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Les Patriotes de 1837@1838 - Appel d'Étienne Parent (1837). Tiré de <i>Histoire du Canada par les textes</i>
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Appel d'Étienne Parent (1837). Tiré de Histoire du Canada par les textes
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Les observateurs réfléchis prévoient qu'une crise malheureuse est à la veille d'éclater. Les assemblées tumultueuses ont surexcité les passions populaires. L'initiative appartient maintenant aux extrémistes. Déjà, à Montréal, le 6 novembre, les membres du club des Fils de la Liberté et ceux du Doric Club se sont battus dans les rues. A plusieurs endroits, on prend les armes. Le Canadien, dont on ne pouvait mettre en doute le sincère patiotisme de ses rédacteurs, se prononça ouvertement contre toute rébellion. Le 13 novembre, après avoir publié l'adresse des Six-Comtés, Etienne Parent adressa à ses compatriotes un dernier appel pathétique, au nom "de notre honneur national menacé, au nom de nos libertés et franchises politiques également menacées".

... Maintenant nous demanderons aux notabilités des parties nombreuses et importantes du pays, qui n'ont pas approuvé l'agitation et les procédés extrêmes de certains Comtés, et qui ont vu l'intérêt du pays dans une marche plus réfléchie, nous leur demandons, disons-nous, si les habitants de leurs endroits sont prêts à entrer dans la carrière révolutionnaire que les Six Comtés viennent d'ouvrir. S'ils sont prêts, eh bien, qu'ils le disent; que le gouvernement sache que pour obtenir toutes nos demandes, nous sommes tous prêts à tout risquer.

Peut-être que la Métropole, cédant aux influences morales si puissantes aujourd'hui en faveur des peuples qui cherchent à améliorer leur existence politique, reculera devant l'odium d'écraser un peuple qui demande plus de liberté qu'il n'en a. Nous dirons cependant que l'on doit peu fonder sur l'espoir que la Métropole cède à cette considération; elle nous écrasera donc à la fin, car elle est toute-puissante et nous sommes faibles et sans appui; mais nous pourrions dire après une victoire vigoureusement disputée: "nous avons tout perdu, fors l'honneur".

... En résumé, si nous opposons une résistance vigoureuse aux forces Métropolitaines qui se déploient, laquelle résistance ne peut avoir lieu sans un soulèvement général et spontané, nous courrons bien le risque de tout perdre, libertés politiques et droits nationaux, mais nous conservons notre honneur; si nous n'opposons aucune résistance, ou une résistance toute faible, nous perdons nos libertés politiques et nos droits nationaux, et de plus nous perdons notre honneur...

Nos lecteurs qui nous ont vus jusqu'à présent prêcher la paix et le respect pour l'ordre établi, sont peut-être surpris de nous voir prêcher indirectement la guerre et la révolution. Il faudrait donc se battre, selon vous, nous demandent-ils? - Oui, lecteurs, il le faudrait, et coûte que coûte, si vous aviez concouru à l'agitation dont la dernière manifestation est l'adresse des six comtés que nous publions aujourd'hui, et dont le fruit le plus récent, et qui n'est peut-être pas le dernier malheureusement, est l'émeute déplorable qui a failli encore une fois ensanglanter les rues de Montréal... si vous aviez participé à cette agitation, et qu'ainsi vous lui eussiez donné le caractère d'universalité qu'elle n'a pas, il faudrait se battre, lecteurs, non pour vaincre, nous croyons la victoire impossible, mais pour mettre l'honneur du peuple Canadien à l'abri, car l'honneur avant tout...

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Il nous reste encore un moyen de salut, un moyen de réparer tout le mal qui a été fait, et de prévenir celui qui ne l'a pas encore été. Ce moyen, nous l'avons déjà indiqué, et il consiste à guérir le mal par un procédé semblable à celui qui l'a produit, mais l'application d'une composition contraire.

C'est par des assemblées publiques qu'on a fait croire au loin que nous voulions la révolution, et que l'on a mis notre honneur en danger dans le cas où l'on n'opposerait pas une résistance vigoureuse aux préparatifs du gouvernement; c'est par des assemblées publiques que nous proposons de mettre notre honneur à l'abri, en déclarant que c'est contre le gré de la grande majorité du peuple qu'a été agitée la question d'une résistance armée à l'autorité de la Métropole; que tout en voulant la réforme, le peuple n'a jamais eu l'intention de la conquérir de vive force, mais seulement par les voies paisibles, légales et constitutionnelles...

Nous sommes des Réformistes, nous cessons d'être des Révolutionnaires, et dans cette position nous pouvons braver tout le mauvais vouloir de la Bureaucratie Métropolitaine et de l'Oligarchie Coloniale réunies; on pourra résister encore quelque temps à nos plus justes demandes, mais on n'osera pas nous arracher notre Chambre d'Assemblée, le principal moyen de les faire réussir à la fin, et dans un avenir plus rapproché qu'on ne pense. Révolutionnaires au contraire, le Parlement accordera tout aux Ministres et à l'Oligarchie locale...

Honneur au Comté qui le premier entrera dans la voix [sic] que nous venons de tracer, honneur à ceux qui le suivront, car ils seront appelés Sauveurs de la Patrie.

 


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