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Les Patriotes de 1837@1838 - Inquiétude économique (1832) . Tiré de <i>Histoire du Canada par les textes</i>
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Inquiétude économique (1832) . Tiré de Histoire du Canada par les textes
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




La conquête, à cause du changement d'empire, avait placé les marchands canadiens dans une situation très difficile. Au début, ils ne s'en rendirent peut-être pas complètement compte. Les mauvais souvenirs du régime Bigot étaient trop récents. Leurs concurrents anglais, en relations étroites avec la métropole qui les appuyait de ses capitaux, prirent facilement contrôle du commerce d'importation et d'exportation. Les commerçants canadiens durent se contenter du commerce intérieur. Bientôt, celui-ci commença à leur échapper partiellement et leurs profits baissèrent. Plusieurs entreprises commerciales canadiennes-françaises fermèrent leurs portes ou devinrent la propriété de marchands anglais.

Quelques hommes d'affaires canadiens-français de la région de Montréal - ils étaient de moins en moins nombreux et de moins en moins riches - prévoyant les conséquences malheureuses d'un tel état de choses, lancèrent, en 1832, un cri d'alarme et proposèrent la fondation d'une Maison Canadienne de Commerce. Celle-ci s'occuperait exclusivement des importations et des exportations. Ce fut à la même époque qu'on fonda une compagnie de navigation et une banque canadiennes-françaises.

Ce programme ambitieux d'un trop petit nombre de capitalistes canadiens-français alarma les hommes d'affaires anglais du Bas-Canada. Lord Durham, dans son rapport, se scandalise de ces débuts de nationalisme économique. Nous donnons: (1) le manifeste publié par les organisateurs de la Maison Canadienne de Commerce (dans La Minerve, le 23 février 1832: le journal publia le même communiqué dans chacune de ses éditions jusqu'au 8 mars); (2) un article de La Minerve, le 5 mars 1832 approuvant le projet; (3) les résolutions adoptées par une assemblée de quelque cent notables réunis par les promoteurs, le 8 mars 1832.(Procès-verbal du secrétaire, M. E.-R. Fabre, rendu public le 13 mars 1832, texte complet dans La Minerve, le 15 mars 1832.)

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---------------------------- (1)

... L'accroissement de la population, le développement rapide des ressources du pays sont des motifs bien puissants pour engager les Canadiens à sortir de l'assoupissement où ils sont, en fait de commerce, et les porter à faire de grands efforts pour partager enfin avec leurs co-sujets, d'outre-mer, le commerce d'importation et d'exportation. Il suffit de jeter un coup d'oeil autour de nous, de voir les fortunes brillantes qui se sont faites depuis quelques années, et les entreprises immenses qui s'exécutent tous les jours sous nos yeux, pour nous convaincre que le commerce extérieur est de beaucoup le plus lucratif, comme il est le plus honorable; et qu'en s'y livrant avec prudence, les Canadiens naturellement économes et laborieux, ne sauraient manquer d'y réussir comme tant d'autres qui n'ont pas comme eux l'avantage de connaître le marché du pays et ce qu'il faut pour les besoins et la consommation de ses habitants...

Si l'on n'a pas remarqué jusqu'à présent parmi les Canadiens cet esprit d'entreprise et de commerce, si nécessaire à la prospérité des peuples, on peut l'attribuer en grande partie à leur manque de relation avec l'étranger, aussi l'établissement d'une branche de leur Maison à Londres ou à Liverpool entre-t-il nécessairement dans le plan et les vues des Soussignés; et les moyens les plus efficaces seront pris pour parvenir prochainement à un objet aussi désirable. Une Maison Canadienne de l'autre côté de l'Atlantique devra être d'un grand avantage aux Canadiens qui voudront par la suite y établir des relations, soit pour le commerce, soit pour les arts ou les sciences; ils y trouveront des compatriotes bienveillants, disposés à les bien accueillir et à favoriser leurs projets.

F.A. La Rocque J.D. Bernard T. Bouthillier P.L. Le Tourneux

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(2)

La Maison canadienne de commerce

Il est naturel de supposer que dans une colonie l'affluence des capitaux de la métropole doit jeter le haut commerce entre les mains des nouveaux venus, pour peu que les lois favorisent le monopole; c'est ce qui est arrivé dans ce pays, où par suite de la nécessité de tirer presque tous les articles de commerce de la Grande-Bretagne, les commerçants venus de ce pays, ayant seuls des relations à la source manufacturière, et une unité de langage et d'habitudes avec les producteurs, ont jusqu'à présent accaparé l'importation...

