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Les Patriotes de 1837@1838 - 25 avril 1849 - L'incendie de l'h魌el du parlement
 EVENEMENT 
     
25 avril 1849 - L'incendie de l'h魌el du parlement
Article diffus depuis le 01 ao鹴 2000
 




Par J.-J. Bell, M.A. L'Action nationale, 89, no 6, juin 1999, p. 133-144.

Il existe quelques descriptions des 関閚ements qui ont conduit l'incendie de l'H魌el du Parlement Montr閍l en 1849. Le texte qui suit est peu connu. Il a 閠 publi en 1903, Toronto, dans le Canadian Magazine (vol. XX, no 6, April 1903, p. 501-507). La traduction est de Marie Auger du Service de la reconstitution des d閎ats.


La marche du progr鑣 Montr閍l a conduit derni鑢ement la d閙olition du march Sainte-Anne, un des points de rep鑢e de la ville. Sa disparition nous rappelle que son emplacement a 閠 le th殁tre de l'un des 関閚ements les plus passionnants de l'histoire du Canada.

Au moment de l'union du Haut et du Bas-Canada, en 1841, Kingston, qui avait 閠 la capitale du Haut-Canada, devint le si鑗e du gouvernement des provinces unies. Trois ans plus tard, c'est la ville de Montr閍l que revint cet honneur. On la consid閞ait plus appropri閑, compte tenu de son

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importance commerciale, des moyens de transport de l'閜oque, la fois loin de la fronti鑢e, et assez pr鑣 de la ligne de d閙arcation qui s閜arait les provinces auparavant. Montr閍l serait s鹯ement encore aujourd'hui la capitale du Canada si des 閙eutiers n'avaient pas incendi l'H魌el du Parlement, en 1849, 関閚ement qui d閟honora la ville.

La r閎ellion de 1837-1838 avait caus des pertes mat閞ielles consid閞ables un grand nombre de citoyens des deux provinces. Une demande d'indemnisation fut faite et, en 1845, alors que lord Cathcart 閠ait gouverneur g閚閞al, sir Allan McNab, un membre 閙inent du gouvernement Draper, pr閟enta et d閜osa en Chambre un bill pour indemniser ceux qui avaient subi des pertes dans le Haut-Canada. Le Bas-Canada 閠ait exclu parce que les tories alors au pouvoir, qui s'attribuaient le titre de "loyalistes", soutenaient que les Canadiens fran鏰is 閠aient tous des rebelles. La demande d'une m阭e compensation de la part du Bas-Canada devint si pressante qu'on institua une commission d'enqu阾e. Malgr une r閏lamation de 250.000 $, la commission conclut que 100.000 compenserait pour les pertes subies. Pour satisfaire la demande, le gouvernement Draper (tory) d間agea 10.000 . Un toll s'閘eva aussit魌 dans les deux provinces: dans le Bas-Canada, parce que l'octroi d'un si petit montant 閠ait ridicule; dans le Haut-Canada, parce qu'on se proposait d'indemniser des rebelles.

Pendant cette crise, il y eut un changement de gouvernement en Angleterre. Lord Cathcart fut rappel Londres et lord Elgin fut envoy au Canada comme gouverneur g閚閞al. Peu de temps apr鑣 son arriv閑, en 1847, des 閘ections g閚閞ales eurent lieu; le gouvernement conservateur fut d閒ait et le parti r閒ormiste prit le pouvoir. L'influence canadienne-fran鏰ise 閠ait forte et, le gouvernement Draper ayant fait une promesse virtuelle d'agir, le nouveau gouvernement se sentit oblig de faire de m阭e, d'autant plus que l'Assembl閑 l間islative avait envoy un message au gouverneur g閚閞al, lui demandant que des dispositions

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soient prises pour indemniser les citoyens du Bas-Canada pour les pertes subies. De nombreuses r閟olutions 閠ablissant les faits furent pr閟ent閑s en Chambre par M. La Fontaine, le leader francophone [des r閒ormistes et premier ministre], et un projet de loi inspir des 関閚ements et intitul Loi sur l'indemnisation des personnes qui ont subi des pertes pendant la r閎ellion de 1837-1838 au Bas-Canada fut d閜os. Il stipulait que ceux qui avaient 閠 reconnus coupables de trahison ou qui avaient 閠 bannis n'avaient pas droit l'indemnit. Cinq commissaires furent nomm閟 pour voir l'application de la loi et un montant de 100.000 fut mis de c魌 pour payer les indemnit閟.

