant secr閠aire d'Etat aux colonies et Howick sous-secr閠aire aux colonies ! Les deux 閠aient comme l'huile et l'eau. En quelques semaines, Howick a d閙issionn. Stanley, laiss en charge des colonies, sans Howick pour le d閞anger, endurcit rapidement le c渦r des lib閞aux canadiens dans les deux provinces. Sa r閕nt間ration d'Hagerman fait passer Mackenzie de l'espoir au d閟espoir. Stanley 閠ait sur le point d'amender la loi Howick de 1831, Roebuck, le principal conseiller anglais de Papineau, sugg閞ait d閖 une r閎ellion, - et puis, au milieu d'un discours de Lord John Russell sur l'Irlande, Stanley a 閏rit sur un bout de papier, "Johnny a renvers le carrosse", l'a pass Graham, et en quelques jours Stanley et Graham avaient quitt le minist鑢e et le parti Whig pour toujours. Une crise au Canada fut 関it閑, car Spring Rice, qui succ閐a Stanley comme secr閠aire colonial, refusa de proc閐er l'abrogation de l'Acte de 1831 et initia une politique conciliante. Roebuck conseille Papineau de modifier son attitude r閏alcitrante. Spring Rice reste en fonction pendant six mois, les Tories reviennent au pouvoir pendant cinq mois avec Aberdeen au minist鑢e des Colonies, et en avril 1835, les Whigs reviennent au pouvoir et Lord Glenelg est secr閠aire colonial pendant l'ann閑 et demie environ qui pr閏鑔e les r閎ellions canadiennes.

Lord Glenelg a souffert ind鹠ent aux mains de ses contemporains et des historiens. La r閜utation de beaucoup d'hommes a 閠 entach閑 par une habitude particuli鑢e et Glenelg avait la f鈉heuse habitude de s'endormir aux moments les plus inopportuns. Lorsqu'il se passait quelque chose de tr鑣 int閞essant, on jetait un coup d'渋l autour de soi et on d閏ouvrait que Glenelg 閠ait endormi. Dans un journal manuscrit auquel j'ai eu acc鑣 en Angleterre, je suis tomb sur l'entr閑 suivante concernant le couronnement de la reine Victoria : "Lord Glenelg 閠ait assis c魌 de moi au couronnement. Au milieu de la c閞閙onie, il s'est endormi et sa couronne s'est d閠ach閑 et a disparu par une ouverture sous son si鑗e, tombant parmi les tombes sous l'abbaye."

Cette habitude de s'endormir partout et n'importe o a naturellement conduit la supposition que la politique coloniale dans les mains du Lord Glenelg endormi 閠ait une politique dodue, mais dans l'esprit des politiciens anglais, une politique coloniale dodue n'avait pas beaucoup d'importance - avant la r閎ellion de 1837. Apr鑣 la r閎ellion canadienne, elle est devenue tr鑣 importante et Lord Glenelg a d se retirer du gouvernement avec ses siestes, pour ne plus jamais y revenir. James Stephen, qui est devenu sous-secr閠aire permanent au minist鑢e des Colonies l'ann閑 pr閏閐ant la r閎ellion, qui 閠ait le "M. Mother Country" du c閘鑒re sketch de Charles Buller, et qui a vu tant de secr閠aires coloniaux aller et venir, a d閏lar que de tous, aucun n'accordait autant d'attention aux affaires des colonies que Lord Glenelg, qu'aucun n'閠ait plus minutieux dans l'閠ude et la pr閜aration des d閜阠hes et l'閘aboration des mesures. Cela sugg鑢e que Glenelg a peut-阾re d rattraper, lors des couronnements et ailleurs, le sommeil qu'il avait perdu pendant les heures apr鑣 minuit r閒l閏hir aux probl鑝es de l'Empire lointain. Mais quoi qu'on en dise, et que ses politiques soient celles de Glenelg ou de "Monsieur M鑢e Patrie", l'administration coloniale de Lord Glenelg 閠ait, malgr sa conciliation et ses bonnes intentions, trop irr閟olue et trop ambigu pour freiner les extr閙istes canadiens dans leur course la r閎ellion.

