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Les Patriotes de 1837@1838 - Les Canadiens et la colonisation des Townships (1821). Tiré de <i>Histoire du Canada par les textes</i>
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Les Canadiens et la colonisation des Townships (1821). Tiré de Histoire du Canada par les textes
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




A cause de l'étendue des terres de la Couronne laissées incultes dans le Bas-Canada, la Chambre d'Assemblée, en 1821, institua une enquête auprès des curés. Elle fit parvenir à chacun d'eux une série de quatorze questions, dont la dernière se lisait comme suit Va-t-il aucun des habitants s'établir dans les Townships concédés en franc et commun soccage, et s'il n'y en va pas, à quelle cause l'attribuez-vous? Les curés répondirent presque unanimement que personne n'y allait. Ils expliquèrent ce fait par les causes suivantes: les réserves considérables du clergé protestant et de la Couronne, l'attitude des Canadiens au sujet de la tenure en franc et commun soccage la grande pénurie de prêtres dans ces régions.

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Ces Lettres des curés furent publiées par la Chambre en 1823. La réponse de M. Painchaud, curé de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, datée du 26 février 1821, traduit exactement l'opinion des Canadiens au sujet de la colonisation des Townships (Lettres des curés, 23-25). Pour une carte des Townships, voir Marcel Trudel, Atlas historique, no 64.

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... 14. Il ne va aucun des habitans s'établir dans les Townships concédés en franc et commun soccage. Le Township d'Ixworth dont on a concédé quelques lots, est cependant tout à la portée de nos Cultivateurs surnuméraires des Paroisses de Ste. Anne et de la Rivière Ouelle, joignant à l'une et à l'autre en parties à peu près égales: un chemin fort aisé conduit à ce Township; de plus la population surabondante de la Paroisse, comme je l'ai dit plus haut, ne désire que d'avoir des terres aussi à proximité que possible, et le Township n'est séparé que d'une ligne de nos dernières habitations; néanmoins personne n'ose aller s'y établir: il n'y a que deux ou trois petites maisons qui ont été abandonnées successivement depuis 6 à 7 ans; d'après mes observations, assez antérieures aux questions de l'Honorable Comité, voici les principales raisons de ce retardement ou plutôt de cet abandon. La première est l'extrême difficulté avec laquelle on est parvenu à obtenir quelques lots dans ce Township, et la manière dont on a été traité pendant et depuis cette demande;

Cette difficulté a été telle en effet, je parle ici, comme ayant vu, entendu et agi en cette affaire, a été telle, dis-je, que malgré l'exposé véridique de leurs requêtes dans lesquelles nos Cultivateurs représentoient de la manière la plus honnête, la triste nécessité où ils étoient réduits, de prendre, sans titre, leurs bois de chauffage et de charpente, sur les terres de la Couronne, ou de brûler leurs clôtures, il a fallu néanmoins postuler, presser, solliciter et ce n'est qu'après avoir employé les personnages du plus haut caractère, qu'on a pu obtenir 54 lots seulement, avec toutes les réserves et restrictions ordinaires du système actuel... Mais la plus forte raison, et celle qu'on auroit le plus de difficulté à détruire, semble venir de la nature même de la Concession de ces terres. Les gens de nos campagnes qui n'aiment point le mêlange, sont intimement persuadés que les Townships ne sont point destinés aux Canadiens, ou que s'ils le sont, ils ne sauroient jamais y être à leur aise, et voici sur quoi ils fondent leurs conjectures à ce sujet.

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La vue du Diagramme leur exposant en couleurs frappantes des Réserves pour le Roi, des Réserves pour le Clergé Protestant; "Vous voyez bien, disent-ils, que nous serions des fous d'aller défricher des terres pour des Protestants, et puis qui nous donnera des débouchés; qui fera le chemin sur ces lots de réserves, qui nous coupent partout; car on diroit qu'on a plutôt voulu faire un Damier qu'un Township pour des Canadiens; nous aimerions beaucoup mieux payer une rente raisonnuable et avoir nos usages et nos droits ordinaires. Ce qu'on semble nous donner aujourd'hui, sera peut-être payé bien cher par nos enfans, car on ne donne rien pour rien, et puisqu'on a tant fait de difficultés pour nous accorder cette bagatelle, c'est une preuve qu'on aimerait mieux les donner à d'autres, et un pronostic assuré de la manière dont nos descendans y seront traités par la suite; car parmi tant de réserves pour le Clergé Protestant, en voyons-nous un seul pouce pour le nôtre? Où pourrions-nous y bâtir nos Eglises, contre les acquisitions desquelles il y a des lois positives comme étant mains-mortes?

N'est-il pas évident que nos enfans y seroient un jour éloignés des secours de la Religion, et entourés de Protestans et de Ministres, qui parviendroient peut-être à les pervertir à la longue, nous en pouvons juger par ce que nous voyons sous nos yeux; on refuse à notre Clergé son influence sur nos Ecoles, pour la donner à des Ministres Protestans, que seroit-ce donc dans les Townships? Or est-il de la prudence chrétienne d'exposer ainsi le salut de nos enfans? Encore si nous avions les mêmes droits que les Protestans, passe; cependant alors même, il n'y auroit pas encore de parité, puisque nous sommes tous Catholiques. Il est constant, que tout l'avantage est pour les Protestans et tout le désavantage pour nous; qu'on ne nous dise plus que le Gouvernement est juste et impartial, &c.&c"... "Mon fils, dira l'un, a combattu et versé son sang pour garder ces terres aux Anglois, et ces mêmes Anglois veulent nous opprimer, ils nous refusent ce que nous avons gagné. " "En Amérique (dira l'autre) tout le monde est libre, et surtout il n'y a pas de passe-droit en fait de Religion, comme en Angleterre à ce que l'on dit, et comme nous le voyons en Canada." "Des Irlandois m'ont assuré (ajoute un troisième) que nous serions un jour comme eux, obligés de payer la dîme aux Ministres Protestans, et c'est ce que veulent dire ces Réserves pour leur Clergé, &c.".

CHS. FRS. PAINCHAUD. Ptre.

 


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