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Les Patriotes de 1837@1838 - Adresse de Saint-Ours (1837. Présentation et annotation de M. Daniel Latouche (Le Manuel de la parole)
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Adresse de Saint-Ours (1837. Présentation et annotation de M. Daniel Latouche (Le Manuel de la parole)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Source: Gérard Filteau, Histoire des Patriotes, vol. 2, Montréal, Éditions de l'A.C.-F.. 1938 pp. 83-87.

Les élections de 1834 ayant démontré la popularité de Papineau et du parti patriote, le conflit reprend avec encore plus de rigueur à l'Assemblée qui, choisissant la tactique de la grève perlée, réussit à nouveau à retarder le vote des subsides pour 1835 et 1836. Devant cette grève parlementaire sans précédent, le gouvernement britannique dépêche une Commission d'enquête qui recommande entre autres que le Conseil exécutif puisse désormais se passer de l'assentiment de l'Assemblée pour faire adopter ses subsides. S'estimant trahis par le gouvernement britannique, les patriotes rejettent ces recommandations par 416 voix contre 31 et décident de nouveau de boycotter le vote des subsides. Le gouverneur dissout alors la Chambre tandis que les patriotes organisent des assemblées de protestation dont celle de Saint-Ours (le 6 mai 1837) qui réunit 1280 personnes.

A cette occasion, on adopte 12 résolutions préparées par le Comité central et permanent des patriotes . Sans aller comme Gérard Filteau jusqu'à comparer ces résolutions à la Déclaration du Congrès américain de 1774 ou à la Déclaration française des droits de l'homme de 1789, il faut tout de même reconnaître que ces résolutions dépassent le cadre de simples revendications partisanes. Parmi les résolutions les plus révélatrices de la pensée des chefs patriotes, il faut noter la troisième où l'on fait référence à Rousseau et au Contrat social, la huitième où l'on annonce un boycott général des produits anglais et la dixième où l'on choisit Papineau comme chef unique du mouvement. Avec la déclaration de Saint-Ours, il ne s'agit plus d'un manifeste parlementaire comme l'avaient été les résolutions de 1834, mais plutôt d'un véritable appel au peuple. La rébellion est lancée .

Il s'agit des dix recommandations de Lord Russell de mars 1837. Parmi les autres résolutions, la quatrième écartait la possibilité de faire du Conseil législatif un corps élu, et la cinquième excluait toute responsabilité de l'exécutif face à l'Assemblée.

Il s'agit de Gosford qui a succédé depuis 1835 à Aylmer.

Elles furent publiées dans Le Canadien du 15 mars.

Sur la rébellion de 1837-1838, voir F. Ouellet, "L'échec du mouvement insurrectionnel 1837-1838", dans Recherches sociographiques, 6, 2 (1965), pp. 135-161; "1837-1838", numéro spécial de Liberté, 7, 1-2 (1965), pp. 1-196.

1. Nous avons vu avec les sentiments de la plus vive indignation les résolutions proposées à l'adoption de la Chambre des Communes le 6 mars dernier, résolutions dont l'effet nécessaire est de nous enlever toute garantie de liberté et de bon gouvernement pour l'avenir de cette province.

2. L'adoption de ces résolutions sera une violation flagrante de la part des Communes et du gouvernement qui les a proposées, de la Capitulation, des traités et des actes constitutionnels qui ont été octroyés au pays. Ces actes, ces traités, portent des obligations réciproques, savoir; de notre part, amour et obéissance, de la part de l'Angleterre, protection et garantie de liberté, et seraient virtuellement annulés par la violation des promesses de l'une des parties contractantes.

3. Dans ces circonstances, nous ne pouvons regarder le gouvernement qui aurait recours à l'injustice, à la force et à une violation du contrat social, que comme un pouvoir oppresseur, un gouvernement de force, pour lequel la mesure de notre soumission ne devrait être désormais que la mesure de notre force numérique, jointe aux sympathies que nous trouverions ailleurs .

4. Le machiavélisme qui, depuis la Cession, a accompagné tous les actes du gouvernement, la mauvaise foi qui les a caractérisés jusqu'ici, la faiblesse qui perce dans chaque page du rapport des commissaires, et dans les discours des ministres où l'on ne rougit pas d'alléguer notre division et notre petit nombre comme motif de nous refuser justice, ne nous inspirent que le plus profond dégoût, et le mépris le plus prononcé pour des hommes qui commandent à un des peuples les plus grands, les plus nobles de la terre, ou qui sont attachés à un tel gouvernement.