Mais les forces qui cr閍ient une nouvelle Angleterre cette 閜oque op閞aient sous la pression de personnes ext閞ieures aux partis tory et whig, la classe dirigeante. Ce qui 閠ait essentiellement un grand mouvement pour la d閙ocratie (bien que le mot "d閙ocratie" ait 閠 関it) faisait son chemin, accompagn du mouvement 閏onomique que nous appelons la r関olution industrielle et d'un formidable d関eloppement de l'閐ucation parmi les classes moyennes et inf閞ieures, chacun de ces trois facteurs r閍gissant continuellement sur les autres et les acc閘閞ant. C'閠ait une 閜oque o l'humanit 閠ait en marche de mani鑢e pr殚minente. Les vieilles choses de l'Angleterre disparaissaient, tout devenait nouveau. La s閞ie de r閒ormes r閍lis閑s au cours des dix ann閑s qui ont pr閏閐 1837 a 閠, relativement parlant, la plus frappante de l'histoire britannique. Elles sont trop connues pour que je les raconte ici. Pendant tout ce temps, les partisans de la d閙ocratie se sont appel閟 indiff閞emment Radicaux et R閒ormateurs, et parfois R閒ormateurs radicaux.

Cette r関olution pacifique qui s'est produite en Grande-Bretagne au cours des dix ann閑s pr閏閐ant 1837 a influenc le d関eloppement politique du Canada, grosso modo, par trois voies : les id閑s et les perspectives politiques des milliers de personnes qui sont pass閑s d'un pays l'autre au cours de cette grande p閞iode d'閙igration de la Grande-Bretagne vers le Canada, le fait de rapporter de diverses fa鏾ns la nouvelle Grande-Bretagne les faits et gestes de la vieille Grande-Bretagne, et l'influence directe et les conseils des chefs radicaux, en particulier Hume et Roebuck.

Parmi les milliers de personnes qui sont parties au Canada - 8 000 en 1825, 30 000 en 1830, 66 000 en 1832 - peu ont laiss des traces de ce qu'elles pensaient de la politique et de la d閙ocratie, mais je pense que nous pouvons tirer certaines conclusions sans risque. La plupart d'entre eux venaient des classes inf閞ieures, ils 閠aient sortis avec un minimum d'閐ucation, et nous ne devons pas supposer une compr閔ension 閘abor閑 des th閛ries politiques. En d'autres termes, nous ne trouverons pas leurs pens閑s dans des livres comme le Radicalisme philosophique d'Hal関y, mais plut魌 dans cette simple d閙ocratie pratique que l'on rencontre dans les Passages in the Life of a Radical de Bamford, dans l'autobiographie de Lovett et dans Fifty Years of an Agitator's Life de Holyoake. Bien s鹯, seuls quelques-uns d'entre eux sont all閟 aussi loin dans la d閙ocratie que les auteurs de classe inf閞ieure de ces livres, mais les id閑s g閚閞ales auxquelles ils font r閒閞ence sont largement r閜andues. la suggestion que beaucoup d'entre eux ne pensaient gu鑢e la politique et la d閙ocratie, je r閜ondrai que la politique et le d関eloppement pratique des aspirations d閙ocratiques 閘ectrisaient toute la vie de l'Angleterre cette 閜oque marqu閑 par les pr阠hes de Cobbett selon lesquels les seuls espoirs des classes inf閞ieures r閟idaient dans l'obtention d'une voix au gouvernement, les r閡nions de masse monstres adress閑s par l'orateur Hunt et d'autres, l'excitation caus閑 par Peterloo en 1819, alors que l'Angleterre 閠ait au bord d'un soul鑦ement arm, la clameur autour du proc鑣 de la Reine, l'organisation nationale des Unions politiques, la lutte dramatique pour le projet de loi de r閒orme de 1832, la d閏eption populaire que le projet de loi de r閒orme n'ait pas 閠 suivi d'autres extensions de la d閙ocratie, et l'agitation cons閝uente qui a culmin juste apr鑣 la r閎ellion canadienne dans les manifestations du chartisme. C'閠ait la p閞iode o, comme nulle part ailleurs, la classe inf閞ieure de la Grande-Bretagne a d関ers sa vie au Canada. Avec le projet de loi sur la r閒orme du d閎ut des ann閑s trente, la Grande-Bretagne a connu une r関olution politique pacifique avec des suggestions de r関olution arm閑 constamment sur ses talons ; la fin des ann閑s trente, apr鑣 une d閏ennie de troubles, les extr閙istes sugg閞aient une r関olution par la force physique. En 1837, les extr閙istes du Canada ont organis leur r閎ellion.