L'opposition fit tout ce qu'elle put pour que le projet de loi soit rejet. Son cri de ralliement 閠ait: "Pas un sou aux rebelles". Ils signal鑢ent que seuls les "habitants loyaux" avaient re鐄 une indemnit, dans le Haut-Canada, tandis que des personnes d閘oyales auraient leur part, dans le Bas-Canada, moins d'avoir 閠 condamn閑s ou bannies. L'honorable W. H. Blake, solliciteur g閚閞al du Haut-Canada et p鑢e de l'honorable Edward Blake, fit un discours enflamm en faveur du projet qui fut finalement adopt par l'Assembl閑 l間islative, le 9 mars, par 47 voix contre 18 et, six jours plus tard, par le Conseil l間islatif, par 20 voix contre 14.

Il y eut une avalanche de p閠itions contre le projet de loi, dans lesquelles on demandait qu'il soit r閟erv pour approbation royale ou que le Parlement soit dissout. On savait que le gouverneur g閚閞al, lord Elgin, 閠ait personnellement contre cette id閑, mais il d閏ida que, comme le projet de loi des indemnit閟 du Haut-Canada n'avait pas 閠 r閟erv, il n'y avait pas de raison pour que celui du Bas-Canada le soit. Des 31 d閜ut閟 du Haut-Canada qui vot鑢ent en troisi鑝e lecture, 17 appuy鑢ent le bill et 14 s'y oppos鑢ent, et des 10 d閜ut閟 d'origine britannique du Bas-Canada, 6 vot鑢ent pour. Il aurait 閠 contre les principes d'un gouvernement responsable d'exercer le droit de r閟erve l'間ard de ce projet de loi. Donc, lord Elgin, sur le conseil de ses ministres,

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se rendit l'H魌el du Parlement et, le 25 avril 1849, sanctionna la loi.

Une rumeur courait qu'il y aurait s鹯ement du grabuge et les tribunes se remplirent de curieux. Lorsque le projet de loi fut sanctionn selon la proc閐ure habituelle, plusieurs personnes quitt鑢ent la Chambre avec fracas et, quand lord Elgin se retira, la foule siffla son m閏ontentement. Le carrosse de lord Elgin fut litt閞alement bombard d'oeufs, de pierres et d'autres projectiles. Rapidement, des notes circul鑢ent, convoquant la tenue d'une assembl閑 publique, 8 heures, au Champ-de-Mars. Les cloches des pompiers sonn鑢ent et une foule consid閞able s'assembla. On pronon鏰 des discours passionn閟, des r閟olutions fermes furent adopt閑s et, finalement, une clameur s'閘eva: "Au Parlement!" " Monklands!" (la r閟idence du gouverneur g閚閞al), " bas lord Elgin!". La foule se dirigea vers l'H魌el du Parlement. En chemin, les 閙eutiers pass鑢ent devant les bureaux du Pilot, principal porte-parole du gouvernement. Les vitres furent cass閑s et on s'appr阾ait mettre le feu, quand quelqu'un cria que les 閐ifices adjacents appartenaient des gens loyaux. Le Parlement 閠ait en session. Les proc閐ures furent interrompues par une pluie de pierres lanc閑s travers les fen阾res. La foule se fraya un chemin l'int閞ieur et les parlementaires durent fuir pour 閏happer au danger. Les 閙eutiers 閠aient pr阾s tout. Le mobilier fut saccag et un incroyable d閟ordre s'installa. Un manifestant s'assit sur le fauteuil de l'Orateur et d閏lara le Parlement dissout. On emporta la masse, mais elle fut finalement rapport閑 l'Orateur, son h魌el. Enfin, l'aide de torches, on mit le feu l'閐ifice qui fut d閠ruit rapidement avec tout ce qu'il contenait. Des 20.000 livres que renfermait la biblioth鑡ue, seulement une centaine purent 阾re sauv閟. Toutes les archives furent br鹟閑s. Un portrait grandeur nature de la reine Victoria, qui avait co鹴 2000 $, put 阾re 閜argn, mais il fut passablement endommag. On l'apporta l'h魌el Donegana o il resta plusieurs mois, jusqu' ce que l'h魌el soit incendi. Mais on r閡ssit encore une fois le sauver en

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enlevant la toile de son cadre. Il fut restaur et on peut maintenant le voir la Chambre du S閚at Ottawa. L'閐ifice et son contenu 閠aient assur閟 pour une somme de 12.000 que les assureurs refus鑢ent de payer parce que le feu 閠ait d'origine criminelle.

