• Plan du site
  • Nouveautés
  • Plus populaires
  • FAQ

Rubriques

Liens directs


 

 


Recevez chez vous toutes les nouveautés à propos de la Journée nationale des patriotes


 

 

Dans les titres seulement

 

Dans tout le texte

Les Patriotes de 1837@1838 - "Les Patriotes en 3D" Une analyse du spectacle adapté du roman de Jules Verne. Par Christian Rioux, Le Devoir, 4 juin 1999
 ACTUALITE  Partager      
"Les Patriotes en 3D" Une analyse du spectacle adapté du roman de Jules Verne. Par Christian Rioux, Le Devoir, 4 juin 1999
Article diffusé depuis le 01 août 2000
 


 Téléchargez Famille-sans-nom dans un format d'impression PDF plus pratique.  98 pages (1,2 mgs)


Nantes - Adapter en 1999 un roman patriotique de Jules Verne paru en 1889 sur la rébellion de 1837 relève du défi. D'abord, le roman en question, Famille Sans-Nom, n'est pas le meilleur de l'auteur. Il n'a d'ailleurs pas été réédité depuis les années 70, époque où il faisait partie des découvertes archéologiques des éditeurs indépendantistes de chez nous. Loin de l'univers extraordinaire de Vingt-mille lieues sous les mers, Famille Sans-Nom raconte l'histoire de la rébellion de 1837 revue et corrigée par le républicain nationaliste et anticolonialiste qu'était Jules Vernes.

Ensuite, l'époque n'est plus aux effusions sentimentales et patriotiques dont se délectaient les lecteurs du siècle dernier. Jouer avec 100 ans de retard le jeu du feuilleton populaire du XIXe siècle comporte des risques. Il y faut de la distance et une ironie que n'a malheureusement pas toujours Jean Sans-Nom, la comédie musicale que créait hier soir à Nantes le metteur en scène Robert Lepage sur une musique de Robert Charlebois et des paroles de son cousin et poète Jean Charlebois.

Devant un grand écran vertical, entouré de quelques appareils qui veulent évoquer l'univers technologique de Jules Verne, Robert Charlebois entre en scène déguisé en pamphlétaire de 1889. Plutôt que de se mettre au piano, ce que sait encore faire Robert Charlebois, il va nous raconter laborieusement l'histoire du fils de l'affreux Morgaz, décidé à racheter la traitrise de son père en prenant la tête de la rébellion contre les Anglais.

À l'écran géant, les interprètes évoluent derrière un rideau de tulle sur lequel sont projetées les gravures en noir et blanc de Tiret-Bogné, qui illustrèrent la première édition du livre. Vus à travers des lunettes polarisées, les comédiens peuvent ainsi entrer et sortir à leur guise des images.

Partir en Amérique, c'était à l'époque, nous dit Robert Charlebois, comme partir sur la Lune. Mais là s'arrête la magie des paroles du pamphlétaire, qui en pédagogue maladroit et baffouillant va s'acharner pendant une heure et demie à détruire minutieusement la magie que parviennent parfois à créer Robert Lepage et ses interprètes dans leur décor virtuel. Là où l'on sent dans l'imagerie de Lepage une certaine ironie, un jeu entre la réalité et l'imaginaire, l'histoire et sa romance, Robert Charlebois s'acharne à mettre systématiquement les pieds dans les plats en nous flattant le Canayen. Jusqu'à échapper maladroitement la grande manivelle qui doit lui servir à faire se succéder les images.

Le spectateur qui parvient à oublier le cabotin qu'il a devant lui pourra heureusement découvrir les quelques images fortes qui constituent le véritable attrait de ce spectacle. Les images de Tiret-Bogné donnent une touche d'hyperéalisme qui convient à l'univers que veut recréer Lepage. Aux pendus de Tiret-Bogné, le metteur en scène superpose des têtes sanglantes qui prennent vie. Il dessine des amoureux vaporeux dans la nature luxuriante. Il fait s'élever un Christ en croix au beau milieu d'une prison.

Les paroles de Jean Charlebois ne manquent pas d'intérêt et leur naïveté exacerbée colle plutôt bien à cette bande dessinée mièvre et patriotique. Robert Charlebois est parvenu à y accoler quelques airs intéressants, mais répétitifs. Les interprètes jouent malheureusement avec trop de retenue. Sauf Gildor Roy, qui donne la meilleure performance de la soirée dans la peau de l'Anglais véreux Rip. Avec Joël Legendre (Joann), il n'hésite pas à tomber dans le soap opera, et c'est tant mieux. On voudrait qu'il ait plus qu'une chanson (sur la loi et l'ordre) à se mettre sous la dent.

Robert Lepage dit ne pas croire à la magie des premières. Heureusement, car le spectacle devra être encore rodé et les manivelles mieux attachées. Dans ce drame musical, l'auteur de La Trilogie des dragons réalise probablement un de ses rêves: dessiner ses comédiens plus que les faire jouer. Le feuilleton populaire est une affaire sérieuse. Lepage l'a compris. Pas Charlebois, qui n'est rien d'autre ici qu'un argument de vente pour la France et le Québec.

(c)Le Devoir

 


Chercher dans les ouvrages consacrés aux patriotes.





Consulté 3752 fois depuis le 01 août 200

   Réagir ou compléter l'information

   

Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes invités à l'utiliser 
à condition d'en déclarer la provenance. © glaporte@cvm.qc.ca