J'ai dit que ceux qui s'agitaient pour la d閙ocratie en Angleterre dans ces ann閑s-l s'appelaient eux-m阭es des r閒ormateurs. Les r閒ormateurs ou les radicaux constituaient un troisi鑝e parti politique. Au Canada, la m阭e 閜oque, les partis politiques se nommaient R閒ormateurs et Tories. Le terme Whig 閠ait rarement employ dans la politique canadienne. Personne au Canada ne pouvait vraiment 阾re un Whig. La t阾e et le centre de ce parti en Angleterre 閠aient constitu閟 d'un groupe de familles aristocratiques et de sang bleu 閠roitement mari. Comme l'a dit Charles Lamb, " Ces maudits Whigs sont tous cousins ". Aucun de ces cousins n'est venu au Canada.

Les r閒ormateurs au Canada n'ont pas adopt le m阭e programme politique que les r閒ormateurs en Grande-Bretagne. L'extension du droit de vote n'閠ait pas un objectif atteindre, car au Canada, le droit de vote avait d閖 un caract鑢e d閙ocratique. Mais les membres de l'assembl閑 ainsi 閘us se trouvaient contrari閟 par le fait qu'un conseil l間islatif oligarchique pouvait rejeter leurs mesures quand bon lui semblait et qu'un ex閏utif oligarchique administrait le gouvernement, quel que soit le r閟ultat des 閘ections. Les r閒ormateurs canadiens ont trouv dans cette oligarchie bon nombre des caract閞istiques r閜r閔ensibles du gouvernement aristocratique qu'ils avaient appris d閠ester en Angleterre.

Mais certains 閘閙ents du programme radical britannique ont 閠 adopt閟 au Canada. Pour les radicaux britanniques les plus perspicaces, le bulletin de vote 閠ait aussi important que l'extension du droit de vote. Des enqu阾es men閑s la veille du projet de loi sur la r閒orme ont permis de conclure que les dirigeants populaires pr閒閞eraient le scrutin et une franchise de vingt livres une franchise de dix livres sans scrutin. En parcourant les manuscrits de Place au British Museum, j'ai constamment rencontr la conviction exprim閑 par Francis Place et par bon nombre de ses coadjuteurs que n'importe quel degr d'extension de la franchise ferait l'affaire tant que le bulletin de vote serait adopt. Ils devaient rechercher le bulletin de vote et tout s'y ajouterait. Le plus grand obstacle sur le chemin de la d閙ocratie 閠ait le vote ouvert. En ce qui concerne les d閏larations publiques, l'exception de Grote, le d閒enseur le plus ardent et le plus persistant du scrutin 閠ait Roebuck, qui 閠ait en m阭e temps l'un des deux principaux conseillers britanniques des radicaux canadiens. La demande de scrutin figure dans de nombreux manifestes des r閒ormateurs canadiens. En 1835, un projet de loi sur le scrutin a 閠 adopt par l'assembl閑 du Haut-Canada et rejet par le conseil l間islatif. La n閏essit du bulletin de vote au Canada peut 阾re illustr閑 par le fait que dans le Patriot (organe tory de Toronto) du 1er juillet 1836, on a imprim une liste de tous ceux qui avaient vot pour Draper, candidat tory, et ceux qui avaient vot pour Small, candidat r閒ormiste, lors de l'閘ection de 1836 pour la l間islature. Pour rendre la liste doublement utile, l'adresse et la profession de chaque 閘ecteur de chaque c魌 閠aient indiqu閑s. Il faut ajouter, bien s鹯, que le bulletin de vote 閠ait d閖 utilis aux 蓆ats-Unis et qu'il y avait probablement une influence am閞icaine aussi bien que britannique dans cette direction.

Un autre objectif des radicaux britanniques 閠ait le d関eloppement de l'閐ucation, et en particulier de l'閐ucation la飍ue. C'閠ait aussi, bien s鹯, un id閍l am閞icain. Mais lorsque nous passons de l'enseignement primaire aux coll鑗es et aux universit閟, nous constatons que ces derniers 閠aient, aux 蓆ats-Unis, des fondations religieuses avec un enseignement religieux. l'閜oque, il n'y avait qu'une seule universit dans le monde anglophone qui avait un caract鑢e la颿. Il s'agissait de l'Universit de Londres, fond閑 en 1826 par un groupe de whigs lib閞aux, dont le plus actif 閠ait Brougham, et de radicaux, dont le plus actif 閠ait Joseph Hume, qui 閠ait en correspondance constante avec les dirigeants r閒ormistes du Haut-Canada. C'est pour une universit la飍ue dans le Haut-Canada que les r閒ormistes se sont battus contre Strachan et le Family Compact. Au cours des interminables d閎ats sur cette question, on trouve au moins une r閒閞ence occasionnelle l'Universit de Londres. L'abolition des crit鑢es de propri閠 pour les membres du Parlement, un autre article du programme radical en Grande-Bretagne, 閠ait l'une des mesures propos閑s par les r閒ormistes du Haut-Canada.

