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Les Patriotes de 1837@1838 - "Regards sur 1837". Une analyse d'un long métrage de Michel Brault, <i>Quand je serai parti, vous vivrez encore.</i> Par Luc Chaput
 BIBLIOGRAPHIE  Partager  Quand je serai parti, vous vivrez encore. Par Luc Chaput » pourrait vous intéresser : http://1837.qc.ca/1837.pl?pno=n00026">    
"Regards sur 1837". Une analyse d'un long métrage de Michel Brault, Quand je serai parti, vous vivrez encore. Par Luc Chaput
Article diffusé depuis le 01 août 2000
 




Tiré de Séquences, no 202, mai-juin 1999, p. 28-29.

"Je viens de voir dans le Bas-Canada un million [ils étaient environ 500.000] de Français, braves, intelligents, faits pour former un jour une grande nation française en Amérique, qui vivent en quelque sorte en étrangers dans leur propre pays. Le peuple conquérant tient le commerce, les emplois, la richesse, le pouvoir. Il forme les hautes classes et domine la société entière".



Quand je serai parti... vous vivrez encore.

Voilà comment, en 1831, l'aristocrate libéral Alexis de Tocqueville voit cette contrée pendant son voyage d'études qui l'amènera à écrire son chef-d'oeuvre sur les États-Unis: La Démocratie en Amérique. Dans les années 1830, la crise économique persistante et une épidémie de choléra servent d'arrière-plan aux problèmes constitutionnels et politiques. De plus, les revendications des réformistes apparaissent aux dirigeants d'alors comme une preuve de républicanisme américain. Cela provoque en plusieurs une réaction de dégoût, puisque leurs ancêtres loyalistes avaient été chassés des États-Unis.

En 1961-1962, l'Office national du film a produit une série de courts métrages intitulée Artisans de notre histoire, dont Jacques Godbout a tiré des extraits pour montrer, dans Le Mouton noir (1992), la persistance des enjeux et des discours. Ce sont des téléthéâtres pour la plupart tournés en studio et illustrant, par le biais de courtes biographies, certains épisodes de notre histoire. Ils sont faits sous la direction et le conseil d'historiens. En 1835, la crise constitutionnelle s'accentue. Louis-Georges Carrier, aujourd'hui mieux connu comme metteur en scène de téléthéâtres et de téléromans à Radio-Canada, en donne un aperçu dans Louis-Joseph Papineau: le demi-dieu, qu'il réalise en 1961 pour cette série. Au début, un narrateur résume en formules lapidaires la situation. Le scénario fait languir le spectateur car ce n'est qu'après 19 minutes (pendant lesquelles d'autres ont parlé de lui), que le député, joué par Guy Provost, se lance dans une diatribe. Le réalisateur qui avait filmé jusque là à hauteur d'homme, place sa caméra en contre-plongée et en travelling arrière devant l'orateur pendant une partie de ce discours que Papineau improvise chez lui devant des amis. Le terme québécois est employé dans le sens d'habitants de la ville de Québec, par opposition à montréalais. On peut noter que la fiche de l'ONF décrivant ce court métrage est la seule de la série à contenir un message qui peut se résumer ainsi: portrait partiel. Toujours dans les années 1835, dans le Haut-Canada, des voix s'élèvent aussi contre le family compact et les résolutions de Lord Russell de 1837, dont une propose que le gouverneur puisse puiser dans le Trésor public avec ou sans l'autorisation de la Chambre. William Lyon Mackenzie, grand-père du premier ministre Mackenzie King, est le plus célèbre de ces réformateurs. Artisans de notre histoire lui a consacré, bien entendu, un épisode qui résume quelques étapes de sa vie. Mais, en 1985, c'est à un de ses lieutenants,

[début de la p. 29 du texte original]

Samuel Lount, pacifiste devenu rebelle et pendu le 12 avril 1838, qu'est consacré le long métrage de Laurence Keane. Comme la plupart des films canadiens d'alors, l'argent semble avoir manqué mais l'interprétation de R. H. Thomson rend bien les contradictions et la noblesse d'âme du personnage.

