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Les Patriotes de 1837@1838 - <I>Les Fils de la Liberté. Analyse de l'oeuvre de Louis Caron
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Les Fils de la Liberté. Analyse de l'oeuvre de Louis Caron
Article diffusé depuis le 1er août 2000
 




Louis Caron est né à Sorel en 1942. Avant de se consacrer entièrement à l'écriture, il exerce divers métiers dont ceux de traducteur et de rédacteur de nouvelles à Radio-Canada. Sa carrière débute en 1973 avec la publication de L'illusionniste, un conte. Il écrit un récit (Le Vrai Voyage de Jacques Cartier), un essai (La vie d'artiste) et même un livre pour enfants (Au fond des mers). La plus grande partie de son œuvre se centre autour de l'écriture de romans. Les Fils de la Liberté est une trilogie racontant le Québec rural à diverses époques.

Le premier roman, Le Canard de bois, centre son récit sur la période des rébellions et, parallèlement, il effleure les années 1930. La Corne de Brume est structuré de la même façon, avec en premier plan, le récit d'un paysan vers 1885, soit à l'époque de Louis Riel et, en trame arrière, l'existence d'un exilé de 1840 en Australie. Dans son œuvre, Louis Caron n'a pas comme mission première d'enseigner l'histoire. " On aura compris que je ne cherche pas à faire œuvre d'historien. Je ne veux pas servir de cause politique non plus. Cela n'est pas mon affaire. " (Caron, 1990, 10). Malgré la longue recherche qu'il a effectué, Louis Caron cherche à travers la trilogie des Fils de la Liberté à " offrir à ceux qui le liront un bouquet d'humanité. Mais d'humanité sauvage. " (Caron, 1990, 10). À ce titre, le roman est difficile à classer dans la production littéraire. La nuance se fait à travers un récit tantôt à saveur nationale, tantôt à saveur sociale. Au niveau national, Caron oppose les Canadiens français aux Anglais à travers les visions qui les distinguent. " Enfin, un Canadien entreprenant, ...Vous voyez grand. C'est ce qu'il faut dans ce pays, mais la plupart de vos compatriotes n'y sont pas habitués. " (Caron, 1989, 53) Socialement, les protagonistes riches-pauvres s'affrontent. Tout au cours du récit, le personnage essaie de sortir de sa misère mais il est toujours rabroué par quelqu'un d'une classe sociale supérieure. Le but premier de Louis Caron est de lier l'histoire et le récit pour ne faire qu'un. Il le dit lui même " J'ajoute que, dans cet espace certains personnages historiques. D'autres sont nés dans le cœur du romancier. Puissent les lecteurs ne pas sentir de différence. " (Caron, 1990, 10).

Tout d'abord, le récit n'est pas raconté de façon chronologique. Le roman débute avec la fin de la vie du personnage principal et l'histoire est entrecoupée de retour en arrière soit à l'époque des déportations patriotes. En bref, on y raconte d'abord la vie de Tim Bellerose qui se marie et vit sur une ferme dans la région de Sorel avec sa femme et son fils. Comme il est ambitieux, il décide de ce faire construire un bateau pour faire le commerce d'anguilles avec la Nouvelle-Angleterre. Ses affaires prospèrent et il décide de tenter sa chance dans le transit du bois avec le peuple anglais. C'est à ce moment que commencent ses problèmes puisqu'il est soumis à la domination anglaise. La malchance s'acharne sur lui et Tim Bellerose est criblé de dettes. Il ne réussit pas à s'en sortir et périt à cause de sa trop grande ambition. Son histoire se déroule dans les années 1880 avec pour toile de fond l'union des deux Canadas ainsi que le soulèvement et la pendaison de Louis Riel.

Dans un deuxième temps, Hyacinthe Bellerose, père adoptif de Tim, raconte les événements entourant sa déportation en Australie. Ce dernier, sachant peu écrire se fait aider d'un compagnon d'exil pour faire part de son vécu en terres australes. Dans son cas, le récit se fait dans l'ordre où se sont produits les événements. Il raconte donc son départ, son voyage, son séjour et son retour en Amérique. À son retour, il s'installe en Californie parce qu'il ne veut pas retourner dans son pays d'origine. " Mais le Canada? Il symbolisait maintenant pour moi une mère qui a trahi son enfant. Je n'étais pas pressé d'aller me jeter dans ses bras ".(Caron, 1990, 131) Vers la fin de sa vie, il change cependant d'idée et revient auprès des siens. C'est à ce moment que les deux histoires parallèles se croisent et n'en forment qu'une.

Au cours du récit, l'auteur respecte les faits historiques très rigoureusement. On ne rencontre pas d'anachronisme. Il change toutefois certains noms de personnages historiques sans pour autant affecter tout le reste. Caron situe à l'aide de dates les événements sans pour autant sombrer dans une simple chronologie répétitive. Il s'intéresse au petit peuple, à la majorité des habitants du pays de l'époque. Sans jugement de valeur, on peut clairement voir le sentiment patriotique qui habite l'auteur. Les Anglais sont les méchants et, les Canadiens français, les victimes. Dans les deux cas, les personnages principaux ont cherché, à leur façon, à faire avancer la cause des Canadiens français. Tous deux se sont heurtés au pouvoir anglais. Ils sont des exemples typiques de l'ensemble d'un peuple de paysans du Bas-Canada au 19e siècle.

TINA RIOUX

CARON, Louis, La corne de brume, Montréal, Boréal, 1989, 271 p.

CARON, Louis, Le canard de bois, Montréal, Boréal, 1990, 327 p.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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 [Nom]  (10 juin 2020)

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