Il est, bien s鹯, difficile de dire quelle part de l'activit des r閒ormateurs canadiens 閠ait due aux suggestions et aux conseils directs des dirigeants radicaux britanniques, mais je crois que ce facteur a 閠 d'une importance consid閞able. Avant le projet de loi r閒ormiste, le chef radical le plus remarquable au Parlement 閠ait Joseph Hume ; apr鑣 1832, Hume a partag cette distinction avec John Arthur Roebuck. Et ce sont ces deux Anglais qui ont donn les avis, les conseils et les stimuli les plus constants aux chefs radicaux canadiens au cours de la p閞iode pr閏閐ant la r閎ellion.

Hume est le "chien de garde du tr閟or" le plus persistant de l'histoire du XIXe si鑓le. Poss閐ant une r閑lle capacit financi鑢e, il soumettait tous les cr閐its gouvernementaux un examen impitoyable, mais il 閠ait particuli鑢ement dur envers les pensions, les hauts salaires et les sin閏ures. cet 間ard, il ne nous rappelle personne autant que William Lyon Mackenzie, pour qui il est devenu, au d閎ut des ann閑s trente, un guide, un conseiller et un ami. Mackenzie n'a peut-阾re pas eu besoin des encouragements de Hume pour se lancer dans sa carri鑢e de chasseur de griefs, mais je ne doute pas qu'il consid閞ait Hume comme un exemple brillant et une source constante d'encouragement. Joseph Hume, d'ailleurs, avait la langue bien pendue. Lorsqu'un membre aristocratique du Parlement a fait des remarques d閟obligeantes sur les ant閏閐ents familiaux de Hume, ce dernier a r閜ondu : "Tout ce que je tiens dire, c'est que si mon p鑢e 閠ait le premier gentilhomme de ma famille, le p鑢e de l'honorable gentleman 閠ait le dernier gentilhomme de la sienne".

John Arthur Roebuck 閠ait le petit-fils de l'un des grands hommes de la r関olution industrielle sur le plan scientifique. Le fait qu'il ait pass son enfance et le d閎ut de sa vie d'homme dans le Bas-Canada n'a aucune incidence sur sa carri鑢e ult閞ieure, si ce n'est qu'il s'est probablement int閞ess davantage au sort du Canada. Il est certain qu'il ne s'est pas rendu compte que quelque chose n'allait pas dans le Bas-Canada tant qu'il y a v閏u, et Roebuck n'avait rien de radical avant de retourner en Angleterre en 1824, de rencontrer James Mill et d'avaler les doctrines de Bentham dans leur int間ralit. Contrairement Hume, Roebuck 閠ait un doctrinaire qui voyait le rem鑔e toutes choses dans la mise en pratique de la philosophie politique benthamienne. Et nous ne devons pas oublier que l'un des premiers ouvrages de Bentham avait 閠 intitul Emancipez vos colonies, que Francis Place et ses amis faisaient constamment r閕mprimer de nouvelles 閐itions de ce pamphlet, et que tout bon radical croyait que plus vite les colonies d閏laraient leur ind閜endance, mieux c'閠ait pour toutes les parties concern閑s. Roebuck 閠ait de loin le plus 閘oquent de tous les d閜ut閟 radicaux et le d閙ocrate le plus intransigeant de tous. une 閜oque o le mot "d閙ocratie" 閠ait encore 関it, bien que la chose elle-m阭e soit en bonne voie, Roebuck prenait plaisir lancer le mot offensant dans les dents de la Chambre des communes. En 1835, il devient l'agent officiel Londres de l'assembl閑 du Bas-Canada, mais bien avant cela, il avait 閠abli des relations 閠roites avec Papineau et ses confr鑢es. Hume correspond avec les chefs radicaux du Haut-Canada et s'occupe d'eux lorsqu'ils se rendent Londres ; Roebuck fait de m阭e pour les chefs du Bas-Canada.