Le b鈚iment d閠ruit 閠ait en pierre de chaux de Montr閍l et d'une architecture simple, mais agr閍ble, sans ornements l'exception d'un portique chaque extr閙it. Il mesurait 340 pieds de long sur 50 pieds de large, la partie centrale exc閐ant de 4 pieds. Il avait co鹴 30.000 et avait 閠 pr関u pour un march public, mais il fut lou pour des bureaux pour 2500 par ann閑 jusqu' ce que le si鑗e du gouvernement quitte Kingston.

Lorsque les 閙eutiers quitt鑢ent le Champ-de-Mars, des troupes furent appel閑s en renfort, mais arriv鑢ent trop tard pour pr関enir la destruction des 閐ifices. On s'empara des pompes pour emp阠her qu'elles soient utilis閑s pour combattre les flammes.

Le Parlement se r閡nit le jour suivant dans l'閐ifice du march Bonsecours. Des d閜ut閟 de l'opposition, dont sir Allan McNab, jet鑢ent le bl鈓e davantage sur le gouvernement que sur la population pour ce qui 閠ait arriv, et un membre d閏lara que le projet de loi portant sur les pertes dues la r閎ellion justifiait bien la destruction de l'H魌el du Parlement.

Le lendemain de l'incendie, la foule se rassembla la maison de l'honorable La Fontaine [premier ministre] et y mit le feu. Les flammes furent 閠eintes, mais sa biblioth鑡ue contenant des livres d'une grande valeur ainsi que le mobilier furent d閠ruits. Heureusement que les membres de sa famille 閠aient absents, parce que la foule 閠ait tellement en col鑢e qu'ils auraient pu 阾re bless閟 s閞ieusement. Le 11 mai, sa maison fut attaqu閑 de nouveau. Les troupes tir鑢ent une salve et la foule se retira, un homme ayant 閠 tu.

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Les 閙eutiers n'avaient pas encore pass leur col鑢e. La ville 閠ait en proie au d閟ordre. Une foule encercla l'H魌el du Gouvernement, mena鏰nt de le prendre d'assaut et de tuer lord Elgin. Une confrontation entre les soldats et la population 閠ait imminente, mais elle fut heureusement 関it閑 gr鈉e l'action 閚ergique de M. Gugy, un d閜ut, qui r閡ssit contenir les 閙eutiers. Des d閜ut閟 furent attaqu閟 et les maisons de plusieurs membres du Parlement et de leurs partisans furent endommag閑s. On accusa le gouvernement d'阾re trop indulgent envers les 閙eutiers, mais sa tol閞ance permit de pr関enir un bain de sang et, part quelques fen阾res bris閑s, les seuls dommages la propri閠 furent ceux subis par les membres du Parlement. On fit quelques arrestations pour incendie criminel, mais il n'y eut aucune poursuite.

Deux jours apr鑣 l'incendie de l'H魌el du Parlement, une r閡nion des "amis de la paix", comme ils se faisaient appeler, se tint au Champ-de-Mars. Une adresse fut envoy閑 la reine, lui demandant de rappeler lord Elgin et de rejeter cette loi odieuse. Par contre, le gouvernement adopta une r閟olution approuvant le geste du gouverneur g閚閞al. En se rendant aux bureaux du gouvernement pour recevoir cette adresse, lord Elgin fut attaqu et, son retour, il fut agress de nouveau; son fr鑢e, le colonel Bruce, qui l'accompagnait dans son carrosse, fut bless par une pierre. Des d閜ut閟 furent 間alement attaqu閟. Les manifestations d'hostilit se poursuivirent quelque temps et lord Elgin jugea plus prudent de quitter temporairement la ville.

Des manifestations eurent lieu dans quelques villes du Haut-Canada, mais, en r鑗le g閚閞ale, on approuva la ligne de conduite de lord Elgin qui re鐄t de nombreuses lettres d'approbation. L'une d'elles, en provenance de Toronto, portait la signature de pr鑣 de la moiti de la population m鈒e adulte. La d閜utation qui se rendit Montr閍l pour la pr閟enter fut assaillie quand elle arriva dans la ville.

[d閎ut de la p. 139 du texte original]

Lord Elgin offrit sa d閙ission, mais le secr閠aire des Colonies l'assura de l'approbation des autorit閟 de la m閠ropole et du d閟ir de la reine de le voir rester en fonction, ce quoi il consentit.

Le Parlement fut prorog le 30 mai, mais lord Elgin, ayant 閠 attaqu et bless deux occasions, n'assista pas la c閞閙onie.