Saint-Denis dans le temps de Marcel Carrière, tourné à l'automne 1968 et sorti quelques jours avant les élections québécoises de 1970, est un mélange étonnant de documentaire sur le village de Saint-Denis, de reconstitution saugrenue de la victoire du 23 novembre 1837 et de dialogue entre une idéaliste et un pragmatique, dialogue qui sonne aujourd'hui prémonitoire car, quelques mois plus tard, la crise d'octobre est déclenchée.



Quelques arpents de neige.

Le slogan publicitaire "Une grande histoire d'amour sur fond de révolution" et l'affiche de Quelques arpents de neige de Denis Héroux font référence au Doctor Zhivago de David Lean, mais le film n'en a, malheureusement, ni le souffle ni le style. De plus, François Cousineau compose du sous-Maurice Jarre pour souligner les scènes entre Daniel Pilon et Christine Olivier. L'action se passe au nord de Montréal, entre les défaites de Saint-Charles (25 novembre) et de Saint-Eustache (14 décembre). Les exactions de Saint-Benoît sont illustrées. Les interprétations de Jean Duceppe et de Gérard Poirier dominent le lot, mais le scénario fait de la plupart des personnages des individus unidimensionnels. Une incongruité termine le film: comment un patriote en 1837 peut-il marcher du nord de Montréal jusqu'à la frontière américaine, tout en étant toujours poursuivi par le même soldat britannique?

En juin 1981, passe à Antenne 2 en France une série télévisée de six heures, Les Fils de la liberté, mettant en vedette Charles Binamé, Sophie Faucher, Philippe Laudenbach et Claude Gay. La réalisation est de Claude Boissol, coscénariste avec Louis Caron qui de ses recherches tirera aussi une trilogie de romans. La série connaît un grand succès en France, puis au Québec, en 1982; mais, la plupart des journalistes critiquent le manque de moyens. Louis Caron, dans une entrevue avec Dominique Le Reun du magazine Télérama, déclare: "La télévision est une machine à émotions mais aussi une machine à sous et nous n'avions plus de sous" pour nous permettre un nombre adéquat de soldats et de patriotes dans la bataille du 5e épisode.

Excédés par la répression de Colborne, des patriotes réfugiés aux États-Unis reprennent la lutte en fondant Les Frères-Chasseurs. Le docteur Robert Nelson proclame à Noyan, le 28 février 1838, la République du Bas-Canada. C'est le début de Quand je serai parti... vous vivrez encore de Michel Brault.

Lord Durham, un autre aristocrate libéral qui, nommé gouverneur, était arrivé en janvier 1838, avait démissionné parce que sa solution d'exil aux Bermudes pour les chefs et amnistie pour les autres avait été battue en brèche par le parlement britannique. De retour en Grande-Bretagne, il publie en 1839 son rapport: "Je m'attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un même État". Considérant les Canadiens(-Français) comme "un peuple sans histoire", il propose comme solution une Union législative entre le Haut et le Bas-Canada qui "soumettrait la province au régime vigoureux d'une majorité anglaise". Durham propose aussi la responsabilité ministérielle telle que l'avaient d'ailleurs revendiquée les rebelles du Haut et du Bas-Canada. L'Union est mise sur pied en 1840, le premier gouvernement responsable de Lafontaine-Baldwin est élu en 1847. En 1849, le français est reconnu comme une des deux langues officielles au parlement de l'Union.

Maintenant que Michel Brault l'a devancé sur le même terrain, que fera Pierre Falardeau avec son huis-clos sur De Lorimier? Quoi qu'il en soit, les patriotes continuent à fasciner les artistes puisque Robert Lepage adapte au théâtre le roman de Jules Verne: Famille-sans-nom.

Luc Chaput

 


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