La victoire de la d閙ocratie britannique sur la Chambre des lords lors de la crise du Reform Bill de 1832 aiguise l'app閠it des radicaux, et lorsque plusieurs mesures de r閒orme sont rejet閑s par les lords, ils soul鑦ent la question de la limitation permanente de cette Chambre. En 1835, Daniel O'Connell organisa une campagne de discours dans le nord de l'Angleterre en faveur d'une chambre des lords 閘ective et Roebuck fit part d'un projet de loi visant 閠ablir un veto suspensif similaire celui des lords l'heure actuelle. Au cours de l'閠 1833, ces pens閑s 閠aient d閖 dans l'esprit des dirigeants radicaux et, dans un 閐itorial du mois d'ao鹴, m阭e le Times soulevait la question de savoir ce qu'il fallait faire avec les lords. Or, au Canada, dans une mesure beaucoup plus grande qu'en Angleterre, une chambre haute constituait un obstacle fondamental la d閙ocratie. Je n'ai trouv aucune suggestion d'un conseil l間islatif 閘ectif au Canada avant cette ann閑 1833. Mais cet 閠-l, deux hommes politiques canadiens influents, Viger et Mackenzie, 閠aient en Angleterre, en contact 閠roit avec Roebuck et Hume. Imm閐iatement apr鑣 leur retour au Canada, nous entendons parler d'une chambre haute 閘ective dans les deux provinces. La proposition a 閠 faite l'assembl閑 du Bas-Canada avant la fin de l'ann閑, et lors de l'閘ection du Haut-Canada de l'ann閑 suivante, elle a 閠 l'une des principales questions soulev閑s par les r閒ormistes et une question test pour tous les candidats. S'exprimant plusieurs ann閑s plus tard la Chambre des communes, Roebuck a d閏lar que le conseil qu'il avait donn l'origine aux chefs radicaux canadiens 閠ait d'essayer de se d閎arrasser compl鑤ement de leurs conseils l間islatifs, mais que ce conseil avait 閠 modifi pour proposer des conseils 閘ectifs.

Comme les 関閚ements l'ont montr, cette proposition a men tout droit la r閎ellion. Papineau voulait un conseil 閘ectif ou rien. Le refus du gouvernement britannique de rendre le conseil l間islatif 閘ectif a 閠 la principale cause du refus d'approvisionnement du Bas-Canada pendant les quatre ann閑s pr閏閐ant la r閎ellion, et les r閟olutions Russell, qui pr関oyaient un moyen arbitraire de financer le gouvernement sans les approvisionnements, ont pr閏ipit la r閎ellion dans les deux provinces.

Pour revenir l'閠 1833, - Mackenzie 閠ait en Angleterre depuis plus d'un an, vivant comme le compagnon de Hume, Roebuck et Francis Place dans une atmosph鑢e satur閑 par le radicalisme britannique. Il s'閠ait d'abord r閖oui de l'ordre de Goderich (ou de Howick) de le laisser si間er l'assembl閑 du Haut-Canada, et de la r関ocation, en raison de leur attitude r閏alcitrante, de Hagerman et de Boulton, qui avaient 閠 les principaux responsables de son expulsion. Mais lorsque Stanley est devenu secr閠aire colonial, qu'il a r閕nt間r Hagerman et qu'il a g閚閞alement renvers la politique lib閞ale de Goderich et de Howick, Mackenzie a d関elopp un 閠at d'esprit particuli鑢ement r閏eptif aux propos de ses amis radicaux britanniques sur le d閟espoir d'attendre quoi que ce soit des Whigs aristocratiques et la n閏essit pour les colonies de s'閙anciper. En cherchant quelque chose de tr鑣 diff閞ent, je suis tomb sur un passage des manuscrits de Place qui rapporte que Mackenzie avait d閏lar l'閜oque que si les Canadiens n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient, ils feraient descendre le fleuve aux troupes britanniques, et qu'il 閠ait convaincu qu'une r閎ellion canadienne recevrait un soutien ad閝uat des 蓆ats voisins de l'union am閞icaine.

