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Les Patriotes de 1837@1838 - Discours de Louis-Joseph Papineau devant les "libres et ind閜endants 閘ecteurs du quartier ouest de Montr閍l". (1834)Pr閟entation et annotation de M. Daniel Latouche (Le Manuel de la parole)
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Discours de Louis-Joseph Papineau devant les "libres et ind閜endants 閘ecteurs du quartier ouest de Montr閍l". (1834)Pr閟entation et annotation de M. Daniel Latouche (Le Manuel de la parole)
Article diffus depuis le 20 mai 2000
 




Source: Fernand Ouellet (閐iteur), Papineau, Qu閎ec, Les presses de l'Universit Laval, 1958, pp. 64-68.

Les 92 r閟olutions d閒inissent la toile de fond des 閘ections de 1834. Les marchands anglais mettent sur pied des associations constitutionnelles dans leurs ch鈚eaux-forts de Montr閍l, Qu閎ec et des Cantons de l'Est. Devant la popularit croissante du parti de Papineau , ils n'h閟itent pas recourir la force en recrutant les ouvriers Irlandais travaillant la construction des canaux. C'est dans ce climat surchauff que Papineau prononce ce discours devant les "libres et ind閜endants 閘ecteurs du quartier ouest de Montr閍l". Le discours fut reproduit dans La Minerve du 8 d閏embre.

Ce manifeste, moins c閘鑒re que celui des 92 r閟olutions ou que ceux de 1837 n'en constitue pas moins un document important plus d'un titre. Premi鑢ement, Papineau y 閠ablit clairement que ce n'est pas tellement en tant que fran鏰is que les patriotes s'attaquent aux marchands anglais mais en tant qu'opprim閟 par un syst鑝e de gouvernement non-responsable et non-repr閟entatif. Deuxi鑝ement, il y 閠ablit certains liens entre le combat canadien-fran鏰is et les luttes nationales se produisant en Europe. Et finalement, il sugg鑢e d'utiliser la non-violence pour ramener les marchands anglais la raison. Il suffit, dit-il, "de les attaquer dans leur plus ch鑢e affection, celle du gain" en demandant leurs banques le remboursement de leurs billets. Inutile de dire que ces retraits pr閏ipit閟 de fonds auraient caus un d閎ut de panique chez les financiers anglais. Pour la premi鑢e fois, les Canadiens auraient ainsi d閏id de fa鏾n collective passer l'action, et une action 閏onomique en plus, contre les marchands anglais. On porte la lutte sur le terrain de l'adversaire. Mais ce premier appel une politique de boycott 閏onomique n'eut pas de suite sauf celle d'assurer la r殚lection de Papineau.

Papineau (1786-1871), 閘u d閜ut pour la premi鑢e fois en 1809 fut un mordu de la politique jusqu' sa retraite d閒initive en 1854 (de 1852 1854, il est d閜ut des Deux Montagnes). Au cours de sa carri鑢e, il fut successivement lib閞al, patriote, r関olutionnaire, pro-am閞icain, d閙ocrate, nationaliste, r閜ublicain, anticl閞ical conservateur, annexioniste radical, r関olutionnaire, annexioniste et f閛dal...

A partir de 1826, le parti des Canadiens est devenu le parti patriote.

(...) Le peuple ne veut plus du syst鑝e actuel, qui n'a 閠 qu'un essai infortun, accompagn de quarante ans d'abus et de souffrances, sous un r間ime qui n'a 閠 celui d'aucune autre colonie anglaise. Le peuple n'en veut plus; il doit 阾re chang sa demande. La constitution est faite pour les hommes et non les hommes pour elle. N'est-il pas aussi odieux qu'absurde, de voir tous ces bretons , haletants d'ardeur et de vitesse se surpasser, quand il s'agit de renverser toutes nos lois civiles, qui ont des si鑓les d'existence, dont l'alt閞ation affecte les personnes et les biens de tous les membres du corps social, qui nous reprochent avec amertume notre lenteur y introduire de brusques changements que le peuple ne nous demande pas; et qui s'emportent jusqu' la fureur lorsqu'au nom d'un peuple unanime, nous demandons un amendement une partie d'un acte du Parlement, alt閞ation qui n'affecterait d'une mani鑢e un peu durable, d'un stupide regret, que la vanit d'une vingtaine de vieillards malfaisants .