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5. Le peuple de ce pays a longtemps attendu justice de l'administration coloniale d'abord, du gouvernement métropolitain ensuite, et toujours inutilement; pendant trente ans, la crainte a brisé quelques-unes de nos chaînes, pendant que l'amour désordonné du pouvoir nous en imposait de plus pesantes. La haute idée que nous avions de la justice et de l'honneur du peuple anglais nous a fait espérer que le parlement qui le représente apporterait un remède à nos griefs. Ce dernier espoir déçu nous a fait renoncer à jamais à l'idée de chercher justice de l'autre côté de la mer, et de reconnaître enfin combien le pays a été abusé par les promesses mensongères qui l'ont porté à combattre contre un peuple qui lui préparait l'esclavage. Une triste expérience nous oblige à reconnaître que de l'autre côté de la ligne 45 étaient nos amis et alliés naturels .

6. Nous nions au Parlement anglais le droit de légiférer sur les affaires intérieures de cette colonie contre notre consentement, et sans notre participation et nos demandes, comme le non-exercice de ce droit par l'Angleterre nous a été garanti par la Constitution et reconnu par la métropole lorsqu'elle a craint que nous n'acceptassions les offres de liberté et d'indépendance que nous faisait la république voisine. En conséquence, nous regardons comme nul et non avenu l'acte qui incorpore la société dite Compagnie des Terres , et enfin l'acte qui sera sans doute basé sur les résolutions qui viennent d'être adoptées par les Communes.

7. Ne nous regardant plus liés que par la force au gouvernement anglais, nous lui serons soumis comme à un gouvernement de force, attendant de Dieu, de notre bon droit et des circonstances un sort meilleur, les bienfaits de la liberté et d'un gouvernement plus juste. Cependant, comme notre argent public dont ose disposer sans aucun contrôle le gouvernement métropolitain va devenir entre ses mains un nouveau moyen de pression contre nous, nous regardons comme notre devoir, comme de notre honneur de résister par tous les moyens actuellement en notre possession à un pouvoir tyrannique, pour diminuer autant qu'il est en nous ces moyens d'oppression, nous résolvons:

8. Que nous nous abstiendrons autant qu'il sera en notre pouvoir de consommer les articles importés, particulièrement ceux qui paient des droits plus élevés, tels que le thé, le tabac, les vins, rhums, etc. Nous consommerons de préférence, les produits manufacturés dans notre pays; nous regarderons comme bien méritant de la patrie quiconque établira des manufactures de soie, de drap , de sucre, de spiritueux, etc. Considérant l'acte du Commerce comme non avenu, nous regarderons comme très licite le commerce désigné sous le nom de contrebande , jugerons ce trafic très honorable, tacherons de le favoriser de tout notre pouvoir, regardant ceux qui s'y livreront comme méritant bien du pays, et comme infâme quiconque se porterait dénonciateur contre eux.

9. Pour rendre ces résolutions plus efficaces, cette assemblée est d'avis qu'on devrait faire dans le pays une association dont le centre serait Québec ou Montréal, dans le but de s'engager à ne consommer que des produits manufacturés en ce pays, ou importés sans avoir payé de droits...

10. Pour opérer plus efficacement la régénération de ce pays, il convient, à l'exemple de l'Irlande, de se rallier tous autour d'un seul homme. Cet homme, Dieu l'a marqué comme O'Connell , pour être le chef politique, le régénérateur d'un peuple. Il lui a donné pour cela une force de pensée et de paroles qui n'est pas surpassée, une haine de l'oppression, un amour du pays, qu'aucune promesse, aucune menace du pouvoir ne peut fausser. Cet homme déjà désigné par le pays, est L.-J. Papineau. Cette assemblée, considérant les heureux résultats obtenus en Irlande du tribut appelé le Tribut O'Connell, est d'avis qu'un semblable tribut appelé, Tribut Papineau devrait exister en ce pays . Les comités de l'association contre l'importation seraient chargés de le prélever.