L'ann閑 suivante, Hume 閏rivit Mackenzie sa lettre sur la "domination malsaine", qui est trop bien connue pour que je m'y attarde, sauf pour exprimer ma conviction que par "domination malsaine de la m鑢e patrie", Hume entendait la domination britannique et que par "ind閜endance", il entendait exactement ce qu'il disait. Et ces choses 閠aient pr閏is閙ent ce que Mackenzie a dit dans un langage plus fort alors qu'il appelait le Haut-Canada se rebeller en 1837. La m阭e ann閑, en 1834, Roebuck a 閏rit un comit radical de Montr閍l que certaines choses devaient 阾re tent閑s avant de recourir un soul鑦ement arm.

Lorsque les r閟olutions Russell ont 閠 pr閟ent閑s au Parlement britannique en mars 1837, les chefs radicaux, Molesworth, Roebuck et Hume, ont d閏lar que l'argent des habitants du Bas-Canada devait 阾re utilis sans leur consentement, que la question 閠ait semblable celle de l'invasion de l'頻e de Vancouver.

Les discours de Molesworth et de Roebuck 閠aient si forts qu'ils 閠aient pratiquement des incitations directes la r閎ellion. Roebuck a trac la voie que Papineau a suivie pendant l'閠 de cette ann閑 de r閎ellion et qu'O'Callaghan et les autres ont compl閠閑 l'automne.

La relation suivante entre le chartisme et la r閎ellion canadienne est au moins int閞essante. William Lovett, dans son autobiographie aujourd'hui plut魌 obscure intitul閑 Life and Struggles in Pursuit of Bread, Knowledge and Freedom, d閏rit la formation de la London Workingmen's Association en juin 1836 et poursuit comme suit : "En f関rier 1837, notre association a convoqu une r閡nion publique dans le but d'adresser une p閠ition au Parlement pour [les six points du chartisme]. La pri鑢e de cette p閠ition a constitu le noyau de la fameuse Charte du peuple, dont on peut dire qu'elle a vu le jour lors de cette r閡nion. . . . Lorsque Lord John Russell [quelques semaines plus tard] a propos au Parlement ses inf鈓es r閟olutions pour la coercition des Canadas... notre association s'est indign閑 de l'attitude de ses membres. ... notre association s'est sentie indign閑 ce sujet. Nous avons donc convoqu une r閡nion publique pour adresser une p閠ition au Parlement. . . . Un peu plus tard, notre association de travailleurs a envoy l'"adresse au peuple canadien" suivante. Je n'en lirai que quelques phrases. "Amis sur le chemin de la libert, fr鑢es sous l'oppression...". La libert dans une blouse est plus qu'un match pour la tyrannie en armure. . . . Si la m鑢e patrie ne rend pas justice ses colonies, elle ne doit pas se sentir d殓ue de voir sa prog閚iture l'abandonner. ... . . Que vous trouviez encore le soleil de l'ind閜endance souriant sur vos villes en plein essor, vos ruelles joyeuses, vos for阾s enchev阾r閑s et vos lacs gel閟, c'est le souhait ardent des membres de l'Association des travailleurs. " quoi Lovett ajoute que "cette adresse a 閠 largement diffus閑 au Canada".

J'ai consacr tellement de temps ces d関eloppements anglais que je dois me limiter quelques minutes pour sugg閞er certaines des influences politiques am閞icaines possibles sur les Canadas de la p閞iode pr-r閎ellion. Une influence claire et forte 閠ait celle de la s閜aration de l'蒰lise et de l'蓆at, y compris l'opposition la subvention par l'蓆at de toute entreprise religieuse, une conception nettement am閞icaine. Tout au long de cette p閞iode, cette force luttait au Canada contre les traditions britanniques. Outre les restrictions la d閙ocratie, le plus grand grief dans le Haut-Canada 閠ait celui des r閟erves du clerg. Il est certain que la politique de ceux qui se sont rebell閟, celle de la s閏ularisation des R閟erves, 閠ait une politique am閞icaine. La pratique am閞icaine qui consiste diriger le parti majoritaire la l間islature partir du fauteuil du pr閟ident de l'assembl閑 est 間alement apparente au Canada, comme en t閙oigne la domination de Papineau, pr閟ident perp閠uel de l'assembl閑 du Bas-Canada, et le fait que Bidwell, qui a 閠 閘u pr閟ident de l'assembl閑 lorsque les r閒ormistes 閠aient majoritaires, a 閠 clairement reconnu pendant toute la p閞iode comme le chef des r閒ormistes du Haut-Canada. Bien que les suggestions directes d'une chambre haute 閘ective et du scrutin soient venues d'Angleterre, leur existence et leur fonctionnement aux 蓆ats-Unis ont probablement 閠 des facteurs stimulants pour ceux qui les ont pr閏onis閑s. Parmi les sources de l'閜oque, on trouve ici et l des suggestions concernant l'閘ection des juges et des sh閞ifs. Les radicaux sugg閞aient fr閝uemment la s閘ection des juges, des sh閞ifs et des magistrats par la chambre repr閟entative de la l間islature. Ces id閑s 閠aient clairement am閞icaines. Mackenzie, O'Callaghan et le Dr Morrison, tous chefs de file de la r閎ellion lorsqu'elle a 閏lat, ont parfois propos l'閘ection de gouverneurs. Dans les mois pr閏閐ant imm閐iatement la r閎ellion, Mackenzie a imprim dans son journal des extraits de constitutions d'蓆ats am閞icains, et le r間ime de gouvernement qu'il a propos pour le Haut-Canada 閠ait enti鑢ement model sur les formes am閞icaines.