(...) L'extravagance des d閏lamateurs qui attribuent des antipathies fran鏰ises la haine qui 閏late contre le r間ime actuel, au lieu de l'attribuer ses vices inh閞ents, aura bient魌 expliquer, d'apr鑣 les r閒ormes plus grandes qu'exigera le Haut-Canada , le m阭e ph閚om鑞e qu'il voit ici par d'autres d閏lamations plus folles. L comme en Angleterre, la majorit des Bretons sont amis de la libert. Dans le Bas-Canada seul, il y en a un grand nombre amis de la tyrannie et de la domination, parce qu'ils pr閠endent l'exercer contre nous, et qu'ils seront toujours marteaux et nous toujours enclumes. Combien sont m閜risables ceux contre qui nous luttons depuis tant d'ann閑s, et qui sont si dissemblables des Bretons de la m閠ropole et des autres colonies. Ils ont n閍nmoins des alli閟 plus m閜risables qu'eux encore. Ce sont surtout des Am閞icains tories, eux qui ont eu le bonheur de voir plus que les hommes des autres nations sur la terre, combien le r鑗ne de la libert est propre 閘ever et agrandir l'esprit humain et faire na顃re le bonheur d'un 蓆at, eux qui ont perdu en passant la ligne quarante-cinq, tout autre sentiment que celui de flatter l'orgueil 閏ossais pour faire de l'argent et dont la nature particuli鑢e est si basse et si rampante, que le sublime spectacle qu'offre leur gouvernement, aujourd'hui la terreur des Rois, l'espoir des nations d'Europe, n'a pu leur faire aimer et respecter la dignit de l'homme libre... 68

Vous avez des ennemis au dedans, c'est la minorit qui s'est fait si bien conna顃re en affichant ses antipathies contre les r閒ormateurs. (...) Le peuple anglais a un int閞阾 oppos celui d'un ministre, qui trouve avantageux de faire des colonies une p閜ini鑢e, pour y transplanter et nourrir dans le luxe auquel ils sont habitu閟, un grand nombre des membres les plus incapables de familles privil間i閑s. La masse compte sur son travail, pour s'assurer une aisance que lui ravissaient sur le sol natal les m阭es privil鑗es qu'elle trouvera dans son pays adoptif, si les maximes de M. Stanley continuent 阾re mises en pratique. (...) Elle ne se laissera pas d閜ouiller et expulser une seconde fois. Elle dira aux producteurs dans la m閠ropole que ce sont l'aisance et les consommations g閚閞ales, mieux encourag閑s par des institutions populaires que par des salaires aristocratiques, qui rendent les colonies des possessions utiles. Elle int閞essera les classes productives, le grand nombre s'opposer au plan d閟astreux qui ne doit profiter qu'au petit nombre...

J'ajouterai que de tous les engins maintenant en op閞ation pour nuire aux int閞阾s du pays, le plus puissant est la mauvaise direction des Banques . Le moyen le plus efficace et le plus imm閐iat qu'aient les Canadiens de se prot間er contre la fureur de leurs ennemis, est de les attaquer dans leur plus ch鑢e affection, celle du gain; dans leur plus fort retranchement, les Banques. Elles ont 閠 閠ablies principalement la sollicitation du commerce de d閠ail canadien, qui esp閞ait trouver des moyens de d関eloppement, de prosp閞it, dans des 閠ablissements qui l'ont 閏ras. Au lieu de se pr閟enter dans le march avec ces facilit閟 間ales celles du marchand Breton directeur ou cr閍ture favoris閑 des Directeurs de la Banque, il a vu que l'閠endue des secours accapar閟 par ceux-ci, l'excluait de la chance d'en obtenir lui-m阭e.