Le gouvernement mit en vigueur les dispositions de cette loi controvers閑. L'agitation se continua et la "Ligue anglo-am閞icaine" vit le jour Montr閍l, avec des ramifications Toronto, Kingston et dans d'autres villes du Haut-Canada. L'opposition au gouvernement, le protectionnisme, un Conseil l間islatif 閘u et l'union des provinces britanniques d'Am閞ique du nord constituaient des points importants de son programme. Il est int閞essant de noter que tous ces changements constitutionnels ont 閠 progressivement r閍lis閟 au fil du temps. Des 閘閙ents discordants emp阠haient une action unie de la part de la Ligue. Une convention fut tenue Kingston, au cours de laquelle on proposa de r閏user lord Elgin devant la Chambre des Lords. Sir Allan McNab et l'honorable W. Cayley furent envoy閟 en Angleterre pour influencer l'opinion britannique. Le gouvernement envoya sir Francis Hincks pour contrecarrer leur action. Des discussions dans les deux chambres du Parlement britannique aboutirent au maintien de lord Elgin. Devant cet 閏hec, la Ligue se souleva et proposa l'annexion aux 蓆ats-Unis. Un manifeste fut sign par plusieurs personnalit閟 montr閍laises importantes, incluant des noms comme John Redpath, John Molson, William Molson, D. L. Macpherson, L. H. Holton, John Ross, Q.C., E.G. Penny, Thos. Workman, Wm. Workman, John Frothingham, John Torrance, J.G. Mackenzie, Benjamin Holmes, John Leeming, Theodore Hart, Theodore Lyman, Peter Redpath, Stanley Bagg et plusieurs autres. Certains d'entre eux attendirent 10 ou 12 ans avant de se d閏larer "constitutionnalistes", en opposition avec les "Patriotes" de 1837-1838.

[d閎ut de la p. 140 du texte original]

Entre-temps, l'arrestation de plusieurs 閙eutiers dans le but de les tra頽er devant les tribunaux souleva de nouveaux troubles et la maison de La Fontaine fut attaqu閑 de nouveau. Lord Elgin se dirigea vers l'ouest et il y eut quelques manifestations d'hostilit Toronto. Une tentative pour br鹟er son effigie Qu閎ec 閏houa et on tint plut魌 une assembl閑 monstre pour approuver sa conduite.

Bien qu'en g閚閞al le parti tory ait 閠 contre la ligne de conduite adopt閑 par le gouverneur Elgin, tous n'endossaient pas cette position. En effet, dans une missive qu'il envoya lord Grey, secr閠aire des colonies, en date du 30 avril 1849, d閏rivant les 閙eutes et les autres 関閚ements, Elgin d閏lare que John Wilson, un membre influent du parti tory dans le Haut-Canada, et A. T.Galt, un autre membre de ce parti (qui devint subs閝uemment une figure dominante dans les affaires canadiennes et qui avait 閠 閘u quelques jours auparavant dans une circonscription largement anglophone du Bas-Canada), approuvaient sa conduite. Il y a aussi des preuves qui montrent que certains de ceux qui particip鑢ent l'agitation qui se termina par l'incendie de l'H魌el du Parlement et par le mouvement d'annexion se classent eux-m阭es parmi les r閒ormistes. Sir Allan McNab, le chef du parti tory, consid閞ait qu'un gouvernement guid par les principes britanniques ne convenait pas pour le Canada.

Parlant de cet 関閚ement malheureux, McMullen, dans son histoire du Canada, fait remarquer que les 閙eutiers Paris respectent les 閐ifices publics et les oeuvres d'art, alors qu' Montr閍l ils n'閜argnaient rien. La valeur des propri閠閟 d閠ruites cette nuit-l 閠ait sup閞ieure au montant total des indemnit閟 vers閑s en vertu de la loi d'indemnisation. Ce geste gratuit a co鹴 cher la ville. Le Parlement ne si間ea plus jamais Montr閍l. Aucun si鑗e du gouvernement n'y fut 閠abli en permanence et, pendant un certain temps, la Chambre si間ea en alternance Toronto et Qu閎ec tous les quatre ans. Ce syst鑝e itin閞ant, qui n閏essitait le d閙閚agement de tous les fonctionnaires, des archives, de la

[d閎ut de la p. 141 du texte original]

biblioth鑡ue et de tout l'attirail gouvernemental, et qui causait une longue interruption des travaux, ne pouvait plus continuer. Apr鑣 quelques ann閑s, des d閙arches furent entreprises pour d閟igner une capitale permanente. Le Parlement ne put arriver un accord et la question fut finalement soumise Sa Majest la reine Victoria qui choisit Ottawa. On tenta de casser la d閏ision de la reine, mais le gouvernement de l'閜oque l'accepta avec loyaut. Des 閐ifices fonctionnels furent construits et le si鑗e du gouvernement d閙閚agea Ottawa en 1866.

 

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