Bien que ces faits illustrent l'influence am閞icaine sur les radicaux extr阭es du Haut-Canada, le groupe d'o 閙anait la r閎ellion, ils illustrent 間alement l'impraticabilit totale des hommes qui ont lanc une r閎ellion dans cette province en 1837. Car de telles institutions am閞icaines ne pourraient jamais 阾re accept閑s par la majorit de ses habitants. Le pr閖ug contre les Am閞icains, 閙anant non seulement des Loyalistes mais aussi de l'attachement au lien britannique ressenti par les immigrants de Grande-Bretagne, 閠ait beaucoup trop fort. Toute suggestion am閞icaine faisait le jeu des conservateurs et la presse conservatrice encourageait avec confiance le pr閖ug anti-am閞icain. Incidemment, le Toronto Patriot recueillait tous les r閏its de lynchages, de sc鑞es de foule et d'actes de violence qui pouvaient 阾re recueillis dans toutes les parties de l'union am閞icaine et les publiait semaine apr鑣 semaine sous le titre "The Sovereign People".

La p閞iode pr閏閐ant la r閎ellion 閠ait, bien s鹯, celle de la d閙ocratie jacksonienne aux 蓆ats-Unis. Il n'est pas n閏essaire de rappeler ceux qui 閠udient l'histoire am閞icaine ce jour, huit ans avant la r閎ellion canadienne, o cette horde h閠閞oclite venue des 蓆ats p閞iph閞iques de l'Union a envahi la capitale nationale, a improvis l'assembl閑 g閚閞ale de l'Union et s'est mise en route.

Ils sont venus pour inaugurer le r鑗ne de l'homme du peuple, pour c閘閎rer l'閘ection la pr閟idence du h閞os de l'homme du peuple, la victoire du peuple sur les aristocrates, les bureaucrates, les banquiers et les grandes entreprises. Ils sont venus pour introniser un messie politique ; ils sont aussi venus pour les pains et les poissons. Car Andrew Jackson devait d閙ettre de leurs fonctions tous les opposants politiques et r閏ompenser tous les amis politiques. Le "syst鑝e des d閜ouilles" devait 阾re inaugur et tous ceux qui 閠aient int閞ess閟 par la ru閑 devaient 阾re sur la sellette. Un peu plus tard, le Postmaster-General McLean a dit au pr閟ident Jackson qu'il 閠ait oppos au licenciement de post-masters efficaces pour des raisons politiques uniquement. Jackson tire sur sa pipe pendant quelques minutes, s'approche de la fen阾re, regarde dehors, revient et dit : "M. McLean, acceptez-vous de si間er la Cour supr阭e ?" McLean a accept et les ma顃res de poste sont partis. Les apologistes de Jackson ont fait remarquer que seulement 800 ma顃res de poste ont 閠 cong閐i閟 sur un total de 8 000 et que le massacre des titulaires de poste 閠ait loin d'阾re aussi important que celui, par exemple, qui a marqu l'閘ection de l'honn阾e Abe Lincoln. L'inauguration de Jackson n'閠ait que le d閎ut de plus grandes choses.