Le commerce d'importation et le monopole de quelques grandes entreprises, telles que celle des propri閠aires associ閟 des bateaux vapeur, ont obtenu des secours si 閠endus, que quand bien m阭e il y aurait eu de la bonne volont les 閠endre au commerce de d閠ail canadien, il n'y en avait pas le moyen.

Surplus d'un million d aux Banques, des recherches conduisent croire qu'il n'y en a pas la vingti鑝e partie due par des Canadiens . C'est la m阭e justice que celle du Gouvernement dans la direction des emplois en raison inverse celle de la population. Elles n'ont donc pas plus de titre qu'un Gouvernement partial, la confiance ni la bienveillance du public, qu'elles maltraitent. L'administration qui leur aurait gagn des amis int閞ess閟 leur prosp閞it eut 閠 celle qui leur aurait donn beaucoup de petits d閎iteurs dans toutes les classes, non celle qui leur donne dans une seule classe un petit nombre de gros d閎iteurs. Ce n'est pas le directeur qui a eu huit dix mille louis en billets de Banques qui leur assure les profits qui d閏oulent de la rentr閑, tardive de leurs billets. (...) Ces gros emprunteurs qui payent des int閞阾s, rejettent dans la circulation les billets aussit魌 qu'ils les ont re鐄s. Ceux qui les retirent de la circulation et les gardent entre leurs mains sont la foule des citoyens qui conservent des sommes modiques de dix vingt louis ou un peu plus pour leurs d閜enses courantes. Tout ce qui leur arrive de pertes par des accidents dans lesquels des billets sont d閠ruits par le feu ou la pluie, ou salis au point de devenir illisibles, sont un gain certain pour les banques. (...) Si l'habitude est g閚閞ale de garder six vingt louis en billets, les familles canadiennes 閠ant neuf contre une, elles font neuf fois plus de bien au Banques que les familles Europ閑nnes, et en retour elles en re鏾ivent dix-neuf fois moins secours .

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La seule consid閞ation des profits que laissent un pays l'emploi d'un moyen de circulation aussi dispendieux que celui de la monnaie, est-elle donc d'une si haute importance qu'il faille que devant elle, toutes consid閞ations politiques et morales se taisent.

(...) La r閜artition in間ale de la richesse lorsque des banques favorisent le monopole d'une coterie politique, sont une autre plaie sociale qu'elles infligent. Dans le Haut comme dans le Bas-Canada, les r閏lamations ont 閠 si universelles contre le scandale avec lequel les directeurs se sont disproportionn閙ent empar閟 des secours des banques. C'est depuis plusieurs ann閑s que ces plaintes sont entendues, et qu'il n'y est pas port de rem鑔e. C'est une preuve que le public n'a gu鑢e d'influence sur les Banques; et que si elles veulent rem閐ier au mal, elles ne le peuvent d閖 plus. (...) Tous ceux-ci doivent s'indigner de l'injustice de cette pr閠ention et en punir les auteurs. Qu'ils courent aux Banques et aux termes de la loi, demandent de l'or et de l'argent en 閏hange de leurs billets .

En premier lieu les banques vont avoir la fausse politique de punir les d閎iteurs canadiens les premiers. Elles irriteront et ne ruineront pas, parce que les d閎iteurs canadiens ne sont qu'en petit nombre et pour des sommes modiques. Mais pressez, retirez toujours les billets, et les gentils hommes gros d閎iteurs seront bien vite oblig閟 de rembourser; ce qu'ils sont d閟accoutum閟 de faire depuis longtemps, et toute la quantit d'affaires qu'ils discontinueront seront recueillies par ceux qui sont libres d'engagements avec les Banques. Ils appelleront cela destruction du commerce, tandis qu'en r閍lit, il ne fera qu'閏happer des mains ennemies pour tomber en des mains amies. Les producteurs continueront leurs habitudes de travail et d'閏onomie, seules sources importantes de richesses pour un pays. Qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de banques, il n'y aura pas un arpent de plus ou de moins de cultiv. Du moment o il y aura un surplus de produits 閏hangeables, les capitalistes europ閑ns en vue du profit qu'ils en retireront le feront acheter.