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11. Cette assemblée ne saurait se séparer sans offrir ses plus sincères remerciements aux orateurs peu nombreux , mais zélés et habiles, qui ont fait valoir la justice de notre cause dans la Chambre des Communes, ainsi qu'aux hommes honnêtes et vertueux qui ont voté avec eux. Les travailleurs de Londres qui, dans un esprit de liberté et de justice, digne d'un peuple libre, ont présenté une pétition à la Chambre des Communes, ont également droit à notre profonde gratitude, nos amis de l'Union Politique de Toronto ont aussi droit à nos remerciements pour la sympathie qu'ils nous ont manifestée dans la résolution qu'ils ont adoptée le 17 avril contre les mesures de coercition des ministres. 12. Cette assemblée entretient la conviction que dans une élection générale dont le pays est menacé, à l'instigation d'hommes faibles et pervers, aussi ignorants de l'opinion publique dans la crise actuelle qu'ils sont dépourvus d'influence, les électeurs témoigneront leur reconnaissance à leurs fidèles mandataires en les réélisant et en repoussant ceux qui ont forfait à leurs promesses, à leurs devoirs, et qui ont trahi le pays, soit en se rangeant du côté de nos adversaires, soit en s'abstenant lâchement, lorsque le pays attendait d'eux l'expression honnête de leurs sentiments .

Les patriotes viennent 40 ans trop tard car leur mouvement ne suscitera que très peu de sympathie chez les Américains et les Français. C'est laissés à eux-mêmes qu'ils durent combattre la puissance militaire britannique. A l'époque certaines rumeurs coururent que les Russes (eh oui!) étaient prêts à aider les patriotes. On perquisitionna même chez le consul de Russie à Montréal afin d'en trouver les preuves.

Il s'agit de la frontière du Québec avec les États-Unis qui suit le 45e parallèle. Dans l'ouest, soit entre le lac des Bois et les Rocheuses, c'est le 49e parallèle qui délimite cette frontière (depuis les accords de paix de 1818).

Les patriotes font ici la distinction entre les affaires d'ordre intérieur et les questions de politique étrangère. A ce stade du conflit, seule l'autonomie interne les préoccupe.

En 1831, répétons-le, il y avait 553,134 habitants au Bas-Canada dont 400,000 francophones.

En 1834 la British American Land Company s'était fait concéder un territoire d'un million d'âcres dans la région des Cantons de l'Est. Non seulement ces terres serviront à installer les nouveaux immigrants britanniques, mais le gouverneur de la colonie utilisera les profits de cette vente pour payer sa liste civile malgré les objections de l'Assemblée, faisant ainsi d'une pierre deux coups. Sur la colonisation dans cette région, voir G. McGuigan, "La concession des terres dans les Cantons de L'Est du Bas-Canada 1763-1809", dans Recherches sociographiques, 4, 1 (1963). pp. 71-90.

Selon F. Angers et R. Parenteau, (Statistiques manufacturières du Québec 1665-1948, Montréal, Les presses de l'École des hautes études commerciales, 1966), jusqu'en 1850, le Bas-Canada produisait la majorité des produits manufacturés du Canada.

Un siècle plus tard, Gandhi utilisera la même tactique aux Indes en encourageant la création de mini-filatures locales.

Il s'agit ici de la première mesure véritablement illégale, du moins sur le plan du droit, prônée par les patriotes.

Daniel O'Connell, leader modéré des nationalistes irlandais qui, en se tenant toujours dans les limites de la légalité (entendue cependant dans un sens large), réussit à tirer plusieurs concessions du gouvernement britannique, notamment en ce qui a trait à l'exclusion des catholiques de l'administration.

Faute de temps, cette idée d'un impôt populaire n'eut guère de suite.

Il s'agit du député Séraphin Cherrier, de Wolfred Nelson, Cyrille Côté et Siméon Marchessault; ce dernier devait s'illustrer en prenant le commandement des patriotes lors de la bataille de Saint-Charles.

A l'élection de 1834, le parti des patriotes avait obtenu 77 des 85 sièges et 95% des voix.

En décembre 1834, on avait vainement tenté de mettre sur pied l'Alliance canadienne pour regrouper les réformistes du Haut et du Bas-Canada. E. Parent en était le représentant à Québec. Au Haut-Canada la rébellion ne dura que quelques heures, le temps d'une réunion à la taverne Montgomery, au Nord de Toronto. W. L. MacKenzie se réfugia par la suite aux États-Unis.

 


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