Il est difficile de trouver des preuves de l'influence directe de la d閙ocratie jacksonienne au Canada. Et il vaut peut-阾re la peine d'attirer l'attention sur le fait que la partie des 蓆ats-Unis qui bordait directement le Haut-Canada s'est prononc閑 contre Jackson en 1832 et contre Van Buren en 1836. Mais l'閙oi suscit par la d閙ocratie jacksonienne a d in関itablement stimuler l'agitation qui r間nait d閖 au Canada et accro顃re le m閏ontentement de l'homme du peuple face l'insolence des privil鑗es et aux restrictions d'un gouvernement r閜ressif et arbitraire. Les radicaux canadiens en sont venus parler des banques peu pr鑣 comme Jackson. La fronti鑢e canadienne, comme la fronti鑢e am閞icaine, 閠ait dans une certaine mesure oppos閑 aux grandes entreprises de l'Est. Au Canada, en fait, c'閠ait beaucoup plus l'est, Londres et non Montr閍l. Les politiques des marchands montr閍lais qui s'appelaient eux-m阭es "le parti britannique" 閠aient fa鏾nn閑s dans une large mesure par les int閞阾s canadiens dans la m閠ropole britannique.

Le " syst鑝e des d閜ouilles " jacksonien a eu une influence marqu閑 sur la politique canadienne, mais cette influence s'est surtout manifest閑 apr鑣 la r閎ellion. L'utilisation du favoritisme des fins politiques 閠ait, bien s鹯, r閜andue dans le Family Compact et dans le syst鑝e anglais des rotten-boroughs bien avant le r鑗ne de Jackson, mais la vue d'un changement massif de titulaires de charge la suite d'une 閘ection 閠ait un nouveau facteur qui a d ajouter l'impatience avec laquelle certains dans le Haut-Canada consid閞aient leur gouvernement. La premi鑢e 閘ection remport閑 par les r閒ormistes du Haut-Canada apr鑣 l'accession de Jackson aux 蓆ats-Unis fut celle de 1834. Imm閐iatement, les r閒ormistes ont commenc cr閑r autant de patronage que possible en contr鬺ant l'assembl閑. Les gros butins 閠aient hors de leur port閑, mais l'assembl閑 a cr殚 un nombre incroyable de postes de commissaires, pratiquement tous occup閟 par des r閒ormistes, et le plus grand nombre par des d閜ut閟 r閒ormistes. Peter Perry, qui 閠ait le voisin de Bidwell la t阾e du parti r閒ormiste, a occup six de ces postes de commissaire. Mais Peter Perry et la plupart de ces commissaires appartenaient aux r閒ormistes mod閞閟. Parmi les chefs de la r閎ellion, Duncombe et Gibson figurent sur la liste, mais le nom de Mackenzie n'appara顃 pas, pas plus que ceux de Morrison ou de Lount. Mackenzie 閠ait honn阾ement et profond閙ent d間o鹴.

J'ai beaucoup parl de la d閙ocratie parce que je suis convaincu que le sort des habitants des Canadas, il y a cent ans, 閠ait tout sauf malheureux par rapport au reste du monde, que leur condition 閏onomique et sociale 閠ait relativement heureuse et qu'elle n'aurait pas pu produire ou justifier une r閎ellion. Mais dans le monde dans lequel ils vivaient, ils ne pouvaient se satisfaire ind閒iniment d'autre chose que du contr鬺e de leur gouvernement - c'est--dire de la d閙ocratie. La d閙ocratie part enti鑢e a 閠 閠ablie au Canada la suite de la r閎ellion, c'est--dire la suite du rapport de Lord Durham, lui-m阭e issu de la r閎ellion. La m閠hode par laquelle elle a 閠 閠ablie 閠ait le gouvernement responsable, mais je n'ai rien dit ce sujet, car ce que nous appelons le gouvernement responsable n'閠ait pas un facteur important dans la p閞iode pr閏閐ant la r閎ellion et n'閠ait certainement pas dans l'esprit des rebelles.

Mon but 閠ait de traiter des causes plut魌 que des r閟ultats, mais l'un des r閟ultats de la r閎ellion canadienne a 閠 le rapport de Lord Durham, et j'ai 閏rit ailleurs sur la place qu'il occupe dans l'histoire du monde en g閚閞al : "Le rapport de Lord Durham est plus que la charte de la d閙ocratie et de l'autonomie canadienne, la pierre angulaire de la premi鑢e nation britannique au-del des mers. C'est le grand tournant de l'histoire imp閞iale britannique. C'est l'un des rares 関閚ements de l'histoire du monde dont on peut dire que c'est le d閎ut de quelque chose d'absolument nouveau sous le soleil. Lorsque le type unique d'empire qu'il a cr殚 aura compl鑤ement accompli son destin, il sera temps de se risquer une v閞itable estimation de son importance.

 

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