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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>1837: The birth of canadian democracy</i>. Une analyse de l'oeuvre de Stanley B. Ryerson
 HISTORIOGRAPHIE 
     
1837: The birth of canadian democracy. Une analyse de l'oeuvre de Stanley B. Ryerson
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




1837: The birth of canadian democracy

Stanley Bréhaut Ryerson (1912-1993) étudie à Toronto et complète ses études à la Sorbonne (1931-1934), où il est mis en contact avec les idées communistes. De 1935 à 1969, il est partie prenante du Comité central du Parti communiste du Canada et exerce aussi la fonction de secrétaire provincial du parti au Québec de 1936 à 1940. Au coeur de la guerre froide, il est secrétaire administratif du parti. Il occupe des postes importants au sein du parti jusqu'en 1968, alors qu'il désapprouve l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, lors du Printemps de Prague. Il quitte définitivement le Parti communiste en 1971. De 1943 à 1969, il dirige et s'implique dans différentes publications marxistes (National affairs Monthly, World Marxist review et Marxist Quarterly). Il enseigne au département d'histoire de l'UQAM de 1970 à sa mort. Il compte parmi ses principales oeuvres: The Founding of Canada: Beginnings to 1815 (1960) et Le capitalisme et la Confédération: aux sources du conflit Canada-Québec, 1760-1873 (1968, traduit en 1972). Par ses oeuvres, Ryerson entreprend d'écrire l'histoire du Canada à la lumière d'une analyse marxiste.

S'inscrivant dans l'historiographie marxiste 1837: The birth of canadian democracy apparaît dans un contexte politique international fort agité. Publié en 1937, cet ouvrage s'inscrit dans un contexte d'avant guerre et à l'époque de la montée du fascisme en Europe. D'ailleurs, l'oeuvre est dédiée aux volontaires canadiens du bataillon Mackenzie-Papineau qui se battent au même moment contre les fascistes en Espagne. De plus, 1937 marque le 100e anniversaire des rébellions patriotes.

Dans cette conjoncture, ce livre sert aussi de pamphlet antifasciste et pro-socialiste. Entre autres, Ryerson y dénonce l'interprétation raciale qui est faite du conflit au Bas-Canada par certains historiens nationalistes canadien-français, Groulx à leur tête. Il va même jusqu'à qualifier Groulx de propagandiste fasciste (Ryerson, 1937: 52). L'ouvrage de Ryerson est un plaidoyer en faveur du socialisme, au sens où il voit dans le terme social democracy, employé par Mackenzie, les éléments précurseurs de la démocratie socialiste (Ryerson, 1937: 75).

1837: The birth of canadian democracy s'articule autour de sept chapitres et d'une conclusion qui forment quatre différentes parties. Dans le premier chapitre, Ryerson affirme que les Rébellions s'inscrivent dans la vague des révolutions démocratiques bourgeoises qui secouent alors le monde occidental (Ryerson, 1937, 12-14). Ces dernières débutent avec la révolution américaine de 1776 et se termine par les révoltes de 1848 en Europe. Les troubles de 1837-1838 font donc partie du contexte historique de transition du mode de production féodal au mode de production capitaliste (Ryerson, 1937: 14). Selon Ryerson, les trois principales inspirations idéologiques qui influencent le courant révolutionnaire canadien sont: la Glorious revolution de 1688, la Révolution américaine et la Révolution française.

Dans la partie suivante, (les chapitres 2, 3, 4 et 5), Ryerson scrute à travers l'analyse marxiste classique la composition sociale et économique des colonies canadiennes. Les contradictions de classes engendrées par la conjoncture économique et sociale ne peuvent donc déboucher sur une lutte à finir sur le terrain politique, afin de prendre le contrôle absolu de l'appareil d'État (Ryerson, 1937: 46). Pour s'assurer d'une telle réussite, la bourgeoisie naissante se voit obligée de mener la lutte sur des bases démocratiques. Elle revendique principalement: l'indépendance coloniale, le gouvernement responsable, la fin du régime seigneuriale et l'obtention des droits civils et religieux (Ryerson, 1937: 42). Pour y parvenir, la bourgeoisie doit rallier les masses populaires, principalement la paysannerie, dans son combat à finir avec les élites coloniales traditionnelles (Ryerson, 1937: 75). La bourgeoisie doit sortir victorieuse afin que puisse se mettre en place les mécanismes nécessaires à la transformation de la société canadienne en une société capitaliste moderne (Ryerson, 1937: 47). Par la suite, la division qui s'opère entre les modérés et les radicaux, sur les moyens d'atteindre les objectifs de la bourgeoisie, accentue la division de classe et rend inévitable le recours à la violence pour les éléments les plus avancés de la bourgeoisie (Ryerson, 1937: 80). Pour Ryerson, la période 1827-1837 marque progressivement l'accroissement des luttes de classes qui ne peuvent désormais être résolues que par le recours aux armes et une mobilisation révolutionnaire de masse (Ryerson, 1937: 81). La troisième partie (les chapitres 6 et 7) est consacrée au déroulement des affrontements de 1837 et de 1838. Elle constitue essentiellement le récit des différents affrontements et de la mobilisation, tant du côté des insurgés que des troupes britanniques. Finalement, la conclusion fait état de l'impact et des conséquences de l'insurrection. Ryerson affirme, que les Rébellions sont sans aucun doute une défaite au niveau militaire, mais qu'elles constituent une victoire au niveau politique (Ryerson, 1937: 127). Les gains concrets de la victoire politique prendront un certain temps avant leur aboutissement (Ryerson, 1937: 127). Elles apportent à moyen et long terme, l'obtention du gouvernement responsable, qui engendrera à son tour les institutions démocratiques propices à l'expansion économique et à l'indépendance coloniale du Canada (Ryerson, 1937: 129). Ces facteurs feront éventuellement du pays une société capitaliste moderne (Ryerson, 1937: 130). Pour l'auteur, les causes de la défaite s'expliquent en trois temps. Premièrement, l'abandon de la lutte de l'aile droite des réformistes qui déstabilise et affaiblit le mouvement (Ryerson, 1937: 127); en deuxième lieu, l'attitude défensive des insurgés, qui découle de l'incompréhension de ces derniers face à leur rôle historique (Ryerson, 1937: 128); finalement, le manque d'organisation et de leadership, tant au niveau militaire que des communications, ainsi que le manque de coordination des actions entre les centres et les campagnes ont contribué grandement à la défaite.

Benoit Marsan et Mélissa Blais

KEALEY, S. Gregory, Encyclopédie du Canada, Montréal, Stankey, 1987, tome 3: 1741.; RYERSON, Stanley B., 1837: The birth of canadian democracy, Toronto, Francis White, 1937, 136 p.; VEYRON, Michel, dir., Dictionnaire canadien des noms propres, Montréal, Larousse, 1989 :604-605.

 


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