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Les Patriotes de 1837@1838 - Mandement de Mgr Lartigue (octobre 1837). Tiré de <i>Histoire du Canada par les textes</i>
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Mandement de Mgr Lartigue (octobre 1837). Tiré de Histoire du Canada par les textes
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




A l'automne de 1837, il était évident que l'agitation politique prendrait une tournure tragique. Les autorités religieuses jugèrent de leur devoir d'intervenir. Le 24 octobre 1837, Monseigneur Lartigue, évêque de Montréal lança un mandement pour rappeler ses ouailles à l'obéissance età la modération. Le 8 janvier 1838, il devait publier un autre mandement, mais cette fois sur les fruits amers d'une révolution avortée. Nous reproduisons une partie du premier mandement dont on retrouvera le texte dans Mandements des évêques de Montréal, 1: 14-21. Lire Filteau, Histoire des Patriotes, 2: 131-136, 189-197; Lionel Groulx, "Les patriotes de 1837 et le clergé", Notre Maître, le passé (2e série), 89-139; Marcel Trudel, L'Influence de Voltaire au Canada, 1: 137-158; F. Ouellet, "Le mandement de Monseigneur Lartigue de 1837 et la réaction libérale", dansBulletin des Recherches historiques, 68 (1952): 97-104.

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Depuis longtemps, Nos Très-Chers Frères, Nous n'entendons parler que d'agitation, de révolte même, dans un Pays toujours renommé jusqu'à présent par sa loyauté, son esprit de paix, et son amour pour la Religion de ses Pères. On voit partout les frères s'élever contre leurs frères, les amis contre leurs amis, les citoyens contre leurs concitoyens; et la discorde, d'un bout à l'autre de ce Diocèse, semble avoir brisé les liens de la charité qui unissaient entre eux les membres d'un même corps, les enfants d'une même Eglise, du Catholicisme qui est une Religion d'unité. Dans des conjonctures aussi graves, notre seul parti ne peut être sans doute que de nous en tenir, je ne dis pas à l'opinion que Nous, et nos fidèles Coopérateurs dans le Saint Ministère, aurions droit cependant d'émettre comme citoyens aussi bien que les autres, mais à l'obligation stricte que Nous impose l'Apôtre des Nations lorsqu'il disait: Malheur à moi si je ne prêche pas l'Evangile...

Nous ne saurions d'ailleurs vous être suspect sous aucun rapport: comme chez vous, le sang Canadien coule dans nos veines: Nous avons souvent donné des preuves de l'amour que Nous avons pour notre chère et commune patrie... vous savez enfin que Nous n'avons jamais rien reçu du Gouvernement Civil, comme nous n'en attendons rien, que la justice due à tous les Sujets Britanniques; et nous rendons témoignage à la vérité, quand nous attestons solennellement que Nous vous parlons ici de notre propre mouvement, sans aucune impulsion étrangère, mais seulement par un motif de conscience. 203

Encore une fois, Nos Très-Chers Frères, Nous ne vous donnerons pas notre sentiment, comme Citoyen, sur cette question purement politique, "qui a droit ou tort entre les diverses branches du Pouvoir souverain; (ce sont de ces choses que Dieu a laissées aux disputes des hommes,) mundum tradidit disputationi eorum" mais la question morale, savoir "quels sont les devoirs d'un Catholique à l'égard de la Puissance civile, établie et constituée dans chaque Etat", cette question religieuse, dis-je, étant de notre ressort et de notre compétence, c'est à votre Evêque à vous donner sans doute toute instruction nécessaire sur cette matière, et à vous de l'écouter...

[Après avoir cité un texte de saint Paul qui demande la soumission à l'autorité civile duement constituée et l'encyclique de Grégoire XVI, du 15 août 1832, sur la même soumission] Ne vous laissez donc pas séduire, si quelqu'un voulait vous engager à la rébellion contre le Gouvernement établi, sous prétexte que vous faites partie du Peuple Souverain: la trop fameuse convention nationale de France, quoique forcée d'admettre la souveraineté du Peuple puisqu'elle lui devait son existence, eut bien soin de condamner elle-même les insurrections populaires, en insérant dans la Déclaration des droits en tête de la Constitution de 1795, que la souveraineté réside, non dans une partie, ni même dans la majorité du Peuple, mais dans l'universalité des Citoyens; ajoutant que nul individu, nulle réunion partielle des Citoyens ne peut s'attribuer la Souveraineté. Or qui oserait dire que, dans ce pays, la totalité des Citoyens veut la destruction de son Gouvernement?...

 


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Consulté 8628 fois depuis le 20 mai 2000
 Pierre Demers  (21 juin 2010)
Mgr Lartigue, en 1838. Je le cite librement : 'L'autorité royale vient de Dieu... donc soyez soumis à S. M. la Reine Victoria.. c'est un grave péché de prendre les armes contre elle et ses légitimes représentants, etc" Mes commentaires. .. et pas seulement l'autorité royale de S. A. et de sa succession sur son trône, mais la création entière, y compris le coeur de l'homme et celui de la femme, leur besoin de fière autonomie pour le peuple qu'ils forment au Canada d'alors et du Québec d'aujourd'hui, le droit de ce peuple à se gouverner lui-même et de s'affirmer au besoin par sa force militaire propre... ... et simplement par la force de la parole et du raisonnement exprimés en public dans des rassemblements et par les moyens qui se présentent telle la précieuse TOILE informatique. Pierre Demers c3410@er.uqam.ca

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