Si l'empressement demander l'閏hange des billets contre du num閞aire pouvait hasarder la stabilit des Banques, c'est que d閖 leurs directeurs auraient 閠 criminels et auraient sp閏ul plus qu'il n'閠ait prudent de le faire. Cela n'est pas probable; mais il l'est tr鑣 fort que plusieurs emprunteurs ont ainsi sp閏ul. Il n'y a aucun d閟avantage pour la soci閠 mais au contraire justice pour le public et pour les particuliers qui ont des relations d'int閞阾 avec ces sp閏ulateurs, de ne pas leur donner les chances de grossir leurs dettes aux d閜ens d'autrui. Si les Banques 閠aient ruin閑s parce qu'on leur demanderait de remplir leurs engagements, leur ruine serait un acte de justice qui ne pourrait avoir lieu trop t魌, en vue de diminuer la perte plus grande, que plus tard aurait soutenir la soci閠. Si sans les ruiner, leurs profits sont diminu閟, ce n'est qu'une juste punition, que le public est bien en droit de leur infliger, pour avoir fait servir l'avantage du petit nombre, des privil鑗es qui leur avaient 閠 accord閟 en vue de l'avantage du grand nombre .

Il s'agit ici des marchands anglais pour qui, d'apr鑣 Papineau tout au moins, l'閠hique protestante du travail semble 阾re un dogme.

Il s'agit des membres du Conseil l間islatif.

En 1834, il 閠ait encore permis de croire que la lutte des r閒ormistes du Haut-Canada dirig閟 par MacKenzie s'apparentait celle des patriotes.

Papineau, faut-il le rappeler, a toujours fait preuve d'un m閜ris profond pour le commerce et les affaires.

Remplace Gooderich la t阾e du minist鑢e britannique partir de 1832.

La plus importante de l'閜oque 閠ait d閖 la Bank of Montreal, fond閑 en 1816, deux ans avant la Banque du Canada.

Selon une 閠ude effectu閑 en 1834 par l'Association constitutionnelle de Montr閍l, seulement 92,169 des 938,390 livres de capital bancaire appartenaient des Canadiens. A la Banque de Montr閍l, les Canadiens ne d閠iennent que 2.9% des actions.

Pour quelqu'un qui pr閠end que les transactions financi鑢es et bancaires lui r閜ugnent, Papineau se r関鑜e 阾re bien inform sur le fonctionnement du cr閐it bancaire.

En 1812, le Canada fit l'exp閞ience, concluante semble-t-il, du papier monnaie appel alors les billets de l'arm閑. Dix ans plus tard, cette exp閞ience fut g閚閞alis閑 par les premi鑢es banques charte qui 閙ettaient alors leur propre papier monnaie. Mais le public canadien se rappelant la monnaie de carte de la Nouvelle-France demeurait sceptique.

Tout au long de ce r閝uisitoire, Papineau choisit de passer sous silence la Banque du Peuple dont les articles d'incorporation avaient 閠 sign閟 en ao鹴 1833 et dont il s'閠ait fait, au d閎ut, un des plus ardent propagateur. E. R. Fabre en avait 閠 une des 鈓es dirigeantes. Voir ce sujet la biographie de J. L. Roy, E.R. Fabre, libraire et patriote canadien 1799-1854, Montr閍l, 蒬itions HMH, 1976.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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 boi du 69420  (13 mai 2020)
Quel genr de ducking site a un rating de 4 閠oiles?!
   (10 octobre 2006)
Je trouve l`article tr鑣 int閞essant, il m`a beaucoup aid recueillir des informtaions pour mon devoir.

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