Ce n'est pas seulement l'espoir d'un gain matériel qui doit engager les Canadiens à s'intéresser à ce projet national; des profits d'un autre genre quoique non moins avantageux en seront le résultat. Nous y trouverons une nouvelle force morale et politique. La fortune de ceux d'entre nous qui malgré le désavantage inévitable où ils se sont trouvés ont été assez heureux pour en conserver ou en acquérir, consiste principalement en propriétés territoriales, lesquelles, bien que rapportant un revenu plus ou moins certain, ne sont pas aussi mobiles que les capitaux du commerce, et ne peuvent pas par conséquent être employées suivant l'à-propos à saisir une spéculation profitable qui se présente, ou à soutenir au moyen de quelques sacrifices une nationalité et des principes qu'il nous importe de maintenir.

[L'auteur fait remarquer que la puissance politique de la minorité anglaise du Bas-Canada lui vient de sa grande richesse constituée par les profits du commerce. Elle se propose d'utiliser ses capitaux pour construire des chemins de fer.] Si les Canadiens partageaient le haut commerce, ils trouveraient aussi le moyen de s'intéresser aux entreprises étendues et utiles; ils pourraient en outre dans des temps de malheur trouver plus facilement les moyens de se faire entendre auprès du gouvernement général de l'empire, ou de soutenir des institutions et des projets utiles pour l'avantage du peuple. Nos adversaires ne sont pas de bonne foi lorsqu'ils nous reprochent notre pauvreté, et les difficultés que nous éprouvons toutes les fois que leurs injustes prétentions demandent de notre part des contributions publiques. Nous ne puisons pas à la même source; nous n'avons aucune protection hors du pays; nous ne nous servons pas des capitaux étrangers pour nous en créer à nous-mêmes.

[Il montre les nombreux avantages de la prospérité commerciale pour l'avenir de la jeunesse qui se cherche une carrière.] Nous parviendrions bientôt à avoir une marine marchande à nous, et manoeuvrée par des Canadiens; nous partagerions la navigation du fleuve au moyen des vaisseaux à vapeur; nous aurions nos banques, nos compagnies d'assurance; le parti qui s'oppose constamment aux intérêts des habitants du pays se trouverait alors paralysé et réduit à ses forces réelles.

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Tandis que nous sommes partout ailleurs au moins les égaux des étrangers, ils sont nos maîtres en fait de commerce; nous ne sommes que leurs employés ou les détaillants; nos plus belles propriétés passent entre leurs mains; ils vont en carosse et nous allons à pied. Encore nous en font-ils un reproche! Le commerce a doublé depuis quelques années; nous seuls avons en ce genre été à reculons. Nos anciens marchands canadiens ont perdu leur part du commerce en gros, en prenant des associés étrangers qui les ont supplantés. Pourtant nous pouvons avoir aussi la supériorité en ce genre...

(3)

Que cette assemblée voit avec le plus profond regret que le commerce d'importation et d'exportation, exclusivement fait autrefois par les Canadiens, a passé entre les mains de nos Co-sujets d'outremer, qui jouissent seuls des nombreux avantages qui y sont attachés;

Que tandis que le pays a fait depuis quelques années de grands progrès sous presque tous les rapports, les Canadiens sont restés non seulement dans un état stationnaire, mais même ont rétrogradé sous le rapport du commerce extérieur; et qu'ils n'ont pas su profiter jusqu'à ce jour de l'accroissement de la population et du développement rapide des ressources du pays, pour rivaliser d'émulation et d'esprit d'entreprise avec leurs Co-sujets d'origine différente;

Qu'il est grandement temps que les Canadiens comprennent leurs véritables intérêts; se réunissent et fassent tous leurs efforts pour partager un commerce extrêmement lucratif, et dont les avantages doivent s'étendre à toutes les classes et à tous les états parmi nos Compatriotes;

Que le commerce extérieur est étroitement lié avec le commerce intérieur et l'agriculture; et que ces deux premières branches d'industrie et de richesses doivent toujours marcher de pair et se prêter un mutuel secours;

Que le besoin de débouchés pour notre jeunesse Canadienne commence à se faire sentir d'une manière alarmante; et que si nous ne nous empressons d'y apporter remède, en lui ouvrant la carrière étendue du commerce, l'éducation qui commence à devenir un besoin pour elle, et qui fait des progrès rapides, s'éteindra peu à peu faute d'aliments et de motifs; on craindra même de faire instruire ses enfants, parce qu'on ne saura à quoi les destiner après leurs études;

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Que les voeux et les besoins du pays exigent la formation immédiate d'au moins une maison de commerce canadienne sur un grand pied à Montréal;

Que le plan de société en commandite soumis à cette assemblée par F.A. La Rocque, J.D. Bernard, T. Bouthillier et P.L. Le Tourneux, écuyers, est propre à rencontrer les vues exprimées dans les résolutions précédentes, et mérite l'approbation et l'appui de tous les amis du pays.

 


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 Claudette  (17 décembre 2005)
J`aimerais savoir comment,ce nomme l`emplacement,qui ce trouve,en haut d`une maison canadienne,qui ce trouve sous la lucarne et du long,de la partie basse.Moi j`appelle cela le rabalement,mais je ne trouve pas cela nul part Merci Claudette

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